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Revue de presse du mercredi 26 juin

La loi est votée : la refondation reste à faire - 10000 postes supplémentaires pour le secondaire ? - Quantité versus qualité ?

La presse du jour se penche sur l’avenir de notre École. Un avenir proche marqué par une loi de refondation votée hier soir et des postes supplémentaires annoncés ce matin. Un avenir à moyen et long termes marqué par des défis importants à relever au vu du rapport de l’OCDE paru mardi et commenté aujourd’hui. Le premier est-il à la hauteur de ces derniers ? Et si tout restait à faire ?

La loi est votée : la refondation reste à faire

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Le dessin de Fabien Crégut

La loi sur la refondation de l’École a été définitivement adoptée hier soir avec le plein des voix des députés de gauche. La plupart des quotidiens reprennent cette information. Cité par l’Express, Vincent Peillon a salué ce « rassemblement de toutes les composantes de la majorité autour de ce projet ambitieux pour les élèves d’aujourd’hui et de demain ». Dans son communiqué, le ministre de l’Éducation Nationale a précisé que « Les fondements d’une école juste, exigeante et inclusive sont désormais posés et le texte crée les conditions de l’élévation du niveau de tous les élèves et de la réduction des inégalités. » L’Express rappelle quelques-uns « des changements visibles dès 2013 ». Mais c’est Ouest France qui dresse la liste la plus complète de « ce qui va changer à l’école avec cette loi ». Je laisse à chacun de juger s’il s’agit là d’une refondation...
Pour François Jarraud, dans le Café Pédagogique « Tout reste à faire » car « Alors qu’elle devrait réunir les acteurs de l’École pour "refonder" l’École, la loi suscite soit méfiance soit indifférence chez les enseignants qui sont censés la mettre en place. »


10 000 postes supplémentaires pour le secondaire ?

L’autre information du jour c’est bien évidemment l’annonce faite ce matin sur Europe 1 par Vincent Peillon de créer « 10 000 postes supplémentaires pour le secondaire ». Il ne s’agit pas de postes d’enseignants mais de postes d’encadrement « spécifiquement pour le secondaire pour faire qu’il y ait plus de sécurité et d’adultes dans les établissements". » et de contrats précaires « Ces contrats dureront entre 10 mois et deux ans, mais qui seront renouvelables ». Le retour des emplois-jeunes dans les collèges ? Faut-il y voir la participation de l’Éducation Nationale à gagner le pari de renverser la courbe du chômage d’ici la fin de l’année ? Pour Marie-Caroline Missir de l’Express, il s’agit davantage d’un coup de com’ de la part du ministre car « l’annonce n’en est pas une. Ces 10 000 recrutements font en effet partie de l’enveloppe de 30 000 contrats aidés pour l’Éducation nationale annoncée aux recteurs le 11 juin dernier ». En ce jour de soldes, d’autres pourraient y voir des emplois au rabais...


Quantité versus qualité ?

L’Organisation de Coopération et de Développement Économique (OCDE) présentait hier son rapport annuel "Regards sur l’éducation 2013" qui permet de comparer, chiffres à l’appui, les différents systèmes éducatifs des pays de l’OCDE. La Croix résume notre situation en titrant sur le paradoxe français.. Beaucoup plus d’heures, notamment en français et en mathématiques pour en fin de compte produire plus d’échec et plus d’écarts de niveau entre les élèves. Le journal chrétien cite Éric Charbonnier, expert éducation à l’OCDE « La quantité ne conduit pas forcément à la qualité »,
Dans Le Monde, Maryline Baumard commente aussi ce rapport autour d’un chiffre « Les écoliers sont scotchés à leurs chaises 8 500 heures ». La quantité toujours : « Les écoliers y suivent 10,43 % de temps scolaire de plus que dans la moyenne des 21 pays de l’Union européenne, pays qui sont le plus proches culturellement de la France. Cela s’aggrave encore un peu en collège puisqu’ils y ont cette fois 11,46 % d’heures de plus qu’ailleurs dans l’UE. »
Évoquant la délicate question des rythmes scolaires, elle ose une comparaison :« Il s’avère que les petits français passent 37% de leur temps à travailler leur langue maternelle, alors que les autres pays européens n’y consacrent que 27% de leur emploi du temps scolaire. Ils passent 21% de leur temps à faire des maths, contre 17% ailleurs dans les 21 pays de l’UE, membres de l’OCDE. Décidément, on se demande comment on peut avoir 20% de jeunes ne maîtrisant pas les fondamentaux en fin de primaire dans ces conditions... Un vrai mystère ! Cela rappelle les cours de géographie où l’on opposait l’agriculture extensive et l’agriculture intensive. Là, il y aurait les écoles extensives où l’on s’abrutit de longues journées et les écoles intensives avec moins d’heures mais plus efficaces. »
Bref tout reste à faire...

Raison de plus pour recharger les batteries pendant les vacances qui approchent.
Car à la rentrée, il nous faudra refonder !

Demain, vous retrouverez la revue d’Ostiane Mathon

Laurent Fillion