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Revue de presse du mercredi 5 février 2014

Déshabiller - Ouvrir - Intégrer


Il est beaucoup question de donner sa chance à tous dans cette revue de presse. En refondant l’éducation prioritaire, en ouvrant l’accès aux grandes écoles ou en intégrant les élèves porteurs de handicap.


Déshabiller

Ca gronde dans les ZEP ! Depuis quelques jours, les mobilisations se multiplient contre la baisse des moyens dans certaines « zones » d’éducation prioritaire. La région parisienne semble particulièrement touchée. Les professeurs du lycée Maupassant de Colombes ont créé le buzz hier. Le Parisien propose quelques clichés de leur mise en scène durant laquelle un prof a terminé en slip pour dénoncer le déshabillage de l’éducation prioritaire, « à contre-courant des récentes annonces de Vincent Peillon  » jugent-ils. L’Express nous indique qu’une « quinzaine d’autres collèges et lycées des Hauts-de-Seine dont une majorité en zone d’éducation prioritaire  » réclament « à minima le maintien de leurs moyens pour la prochaine rentrée. »
La refonte de l’éducation prioritaire lancée par Vincent Peillon se met en place et crée inévitablement des craintes. Elles s’expriment dans 20 minutes : « selon certains grévistes, le gouvernement souhaite réduire le nombre d’établissement de la géographie prioritaire […] « La Seine-Saint-Denis compte aujourd’hui 58 établissements classés ZEP et c’est donc par le « déshabillage » de 52 de ces établissements que le ministère finance une réforme qui ne bénéficiera en réalité qu’à six établissements pour tout le département ! ». L’analyse est probablement un peu rapide puisque les six établissements sont ceux qui seront pilotes dans la mise en place des REP+. Les autres devraient suivre en 2015. Si dans certaines académie, les noms des établissements concernés dès la rentrée prochaine sont encore tenus secrets, d’autres se sont lancés. C’est le cas de l’Alsace qui comptera 3 collèges pilotes dès 2014. « Une première mesure modifiera l’obligation de service des enseignants, de 18 heures d’enseignement par semaine, pour le faire passer à 16 heures 30. « Pas pour rester à la maison » , bien sûr, a « rassuré » le recteur, mais pour, sur ce temps dégagé, tenir des réunions de concertation, mettre en place les conseils devant assurer la cohésion écoles-collège, etc. »« D’autres établissements, d’autres réseaux ont vocation à rejoindre [le dispositif] à la rentrée 2015 » , a souligné le recteur, sans vouloir se prononcer, à ce stade, sur une cartographie. Actuellement à l’étude, celle-ci est « évolutive » , a-t-il souligné : « Quand on entre dans l’éducation prioritaire, on n’y est pas pour la vie ! » »

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Ouvrir

Le Monde consacre une série d’articles à l’accès aux grandes écoles. Pour Michel Fize, sociologue au CNRS, le concours est un dispositif qui entretient l’élitisme et « n’a rien à voir avec le mérite ». Il précise : « Ils ne sont pas conformes à l’esprit démocratique qui suppose de rechercher la réussite pour chacun, en fonction de ses capacités, de ses goûts et de ses mérites. ».
Si les concours font toujours la loi, le problème majeur est qu’ils irradient toute la scolarité. Benoît Floc’h insiste sur la lente sélection du système scolaire français : « Au fil d’un lent et implacable écrémage, le système éducatif français conduit les meilleurs élèves vers la voie scientifique du baccalauréat, puis vers les meilleures classes préparatoires, jusqu’aux écuries d’élite du pays : HEC, Ecole supérieure de commerce de Paris, Polytechnique, Normale sup, ENA, Saint-Cyr…  »
En terme d’ouverture, Sicences Po est à la pointe depuis 13 ans. Educpro nous apprend aujourd’hui que 7 IEP délocalisent leur concours à l’étranger. En effet « Les lycées français de Bangkok, Bogota, Casablanca et Shanghai accueilleront, le 24 mai 2014, un concours délocalisé d’entrée en première année ».
Pour Laurent Fabius, ministre des affaires étrangères, “Nous devons améliorer notre attractivité et faciliter l’accès de ces élèves à notre enseignement supérieur. C’est un public francophone de haut niveau, avec des chances de réussite élevées”. Si le public visé est en effet plutôt aisé, l’ouverture voulue à l’origine par Richard Descoings s’adresse avant tout à un public défavorisé, les ZEP en particulier. Julien Muchielli nous apprend nous apprend dans Le Monde qu’il existerait des oubliés de l’ouverture sociale. « Dans l’enquête « Politique “d’ouverture sociale”, ségrégation et inégalités urbaines : le cas de Sciences Po en Ile-de-France » parue en août 2013, Marco Oberti, directeur de département de sociologie de Sciences Po et de l’Observatoire sociologique du changement, note que « la diversification sociale est surtout mesurée à travers la présence des élèves issus de milieux populaires ». Or, dit-il, « les petites classes moyennes n’ont pu profiter de cette ouverture... » »
Mais l’idée de Descoings est toujours d’actualité, comme le confirme Sud Ouest. « L’IEP de Bordeaux poursuit sa politique d’aide au concours, destinée aux lycéens de la région les moins favorisés, et augmente le nombre de places.


Intégrer

Intégrer les élèves porteurs de handicap est un enjeu actuel de notre école. Le conseil de l’Europe nous rappelle que la France fait figure de mauvais élève en la matière. Il « reproche au gouvernement d’avoir intégré trop peu d’enfants autistes dans les écoles, en dépit d’une première sentence à ce sujet  » nous apprend Estelle Saget dans L’Express.
Ministre déléguée chargée des personnes handicapées et de la lutte contre l’exclusion, Marie-Arlette Carlotti détaille dans Metro son plan d’action. Elle promet « un accueil adapté dès la maternelle pour les enfants autistes ».
Le sujet a fait l’objet d’un débat dans l’émission « Les grandes gueules » sur RMC à laquelle participe Sylvain Grandserre. Olivia Cattan, mère d’enfant autiste y témoigne sur la tranche 11h-12h . Auteur du livre D’un monde à l’autre, à paraître demain, elle nous explique également dans Metro que son « fils est devenu un élève presque normal ».
Reste à faire disparaître le « presque » …

Demain, c’est Géraldine Duboz qui vous proposera la revue de presse.
Guillaume Caron


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle éducation prioritaire ?
Revue n°499 - septembre 2012
Où va l’éducation prioritaire, après les dispositifs « Ambition réussite », puis « Éclair » ? Quelles évolutions des pratiques professionnelles, dans la classe, dans l’établissement, dans le réseau ? De ces établissements trop souvent lieux de relégation sociale et scolaire, peut-on faire une école commune ?

Accompagner, une idée neuve en éducation
Revue n°393 - avril 2001
L’accompagnement est-elle une nouvelle forme d’apprentissage et de formation, ou bien une démarche spécifique visant à faire évoluer le métier d’enseignant et de formateur ?