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Revue de presse du mercredi 26 février 2014

Génération quoi - Teacher Tuesday - Paradoxe mathématique - Les mêmes chansons


Génération quoi

Lancée mi-octobre par le groupe France Télévision, l’enquête Génération quoi a connu un succès important chez son public cible : les 18-34 ans. Le Monde, partenaire de l’opération, revient sur les enseignements de ce « questionnaire en ligne pour sonder les jeunes de 18-34 ans, et leur permettre de brosser un autoportrait générationnel ». Plusieurs jeunes de cette « Génération quoi » attaquent l’éducation nationale. « Camille se rêvait coiffeuse. « On m’a désorientée de ça. » Trop de capacités, lui a-t-on dit au collège. Elle n’allait pas faire un métier à CAP ! Elle irait « en général ». Elle y est bien allée, en général, mais a battu retraite avant le bac. Retour au CAP de coiffure… par correspondance. Délicat. D’autant qu’en seconde année aucun patron n’a voulu d’elle en apprentissage. Trop vieille, trop chère, à 19 ans. » En service civique, notamment dans les écoles, ces jeunes pointent une forme de mépris à leur encontre « On n’est pas des fainéants, des bons à rien ! Après les émeutes des banlieues, on a fait des généralités sur la jeunesse. Et au lycée, on nous disait ‘‘Vous êtes nuls, vous n’aurez pas votre bac’’ ». « Beaucoup de ces jeunes ont été détruits par le système scolaire. Ils y ont perdu toute confiance en eux, ainsi que dans les institutions. L’éducation nationale était la seule avec laquelle ils avaient un contact direct, elle les a plongés dans l’échec. Pour eux, la société ne va pas, elle est injuste, elle ne leur laisse pas la place, pas de responsabilités, pas de possibilité de s’exprimer. Ils ont envie de changer tout cela, mais ils ne croient pas au politique. » confirme le responsable de l’antenne relais Unis-Cité.
L’Express souligne l’ambivalence de la jeunesse de France « qui ne croit pas dans sa société, mais souhaite faire bouger les choses ». « Le système éducatif est pointé du doigt, 61% estiment qu’il ne récompense pas le mérite et autant pensent qu’il n’offre pas une chance à tous. »
Challenges propose une lecture de cette enquête sous forme de 7 idées reçues sur les jeunes. Là aussi, le système scolaire a droit à son procès : « Plus de quarante ans après les dénonciations de Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron dans La reproduction, l’origine sociale reste un facteur déterminant dans la réussite scolaire dans l’Hexagone. »


Teacher Tuesday

Dans le cadre de son programme Education pour tous, l’Unesco a lancé hier l’opération Teacher Tuesday. « 10 ensei­gnants du monde entier vont témoi­gner un par un de leur quo­ti­dien sur Twitter » nous précise VousNousIls. « Le pre­mier ensei­gnant à témoi­gner est une femme, Esnart, qui tra­vaille dans le pri­maire au Malawi. Son pays soufre d’une impor­tante pénu­rie d’enseignants, et moins de la moi­tié des enfants apprennent les bases. Elle enseigne à plus de 200 élèves sans salle de classe : les élèves sont assis en plein air sous le soleil, et écrivent dans le sable par manque de cahier. » La professeure de la militante Malala doit participer à ce « Teacher Tuesday » qu’il est possible de suivre grâce à la balise #TeacherTuesday.


Paradoxe mathématique

L’enseignement des maths est en question ces derniers temps. Après le documentaire d’Olivier Peyon « Comment j’ai détesté les maths ? » qui continue de susciter le débat, l’AFP pointe le paradoxe des maths dans l’hexagone.
«  Des pointures mais des élèves dégoûtés  ». Voilà le constat repris par L’Express sur les mathématiques en France. « Les maths sont la bête noire d’un quart des élèves français alors que la filière scientifique reste une voie royale vers les grandes écoles. Les mathématiciens remettent en cause l’enseignement de leur matière. » « "Les maths sont enseignées sans qu’on arrive à communiquer aux élèves le sens de ce qu’ils font : aujourd’hui, on fait des maths en 4e pour être prêt à faire les maths de 3e"", résume Martin Andler du département et laboratoire de mathématiques de l’université de Versailles, rattaché au CNRS. Il observe également que "le système français est très fort pour produire des mathématiciens de haut vol qui deviennent des sommités mondiales, mais il est très mauvais pour former de bons élèves capables de poursuivre des études scientifiques". » 
Le Figaro reprend l’information. Pour Michel Broué, « le paradoxe, c’est que dans le système français, les mathématiques restent la filière de luxe pour l’accès à des études supérieures notamment par le biais des concours, alors qu’on les enseigne mal »
« "L’école a fait des maths une science d’imbéciles faite d’apprentissage par coeur de techniques et d’application de règles abstraites sans savoir pourquoi", regrette le mathématicien ". Pas sûr que ce constat d’une dérive techniciste soit l’apanage de l’enseignement des maths...
L’approche par compétences, si elle parvient à irradier enfin les classes, peut être une des solutions.
A l’occasion de la sortie de l’ouvrage Sciences et compétences, pratiques pour le collège et le lycée, sa co-auteure explique pour Les Cahiers pédagogiques que « l’enjeu de la démarche par compétences est de permettre à la connaissance de déboucher sur un savoir agir : prendre des décisions raisonnées, parce qu’on aura su rechercher, sélectionner, organiser l’information, la mettre en relation avec des savoirs déjà là dont on maitrise le sens, construire à partir de l’ensemble de ces éléments un raisonnement, une argumentation ». « Il s’agit de travailler le sens des savoirs, pour faire de ceux-ci des savoirs vivants que l’apprenant saurait utiliser en situation, y compris et surtout non scolaire, parce qu’il en maitrise la signification profonde. »
Conjuguer élitisme et diversité, c’est l’objet de cette interview de Didier Jourdan sur le blog d’Olivier Rollot. Le directeur général du groupe Sup de Co Montpellier pointe l’importance de l’élargissement de son recrutement : "En fin de cursus ce ne sont pas forcément les élèves sortis de prépas éco ou de la voie scientifique qui sont les meilleurs des promotions. En trois ans les différences s’estompent et nous prenons bien garde à mixer les populations et à confronter des cultures différentes."

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Les mêmes chansons …

Alors que The Guardian publie la playlist des morceaux les plus écoutés par les enseignants corrigeant leurs copies, de notre côté de la Manche, on continue de nous servir les même chansons. La pseudo-panique sur la théorie du genre a tout du tube éphémère dont on ne parlera plus dans quelques semaines. Et nos voisins britanniques ne s’intéressent pas qu’aux goûts musicaux des profs. L’hebdomadaire The Economist revient sur cette polémique nous apprend JolPress. « Selon le magazine, la polémique autour de ce livre est juste symptomatique « d’une panique plus générale qui touche les catholiques et les musulmans traditionalistes, convaincus que le projet de Mme Vallaud-Belkacem est d’imposer la ‘théorie du genre’ » ».

Autre refrain, indémodable celui-là : « c’était mieux avant ! »
Mais l’école a-t-elle renoncé à transmettre le savoir ?. Mara Goyet tord le cou à ce fantasme selon lequel « l’école a renoncé à enseigner, qu’elle ne transmet plus les savoirs, qu’elle est une entreprise débilitante qui privilégie le tout ludique, le savoir-être, le savoir-faire, le savoir-vivre, le savoir-bidule et le savoir-truc  ». Le renoncement au savoir est donc un fantasme relevant de beaucoup de mauvaise fois : «  les programmes, malgré leurs défauts, l’exigent et que, pour la plupart, nous les appliquons gentiment ». « En vérité, il faudrait que tous ceux qui prétendent que l’Ecole a renoncé à transmettre, à délivrer le savoir, la culture nous expliquent ce qui, à leurs yeux, pourrait se passer durant toutes ces heures d’enseignement en France, dans nos 36 000 communes. » « Le savoir, la culture sont là. Tout le temps. Ils sont solides, forts, ils traversent les siècles. Ils ne sont ni relégués ni oubliés. ».
Pas mal placé dans les charts également : "il est urgent de ne rien faire". Sur le site ultralibéral Contrepoints, Stanislas Kowalski dénonce la volonté de Vincent Peillon de réduire le nombre de redoublements. Tout y passe ! "Peu de pays sont touchés autant que la France par l’illusion révolutionnaire, cette détestable idéologie qui consiste à croire que le progrès passe par le renversement systématique des vieilles institutions et qu’il peut résulter une quelconque nouveauté d’une tabula rasa." Les clichés sont de sortie : "la dictée, la dissertation, le baccalauréat ont été vidés de leur substance. Et ça commence à se voir furieusement !". On notera au passage le profond respect de cet "enseignant" envers certains élèves : "ces petits imbéciles, vraies victimes du système au demeurant, qui ont compris qu’il est plus facile de gruger que de travailler". Et rien de tel que le bon vieux bâton pour remettre sur les rails le système scolaire : le redoublement pour "inciter tous les élèves au travail en leur rappelant que le manque d’efforts a des conséquences. Les notes ne suffisent pas. Il faut un résultat concret. C’est une façon d’inculquer le sens des réalités."... Cette partition-là est assez indigeste.

Demain, c’est Géraldine Duboz qui vous chantera la revue de presse.
Guillaume Caron


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Culture scientifique
Revue n°469 - janvier 2009
Alors qu’à cinq ans, les enfants sont passionnés par les questionnements sur les phénomènes du monde, on n’en finit pas de déplorer la désaffection des étudiants pour les filières scientifiques, particulièrement en Physique, comme la baisse d’intérêt des élèves pour l’enseignement de sciences au long de leur scolarité.
Mais qu’est-ce donc que « faire des sciences » ? Comprendre en profondeur les démarches et les contenus d’une discipline, et saisir la place qu’a la science dans la culture humaine. Notre dossier explore cette double dimension en suivant diverses pistes : travailler explicitement la dimension épistémologique et s’appuyer sur l’histoire des sciences, partir à la rencontre des sciences telles quelles se font, sans en masquer « l’aspect rugueux », ouvrir sur les grandes questions d’actualité... Des questions qui interrogent aussi notre identité professionnelle et qui, loin de nous intimider, nous invitent à l’optimisme.

Compétences et mathématiques
Hors-série numérique n°31 - septembre 2013
Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Culture de l’école, culture des jeunes
Revue n°486 - janvier 2011
Comment mobiliser tous les élèves sur des objets de savoir, quelle culture transmettre, comment faire avec les valeurs et pratiques culturelles des jeunes qui la fréquentent ? Non le patrimoine n’est pas « fossilisant ».
Oui, à l’école, les jeunes peuvent prendre du plaisir à apprendre à regarder et à comprendre le monde… pour peu que les équipes enseignantes y croient et osent entreprendre !