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Revue de presse du mercredi 24 février

Bizutage - Argent - Réforme - Divers


Le bizutage revient sur le devant de la scène à cause des Arts et Métiers. La DEPP publie une enquête sur le coût des élèves et étudiants en France. Quelques infos diverses.


Bizutage

Libération a publié une enquête hier révélant que le bizutage, pourtant interdit, était toujours d’actualité à l’ENSAM. Pratique qui porte le nom d’usinage dans cette école des Arts et Métiers. "Chansons paillardes, réveils nocturnes, exercices de récitations, hurlements, marches au pas… les activités d’intégration servent, selon Antoine Trouche, responsable de la communication de l’Union des élèves des Arts et Métiers, « à créer un esprit de promotion » : « L’Ensam est la plus vieille école d’ingénieurs de France. Nos traditions sont une fierté. »" Mais ce n’est pas l’avis de ceux qui le subissent, bizarrement ! "Pour ceux qui choisissent de rester, refuser de participer à la PTV est un acte de rébellion qui peut coûter cher socialement. La pression est telle que Marie, aujourd’hui étudiante en troisième année, a accepté de subir l’intégration jusqu’au bout, comme toute sa promotion, avant de craquer l’année suivante et de dénoncer les pratiques à l’œuvre. « J’ai compris que je ne pourrais pas imposer ça aux autres. J’en ai vu pleurer, hurler, quand ils se retrouvaient seuls, explique-t-elle. Celui qui ne participe pas n’est pas stigmatisé, mais il se coupe de toute vie sociale pendant trois mois. Il faut être très fort pour accepter ça. »

Conséquence : de nombreuses réactions aujourd’hui dans la presse. Toujours dans Libération, une interview de la ministre : "Rien ne saurait justifier des actes dégradants et humiliants, infligés sous la pression du groupe, accompagnés souvent d’alcool, voire de drogues. Sans parler des représentations et des pratiques sexistes. Il n’existe pas de bizutage bon enfant. Le bizutage est un délit réprimé depuis 1998. Son principe même, qui est de faire intérioriser la soumission, est un problème pour les étudiants et pour l’image des universités et des écoles."
"Même si « la direction générale de l’école s’est fortement mobilisée, non sans tensions avec l’association des anciens élèves, pour aboutir à la signature d’une charte et à la rédaction d’un nouveau règlement intérieur », ce nouveau rapport confirme la « persistance de dérives graves », constatent les ministres. Des cas de démissions d’élèves « incontestablement liées à la période de transmission des valeurs » ont même été signalés." Le Figaro

Du coup, Claude Lelièvre a publié un billet sur le phénomène du bizutage, rappelant l’essai raté de Ségolène Royal en 1993 puis la commission mise en place en 1997. "Il s’avère que c’est un combat à mener, mais difficile et toujours à reprendre si l’on juge par la persistance du phénomène, surtout en certains lieux (même si cela peut être sous des formes plus ou moins nouvelles et/ou ’’discrètes’’)."

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Le bizutage par Geneviève Brassaud

Argent

Combien coûte un élève français ? La DEPP vient de publier une enquête à ce sujet, enquête reprise de diverses manières dans la presse.
Le Monde s’intéresse au coût annuel : "Un étudiant coûte en moyenne 13 873 euros par an en France, contre 10 032 euros pour un élève de secondaire et 6 364 euros pour un élève de primaire"
20Minutes titre sur le coût global : "Du cycle primaire au secondaire, un élève français coûte au total près de 113.000 dollars, soit un peu plus de 102.000 euros. C’est un montant qui se situe dans la moyenne des pays de l’OCDE, révèle une étude publiée ce mardi."
Dans Savoirs et Connaissances, on peut prendre connaissance de quelques extraits de l’enquête, notamment les tableaux de comparaison avec l’OCDE. "La France dépense moins que la moyenne de l’OCDE pour le parcours d’un élève dans le primaire, et plus pour un élève pendant la durée des études secondaires. La dépense pour un parcours dans l’enseignement supérieur est un peu plus élevée en France que dans la moyenne de l’OCDE. "


Réforme

On parle encore et toujours de la réforme du collège, notamment de la question de l’enseignement de l’allemand. Le Monde se demande pourquoi il faut sauver l’allemand : "«   Il y a des raisons politiques, économiques et sociétales à parler la langue de l’autre, rappelle Béatrice Angrand, secrétaire générale de l’Office franco-allemand pour la jeunesse (OFAJ)." Mais aussi "Apprendre l’allemand, en dépit du déficit d’image dont la langue continue de souffrir auprès des familles, est une clé d’accès à un marché de l’emploi dynamique… et qui le restera longtemps   », dit M. Le Borgn’." Enfin la "conséquence mal anticipée   : celle, très concrète, sur le quotidien de professeurs placés en situation de «  sous-service  »  ; obligés de travailler sur plusieurs établissements (voire dans le primaire) pour «   faire leurs heures  ».

Dans l’académie de Caen, qui devait voir la suppression de 95% de ses classes bilangues, on se réjouit de voir le nombre de maintiens passer de 4 à 15.

A quelques mois de la rentrée c’est l’effervescence chez les éditeurs scolaires qui doivent renouveler les manuels scolaires pour la rentrée : "les programmes de toutes les disciplines et de toutes les classes du CP à la 3e vont changer simultanément à la rentrée 2016. "
Avec quelques problèmes :
- "Au primaire en revanche, l’achat des nouveaux manuels risque de s’étaler sur plusieurs rentrées scolaires." "La réponse de l’Association des maires de France (AMF) laisse entendre que bien des écoles vont devoir se contenter de photocopies…"
- "la publication tardive (en janvier) des nouvelles épreuves du brevet des collèges, et la non-parution, à ce jour, des « sujets zéro ». « C’est compliqué pour les livres de 3e, déplore Sylvie Marcé. On ne peut pas faire les pages de préparation aux épreuves tant qu’on n’a pas les sujets zéro. Il risque d’y avoir un petit décalage dans l’envoi des spécimens aux enseignants en mai », même si « tout est fait pour que les manuels soient livrés dans les collèges avant la rentrée », assure-t-elle."


Divers

Une réflexion intéressante sur la culture de masse et la culture légitime sur Eduveille. "La réflexion autour du concept de culture se fait ainsi autour de deux pôles : d’un côté la culture est avant tout constituée des grandes œuvres « légitimes », selon les théories de Bourdieu ; de l’autre la culture est abordée par une approche anthropologique et représente les manières de vivre et de penser propres à un groupe social. Cette deuxième approche, au fondement des cultural studies, considère donc la culture de masse, produite par les industries culturelles, comme une culture tout aussi digne d’être étudiée que la culture « légitime » : c’est le relativisme culturel, qui conduit à s’interroger et redéfinir le statut contemporain de la culture."
D’ailleurs l’IFE recrute !

"Le groupe japonais d’électronique Sony propose d’utiliser la technologie de blocs de chaine comme un moyen ouvert et sécurisé de partage de compétences et de dossiers scolaires dans le monde de l’éducation. Il prévoit de l’appliquer en 2017 à son concours de mathématiques."

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Neurosciences et pédagogie


Revue n°527 - fevrier 2016
Les neurosciences provoquent des polémiques. Pour certains, elles représentent une menace pour une vision humaniste de la pédagogie. Pour d’autres, elles produisent des résultats évaluables qui feraient office de preuves. Est-on condamné à cette logique binaire ?

Inclure tous les élèves


Revue n°526 - janvier 2016
Pour les élèves à besoins éducatifs particuliers, l’écart est parfois grand entre ce qui est prescrit et la réalité de leur scolarisation. Ce dossier vise à en pointer les freins et à proposer des leviers à même de faire vivre l’école inclusive refondée.