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Consultation en ligne sur les nouveaux programmes- Génépi, enseigner dans les prisons - CLEMI - #PasdeVagues - érosion de l’autorité - contractuels - infaillibilité professorale

Revue de presse du mercredi 31 octobre 2018

Profs : ne ratez pas la Consultation sur les nouveaux programmes ! En ligne jusqu’au 4 novembre. Des devoirs de vacances, en somme.
On revient sur le #PasdeVagues avec ce que Eirick Prairiat nomme l’érosion de l’autorité, le recours massif aux contractuels et l’infaillibilité professorale déclarée par notre ministre. Et on parlera aussi du Génépi, pour lequel on s’inquiète, ainsi que du CLEMI, à l’honneur avec Rose-Marie Farinella et les Awards 2018.

Cocorico

Commençons par une bonne nouvelle. Le programme européen d’éducation aux médias Betterinternetforkids vient de sélectionner, pour les Awards 2018, neuf candidats dont une française, Rose-Marie Farinella, qui travaille en lien avec le Clémi. On peut lire un article d’elle (« Débusquer des hoax, un jeu d’enfant ») dans le dossier 536 des Cahiers pédagogiques, Éduquer aux médias et à l’information. On peut lire le projet de Rose-Marie Farinella et voter pour le mettre en valeur (attention, c’est en anglais) :
Heureusement pour nous, son projet est aussi visible en français sur cette vidéo.


Aider... sans critiquer

Le Génépi est une association étudiante œuvrant auprès des personnes incarcérées. Depuis 1976, le Génépi et la Direction de l’administration pénitentiaire (DAP) étaient liés par partenariat national grâce auquel des personnes incarcérées (sur autorisation de la direction du centre pénitentiaire) bénéficient d’activités scolaires et socio-culturelles mises en place par les étudiants bénévoles de l’association. Le 20 septembre 2018, la direction de l’administration pénitentiaire a mis fin de manière brutale à son partenariat avec le Génépi. Suite à cette décision, des bénévoles se sont déjà vu refuser l’accès à plusieurs établissements pénitentiaires dans toute la France. Le Génépi estime que « le fond du désaccord repose sur des positions prises par des groupes locaux du Génépi pour dénoncer les conditions de vie indignes des personnes incarcérées auxquelles ces bénévoles ont été confrontés ».


Consultation express

Devoirs de vacances (urgent)
Les programmes de 2015 ont été rédigés par cycles, latitude étant donnée aux équipes pour en répartir les acquis sur les trois ans concernés. C’est du moins l’esprit. Utopique, peut-être... Sans les réécrire, le ministère vient de rédiger, pour certaines disciplines, des « repères annuels » - ce qui permet en même temps de modifier ou infléchir plus ou moins discrètement certains contenus... Ils entreront en vigueur à la rentrée 2019 et sont pour le moment soumis à la consultation des enseignants. Attention, cette consultation est de courte durée : du 18 octobre au 4 novembre 2018. Le temps des vacances, en somme. Du coup, difficile, voire impossible, d’organiser des réunions en établissement pour prendre le temps de partager cette lecture et faire remonter, plutôt que des échos individuels, des avis et suggestions d’équipes. Ce qui serait pourtant une vraie démarche professionnelle ; la susciter et en donner le temps aurait été une marque de cette confiance affichée du ministère envers les enseignants.

Sur le Café Pédagogique, à propos de ces repères annuels, Sylvie Plane s’insurge contre « une course à la précocité » qui fixe « comme point de référence pour chaque niveau de classe des performances que très peu d’élèves de l’âge considéré sont capables de réaliser » et s’indigne : « Il est possible actuellement de produire en 38 jours des poulets adultes et consommables. Pourra-t-on hâter également le développement des jeunes enfants pour répondre à des objectifs politiques et idéologiques ? ».


Violences toujours

La tyrannie de l’instant
Les « répliques » de la secousse du pistolet factice et du #PasdeVagues se font encore sentir. Mais prenons le temps de l’analyse avec Eirick Prairat. Dans une tribune au Monde, ce spécialiste des questions d’autorité en éducation analyse les facteurs qui ont contribué à l’ « érosion » de cette autorité. Un terme qu’il choisit car il « rend compte de l’évolution et de la transformation des rapports d’autorité dans le champ de l’éducation » ». Et il propose trois lectures pour ce processus qui, dit-il, est au travail depuis plusieurs décennies déjà dans nos sociétés : « une lecture sociologique, dans laquelle ce processus tire son origine d’une méfiance à l’égard de l’institution scolaire, une lecture philosophique, qui met l’accent sur la difficulté à enseigner à l’heure où triomphe l’idée d’égalité, et une lecture que l’on peut qualifier d’anthropologique, qui souligne la tyrannie de l’instant et de l’immédiat dans nos sociétés. »

Facteur aggravant ?
Paul Devin, inspecteur de l’éducation nationale, secrétaire général du SNPI-FSU, déplore le recours « de plus en massif à des contractuels qui n’ont pas les qualifications requises. » « Bien sûr, il y a toujours des contre-exemples, il y a fort heureusement des contractuels qui ont un sens inné de l’enseignement et qui parviennent à se mettre seuls au niveau, en travaillant avec acharnement. Mais ce n’est pas la majorité des situations. » Précisons que la plupart des académies mettent en place un plan de formations des personnels contractuels, un public très demandeur avec lequel les stages sont de passionnants moments de réflexion.

Infaillibilité professorale
En réponse aux enseignants qui se plaignent de n’être pas écoutés, le ministre annonce que c’est la parole de l’adulte qui prévaudra désormais. « À partir du moment où un adulte a vécu un problème, s’il dit qu’il a été insulté, c’est qu’il a été insulté, il n’a pas de raison de dire autre chose que la réalité. » Désavouerait-il ainsi tout le patient travail de désamorçage des conflits mené dans les établissements, en particulier par les conseillers d’éducation (CPE) qui donnent à tous les protagonistes d’une situation – élèves, enseignants et autres adultes —le droit de dire leur version des faits, et partent de là pour gérer au mieux les situations ? Les acteurs de terrain auront sans doute la sagesse de considérer le postulat du ministre avec... discernement.

Formés à la médiation ?
Toujours au chapitre des violences, Jean-Michel Blanquer, interrogé par Le Figaro (ou plutôt par Madame) manifeste sa volonté de lutter contre les violences sexistes qui toucheraient un élève sur dix (et même sur cinq, dit un sondage de Madame), et demande aux enseignants de ne laisser passer aucune manifestation de ce genre, dès la maternelle. « Il n’y a pas de “petit” harcèlement. Même en maternelle, on doit repérer le fait infime qui peut dégénérer. Même une petite moquerie au fond de la classe ! Si un professeur, un personnel de cantine ou un surveillant assiste à un comportement déplacé envers un enfant, il doit intervenir. » Intervenir grâce, ajoute-t-il, à des techniques de médiation auxquelles les professionnels de l’éducation sont formés. Ce qui est rassurant, surtout s’agissant de maternelles.

Pas d’(effet d’) annonces

On a vu ces derniers jours leurs trois visages assemblés : Christophe Castaner, Nicole Belloubet et Jean-Michel Blanquer sont intervenus chacun dans la presse avec des propos parfois différents sur un « plan contre les violences à l’école » qui serait proposé par leur « comité stratégique ». Finalement, le conseil des ministres n’a pas fait d’annonces mardi 30 octobre, les discussions n’étant pas suffisamment abouties apparemment entre les trois ministres. Le plan serait présenté d’ici à deux semaines.


Réflexion pédagogique

Recrutement et formation
De formation, justement, il est question dans les projets du ministère. Jean-Michel Blanquer souhaite un prérecrutement dès la Licence 2 et la mise en place d’une formation continue. On suivra avec intérêt ces projets. Le recrutement des enseignants, et en particulier la place du concours, fait l’objet de nombreux débats bien difficiles à trancher. Ce qui est certain, en tout cas, c’est la nécessité d’une formation continuée bien au-delà de l’année du concours.

Schopenhauer à la rescousse
Le Journal officiel du 30 octobre nous apprend que Vincent Stanek, agrégé de philosophie et docteur ès-lettres, nommé IGEN en août dernier, accède au poste de « conseiller affaires pédagogiques » au cabinet du ministre de l’Éducation nationale. C’est un spécialiste de Schopenhauer, dont il a traduit l’ouvrage en deux tomes, Le monde comme volonté et représentation. De là à s’y connaître en pédagogie...

Revue de presse de Florence Castincaud


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016
L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.

N° 539 - Pouvoir d’agir et autonomie, de l’école au lycée
Dossier coordonné par Michèle Amiel et Gwenaël Le Guével
septembre 2017
Prendre des initiatives, engager un processus de décision, animer une équipe, mettre en place une innovation, etc. Est-ce le domaine réservé du directeur d’école, de l’IEN, du chef d’établissement ? Au bout du compte, l’augmentation du pouvoir dans un établissement autonome, c’est celle du chef ou celle des personnels ?