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Revue de presse du mercredi 5 mars 2014

Enseignement supérieur — Apprentissage — Enseignement prioritaire — L’éducation, pour quoi ? — Orientation


Malgré le peu d’informations sur l’éducation en général en ces temps de reprise pour les uns et de vacances pour les autres, la revue sera peut-être un peu longue. Je vous ai proposé deux extraits de textes en espérant vous donner envie d’aller plus loin dans leur lecture.


Enseignement supérieur

Benoît Floc’h du Monde, annonce : Dauphine augmente les droits d’inscription des plus riches, au grand dam de l’UNEF. "« Fuite en avant », dénonce l’Union nationale des étudiants de France (UNEF). Le principal syndicat d’étudiant a dénoncé, lundi soir, l’augmentation « généralisée » des frais de scolarité 2014-2015 à Paris-Dauphine. L’université, qui bénéficie du statut de « grand établissement » peut en effet fixer librement les droits de certaines de ses formations et sélectionner ses étudiants.

Et Daniel Fortin, rédacteur en chef des Echos répond par son éditorial : Le mythe de l’enseignement gratuit. “C’est une hypocrisie française qu’il faut absolument dénoncer. Faire mine de croire que la quasi-gratuité de l’enseignement supérieur est possible dans notre pays relève de la malhonnêteté intellectuelle. En dénonçant, une fois encore, la hausse des droits d’inscription à l’Université de Paris-Dauphine, quelques jours après celle décidée par les écoles des Mines, l’Unef, le syndicat étudiant, rend un bien mauvais service à ceux qu’il est censé défendre.

Dans le cadre du débat sur la nouvelle gouvernance de l’enseignement supérieur, Camille Stromboni, sur Educpros, indique : Regroupements universitaires : Geneviève Fioraso veut un chef de file unique pour les associations. ”Dans une lettre adressée aux présidents d’université en date du 28 février 2014, Geneviève Fioraso précise les règles du jeu de l’association, l’une des trois options ouvertes aux établissements pour se regrouper dans la loi sur l’enseignement supérieur votée à l’été 2013. Celle-ci relevant, en pratique, plus du "rattachement" que de l’association entre égaux.”.

Cet article fait sans doute écho au débat qui s’est engagé entre Pierre Dubois, blogueur sur Educpros et Emmanuel Davidenkoff, directeur de l’Etudiant, éditeur d’Educpros. voirl’article de Pierre Dubois et les très nombreux commentaires, et l’article d’Emmanuel Davidenkoff Aux lecteurs du blog Histoires d’universités.


Apprentissage

Michel Habhervé sur son blog d’Alternatives économiques s’amuse (enfin pas sûr quec e soit vraiment le cas) des immuables Rencontres Sénatoriales de l’Apprentissage. “L’apprentissage évolue, par la diversification des secteurs concernés, l’élévation du niveau des formations préparées, et une implication croissante des régions. Le Sénat bouge sous l’effet d’une nouvelle majorité mettant fin à l’”anomalie démocratique” constatée par Lionel Jospin
La 14 ème édition est exactement construite comme les treize précédentes : une conception de l’apprentissage réduite à l’apprentissage artisanal, la présence du Ministre, l’absence des régions et la valorisation de quelques apprentis méritants
”.

Le Café pédagogique présente la Note d’Information de la DEPP du 4 mars 2014 dans une brève : Apprentissage : 65% d’accès à l’emploi 7 mois après la sortie de formation. “Selon une étude publiée par la Depp, sept mois après la fin de leur apprentissage, 65% des jeunes ont un emploi. L’étude montre une légère dégradation de la situation en2013 par rapport à 2012 avec une baisse de 4% de l’accès à l’emploi.
Surtout elle établit de fortes inégalités selon le niveau de diplôme. 7 mois après leur sortie, 35% des jeunes sans diplôme sont en emploi contre 78% de ceux qui détiennent un BTS. Le fossé se creuse pour les apprentis entre le CAP et le niveau bac et au dessus.


Enseignement prioritaire

L’Expresse s’interroge : Ecoles, collèges : où sont les super ZEP ?Ces "REP+" bénéficieront de moyens supplémentaires, d’horaires allégés, et les enseignants qui y exercent toucheront des primes supplémentaires. La réforme devrait être étendue à un millier de réseaux dont 350 particulièrement difficiles, à la rentrée 2015.

Le Monde propose Education : la carte des 102 « super ZEP » à la rentrée 2014. Et les quotidiens régionaux publient également ces informations en pointant particulièrement sur les établissements locaux concernés. A la Réunion par exemple on a le titre 6 nouveaux réseaux d’éducation prioritaire pour l’île.


L’éducation, pour quoi ?

Le Café pédagogique signale la publication du Hors Série N°6 - Mars 2014, Éducation et minimalisme moral, numéro coordonné par Guillaume DURAND & Michel FABRE et la présente ainsi : Education et morale dans Recherches en éducation. “La discussion semble philosophique. Elle renvoie pourtant aux enjeux très actuels de l’éducation morale et civique dont les premiers éléments de programme sont attendus dans quelques mois. Ce numéro de Recherches en éducation donne le sens d’une éducation minimaliste en donnant la parole à des spécialistes comme Eirick Preirat.”. Pour lire ce numéro de la revue en pdf : c’est ici. Je vous propose un extrait de l’édito de Guillaume Durand & Michel Fabre.
Afin de mieux comprendre les différences essentielles entre le minimalisme et le paternalisme « fort » ou maximaliste, distinguons quatre types d’actions (Ogien, 2007, p.19 et ss.) :
Les actions qui visent à causer délibérément du tort à autrui : un meurtre ou un viol, par exemple. Dans nos démocraties, on estime unanimement que de telles conduites sont des maux : dans le cas du viol, une personne a subi un dommage (physique et moral) contre son gré, un préjudice. Il y a donc bien une victime et, par conséquent, il y a un crime qui doit être puni par la loi et la morale. Minimalistes et maximalistes se rejoignent ici pour condamner ces actions qui font de manière directe et intentionnelle des victimes. Ce sont les trois autres catégories d’actions qui posent de véritables problèmes ─ je laisse de côté ici les débats intéressants autour de la légitime défense, de la peine de mort ou encore des soldats tués sur le champ de bataille.
Les offenses envers des entités abstraites ou symboliques : siffler un hymne national, brûler un drapeau ou un billet de banque. [...]
Les conduites qui ne causent des dommages directs qu’à soi-même : par exemple, la paresse, le suicide, la gourmandise, etc. [...]
Enfin, les conduites entre personnes consentantes et qui ne causent aucun dommage direct à des tiers : par exemple le lancer de nain (Durand, 2011), le sadomasochisme, l’euthanasie, etc. [...]
L’éthique minimaliste renonce à condamner, moralement et juridiquement, tous les « crimes sans victime » (Ogien, 2007, p.20-21), c’est-à-dire des actes où il n’y a pas de victime, c’est-à-dire de personne physique et morale qui aurait subi un dommage contre son gré. Le maximalisme tend au contraire à condamner les quatre catégories d’actions : non seulement celles qui portent préjudice à autrui, mais aussi les différents crimes sans victimes.

Educavox reprend la conférence de André Giordan (fondateur et directeur du Laboratoire de Didactique et Épistémologie des Sciences de Genève Des savoirs essentiels qui manquent à l’école…à l’UNESCO, Colloque école Changer de cap, 2 octobre 2013. Deux extraits : “La fabrique des programmes n’a jamais été très claire en France… Historiquement laissée au bon vouloir des inspecteurs généraux, la situation est sans contrôle depuis une vingtaine d’années, variant de discipline en discipline… Il y a bien eu une structure de concertation sous Jospin, mais elle a vite fait long feu. Qu’en sera-t-il de la nouvelle ? En fait, tout est affaire de lobbies en la matière. Des inspecteurs généraux, aux associations de professeurs ou aux universitaires, tous « bourrent » les dits programmes pour défendre du moins leurs territoires pour les uns, leur petit pouvoir pour les autres ! Sans oublier le forcing perpétuels des éditeurs qui veulent tous les trois ans de nouveaux programmes pour doper leur chiffre d’affaires…
Actuellement, la « personne » de chaque jeune est à « mettre au programme » ; Apprendre à être, apprendre à devenir un citoyen responsable… et pour commencer « apprendre à se connaître » comme le préconisaient déjà les anciens grecs devraient avoir une place de choix dans les fondamentaux de l’école républicaine. D’autant qu’elle est le plus puissant moteur de l’apprendre… Dans ce cadre, l’important serait pour commencer d’amplifier le désir d’apprendre que l’on voit actuellement s’étioler au cours de la scolarité, éventuellement de le (re)susciter quand il n’a jamais été présent ou s’il a disparu. En complément, l’objectif serait également de favoriser :

  • la confiance en soi,
  • l’estime de soi,
  • le regard positif sur soi, sur l’autre et
  • le désir d’entreprendre avec l’autre…

L’Education Numérique progresse au Lycée. “Après deux rentrées scolaires consécutives, le MEN en collaboration avec les partenaires, l’Association Pasc@line, le CNDP, l’INRIA et l’ONISEP viennent de relever le défi de développer l’éducation au numérique auprès des lycéens. Les chiffres montrent ainsi une nette progression sur deux ans de l’implantation de l’Option ISN - Informatique et Sciences du Numérique- dans les lycées.[...] A la rentrée 2013 : 979 lycées proposent l’option ISN soit 45% des lycées en France (contre 34,5% en 2012). Cela représente 14.511 lycéens, dont 28,7% de jeunes filles.

“Comment grandir en temps de crise ? Vaste question, à laquelle le psychiatre et psychanalyste de l’adolescent, Philippe Jeammet consacre un ouvrage en librairie depuis le 5 mars.” Interview par Nathalie Chahine dans l’Express : Comment aider nos enfants à croire en l’avenir ?


Orientation

"Orientation : un projet de réforme peut en cacher un autre". sur son blog d’Educpros, “Bruno Magliulo, inspecteur d’académie honoraire, s’interroge sur le bien-fondé d’un transfert de responsabilité vers les familles concernant l’orientation post-troisième. Comment comprendre cette mesure, qui semble aller à l’encontre de la volonté du ministère de l’Éducation nationale d’augmenter le taux d’orientation vers la voie professionnelle ?
Et Véronique Soulé dans Orientation : Cergy s’attaque aux culs-de-fac, article pour les abonnés de Libération : “Expérience inédite : une université accueille des lycéens pendant trois jours pour les aider à mieux choisir après le bac.

Bernard Desclaux
Et demain vous serez accompagnés sans doute par Ostiane Mathon. Bonne soirée.


Dans la librairie des cahiers pédagogiques

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Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?

 

 

 

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Le sens de l’orientation
Revue n°504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?