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Revue de presse du mercredi 20 mai 2015

Ce qu’est l’éducation — Propos sur la réforme — Grève — Publication — Annonces


Pendant que l’ONU et l’Europe affirment une vision de l’éducation, ici, nos réformes du collège, des programmes, de l’apprentissage, se débattent. Mais un cran est passé, le décret de la réforme du collège est publié.


Ce qu’est l’éducation

Le journal chinois en français french.xinhuanet.com rapporte les propos de Ban Ki-moon :“L’éducation n’est pas un privilège mais un droit”. “"Chaque enfant mérite la solidarité mondiale. Les études montrent qu’un dollar investi dans l’éducation peut générer 15 dollars de gains économiques. Si tous les écoliers dans les pays à faibles revenus apprenaient des rudiments de lecture, plus de 170 millions de gens pourraient sortir de la pauvreté", a souligné M. Ban, cité par un communiqué rendu public au siège de l’ONU.

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Dessin de JiMo

Et à Bruxelles, “Avant d’adopter un projet de conclusions du Conseil sur le rôle de l’éducation des jeunes enfants et de l’enseignement primaire pour ce qui est de favoriser la créativité, l’innovation et la compétence numérique, les ministres ont donné suite à la réunion informelle des ministres de l’éducation de l’UE pour la promotion de la citoyenneté et des valeurs de l’Union européenne du 17 mars à Paris.” "Nous aidons les jeunes à devenir des membres de la société actifs, responsables et ouverts d’esprit"


Propos sur la réforme

Honneur tout d’abord à des collègues du terrain. Les lecteurs de la revue de presse en reconnaîtront.
Laurent Fillion et Olivier Quinet : "Pourquoi nous défendons cette réforme du collège". Et parmi les arguments : “Il ne s’agit pas comme on l’entend parfois de remettre en cause le service public d’éducation en créant des inégalités territoriales mais de faire confiance aux professionnels que nous sommes pour trouver le meilleur chemin pour amener les élèves à la réussite.
Quel manque de confiance envers le professionnalisme et l’intelligence des personnels que de prédire que ces marges de manoeuvre nouvelles engendreront forcément des hiérarchies intermédiaires nouvelles et des divisions internes en salle des professeurs.

Lionel Jeanjeau explique la réforme du collège, dans un interview : “... cela fait des décennies que le collège est analysé comme étant le maillon faible du système éducatif, là où l’on arrive pas à satisfaire aux objectifs assignés à l’école comme la promotion sociale. Mais ce problème existe depuis la réforme instaurant le collège unique : comment donner les mêmes chances à tous les élèves, quels que soit leurs aptitudes ou leur milieu social. En fait on sait faire de très bons élèves qui vont devenir de très bons étudiants puis de très bons professionnels. Mais en dehors de ça on ne sait pas donner sa chance à chaque élève. Le collège est considéré comme « élitiste ».
Réforme du collège : l’enseignement du christianisme n’est pas liquidé au profit de l’islam par le professeur d’Histoire-Géo à Chelles (Seine-et-Marne), Jean-Riad Kechaou qui s’insurge contre une série de contre-vérités dans le débat sur la réforme du collège.

Marie Duru-Bellat était interviewée sur francetvinfo avant la grève et les manifestations de mardi : "Il y a un temps pour l’égalitarisme, et un autre pour l’élitisme".
Les enseignants descendent dans la rue, mardi, pour protester contre la réforme du collège. Sociologue spécialiste des questions d’éducation, Marie Duru-Bellat rappelle l’importance d’un socle commun offert à tous les élèves.
Quoi qu’on dise, les élèves de classe bilangue sont plutôt issus de milieux favorisés. Pourquoi faire quelque chose de particulier pour 15% ou 16% des élèves, alors que le collège est théoriquement l’endroit d’une scolarité commune à tous ? S’il est bon que tous les élèves du collège apprennent deux langues, il faut le faire pour tout le monde. Or, le budget de l’Education nationale n’est pas extensible. Le ministère a donc choisi une autre option : ouvrir l’apprentissage d’une deuxième langue dès la classe de cinquième, et non plus à partir de la quatrième.
Idem pour les langues anciennes. On trouvera toujours un professeur de latin ou de grec pour trouver des exceptions, mais la majorité des élèves de ces classes viennent, là aussi, de milieux favorisés. Posons-nous la question. Parmi le millier de choses que les élèves devraient apprendre, la priorité est-elle bien là ? Le temps scolaire n’est pas extensible !
Ce qu’on choisit de faire apprendre aux élèves n’est pas figé dans le temps. Pourquoi ne pas le faire plus tard en option ? Cela, ce n’est pas au professeur de latin ou de grec de le dire, c’est au politique.

Et à propos de “LA” langue, Anne Weber auteur de Vaterland, Seuil, s’adresse à Madame Najat Vallaud-Belkacem dans Le Monde et déclare : “Ma pauvre langue allemande…”. Et fait une proposition : “Si l’on veut vraiment abolir une fois pour toutes les privilèges, il n’y a qu’une solution, tellement évidente qu’elle a dû échapper aux personnes les plus avisées : il faut supprimer purement et simplement l’enseignement de l’allemand en France.” Nombrilisme ?

Louis Maurin, directeur de l’Observatoire des inégalités s’exprime sur le site de l’Observatoire une formule une critique de la réforme mais d’un genre nouveau : Refondation de l’école : un recul lourd de conséquences. " La « refondation » de l’école a accouché d’une souris. La réforme du collège est très en deçà des attentes. Notre système éducatif n’est pas prêt à remettre en cause son fonctionnement inégalitaire.” “... la « conférence nationale sur l’évaluation des élèves », qui a remis en février dernier un ensemble de recommandations sur l’évaluation fondées sur la base d’un travail de grande qualité. Elles ne seront jamais appliquées. Si le gouvernement a reculé sur ce sujet comme sur la réforme scolaire en général, c’est que les intérêts du conservatisme scolaire ont eu gain de cause au moment de la décision. Si la mini-réforme du collège actuellement en débat suscite tant d’oppositions, c’est qu’elle commence tout juste à porter sur le fond du problème, même si c’est de façon homéopathique.”
Pascal Balmand, secrétaire général de l’Enseignement catholique dans un entretien publié par La Croix s’explique : « Mon soutien à la réforme du collège ne se fonde sur aucun calcul marketing ».

Deux politiques notoires, de droite et de gauche se sont également exprimés. Réforme du collège et des programmes : "Il faut défendre une vision globale", estime Alain Juppé. “Le maire de Bordeaux distingue la réforme des programmes et la réforme du collège. "C’est une question à approfondir, estime-t-il. Je n’y suis pas hostile mais il faut mettre cette réforme dans une vision d’ensemble d’une réforme de l’école. On aborde la question par petits bouts alors que c’est une vision globale qu’il faut défendre". Alain Juppé s’explique : "Sur la question de l’illettrisme en sixième, par exemple. Ce n’est pas le collège qui est en cause et qui va corriger l’échec du système éducatif. Il faut remettre le paquet sur l’enseignement dès le primaire".”

Et Jack Lang : "L’orientation de cette réforme du collège me paraît bonne", mais… "Ma seule réserve porte sur les langues". “S’il est critique à l’égard de ses camarades socialistes, Jack Lang n’est pas tendre non plus avec la droite, vent debout contre cette réforme : "quand je les entends s’exprimer, je trouve qu’ils ne manquent pas d’air et qu’ils ont même un culot d’enfer ! Pendant les cinq voire dix années qui ont précédé le retour au pouvoir de la gauche, Nicolas Sarkozy et Xavier Darcos ont commis des actes contre l’école qu’on ne peut pas oublier : la suppression de 150.000 postes a mis l’école à flanc et la suppression - c’était un pur scandale !- de toute formation des maîtres. Des dizaines de milliers d’enfants ont été livrés à des maitres sans aucune préparation ! Quand on accomplit de tels forfaits, on devrait être un peu plus raisonnable et responsable".”


Grève

Pour Libération, Réforme du collège : une mobilisation juste passable. “Selon le ministère de l’Education nationale, 27,61 % des professeurs de collège sont en grève contre la réforme de Najat Vallaud-Belkacem. Selon les syndicats, la mobilisation monte à 50 %.

Pour le Télégramme, Collèges. Les enseignants se mouillent-20150520-[article]&utm_source=PartageTT&utm_medium=e-mail&utm_campaign=PartageTT ]. “Petite mobilisation, hier, matin devant l’Inspection académique. La colère des enseignants des collèges n’est pourtant pas à prendre à la légère, tant les difficultés dans le second degré sont connues depuis longtemps. La réforme n’apaise pas le mal-être des enseignants, d’autant que le flou demeure sur sa mise en pratique.

Réforme du collège : "Le changement, oui, mais pas celui qu’on nous propose". “A l’appel des syndicats, un quart des enseignants de collège ont fait grève ce mardi pour dénoncer la réforme du collège portée par Najat Vallaud-Belkacem. Dans le cortège parisien, les profs ont dénoncé le manque de concertation et les menaces qui pèsent, selon eux, sur l’apprentissage des savoirs fondamentaux.”

Le Monde : Contre la réforme du collège, les enseignants brandissent « Gaffiot » et drapeaux allemands.

RTL décrypte : Ministre de l’Éducation nationale, un poste souvent confronté à la pression de la rue. “Les ministres de l’Éducation nationale se sont souvent heurtés à la pression des syndicats, lors de la mise en place de réformes. Certains ont été contraints de démissionner.


Publication

Mais voilà, Collège : le gouvernement tient bon et accélère. “Aux enseignants moyennement mobilisés et aux députés de droite pas aussi déchaînés que prévu, le gouvernement a répliqué par la fermeté : la réforme des collèges se fera et vite.” Et tellement vite que pire, Le décret de la réforme du collège publié au « Journal officiel » annonce le Monde.

Le décret lui-même est consultable ici.
Et Libération publie une dépêche de l’AFP qui rappelle la chronologie. Réforme du collège : les étapes de la polémique.

Le Figaro Réforme du collège : le gouvernement franchit une nouvelle étape. Présentation du décret et des réactions syndicales et politiques et déclaration de la Ministre : “La ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem a réagi dès ce matin au micro de France Info. « Les délais sont tels que nous les avions prévus dès le début », a-t-elle déclaré. Elle a justifié ce passage en urgence , afin de « passer à l’étape suivante », celles de ajustements. « Nous devons aller vite », a-t-elle expliqué, arguant que les professeurs devaient être formés en quelques mois pour que la réforme s’applique dès la rentrée prochaine. « Si vous ne publiez pas maintenant le décret, quand est-ce que vous commencez cette formation ? Soyons juste un peu sérieux », a-t-elle poursuivi. « C’est une façon de dire, au cas où tout le monde ne l’aurait pas encore compris, que cette réforme se fera », a-t-elle ajouté.

Le Parisien nous apprend que Jacob demande l’abrogation du décret. Et Valls de répondre "« J’ai la conviction profonde que l’immense majorité des Français attendent des changements et des réformes », assure encore le chef du gouvernement, qui accuse la droite de s’opposer « par démagogie » à une réforme qu’elle aurait « pu soutenir ». Taclant une « opposition frontale et stérile », Valls dépeint ainsi le collège version UMP : « Une école de la sélection, qui supprime la deuxième langue vivante, qui tourne le dos au principe même de la République : l’égalité. »"


Apprentissage

François Fillon ouvre une autre polémique : il veut faire de l’apprentissage « la voie royale vers l’emploi ». “Pour l’ex-premier ministre, notre pays doit donc accomplir une « révolution culturelle » dans ce domaine aussi. Lui-même est prêt à faire son mea culpa sur les contrats aidés, formule magique que tous les gouvernements, le sien compris, ont utilisée pour améliorer les statistiques mais qui n’apportent pas de solution durable au chômage des jeunes.”. Le Point développe également ses idées : Pour Fillon, l’alternance est la solution contre le chômage massif des jeunes.


Annonces

Éducation à Saint-Nazaire. Les lycéens à l’étude du territoire. “Cette année, dix lycées des Pays de la Loire travaillent sur la nouvelle action éducative expérimentale lancée par la Région et le rectorat. Cette dernière vise à faire travailler les jeunes ligériens sur la problématique et les projets d’aménagement, en parallèle de leurs cours d’histoire-géographie, de sciences économiques et d’éducation civique.” Il se passe des choses intéressantes sur le terrain, hors préparation du sacro-saint bac !

Le Café pédagogique rappelle que N. Vallaud Belkacem installe le Droit au retour en formation. "Il ne suffit pas de décréter un droit. Il faut que les jeunes connaissent son existence". Le 19 mai, N Vallaud Belkacem a lancé la campagne "Reviens te former" destinée à appliquer le décret sur le retour en formation pris en décembre 2014."

Et pour celles ou ceux qui peuvent voyager il y a une Journée d’études à Genève le 26 mai : Le genre en histoire transnationale de l’éducation : une entrée conceptuelle à explorer.

Et jeudi votre revue de presse favorite vous sera proposée par Pascal Thomas.
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Croiser des disciplines, partager des savoirs
Revue n°521 - mai 2015

Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.