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Revue de presse du mercredi 8 octobre 2014

Formation professionnelle — Education prioritaire — Enseignement supérieur — Numérique — Ressources


On ouvrira cette revue par notamment la campagne du gouvernement pour l’apprentissage et une polémique à propos de l’éducation prioritaire. Pour l’enseignement supérieur on rapportera la démission d’un enseignant, le débat sur l’orientation post-bac, et la parution d’un rapport sur la mise en oeuvre des ESEPE. Quelques infos à propos du numérique et des propositions de ressources pour votre réflexion.


Formation professionnelle

Les dirigeants de l’Union européenne se retrouvent ce mercredi 8 octobre pour aborder l’épineuse question du chômage des moins de 25 ans. Or, les pays où l’emploi des jeunes est le plus élevé sont ceux qui valorisent l’apprentissage.L’Europe au chevet de l’emploi des jeunes.
Et donc en France, Lancement de la campagne "l’apprentissage c’est votre avenir". “500.000 contrats d’apprentis par an d’ici 2017. Tel est l’objectif fixé cet été par le chef de l’Etat, François Hollande, à l’occasion de la grande conférence sociale. Pour y parvenir et afin de redorer l’image de cette formation, une campagne d’information lancée cette semaine a été présentée mardi par le ministre du Travail, François Rebsamen sous le slogan "l’apprentissage c’est votre avenir".
Une campagne de promotion de l’apprentissage débute samedi dans les médias audiovisuels, pour « valoriser » ce dispositif de formation en alternance efficace pour l’emploi des jeunes mais mal-aimé, a annoncé mardi le ministère du Travail.Une campagne de communication pour « valoriser » l’apprentissage. L’article propose également une description du clip de la campagne.

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Et on pourra prendre connaissance du Discours de François Rebsamen - Présentation de la campagne apprentissage.

En Algérie, Face aux défis économiques et sociaux, La formation professionnelle pour sauver le navire. “Le complexe du manque d’éducation né de la colonisation ayant induit, dès l’indépendance du pays, une louable politique de démocratisation de l’éducation puis d’accès à l’enseignement supérieur, a fini par créer une société qui dédaigne les métiers manuels. La rareté du fait donnant du prix à la chose, comme l’a si bien écrit Jean de la Fontaine dès le XVIIe siècle, les Algériens ont alors opté pour un modèle social et ont poussé au plus loin leur cursus universitaire. Les exemples à suivre étaient donc ceux des médecins, ingénieurs et autres avocats avant que l’évolution politique et économique, influant sur les valeurs sociales, ne fasse des commerçants et des policiers les idéaux à atteindre par les petits écoliers.” Même les ministres qualifiaient le secteur de l’enseignement et de la formation professionnels de « simple réceptacle des exclus du système éducatif », ou encore « Ce secteur offre à la société un produit périmé. » rappelle l’auteur de cet article. Mais une mutation s’opère “En 2007, le secteur de la formation professionnelle a enfin saisi son importance dans l’économie nationale et la valeur ajoutée qu’il peut apporter pour éviter une déflagration sociale – par le retard des réalisations des projets sociaux- que ni l’Ansej ni la CNAC, ni même les mesures de « placement » des jeunes chômeurs n’arriveront à retarder indéfiniment. Ainsi, cette année-là, le ministère a commencé à opérer une mue pour s’adapter aux exigences du secteur économique en élaborant une nomenclature des formations évolutives en fonction des besoins locaux.


Education prioritaire

Emile Lanoë publie sur Mediapart Les exclus de l’éducation prioritaire. “Dans les établissements ZEP de France, depuis la nuit du 23 septembre, les enseignants font tous le même cauchemar. Ils rêvent qu’ils vont faire partie des établissements sortis de l’éducation prioritaire.” “Le ministère s’est basé sur un indice social, créé par la DEPP (direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance qui évalue les politiques menées par l’éducation nationale). Le chiffre est obtenu en croisant quatre critères sociaux « transparents » et « scientifiques ».” Et Emile Lanoë présente une critique de la scientificité de ces critères,mais notre collègue de la revue, Lionel Jeanjeau répond vertement à ces critiques sur son blog : Education prioritaire : les raccourcis faciles de Mediapart.” en faisant la critique des critiques des critères... et termine ainsi : “En conclusion, oui les critères retenus par le ministère sont pertinents. Ils ne sont pas idéals, certes, mais qui peut aujourd’hui prétendre savoir ce qui est idéal en matière d’éducation prioritaire ? Sur ce dossier, la communauté éducative a besoin de cohésion, de se serrer les coudes, et pas de se battre sur des prétextes foireux, qui masquent en réalité un militantisme de bas étage, peu digne des grandes luttes syndicales qui ont permis à la politique de la ville d’une part, à la politique de l’éducation prioritaire d’autre part, de naître et d’exister. Ce qui s’y fait n’est pas idéal, mais a au moins le mérite d’exister. L’article de Médiapart dénonce, sur des fondements intellectuels plus que discutables. Il ne propose pas. C’est un peu dommage, car nous aimerions sincèrement savoir comment faire, puis-qu’apparemment la recette miracle existe. Monsieur l’accusateur public Lanoé, nous sommes toute ouïe.


Enseignement supérieur

Démission à l’Université de Lorraine. Pour l’Est Républicain : Université - Un maître de conférences s’explique sur sa démission de l’Université de Lorraine Education : Vincent Goulet, « lanceur d’alerte ». Et le Républicain Lorrain poursuit : Un maître de conférence lorrain démissionne Université : le blues de l’enseignant-chercheur. “Il avait une situation confortable à l’université de Lorraine. Vincent Goulet a tout envoyé bouler. L’enseignant-chercheur dénonce un quotidien miné par les lourdeurs administratives et la détérioration des conditions de travail.” La lettre ouverte est publiée dans ce dernier article.

Véronique Soulé dans Libération propose deux interviews (mais dont la totalité est réservée aux abonnés) portant sur la question de l’orientation post-bac. L’interview de Jean-Loup Salzmann, président de la Conférence des présidents d’université
« Privilégier une orientation plus fine ».“Pourquoi voulez-vous mettre en place un dispositif de sélection ou d’orientation à l’entrée de l’université ?
D’abord je rappellerais une position officielle de la CPU : nous ne sommes pas pour le bac. Le législateur en a fait le premier grade universitaire qui ouvre la porte de l’université. Mais, d’après nous, ce n’est pas une bonne modalité d’évaluation des connaissances. En fait, c’est une relique républicaine qui n’est plus acceptable. Nous sommes, nous, pour un contrôle continu.

Et l’’interview de William Martinet. président de l’Unef : William Martinet, président de l’Union nationale des étudiants de France (Unef), répond aux questions de Libération : « Choisir son orientation et non être contraint ». “Que pensez-vous de l’idée d’orienter les étudiants à l’entrée de l’université ?
Qu’il y ait un débat sur la sélection est un aveu d’échec du gouvernement. Depuis deux ans, il nous parle de démocratisation. Or la question que se posent les présidents d’université est : comment fermer les portes à certains étudiants. Ce sont des propos irresponsables. Ils devraient plutôt réfléchir à une manière de réformer les formations et de mettre en place une pédagogie qui fasse réussir …

Le Café pédagogique présente le rapport : La mise en place des écoles supérieures du professorat et de l’éducation par Pierre DESBIOLLES, Inspecteur général de l’éducation nationale et Monique RONZEAU Inspectrice générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche
dans un article intitulé : ESPE : Un rapport souligne "une mise en oeuvre laborieuse". La synthèse du Café, signée par François Jarraud se termine par “Globalement ce rapport souligne les mêmes difficultés que le rapport du Sénat publié cet été. Mais il édulcore les problèmes et lisse les contours des nombreux conflits qui s’inscrivent dans la réforme. On en apprend davantage dans le rapport du Sénat sur les difficultés réelles des Espe. Le rapport du Sénat a pu aussi aller plus loin dans les recommandations par exemple quand il invite à invite aussi à anticiper la formation des futurs enseignants. Le rapport du Sénat se termine par l’idée que "l’année 2014-2015 s’annonce cruciale pour résoudre les dernières tensions budgétaires, organiser les temps d’alternance, diversifier les équipes de formateurs et renforcer les troncs communs". Apparemment cet avis est partagé par les auteurs du rapport de l’Inspection.


Numérique

Sur Thot Cursus, Philippe Menkoué déclare : Encore de beaux jours pour les cours magistraux, d’autant plus que même les MOOCs reprennent cette forme.
Sur l’Express, Ecole : "Il y a le même intérêt à apprendre le code qu’à apprendre le latin", propos recueillis par Olivier Monod. “Apprendre le code à l’école ? Evidemment, oui, répond Nicolas Glady, professeur de micro-économie à l’ESSEC et responsable de la chaire Accenture Strategic Business Analytics.” “C’est une erreur de penser qu’Internet n’est qu’un outil, une technique. Internet est un enjeu politique, économique et sociétal.

La Commission européenne veut développer l’école connectée.
L’insurmontable challenge : mettre les élèves au centre
Le rapport voit aussi plus loin. Faire des élèves et des étudiants les “co-designer” de leur enseignement pourrait être le prochain challenge de l’école et de l’université. Autrement dit, il faudrait encourager les recherches personnelles, les projets en ligne, les jeux intéractifs, etc : se servir des nouvelles technologies pour faire des élèves le centre de leur propre apprentissage.

Et si vous penser économiser la planète, lisez : Dématérialisation : octets et papier, quels sont les impacts ?


Ressources

Pour terminer cette revue je vous propose quelques ressources pour mettre un peu de perspectives historiques et/ou géographique à nos débats.
La revue Questions vives publie le n° 21 | 2014 :“Le travail collectif des enseignants en question” en accès intégral. Parmi tous les articles je vous en signale deux.
« Travailler ensemble » en formation à l’enseignement : une obligation productive. Étude de cas à la Haute école pédagogique du Valais (Suisse). Son résumé : “Cet article analyse la manière dont des stagiaires en formation à l’enseignement au degré primaire en Suisse investissent l’espace collaboratif consubstantiel d’un stage en duo. Un questionnaire a été soumis à une cohorte de 45 jeunes en première année de formation. 1285 rencontres ont été recensées. Il s’est avéré que ces moments ont été fortement investis par les stagiaires qui les ont trouvés utiles. Les objets discutés montrent principalement le souci de « faire » la classe, et pas seulement la « prendre » et la « tenir ». Dans ce sens, l’obligation de « travailler ensemble » est formatrice. Les stagiaires ont cependant eu des sujets de discussion différents selon leur interlocuteur, maitre de stage ou costagiaire. Enfin, les acteurs présents lors des rencontres formatives sont dans une dynamique de « moi et ma classe » et non « nous et notre école, dans son espace social », dynamique qui devra être travaillée en stage au cours de deux ans de formation encore à venir. “ Est-ce très différent en France ?

Un autre article intéressant de ce même numéro : La division du travail éducatif : deux figures de la subjectivité en tension au sein de l’institution scolaire. Louis Levasseur analyse une des suites de la réforme de 1997 au Québec : “nous montrerons que les enseignants et les TES adhèrent fondamentalement à des valeurs éducatives communes s’inscrivant dans un mouvement social et culturel qui, loin de se limiter à l’éducation, transforme les sociétés et la pensée occidentales. Ces valeurs éducatives, dans le domaine de l’éducation, tendent à faire de la personne, de l’enfant, de l’adolescent la pierre angulaire du travail des agents scolaires. Cependant, cette quasi unanimité des agents scolaires au sujet des valeurs individualistes ou subjectives que l’on peut déceler dans un ordre de discours très général orienté vers les finalités de l’éducation n’empêche pas l’existence, dans un autre ordre de discours renvoyant non plus à des principes généraux mais à des pratiques plus empiriques, de différences importantes dans la manière dont ces mêmes agents conçoivent ces mêmes valeurs.

Enfin le Café pédagogique présente dans l’Expresso du jour L’école dans les médias. Revue internationale d’éducation de Sèvres, n°66, septembre 2014, ISBN 978-2-85420-604-3 L’école dans les médias.

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les portraits de Monique Royer
Hors-série numérique 35

Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mevel juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

Mieux apprendre avec la coopération
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.