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Revue de presse du mercredi 7 février 2018

Conflit de loyauté - Université - Parcoursup - Fake news - Divers

La revue de presse commence ce soir par un morceau d’anthologie, revient sur la réforme de l’accès à l’université et les critiques qui s’accumulent autour de Parcoursup, et se poursuit avec la question des fake news. Un conseil : si vous n’avez pas assez de temps pour tout, écoutez AB-SO-LU-MENT la vidéo de Marie-Aleth Grard qui ouvre cette revue de presse.


L’essentiel

Plutôt que de gloser encore et encore sur les propose d’Aurore Bergé et la pertinence (ou non) de son analyse, laissons la parole au terrain. Sans autre commentaire. C’est ce qu’a fait Marie-Aleth Grard devant la commission parlementaire sur l’école et la grande pauvreté. A écouter avec beaucoup d’attention.


La réforme de l’accès à l’université...

La réforme de l’accès à l’université arrive sur les bancs du Sénat. Au lendemain d’une grève peu suivie, c’est au tour du Sénat d’étudier le texte de la réforme de l’accès à l’enseignement supérieur. "Alors que 800 000 lycéens et étudiants en réorientation ont commencé en janvier à inscrire sur la plate-forme Parcoursup leurs vœux d’orientation dans l’enseignement supérieur, les sénateurs examinent, à partir de mercredi 7 février après-midi, le projet de loi qui réforme profondément l’accès à l’université.
Traduction du « plan étudiants » annoncé en octobre par la ministre de l’enseignement supérieur Frédérique Vidal, ce projet de loi « relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants » a été adopté le 19 décembre à l’Assemblée nationale, avec 361 voix pour, 129 voix contre.
"

Un sujet également abordé dans Les Echos. Entrée à l’université : le Sénat veut que les débouchés professionnels soient mieux pris en compte. "C’est au moment du passage au Sénat que la contestation contre la loi Devaquet s’était amplifiée, en 1986. Le projet de loi sur l’orientation et la réussite des étudiants y arrive justement en séance publique, ce jeudi, avec des amendements explosifs. L’un d’eux a déjà mis le feu aux poudres. Il a été déposé par le rapporteur LR du texte, Jacques Grosperrin. Et prévoit de lier le nombre de places dans les formations universitaires aux « taux de réussite et d’insertion professionnelle observés pour chacune des formations ». « Ce ne sont pas les voeux des candidats qui doivent guider les choix d’ouverture de places dans les filières de l’enseignement professionnel, mais les débouchés professionnels réels qui s’offrent aux diplômés », justifie le sénateur."


...Et son outil de mise en oeuvre

Place au terrain, là aussi, dans le cadre du déploiement de l’application Parcoursup.
Digischool.fr s’est rendu dans un grand lycée de province pour faire le point.
Parcoursup, accompagnement et orientation : reportage au lycée du Parc "Parcoursup et la réforme du baccalauréat bousculent l’année scolaire des Terminales. Le lycée doit s’adapter, tout comme ses élèves. Comment les deux parties vivent-elles ces changements ? Témoignages de professionnels... et d’élèves de terminale.

Mention "hors-secteur" sur Parcoursup : "C’est comme si on nous disait ’on ne veut pas de vous’". Titre cinglant sur le Bondyblog. Et une réalité glauque se profile derrière l’algorithme : celle de la relégation dans le quartier d’origine. (par Nassira El Moadem)

La phase d’inscription des vœux sur Parcoursup, la nouvelle plateforme d’inscription à l’université, s’achève le 13 mars 2018. Des lycéens ont déjà commencé à y renseigner leurs vœux post-bac. Problème : ils découvrent que certains établissements ne leurs sont pas naturellement ouverts.

Nina, élève de Terminale littéraire au lycée Suger de Saint-Denis, a commencé à s’inscrire sur le site de Parcoursup, aidée par son père, il y a un peu moins d’une semaine. “C’est pas évident comme démarche et il y a aussi des bugs, j’en ai connu en voulant faire des vœux”. Pas de quoi arrêter la jeune lycéenne qui sait exactement ce qu’elle souhaite faire l’an prochain : une licence en langues étrangères à Paris III Sorbonne Nouvelle. Surprise quand elle a voulu renseigner son vœu : “Un petit encadré est apparu, indiquant que je ne fais pas partie du bassin de recrutement de cette licence et précisant qu’il existe des formations pour la même mention dans mon académie, celle de Créteil”. [...]
Nous avons cherché à joindre à plusieurs reprises les ministères de l’Enseignement supérieur et de l’Éducation nationale pour tenter d’avoir des explications, en vain. Le projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants, qui réforme en profondeur les conditions d’accès à l’université, arrive au Sénat ce mercredi 7 février. Il avait été adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 décembre 2017.
Le père de Nina, lui, ne décolère pas. “Nous avons le sentiment que la stratégie est de maintenir les jeunes des quartiers dans les quartiers. Nous avions fait un choix : maintenir nos enfants dans le public en pensant qu’après le bac, ils pourront faire ce qu’ils veulent, mais en réalité ils n’ont pas de choix, on leur dit ‘vous êtes de Seine-Saint-Denis, vous restez en Seine-Saint-Denis’”. Les réponses de Parcoursup à sa fille lui donnent, pour l’instant, raison.

Le temps est également un talon d’Achille de Parcoursup. C’est ce que laisse entendre Manuel Tunon de Lara, le président de l’université de Bordeaux, dans un entretien à Educpros. "Il faudra deux ou trois ans pour installer les parcours adaptés". Une perspective qui réjouira, n’en doutons pas, les actuels élèves de première et de terminal !.


Fake news

Curieux titre à propos des fake news dans Le Point : Complots, fake news : le désarroi des enseignants. Un titre qu’il faut pourtant parvenir à dépasser car l’article est fort intéressant. La prise de conscience a eu lieu après l’attentat contre Charlie Hebdo et l’Hyper Cacher. Au lendemain de la tuerie du 7 janvier 2015, le sociologue Gérald Bronner analyse les réactions sur la Toile : « Dès le premier jour, j’ai pu dénombrer 24 arguments en faveur d’une théorie conspirationniste, contestant la thèse officielle », témoigne-t-il dans le documentaire pédagogique sur les théories du complot réalisé par le site média Spicee. Hélène*, à l’époque professeure de français dans un collège des Alpes-Maritimes, nous raconte : « Il est vrai que la période qui a suivi les attentats de 2015 a été d’une intensité et d’une violence inouïes. Certains élèves ont tout simplement refusé de respecter la minute de silence… Nous n’étions pas préparés à cela. ». Le sommes-nous réellement aujourd’hui ? Une réalité de terrain très nuancée, comme nous l’apprend cet article.

Et pourtant ! Les fake news, c’est à l’école qu’on doit les enseigner pour les combattre, nous confirme le Huffingtonpost dans un véritable plaidoyer pour le développement de l’EMI (si l’acronyme ne vous dit rien, alors lisez encore plus attentivement cet article !). L’esprit critique est une compétence essentielle du citoyen du 21ème siècle. Analyser une source, mettre en perspective l’information, en extraire l’essentiel, prendre du recul sur les contenus, s’interroger et s’approprier la démarche journalistique sont autant de savoirs indispensables à l’exercice d’une citoyenneté éclairée.
Nous estimons que l’école de la République comme l’éducation populaire, ont une place fondamentale dans l’acquisition de ces savoirs, en parallèle des fondamentaux. On ne peut que saluer les avancées réalisées dans les programmes scolaires et la mise à disposition de ressources, il faut aller plus loin.
Il nous apparaît primordial d’éduquer - au sens étymologique du terme ; de guider - les jeunes aux médias et à l’information, afin de créer les bons réflexes, et ce dès le plus jeune âge.
L’éducation aux médias et à l’information doit être placée au rang de compétence fondamentale, abordée de manière transverse en cours de sciences, de français, d’art, d’éducation physique, d’histoire ou de géographie.

Encore faut-il, pour cela, accepter de travailler en interdisciplinarité et de sortir de l’individualisme qui stérilise encore tant de bonnes volontés. Sans dogmatisme, mais sans concession.

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.

N° 541 - Les tâches complexes à la loupe
Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017
Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.