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Revue de presse du mercredi 30 septembre 2015

Réformes — Numérique — Enseignement supérieur—


Réformes, réformes, réformes ! Tout ça pour ça, c’est lent, on revient en arrière, ça va trop loin, c’est trop cher. Bon et bien on n’est pas encore arrivés. Reste le numérique, qui lui avance par tous les bouts. Et l’enseignement supérieur qui se débat lui aussi dans pas mal de problèmes. Mais sinon, tout va bien.


Réformes

Claude Lelièvre publie sur son blog sans doute un extrait d’un texte de Georges Bertier, « L’utilité de l’Ecole nouvelle pour l’Ecole publique », in « Pour l’ère nouvelle », octobre 1923. A méditer à propos de la vitesse et de la pertinence de toute réforme. “Comme chacun des pionniers de l’éducation croit de toutes ses forces à ce qu’il fait, il est convaincu sans doute que l’école publique devrait dès aujourd’hui adopter tous les principes et toutes les méthodes de l’école nouvelle. N’allons pas si vite, sous peine de tout perdre et demandons-nous, en nous plaçant au point de vue même de nos collègues de l’Etat, ce qu’ils pourraient adopter de nos expériences sans bouleverser l’énorme machine et sans faire appel à la caisse publique, vide un peu partout comme chacun sait.”

Hier encore nous étions dans la fuite de l’info. Tout le monde s’était procuré les projets de texte. Ainsi par exemple : Un texte qui n’est encore qu’à l’état de projet. “Après la réforme du collège et la remise à plat des programmes, de la maternelle au collège, le ministère de l’Education nationale s’est engagé dans la voie d’une révision de la façon d’évaluer les élèves. S’il avait été question au départ de faire disparaître la note chiffrée, le débat ne semble plus être d’actualité.”

Mais aujourd’hui c’est officiel : Evaluation des élèves et brevet des collèges : ce que va changer la réforme de Vallaud-Belkacem. “La ministre de l’Education nationale, qui présente ce mercredi sa réforme de l’évaluation des élèves, propose notamment un nouveau livret scolaire accessible en ligne du CP à la troisième, ainsi qu’un brevet des collèges où le contrôle continu vaudra 400 points sur 700.”

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De la simplification par JiMo

Et Vousnousils indique : “L’idée de réformer en profondeur l’évaluation des élèves est évoquée depuis plusieurs années par le ministère de l’Education nationale, mais le chantier a réellement débuté en octobre 2014, avec la constitution d’un jury chargé de formuler des propositions sur les futures modalités d’évaluation. En février 2015, un rapport avait été remis à Najat Vallaud-Belkacem. Il préconisait entre autres de « généraliser l’abandon de la notation chiffrée tout au long des cycles 1, 2 et 3, classe de sixième comprise ». Cette recommandation recoupait un peu celle formulée en décembre dans un rapport du Conseil supérieur des programmes, qui proposait d’en finir avec la notation décimale et les moyennes. A l’époque, Najat Vallaud-Belkacem avait écarté cette préconisation, mais sa position semble avoir quelque peu évolué depuis.”

Le Café pédagogique : Evaluation : Spécificités françaises et débat politique.Quel degré de surprise dans les décisions ministérielles sur l’évaluation à l’école et au collège rendues publiques le 30 septembre ? Le Café pédagogique en a révélé les grandes lignes le 28 septembre. Mais sans doute convient-il de revenir sur les spécificités de l’évaluation en France. Pour cela, le rapport remis par le Cnesco en décembre 2014, apporte des éclairages intéressants. Ces pistes seront-elles suivies par la ministre ?
Et le ministère appelle à un sondage : Evaluation à l’école : 75% des Français favorables à la réforme, selon un sondage du ministère.

Et puis il y a des retours.
La dictée, drôle de passion françaiseC’est un problème sérieux ; l’orthographe permet de rendre les écrits lisibles, elle contribue à la lecture et à l’enrichissement du lexique et elle a un poids social incontestable. Il n’est pas étonnant que l’opinion publique y soit très sensible. La transmission de la langue écrite, tout à la fois outil d’apprentissage et objet d’enseignement, est un enjeu majeur de l’école et sa composante graphique est un savoir populaire dont on a fait remarquer qu’il a fonction de « lieu de mémoire », acquis à grands frais par les Français depuis le XIXe siècle, et décisif pour obtenir le premier diplôme accessible au peuple et propre à la promotion sociale, le certificat d’études.”

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Les français aiment la dictées par Geneviève Brassaud

Ah, et les Devoirs, le retour ?La suppression de l’accompagnement éducatif, hors éducation prioritaire, pourrait relancer la question des devoirs à la maison.”

Le Café pédagogique nous propose un petit voyage pour voir ailleurs comment ça se passe. Développer l’esprit d’entreprendre : Un premier bilan au Nouveau Brunswick « C’est quoi l’esprit d’entreprendre ? Dans le contexte français c’est lié à l’idée de réhabiliter l’image de l’entreprenariat, de réconcilier le pays avec ses entreprises, d’utiliser l’Ecole pour changer les représentations sociales et peser sur l’orientation. Au Nouveau Brunswick, l’esprit d’entreprendre est pris dans un sens plus personnel : la capacité à s’impliquer et à développer des compétences et des attitudes qui permettent d’évoluer dans son environnement social ou professionnel. Dans cette province canadienne, le système éducatif francophone a fait de l’épanouissement des élèves sa priorité. Il publie une première évaluation de son programme pédagogique sur l’esprit d’entreprendre qui mérite réflexion au moment où le ministère parle de bienveillance en éducation et d’engagement lycéen. »

Et puis la Cour des Comptes met les pieds dans le plat : Le lycée français, coûteux et médiocre "Un rapport de la Cour des comptes montre que la dépense publique par lycéen est supérieure de 38 % à la moyenne de l’OCDE, sans que les résultats soient meilleurs."

La Cour des comptes veut changer le lycée pour réduire son coût.Combien d’euros le latin ? Combien pour un cours de maths dans une lycée rural ? Pour la première fois, la Cour des comptes a calculé le coût horaire d’une heure d’enseignement selon les types de lycée, les filières et même les disciplines. Basé sur ces données en euros, là où le ministère compte plutôt en masses d’emplois, le rapport propose une évolution en profondeur du lycée qui remet en question le bac, les rapports entre Etat et régions et bien sur les conditions de travail des enseignants. "Nos concitoyens ne peuvent pas se satisfaire d’un système éducatif couteux - de plus en plus couteux - si les résultats ne sont pas au rendez-vous", écrit la Cour des comptes. Elle pousse loin la logique comptable. Jugez-en…
Le lycée coûte trop cher ? Moins d’options, moins de vacances... La Cour des comptes a la solution par Caroline Brizard. “Après avoir évalué en 2010 comment l’Education national parvenait à faire réussir les élèves (plutôt pas) et en 2015, l’efficacité de l’aide personnalisée (faible), la Cour des Comptes se penche sur le coût du lycée.”

Ressources pour la mise en œuvre du parcours Avenir. Diverses ressources sont présentées pour aider les équipes éducatives dans la mise en œuvre du parcours Avenir auprès de leurs élèves.

Une nouvelle locale de FRANCHE-COMTÉ : le Droit au retour en formation initiale : "des premiers chiffres engageants". Petit rappel : “Les jeunes âgés de seize à vingt-cinq ans sortant du système éducatif sans diplôme bénéficient d’un droit nouveau complémentaire aux dispositions qui concernent les publics sans qualification. Il oblige le système de formation et d’orientation à proposer une solution à tous les jeunes qui en feront la demande.” Les premiers chiffres : “À ce jour, 91 demandes ont été déposées via le service de rappel, dont dix-sept depuis le 1er septembre. Quatre sont en cours de traitement. Sur les 87 demandes traitées, 24 sont dites "non qualifiées" : sept personnes ne sont en réalité pas demandeuses d’une application "droit au retour en formation initiale" (DRFI) et dix-sept sont déjà titulaires d’une qualification (CAP, BEP). Ces dernières ne sont donc pas éligibles au DRFI.” Conclusion de l’article : “"Le public est fluctuant, il faut laisser au projet le temps de s’installer" précise le rectorat.”

C’est dans l’actualité, alors je vous le signale : Florian Philippot, vice-président du Front national dirigé par Marine Le Pen, répond aux questions de Jean-Paul Brighelli sur l’école. Et côté réforme, c’est en arrière toute !


Numérique

Un défi pour le monde de l’enseignement : la diffusion d’une culture numériqueUne idée (fausse) circule depuis (trop) longtemps à propos des technologies du numérique à l’école qu’il convient de défaire : selon certains, elles devraient nécessairement permettre à l’élève d’obtenir de meilleurs résultats et d’avoir plus de compétences. Cette conception, on a tendance à l’oublier, est en prise avec nos modes de raisonnement et de production intellectuelle qui sont eux-mêmes assujettis à la rationalité capitaliste. Comme la formation aux usages des technologies passe par un nécessaire investissement des établissements de l’enseignement et, par extension, des pouvoirs publics, on fantasme l’idée d’un retour sur investissement. Quelque part, on se met même à l’espérer. Mais à tort.”

Il est nécessaire d’éduquer et de former les élèves à la cybersécuritéÀ l’occasion du mois européen de la cybersécurité, qui se tiendra en octobre, il est primordial de penser à faire évoluer les pratiques d’Internet des jeunes Français et de leur en inculquer les bases d’un usage sécurisé. C’est un fait, aujourd’hui les enfants de 9 à 16 ans utilisent quasiment tous Internet (93 %), et ce malgré les risques qu’il comporte.”

Enfin un réseau professionnel pour les enseignants !
Viaéduc c’est le nouveau réseau social destiné aux enseignants du monde scolaire. Avec cette nouvelle plate-forme, une ambition se fait jour : faire dialoguer les enseignants, les professionnels de l’éducation nationale et favoriser les échanges de bonne pratiques. Cela peut paraître élémentaire, mais il faut encore convaincre ! François Catala, directeur général du GIP Réseau professionnel des enseignants qui porte Viaéduc nous raconte les origines du projet.”


Enseignement supérieur

Les 100 millions sont toujours d’actualité. Le gouvernement renonce à prélever 100 millions dans les réserves des universités. Valls : 100 millions d’euros supplémentaires pour Enseignement supérieur et Recherche en 2016. “Pour faire face au nombre croissant d’étudiants, le gouvernement a écarté l’idée d’une nouvelle "ponction" sur le fonds de roulements des universités.” L’exécutif fait un geste vers l’Enseignement Supérieur et la Recherche.

Le gouvernement veut lutter contre le bizutage. “A l’occasion de la rentrée universitaire, Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Education nationale et Thierry Mandon, secrétaire d’Etat chargé de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, ont écrit aux dirigeants des établissements d’enseignement supérieur. Ils les alertent sur les risques de bizutage et appellent à des mesures de prévention.”

Marie-Christine Lemardeley : "La ville a un rôle à jouer dans l’enseignement supérieur"
Sylvie Lecherbonnier “Rédactrice en chef invitée d’EducPros en septembre 2015, Marie-Christine Lemardeley met en avant le rôle de facilitateur que peut avoir une ville pour développer l’enseignement supérieur et la vie étudiante. La collectivité peut agir aussi bien sur l’accueil des réfugiés, le bien-être étudiant que sur la construction de nouveaux espaces dédiés à la pédagogie innovante, selon l’adjointe à la mairie de Paris en charge de l’enseignement supérieur et de la vie étudiante.”

Apprentissage : l’ascenseur social en panne à bac+2. “L’augmentation du nombre d’apprentis dans l’enseignement supérieur ne s’est pas accompagnée d’une ouverture sociale. Les apprentis des filières bac+2 /+3 n’ont pas des origines plus modestes que les étudiants de la voie classique. L’ascenseur social semble en revanche mieux fonctionner pour ceux des formations en alternance de niveau bac+5.”

Une ressource pour terminer :Infographie - L’enseignement agricole, un levier stratégique pour l’avenir de l’agriculture française

Bernard Desclaux




Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 523 - Le climat scolaire
Coordonné par Michèle Amiel et Thomas Dequin
septembre 2015
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.

N° 521 - Croiser des disciplines, partager des savoirs
Coordonné par Francis Blanquart et Céline Walkowiak
avril 2015
Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.