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Revue de presse du mercredi 2 novembre 2016



Savoir/Faire

C’est un éternel retour, faut-il privilégier les savoirs ou les savoir-faire ? C’est l’objet d’un article de Slate, “Humanités contre savoirs pratiques, un combat vieux de près de 2.000 ans!”. “L’année dernière, on a beaucoup débattu sur l’utilité (ou l’inutilité) d’enseigner les langues anciennes au collège. À ces questions –valables–, Cassiodore, homme politique puis auteur du Ve siècle après J.C., avait une réponse toute prête. Au tout début du VIe siècle, il écrit dans une lettre au roi ostrogoth Théodoric une série de conseils en matière d’éducation. Son avis? Arrêtons un peu les matières orientées vers la seule science («ad scientiam solam»). Et concentrons-nous sur les disciplines utiles: la mécanique, l’architecture, ou bien... l’arpentage!”. On pourrait argumenter que les compétences sont la réponse combinant les deux, mais parfois on peut se fatiguer de n’être jamais écouté...
Claude lelièvre y revient involontairement à travers son analyse des propositions des candidats à la primaire de la droite et commente : “Décidément, "on n’arrête pas le progrès" ! Et l’invention du futur a de fortes allures de retour en arrière (parfois même avec dépassement inédit).”
C’est aussi le sujet d’un article dont on parle beaucoup : “Plaidoyer pour enseigner Wikipédia”. On y lit que “Wikipédia est (ou devrait être) un objet extraordinaire à enseigner : tout le monde connaît Wikipédia, et presque tout le monde connaît mal Wikipédia. Cela devrait être la situation idéale pour un enseignant : intéresser les étudiants avec quelque chose qu’ils connaissent, les surprendre en leur montrant qu’ils peuvent y découvrir beaucoup de choses.” et l’autteur explique que son “but est de parvenir à faire partager [s]a vision distanciée mais pas complètement de Wikipédia, faire toucher du doigt comment Wikipédia est un monde avec des aspects techniques, des aspects politiques, des aspects sociologiques, démocratiques, juridiques, épistémologiques uniques et surtout complètement entremêlés les uns aux autres.
Oui, mais enseigner c’est aussi se demander où se situe l’éducation. “La chose sexuelle": quand la mairie de Paris censure deux livres” nous annonce le Nouvel Obs. C’est François Morel le premier qui l’avait appris aux auditeurs. “La ville de Paris a demandé le rappel de deux ouvrages destinés aux élèves des écoles maternelles et primaires. Une censure incompréhensible, pour les animateurs des bibliothèques scolaires.”.
Au final, ce qui inquiète c’est peut-être bien qu’au final, peu importe ce qu’on nous enseigne si c’est pour aboutir à cela “Les entreprises veulent des gens intelligents qui n’utilisent pas leurs capacités de réflexion” selon Slate. “C’est une des réalités cruelles du monde du travail: alors qu’à chaque rentrée, des jeunes gens brillants et (sur-)diplômés font leurs premiers pas en entreprise, ils se rendent rapidement compte que si c’est grâce à leur intelligence et leurs capacités de réflexion qu’ils ont été recrutés, personne ne s’attend à ce qu’ils utilisent ce potentiel une fois en poste.


Formation(s)

Et donc, cette question judicieuse de Pierre-Michel Menger au Collège de France : “Quel contrat entre l’enseignant et les élèves des filières sélectives ?” est-elle réellement importante ? au vu du cours, oui. “Ces professeurs, souvent "maîtres de sagesse", anciens khâgneux ou taupins, "ne cessent-ils jamais de passer le concours" avec leurs étudiants comme a pu le souligner impitoyablement Pierre Bourdieu dans La Noblesse d’Etat : grandes écoles et esprit de corps ? Quel pacte, quel contrat se noue entre l’enseignant et les élèves des filières sélectives ? Quelle est la demande d’encadrement, d’intensité d’effort, de suivi, de technologies éducatives particulières ?
C’est aussi la question de Claude lelièvre sur la laïcisation des enseignants. La laïcisation du personnel de l’enseignement public... “La loi du 30 octobre 1886 parachève l’oeuvre de laïcisation de Jules Ferry en substituant – mais très progressivement- un personnel laïque aux congréganistes présents dans les écoles communales. La « laïcisation » : un long fleuve (tranquille?)
Dans la formation, sur son blog, Didier Delignière s’interroge sur celle des enseignants à la réforme du collège.
Réjouissant ou déprimant, Xavier Darcos fait partie de la tête du baromètre du courage politique pour sa réforme de la formation des enseignants... Je vous laisse juges sur Europe 1.


Enseigner

Le Café pédagogique s’en fait l’écho, enseigner redeviendrait attractif. “Concours : Vers la fin de la crise de recrutement ?” “Selon le ministère, le nombre de candidats aux concours de recrutement d’enseignants atteint un sommet avec 189 885 personnes, soit un nombre jamais atteint depuis 2008. N Vallaud-Belkacem se félicite de ces bons chiffres qui « confirment un engouement retrouvé pour le métier enseignant et permettent d’espérer un nombre de lauréats à la hauteur des besoins de recrutement ».”
Mais enseigner est-ce choisir un camp ? C’est l’hypothèse de Pierre Waubun enseignant belge. “marre de se faire dire « Oui, mais vous, vous êtes des militants, alors…» Alors quoi ? Voir lentement le couperet tomber et continuer à huiler la machine ? Il n’y a pas de lampiste dans l’enseignement: l’enseignant devrait voir ce qui se passe dans sa classe, se poser des (bonnes) questions et choisir son camp.”
En tout cas, c’est faire des choix, pour ses élèves. C’est ainsi qu’on découvre dans Libération Philippe Landru qui «amène ses élèves dans les cimetières car il est fan d’art funéraire.
Ou encore dans Télérama, cette professeur qui apprécie l’AP de collège 2016 (même si elle n’a visiblement pas compris le concept). “J’ai trouvé quelque chose de (relativement) positif dans la réforme du collège
Une fois n’est pas coutume, je vais vous parler du seul dispositif que je trouve pour le moment (relativement) positif dans la réforme du collège : l’accompagnement personnalisé, vulgairement appelé « AP ». Enfin nous récupérons des classes en demi-groupe, 14 ou 15 élèves au lieu des éternels 28 à 30, et vous pouvez me croire, cela change tout.

Est-ce accepter les limites du manque de psychologues scolaires ? Apparemment selon Marie-Rose Moro, chef de service à la maison des adolescents de Cochin à Paris. “Adresser des enfants et des adolescents à des psychologues de ville ? L’expérimentation, votée jeudi 27 octobre par les députés, est saluée par le professeur Marie-Rose Moro” à lire dans La Croix.

Emilie Kochert


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n°514 - juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

Débuter dans l’enseignement

Hors série numérique 43
Coordonné par Catherine Rossignol et Sylvain Connac
Selon Freud (1937), avec gouverner et soigner, éduquer serait un métier impossible. Pourtant, des milliers de jeunes (et moins jeunes) choisissent chaque année l’enseignement pour profession et désirent s’y engager. Ce dossier des Cahiers pédagogiques leur donne la parole, ainsi qu’à leurs formateurs et partenaires.