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Revue de presse du mercredi 3 juin

Programmes — Divers — Ailleurs


Dans l’actualité, la question des programmes est sur le grill. Quelques infos diverses et venues d’ailleurs complèteront cette revue du jour.


Programmes

Concernant la réforme des programmes, La Sorbonne est le lieu de tables rondes sur l’enseignement de l’histoire réunies sous l’égide du Conseil supérieur des programmes (CSP). Le Figaro titre : Programmes scolaires : l’opération déminage de Najat Vallaud-Belkacem. “La polémique qui bat son plein depuis un mois et demi vient du fait que le Conseil supérieur des programmes (CSP) a décidé, pour les programmes d’histoire du collège, de distinguer des thèmes à aborder obligatoirement et des thèmes « laissés au choix » de l’enseignant.

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Opération de déminage, dessin de JiMo

Qui n’a pas entendu dire par les enseignants eux-mêmes et de toutes matières, qu’ils étaient “obligés” de faire des choix dans les programmes ? Il doit y avoir une différence entre “se sentir obligé de” et “avoir le droit de décider”...

Philippe Frémeaux d’Alternatives Economiques dans son bloc-notes de juin 2015 écrit : “Dans ce contexte, rendre les enseignants, dans chaque établissement, plus responsables des résultats de leur enseignement, favoriser la prise d’initiative et le travail collectif sont assurément un pari. C’est en effet une révolution culturelle majeure pour les enseignants enfermés dans un exercice solitaire de leur métier et cantonnés à la seule transmission des savoirs propres à leur discipline. Mais si les enseignants s’en saisissent, cette réforme peut donner à la promesse du collège unique la consistance qu’elle n’a jamais acquise depuis sa formulation, il y a maintenant quarante ans. L’alternative ? Le retour aux filières et à la sélection précoce des élèves, comme le propose l’opposition. Un choix socialement injuste et économiquement régressif.”

Denis Peiron dans la Croix relève les points en discussion : Vers une réécriture des futurs programmes d’histoire. Celui-ci poursuit son analyse dans un autre article : Ce que l’école doit enseigner en histoire
Et Libération à mi journée se contente de reprend la dépêche de l’AFP : Education : les programmes d’histoire débattus sur fond de violentes polémique.

Reste que la nature des participants sera critiquée. Combien d’enseignants de terrain du primaire et du collège ?

Toujours à propos des programmes, le thème religieux fait problème, et plus particulièrement dans un certain département. Les représentants des cultes inquiets pour l’enseignement religieux en Alsace. “Les autorités religieuses alsaciennes ont tenu à faire le point sur l’enseignement religieux dans cette région de France sous régime dit "Concordataire". Actuellement, les élèves alsaciens du primaire et du secondaire suivent une heure de cours de religion, intégrée dans les 24 heures de cours hebdomadaires. Les parents peuvent dispenser leur enfant de ce cours, qui est alors remplacé par un module d’enseignement moral.” Mais l’article entier est réservé aux abonnés de ce site : fait-religieux.com. Tandis que dans le département voisin, c’est la suppression des classes bilingues qui fait problèmes. Aussi, La ministre de l’éducation rassure la Lorraine sur sa réforme du collège. “La ministre de l’éducation Najat Vallaud-Belkacem était ce lundi à Nancy pour l’inauguration d’une nouvelle école maternelle et primaire. Un déplacement, en pleine période de tension avec le monde éducatif sur la réforme du collège. Najat Vallaud-Belkacem s’est voulue rassurante.”

Didier Dacunha-Castelle (Mathématicien, ancien président du Conseil national des programmes) écrit dans Le Monde : L’enseignement des mathématiques doit s’appuyer sur l’interdisciplinarité. “Les mathématiques concernent beaucoup de domaines mais au collège elles ne semblent pas en prise avec le monde extérieur parce que trop refermées sur elles-mêmes.” Et il poursuit : “Plus grave : sachant que nous travaillons pour les trente années à venir, pensons à la place de l’informatique. Si l’alliance avec les mathématiques est mal conçue, l’informatique risque de les réduire dans les décennies à venir à la portion congrue, au détriment de l’informatique elle-même. Enseigner la programmation à cet âge est loin d’être une évidence, ne pas le faire est laisser encore une fois l’outil à ceux qui pourront le payer à leurs enfants.

Heureusement, Eduscol vous propose quelques ressources. Un site : Ces chansons qui font l’histoire et Les Rendez-vous de l’Histoire du monde arabe.


Divers

L’actualité permet de découvrir un nouveau réseau social, Gossip, Selon les Echos, "Le principe de Gossip est de publier des messages anonymes de 140 caractères, appelés « rumeurs » dans l’application, qui ne sont visibles que pendant dix secondes, ou bien une image ou vidéo (les « preuves »), qui ne durent également que dix secondes." L’application est accusée de favoriser le harcèlement. Hier, deux syndicats lycéen ont demandé sa fermeture. La ministre a donc appelé aujourd’hui à beaucoup de vigilance. L’application a été suspendue par son auteure, qui reconnait qu’elle n’aurait pas dû l’ouvrir aux moins de 18 ans. Elle devrait rouvrir avec une modération. L’éducation aux médias devient visiblement une urgence sociétale.

Un article très intéressant dans LeMonde par Jean-Claude Lewandowski sur la nécessité de relancer l’apprentissage. Pour le relancer il faudrait des moyens car il coûte cher à l’entreprise. "Il faut surtout que l’apprentissage soit en phase avec l’évolution des métiers."

La Seine Saint Denis dans le rouge : elle manque de profs, notamment de maths.

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Le manque de profs dessin de Geneviève Brassaud

Ailleurs

Une très belle initiative : un photographe anglais né au Keny a décidé de photographier les cours de récréation à travers le monde. "De la Chine à l’Afrique en passant par la Bolivie, les Etats-Unis ou encore Israël, le Mexique et le Norvège, le photographe a pu immortaliser une multitude de cours, offrant un témoignage inédit sur les différentes cultures. Mais son travail offre également un regard critique sur les inégalités persistantes entre les pays."
L’enseignement du fait religieux semble poser problème en Suisse selon la Tribune de Genève. On note que l’enseignement francophone en Suisse a beaucoup en commun avec l’enseignement en France. "« Certains évitent des thèmes sensibles qui pourraient fâcher. Ils préfèrent parler des Incas plutôt que du conflit israélo-palestinien ou du génocide arménien », illustre Christian Macherel, doyen au Collège et Ecole de commerce (CEC) André-Chavanne, où se côtoient 2000 élèves totalisant 120 nationalités et 80 langues différentes."

Géraldine Duboz et Bernard Desclaux
Demain Pascal Thomas vous proposera sa revue de presse.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseigner en histoire-géographie avec le numérique
Dossier coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet

Ce dossier, coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet, montre que le numérique, à certaines conditions, a un réel impact sur les apprentissages des élèves en histoire-géographie, en développant l’autonomie, la collaboration, la concentration, le sens de l’effort, tout en offrant un aspect ludique que nos élèves apprécient. On verra ainsi naitre de nouveaux chemins qui amènent tous à apprendre, tous au savoir. Mais dans un monde où l’internet nomade donne accès à une banque de données dans laquelle on trouve le pire comme le meilleur, le vrai comme le faux, le rôle de l’enseignant devient aussi d’aider nos élèves à appréhender cet outil. Mais pas de doute : le numérique ouvre des possibilités immenses pour ces matières, dont il serait dommage de ne pas s’emparer.

N° 521 - Croiser des disciplines, partager des savoirs

Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.