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Revue de presse du mercredi 28 juin

Munich et Ponce Pilate - Brevet - Drames de la pression scolaire - APB la suite - Montaigne et le numérique à l’université

Une revue de presse ponctuée de polémiques justifiées ou non, de drames et difficultés bien réels et de propositions.


Ponce Pilate ressuscite la semaine de quatre jours

A propos du retour possible à la semaine de quatre jours, dans son blog sur Mediapart, Claude Lelièvre reprend l’expression de "Munich pédagogique" utilisé en 2008 par Antoine Prost. Il y égratigne sévèrement le nouveau ministre, coupable de ne pas prendre ses responsabilités : « Le décret que Jean-Michel Blanquer vient de signer sur les rythmes scolaires est digne non pas d’un Salomon mais d’un Ponce Pilate. C’est la « base », à condition d’être unie, qui choisira le retour à la semaine de quatre jours. Et l’irresponsable à la tête du ministère de l’Education nationale s’en lave les mains.
Après la décision prise en 2008 par le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos de permettre la suppression de la classe du samedi et la généralisation de la semaine de quatre jours dans l’enseignement primaire, l’historien Antoine Prost avait dénoncé « une débacle » accompagnée d’ « un lâche soulagement ». Et il avait titré sa tribune parue dans « Le Monde » du 28 mai 2008 : « Un Munich pédagogique ! ». Bis repetita ?
 »
La position de J-M. Blanquer est en effet délicate sur la question puisque comme le rappelle Libération « en 2010, auditionné à l’Assemblée nationale, il se montrait pourtant critique sur la semaine des quatre jours. » en déclarant à l’époque qu’avec ce choix "le monde des adultes s’est entendu sur le monde des enfants". Comme aujourd’hui non ?

Après le bac, le brevet

Les épreuves écrites commencent demain. Et si l’on en croit Le Monde, sa nouvelle formule est déjà contestée.
La cause ? « Dans nombre d’établissements, la majorité des élèves de 3e ont déjà le nombre de points pour décrocher l’examen, avant le coup d’envoi des écrits. »
« La validation de ce bagage [le socle commun], que tout élève doit avoir acquis à l’issue de la scolarité obligatoire, compte en effet désormais au brevet en lieu et place des moyennes de notes obtenues dans l’année. Son poids est même prédominant : le bilan des compétences de ce « socle », évaluées selon quatre niveaux de maîtrise – insuffisant (10 points), fragile (25 points), satisfaisant (40 points) et très bon (50 points) –, compte pour 400 points sur 700. » L’article oublie de préciser que c’était déjà le cas avec l’ancienne formule dans laquelle le contrôle continu comptait pour 200 points sur les 360 requis. On est donc passé de 55,55 % de la note globale à 57,14 % ! Pas de quoi crier au scandale. L’idée selon laquelle un examen n’aurait de la valeur que s’il n’était réussi que par un petit nombre est tout de même très critiquable quand il s’agit comme avec le DNB de valider les apprentissages communs à une très large majorité des élèves. Rien de scandaleux non plus au fait que des élèves l’aient déjà avant les épreuves finales. L’évaluation et la validation sérieuses des compétences travaillées au collège peut en effet suffire. Et si le vrai scandale c’était d’avoir conservé ces épreuves écrites inutiles et coûteuses ?
Et pensons aussi à ces élèves qui ne parviendront pas à l’obtenir ...

Drames de la pression scolaire

Deux faits dramatiques relatés dans la presse ces derniers jours nous rappellent la pression scolaire qui peut exister ou être ressentie parfois dans notre société.
Nice Matin nous raconte qu’une mère d’élève a tenté hier de s’immoler dans les locaux du rectorat de Nice parce que son fils n’était pas accepté en classe de Seconde. « Devant les personnels d’accueil pétrifiés, cette mère est arrivée munie d’un bidon d’essence dont elle s’est aspergée copieusement.
Cela avant de sortir un briquet qu’elle n’a heureusement pas utilisé grâce à l’intervention d’un agent du rectorat qui a réussi à lui confisquer. Ce dernier a su, en effet, trouver les mots pour calmer et rassurer cette mère désespérée.
A l’origine de cet acte fou, le refus pour son fils scolarisé en 3e au collège de passer à la rentrée en classe de seconde en lycée général, en raison de son faible niveau d’études. Ce refus, décidé par le conseil de classe de son établissement d’origine, a été confirmé par la commission d’appel.
Et c’est pour obtenir une dérogation pour son fils auprès de l’inspection académique, logée sur le site du rectorat, que cette mère de famille a tout tenté, y compris d’envisager ce geste fou.
 »
Dénouement bien plus tragique mercredi dernier en Belgique où c’est un jeune collégien qui s’est suicidé parce qu’il devait doubler sa classe. « Émilien, qui était en 3e secondaire générale au collège Saint-Joseph à Chimay, n’a pas supporté qu’on lui annonce qu’il venait de rater ses examens et, par conséquent, qu’il allait doubler son année scolaire. Après avoir appris son échec, le jeune homme s’est pendu au domicile familial, à Rance. » relate SudInfo. Le quotidien belge cite également les propos tenus par une enseignante à l’annonce de la nouvelle : « Mes chers élèves, anciens et nouveaux, ce mercredi, dans ma région, un jeune homme de 15 ans a mis fin à ses jours après avoir appris qu’il doublait… Vous n’êtes pas et ne serez jamais ce à quoi l’école vous réduit parfois ! Les notes ne sont que des chiffres, et ne correspondent nullement à la valeur de votre personne. » Sur RTL.be pour « la psychologue Sylvia Pinna-Puissant, active au Centre de prévention du suicide, l’échec scolaire mène rarement au suicide. En revanche, il peut aggraver un mal-être déjà présent. "L’enfant peut ressentir un mal-être au sein de l’école, de son groupe d’amis ou au sein de son encadrement familial". En cas de redoublement, l’adolescent craint également de perdre ses amis. »

APB la suite

Après la deuxième phase, 115 licences sont encore en tension selon Natacha Lefauconnier dans l’Etudiant/Educpros. « Cent quinze des 169 formations ayant eu recours au tirage au sort lors de la première phase d’Admission postbac ont dû réitérer l’opération lors de la deuxième phase, lundi 26 juin 2017. Un tiers sont en filière Staps, puis en sciences de l’éducation. En revanche, tous les vœux 1 absolus de Paces ont été accordés aux candidats, conformément à la promesse du ministère. »
Pour la ministre de l’Enseignement supérieur, interrogée sur RTL, le système APB est "à bout de souffle". Paris Match revient sur ces propos.

Numérique et université

Nombreux sont les medias à commenter les propositions de l’Institut Montaigne pour les universités.
Marie-Christine Corbier dans les Echos explique« Comment le numérique va bousculer les universités. “Dans un rapport, l’Institut Montaigne décrit la révolution digitale censée déboucher sur « un enseignement supérieur de nouvelle génération ». Elle conduirait notamment à des liens plus étroits avec le secteur privé. »
Pour Céline Authemayou dans l’Etudiant/Educpros « l’Institut Montaigne veut placer le numérique au cœur de la machine "enseignement supérieur" » On y trouvera une présentation du rapport publié le 28 juin 2017 dans lequel cet institut formule dix propositions pour "permettre aux universités de relever le défi numérique".
« Simplification administrative grâce à un libre accès aux données, développement de la pédagogie numérique et de la formation des enseignants, utilisation des learning analytics pour contrer l’échec en licence… »
Quant au Monde, il titre « Ce que propose l’Institut Montaigne pour que l’université ne rate pas la révolution numérique ». et présente ainsi le rapport intitulé « Numérique et enseignement supérieur : connectez-vous ! ».«  Autonomisation accrue des universités, libre accès aux données de recherche, développement des coopérations public-privé ou encore formation tout au long de la vie dans les établissements d’enseignement supérieur… Voici quelques-unes des dix propositions les plus saillantes [...] Les deux auteurs, Gilles Babinet, entrepreneur et « digital Champion » [promoteur de l’économie numérique] de la France auprès de la Commission européenne et Edouard Husson, historien et vice-président de Paris Sciences et Lettres [communauté d’établissements qui compte notamment parmi ses membres l’université Paris-Dauphine et l’Ecole normale supérieure] y font le constat que le système d’enseignement supérieur n’est pas encore au point pour affronter la « troisième révolution industrielle » théorisée par l’essayiste américain Jeremy Rifkin. »


Je profite de ma dernière revue de presse de la saison pour remercier les membres de l’équipe pour le travail immense effectué toute l’année ainsi que les éventuels lecteurs qui trouvent encore cette revue de presse utile

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les rythmes scolaires
Hors-série n°16 - mars 2009
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
La question des rythmes scolaires a fait l’objet de nombreux articles dans notre revue depuis 30 ans : ce dossier en propose une compilation que l’on espère utile dans les débats en cours.

Quelles alternatives au redoublement ?
Hors-série n°19 - octobre 2009
Ce dossier combine les réflexions de fond, les échos de recherches et les témoignages, de l’école primaire au lycée. Les redoublements ne constituent pas une solution à l’échec scolaire, mais il faut tenir compte de la complexité des situations, des effets pervers possibles

Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?