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Revue de presse du vendredi 10 octobre 2014

Pédagogie — Politique — Numérique — Le système


Et nous commencerons cette revue d’aujourd’hui par deux gros mots : “pédagogie” et “politique”. Viendront ensuite le Numérique et des réflexions sur le système. De quoi alimenter vos réflexions du week-end.


Pédagogie

Bruxelles innove avec une nouvelle méthode pédagogique ECEC. “Le collège bruxellois La Fraternité, à Laeken a adopté depuis lundi une nouvelle méthode pédagogique, l’Ecole communautaire entrepreunariale consciente (ECEC). Développée en collaboration entre Step2You, le pôle jeune de l’asbl ICHEC liée à l’école de commerce bruxelloise du même nom, et l’Organisation internationale des écoles communautaires entrepreneuriales conscientes (OIECEC) fondée au Québec, l’ECEC propose une nouvelle manière d’enseigner en aidant l’élève à prendre confiance en soi afin de stimuler son implication scolaire et créer de l’innovation de façon responsable, autonome et consciente.” “« Le terme d’entrepreunariat utilisé n’a pas de rapport direct avec le métier d’entrepreneur. Le but est de développer l’esprit d’entreprendre quelle que soit la branche. Avec l’ECEC, les élèves vont amener un projet que le professeur va encadrer. L’enseignant aide ainsi les élèves à s’entreprendre et à se découvrir à travers les projets lancés et dans un groupe où chacun à son rôle », explique le concepteur de l’ECEC, Rino Levesque.

Planet Campus s’inquiète suite à la publication du rapport des IG sur les ESPE : Education Nationale : les enseignants mal formés ?.

Vallaud-Belkacem : le débat sur l’évaluation des élèves ne doit pas être "caricaturé"
Et sur le site du ministère on trouvera l’Intervention de Najat Vallaud-Belkacem devant le Conseil supérieur de l’éducation le mercredi 8 octobre 2014. “L’École de la République doit être plus équitable pour être plus performante. Il n’y a pas de fatalité à ce que l’école française soit la plus inégalitaire d’Europe. Je mettrai toute mon énergie à apporter des réponses aux élèves les plus fragiles. Je l’ai fait en lançant dès cette rentrée la préfiguration de la nouvelle éducation prioritaire sur 102 réseaux couvrant tout le territoire français. Nous travaillons aujourd’hui au déploiement de cette réforme sur plus de 1000 réseaux d’écoles et de collèges à la rentrée 2015.
Le Café pédagogique s’interroge : Evaluation : La méthode peut-elle aboutir ?En reprenant le projet de B Hamon, N Vallaud-Belkacem lance une machine à réformer l’évaluation qui a quelques caractéristiques nouvelles. Pour autant peut-elle aboutir ? Relisons ce qu’Antoine Prost, un spécialiste de ces questions, dit des réformes de l’éducation nationale.” De l’humour pour faire passer des idées sérieuses : "Il y a trois types de rapport : ceux qui dorment dans un tiroir, ceux qui fermentent et ceux qui germent". A travers cette boutade, Antoine Prost, probablement l’historien de l’éducation le plus au fait des mécanismes de réforme de l’éducation nationale, montre que rien n’est gagné à l’avance.
La démarche de N Vallaud-Belkacem est classique : on réunit une commission, elle tire des conclusions, qui sont avalisées par le ministre. Et l’administration applique. Là aussi Antoine Prost classifie les commissions : il y a les commissions extincteurs, les audits, les commissions négociations, les commissions animation. Apparemment l’initiative ministérielle appartient au dernier cas. Ça tombe bien pour l’historien c’est un des deux cas qui peut faire bouger les choses.
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Politique

L’Education devient le premier budget de l’Etat.
Stéphanie Benz, Franck Dedieu et Béatrice Mathieu proposent dans L’Express : Sarkozy-Hollande : après le dégraissage du mammouth de l’Éducation nationale, le remplumage. “Suppressions de postes d’enseignants pour Nicolas Sarkozy, création d’emplois pour François Hollande, les politiques menées par l’ancien et l’actuel locataire de l’Elysée sont radicalement opposées. Aucune des deux n’est parvenue à enrayer la glissade de l’école et des universités françaises dans les classements internationaux.
Pour le Nouvel Observateur, Sarkozy veut supprimer 30% des postes de profs : populiste, absurde et contre-productif. “Lors du meeting qu’il a tenu ce mercredi à Toulouse, Nicolas Sarkozy a notamment avancé quelques-unes de ses propositions concernant l’éducation. Au programme ? La suppression de 30% des postes de prof, contre une augmentation de leur rémunération de 30%. Pour notre chroniqueur Jérôme-Olivier Delb, cela n’a aucun sens.”.
Et même Brighelli qui tape sur Sarkozy dans Le Point Enseignants : les comptes à mourir debout de Sarkozy. Sa conclusion : “Si les propositions économiques/diplomatiques/sociales du futur candidat UMP sont du même tonneau, on en rigolera dans toutes les chancelleries mondiales - en particulier dans les pays, Chine, Corée et Japon en tête, qui mettent le paquet sur l’école parce qu’ils savent bien que c’est là le nerf de la guerre économique déjà en cours.
Bah, nous formerons des guides touristiques pour les visiteurs asiatiques. Ce "vieux pays", comme disait de Gaulle, ne mérite apparemment pas mieux.

Le Nouvel Observateur nous prévient : Egalité des sexes : les manœuvres des anti pour infiltrer les parents d’élèves. “Des parents opposés à l’introduction de la prétendue "théorie du genre" à l’école pourraient rentrer dans les conseils d’école en se présentant aux élections vendredi et samedi.” Et en tout cas pour l’UMP, c’est déjà fait. Pauline Quillon écrit dans Famille Chrétienne : Sauver l’école : une priorité pour Sens Commun. “Mercredi 8 octobre, à 20 h, le siège de l’UMP a accueilli quelques centaines de personnes qui participaient au premier atelier de formation de Sens Commun sur le thème « Éducation et transmission ». Un enjeu primordial dans la France de demain, pour ce jeune mouvement politique. “ Ce jeune mouvement Sens Commun, est issu de La Manif pour tous et intégré à l’UMP. Ses propositions : “la réhabilitation de la transmission à l’école, la revalorisation du statut des enseignants, mais aussi des propositions plus iconoclastes, comme l’autonomie des établissements, la fin du collège unique, ou l’augmentation du temps de travail des professeurs.” Ça vous dit pas quelque chose ?


Numérique

Martial Pinkowski sur Ludovia propose un Retour sur les Assises de la Formation et de l’Education Numérique de l’AFINEF. “L’AFINEF a organisé le 8 octobre les Assises de l’éducation et de la formation numériques ; l’occasion de dresser le bilan des 25 propositions des précédentes Assises et de proposer les axes forts sur lesquels l’AFINEF entend porter son effort pour contribuer à faire de l’éducation et de la formation numériques une filière d’excellence. Notre chroniqueur, Martial Pinkowski, a suivi cette journée” et écrit : “Des points communs entre la e-education et la e-formation.
Le e-learning évolue ainsi que son cadre institutionnel. Les usages du numérique sur le terrain sont nombreux. Peut-être pas forcément structurés, mais présents. Dans la e-formation, on n’en est plus à compter les heures, mais plutôt à voir la rentabilité de la formation. De vraies capacités de formation en France, et des capacités intellectuelles importantes permettant un meilleur niveau global des mains d’œuvre.
Se pose la question des compétences disponibles immédiatement en cas d’explosion du marché ?

Franck Dedieu a fait dialogué pour l’Express Emanule Davidenkoff et Marcel Gauchet et leur a posé une question Internet bouleverse-t-il vraiment l’éducation ?“. L’Internet éducatif et l’essor des cours en ligne obligent à repenser l’école. Le journaliste Emmanuel Davidenkoff y voit une chance pour les élèves et les profs. Sans y être hostile, le philosophe Marcel Gauchet souligne les limites du tout-Web.

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Pour E. Davidenkoff : “Ces technologies ont un impact sur la façon dont on construit une offre de formation. Pourquoi ? Là où ces innovations numériques ont déjà émergé - dans l’industrie ou l’édition, par exemple
horizontales, souples et mobiles, à rebours des organismes verticaux et pyramidaux encore en vigueur à l’école et à l’université.

Marcel Gauchet : “Dans l’univers numérique, les élèves sont encore plus demandeurs vis-à-vis des enseignants. Ceux-ci n’ont rien à craindre pour leur poste, mais le contenu de leur travail risque de changer. Ils sont moins des distributeurs de connaissances que les médiateurs des élèves avec les difficultés de cette connaissance. Ce recours au numérique ne met pas au même niveau le prof et l’élève. Bien au contraire. La technique du cours inversé (d’abord le cours sur Internet puis les explications en classe) n’aboutit pas à une conversation égalitaire mais à une demande renforcée de service, d’encadrement et d’autorité. Le numérique ne permettra pas à l’Etat de faire des économies sur le budget de l’Education nationale. Dommage pour les comptables de Bercy.” Et il poursuit : “Cette concurrence par le numérique ne marginalise pas l’Education nationale, au contraire, elle place l’institution au coeur du problème. Mais elle oblige le système éducatif à clarifier ses missions, ses objectifs. Il n’y a là aucun déterminisme technologique.

La chronique de Bruno Devauchelle sur le Café pédagogique aborde la question : Différencier avec le numérique ?. ‘Si la différenciation c’est la prise en compte du rythme de celui qui apprend alors la forme scolaire doit évoluer. Si le numérique, personnel, facilite la différenciation, comme nous avons pu l’observer alors il faut que l’institution invite les enseignants à penser des pratiques pédagogiques qui la favorisent. Différencier n’est pas individualiser avons nous dit plus haut. De même ce n’est pas parce que les élèves ont chacun leur TPMC qu’ils doivent travailler sur un mode individuel. Bien au contraire même, il est souhaitable d’encourager les travaux a plusieurs, quitte à permettre à un groupe d’élève de disposer de moyens pour partager les écrans et logiciels des TPMC. Mais ces évolutions supposent une réflexion de fond sur les découpages de toutes natures qui sont la marque de fabrique de notre système : discipline, classe, âge, temps, lieux... Sortir de l’a priori de ces contraintes c’est donner une chance aux jeunes pour qu’ils découvrent que le matériel numérique n’est pas un simple outil, mais un véritable instrument au service de leurs apprentissages, de leur développement. Ni rupture, ni continuité entre l’école et le monde extérieur, cela n’est pas le coeur du problème, c’est plutôt la personne de l’élève du jeune qui est en fait un "intégrateur" contraint par la structure, le système en place et qui s’y reconnait moins du fait des ouvertures dont il dispose désormais et qu’il n’avait pas avant l’arrivée de ces machines connectées. Mais dans un monde ouvert, l’individualisme risque de le gagner sur la différenciation. Entre un égalitarisme forcené et un individualisme systématique, il y a un chemin à trouver pour un système scolaire renouvelé dans une société marquée par l’omniprésence du numérique dans la sphère sociale.
Et Orange et Simplon.co organisent des ateliers d’apprentissage au code informatique destinés aux enfants de 10 à 13 ans en France, en Espagne, en Pologne et en Roumanie.


Le système

François Hollande s’est rendu à Angoulême, ce jeudi, pour dresser un premier bilan du troisième plan autisme. Le président a notamment visité un centre d’action médico-sociale précoce, qui accueille des jeunes présentant des déficits sensoriels, moteurs ou mentaux. Un très mauvais signal pour la scolarisation des enfants autistes, pour d’Olivia Cattan, présidente de SOS Autisme France.” La même (?) Olivia Zerath-Cattan, Présidente de Paroles de femmes s’adresse au Président de la République au sujet du Plan autisme : Monsieur Hollande, la vraie "révolution", ce n’est pas la ghettoïsation.

Gilbert Longhi interroge Azziz Jellab pour le Café pédagogique : Comment expliquer la dévalorisation de la voie professionnelle ? Je vous conseille la lecture de ce très long interview. Inspecteur général et sociologue, Aziz Jellab a publié un ouvrage remarqué sur l’enseignement professionnel : L’émancipation scolaire. Pour un lycée professionnel de la réussite. Presses universitaires du Mirail. ISBn 978-2-8107-0294-7
Et justement on annonce un Colloque : Comment revaloriser l’enseignement professionnel et technique ?

L’éducation nationale en chiffres Statistiques - publications annuelles - Année scolaire 2013-2014.

Et à l’occasion de la troisième journée internationale de la fille, une conférence-débat a permis d’exposer les moyens de lutter contre les violences de genre en milieu scolaire… Éducation des filles : Les solutions pour « apprendre sans peur » Au même moment, “La Pakistanaise Malala Yousafzaï, qui a obtenu vendredi à 17 ans le prix Nobel de la Paix, est une militante pour le droit à l’éducation des femmes propulsée symbole mondial de la lutte contre l’extrémisme après avoir réchappé in extremis à une attaque des talibans.Malala symbole mondial de la lutte pour l’éducation.

Enfin, Xavier Hollandts, Kedge Business School, Chaire Alter-Gouvernance-CRCGM, Virgile Chassagnon, professeur agrégé des Universités (UPMF), chercheur au Centre de Recherche en économie de Grenoble (CREG) et directeur scientifique de l’ESDES-UCLY ont rédigé un article dans Campus Le Monde : L’éducation dans les méandres du capitalisme financier.
Le recours à ces prêts se généralise dans la plupart des pays occidentaux, même si les Etats-Unis ont toujours été un (mauvais ?) modèle en la matière. Ces emprunts donnent lieu à l’émission de dettes qui peuvent être revendues sur le marché secondaire à moindre valeur.” Et “aux Etats-Unis, on apprenait qu’un mouvement issu d’Occupy Wall Street avait racheté, grâce à des dons, une dette étudiante d’une valeur initiale de 3,85 millions de dollars pour 100 000 dollars ; soit une dépréciation de 3 856 % ! Ces dettes concernaient 2 761 étudiants qui n’avaient pas trouvé d’autres moyens de financer leurs études que via des prêts étudiants.” En conclusion : “Améliorer le modèle économique des universités et des grandes écoles françaises sans marchandiser l’éducation et sans surendetter les étudiants, telle est l’équation complexe que la France est d’ores et déjà amenée à résoudre dans les prochaines années si elle veut conserver sa capacité à produire de l’innovation et à assurer sereinement et durablement l’une de ses principales promesses sociétales : l’éducation.

Je vous souhaite un beau week-end.

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les portraits de Monique Royer


Hors-série numérique 35
Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mevel juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

Actualité de la pédagogie différenciée

Revue n°503 - fevrier 2013

La pédagogie différenciée apparait comme une réponse à de multiples problèmes : l’accueil d’élèves non francophones, d’élèves handicapés, la lutte contre l’échec scolaire et la garantie pour tous d’un socle commun. Un dossier pour faire le point sur les différences entre élèves.