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Revue de presse du mercredi 29 mai 2013

Accord et division à gauche sur les projets de loi - Traque à la triche et à la théorie du genre - Un peu de hauteur

Loi sur l’enseignement supérieur votée sans les voix des députés écologistes et Front de gauche

Contrairement à la loi de refondation de l’école, celle sur l’enseignement supérieur ne réunit pas la gauche parlementaire.
Après avoir été votée par les sénateurs, le texte présenté par Vincent Peillon devrait obtenir les suffrages des députés Front de gauche en deuxième lecture comme l’annonce l’Humanité. Le journal communiste cite toutefois André Chassaigne, chef de file des députés FDG qui précise que son groupe a « quand même déposé des amendements pour essayer d’aller un peu plus loin au niveau du texte, en particulier sur le pré-recrutement des enseignants, sur l’allongement de la scolarité obligatoire pour garantir à tous le droit à l’éducation de 3 à 18 ans ».
Par contre, celui sur les universités présenté par Geneviève Fioraso n’a pas fait l’unanimité chez les parlementaires de gauche. Comme le souligne France Info « c’est la première fois depuis le début de la législature que les députés écologistes font défection ». Un refus de vote justifiée par une absence de rupture marquée avec la loi précédente selon Barabara Pompili, coprésidente du groupe écologiste à l’Assemblée, citée par la radio d’information continue. C’est également l’avis de la député communiste Marie-George Buffet qui a expliqué son vote dans un argumentaire publié hier par l’Humanité.


Théorie du genre et homosexualité à l’école

Le Figaro fait sa une sur « Ces professeurs qui veulent imposer la théorie du genre à l’École » . Rien que ça !
La version en ligne est plus modérée (On se gardera toutefois de prendre connaissance des commentaires des lecteurs.)
Il s’agit en fait de lancer une polémique sur le dossier mis à disposition de snesiegnants du primaire par le Syndicat National Unitaire des Instituteurs et Professeurs des Ecoles (SNUIPP) suite à son colloque du 16 mai dernier. Le journal donne la parole à Sébasten Sihr, son secrétaire général, qui précise que « Les questions d’homoparentalité ne peuvent être mises sous le tapis depuis la loi sur le mariage pour tous, les familles homoparentales ont toute leur place à l’école. » mais aussi (et surtout) à Olivier Val, président de l’Union Nationale Inter-universitaire (UNI) qui prévient qu’« Au-delà des combats législatifs, il va falloir surveiller les cours et les manuels scolaires » et « face à cette tentative de déconstruction », invite les enseignants à la « résistance » ». Rien que ça !
Marie-Estelle Pech et Caroline Beyer rappellent pourtant que « L’éducation à la sexualité, qui englobe des informations sur l’homosexualité, est une obligation légale depuis 2001 de l’école primaire au lycée »
Le Figaro nous propose aussi l’interview du pédopsychiatre et psychanalyste Christian Flavigny (sans nous rappeler qu’il est l’auteur de Je veux un Papa ET une Maman et opposant au mariage homosexuel). Pour ce dernier avec des initiatives comme celles proposées par le SNUIPP « On tente de réparer à l’école les dégâts entraînés par la décomposition activement organisée des repères familiaux ». Rien que ça !
La réponse à une question sur la théorie du genre est toutefois un peu plus mesurée : « Autant l’enseignement de cette théorie aurait sa place s’il permettait aux jeunes de réfléchir sur les abus du passé dans une démarche critique, autant il est aberrant s’il leur assène une vérité à entériner. »
Interrogé sur ce sujet dans le "Talk Orange-Le Figaro", Vincent Peillon a rappelé qu’ « Il n’y a pas de débat sur la théorie du genre », en précisant que « Par contre, bien entendu, il faut lutter contre toutes les discriminations, à la fois de race, religieuse, et de l’orientation sexuelle, car elles causent de la souffrance. » Ni plus, ni moins.


Le plan anti-triches du ministère

Continuons avec ce "marronnier" du mois de juin que constitue le bac. VousNousIls nous informait hier que « Des détec­teurs de télé­phones por­tables seront ins­tal­lés dans toutes les aca­dé­mies lors de la ses­sion du bac­ca­lau­réat 2013 » en précisant toutefois que ce ne sera pas fait dans tous les établissements. Les appareils devraient en fait tourner d’un centre d’examen à l’autre. Effet dissuasif garanti ? Pour Le Figaro étudiant, « Fléau de la triche version 2.0, le smartphone est clairement dans le viseur de ce vaste plan anti-triche du ministère ». C’est aussi l’avis de Ouest France qui fait sa une avec Fraude au bac : le portable « traqué »
20 minutes profite de l’occasion pour nous exposer les techniques de fraude les plus courantes en rappelant toutefois que « les tentatives de tricheries au bac restent minimes au regard du nombre de candidats (419 en 2012 pour 760.000 candidats) ».
On peut en effet s’étonner du coût occasionné par cette installation de détecteurs de téléphones portables « du smartphone au vieux nokia » au vu du nombre minime de tentatives de fraudes.
Cette annonce est en fait révélatrice du côté bachotage qu’a conservé le baccalauréat et de la méfiance persistante de l’école vis à vis des nouvelles technologie dont elle entend paradoxalement promouvoir l’usage. C’est ce que Michel Guillou qualifie de "politique de l’autruche" sur son blog. Il fait à juste titre remarquer que « [...] nos élèves travaillent sur leurs ordiphones et les applications éducatives qu’on met à leur disposition, ils échangent et partagent via les réseaux sociaux, ils collaborent à des projets communs sur ces terminaux numériques ou sur d’autres terminaux, ordinateurs et tablettes, sur lesquels ils peuvent à tout moment accéder à l’expertise de leurs pairs, à la sagesse collective du groupe duquel il font partie, accéder aussi aux immenses ressources encyclopédiques disponibles partout, y compris sur des sites institutionnels et universitaires, mobiliser et s’approprier ces connaissances pour co-construire…
Pendant ce temps, à intervalles réguliers, l’école voudrait les évaluer un par un, sur de vieilles tables, devant une copie blanche, munis d’un stylo, pour restituer des connaissances apprises, en totale déconnexion du monde avec lequel ils sont habituellement en harmonie. »
Sa conclusion est sans appel : « il n’existe pas de solution technique à un problème éducatif, qui plus est dans ce cas, sociétal ! »


Sur une grue pour son chef

S’il y en a un qui ne triche pas, c’est ce professeur d’EPS qui est grimpé pendant trois heures sur une grue ce matin dans l’Yonne pour marquer son soutien à son principal. Rien que ça !
France 3 Bourgogne nous précise que c’est pour soutenir, « un professeur détaché sur ce poste depuis trois ans, qui a demandé sa titularisation. ». Grâce à l’Yonne.fr, on apprend que cet acte est le prolongement d’une grève entamée la semaine dernière. Qui a dit que les relations étaient mauvaises entre les enseignants et leur chef d’établissement ?

- Laurent Fillion -

Et nous souhaitons la bienvenue à Fabien Crégut dans l’équipe de la revue de presse !

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Le dessin de Fabien Crégut