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Revue de presse du mercredi 2 juillet 2014

Recherches — Emploi et orientation — Déclaration — Neutralité — Quelques infos


Quelques résultats de recherches viennent encore égayer les débats éducatifs en ces derniers jours de scolarité. Et comme l’école ça devrait surtout servir à en sortir, nous nous intéresserons à l’emploi et l’orientation. Une déclaration et quelques réflexions sur la neutralité avant de terminer cette revue avec quelques infos éparses mais pas inintéressantes. Et désolé pour le dessin, mais Fabien Crégut ne pouvait pas aujourd’hui.


Recherches

Éducation : qu’est-ce qui décourage les élèves ? se demande le Point suite à l’enquête PISA. Elle avait été utilisée par B. Hamon pour lancer la conférence sur l’évaluation. “Mais l’étude de l’OCDE va plus loin : un système sélectif nuirait à la motivation et à la progression des élèves. Alors même que l’on pourrait imaginer que la multiplicité des filières qui s’offrent aux élèves leur permettrait d’effectuer un choix affiné qui correspondrait mieux à leurs attentes, et ainsi les encouragerait dans l’effort, il n’en est rien. Pisa montre que la motivation chute lorsque le système éducatif propose un grand nombre de filières, lorsqu’il favorise l’orientation dans des voies professionnelles et lorsque cette orientation se fait à un jeune âge. D’autant que cette sélection accentue les inégalités sociales et que les élèves le perçoivent parfaitement, les "perdants" de la sélection ayant le sentiment de ne pas bénéficier des mêmes chances de réussite.

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Le dessin de Fabien Crégut

Pour la première fois, le ministère de l’Education nationale a publié un atlas détaillé des "zones à risques d’échec scolaire" dans le pays. cet événement a été présenté et commenté dans la revue d’hier. Francetvinfo considère que cette étude bat en brèche certaines idées reçues et propose Quatre idées reçues sur le décrochage scolaire. “Et si l’échec scolaire avait aussi une dimension territoriale ? C’est ce que suggère l’Atlas académique des risques sociaux d’échec scolaire (PDF), publié lundi 30 juin. Cartes à l’appui, ce rapport mis en ligne par l’Education nationale dissèque les disparités au niveau de chaque académie, canton par canton, grâce aux travaux du laboratoire de géographie de l’université de Caen. Il offre aussi une réponse aux idées reçues sur le décrochage scolaire. Francetv info en a choisi quatre, et les a confrontées aux conclusions du rapport.

Maryline Baumard, pour le Campus du Monde titre A l’école, le hasard ne crée jamais de mixité. Elle y commente une étude sur l’Ile-de-France. “L’école française crée sa propre ségrégation… en plus de gérer celle que lui impose son environnement. Il aura fallu que trois chercheurs de l’Ecole d’économie de Paris, Eric Maurin, Son-Thierry Ly et Arnaud Riegert, passent au peigne fin la composition des classes des collèges et lycées franciliens pour mettre ce phénomène en évidence.
Leur étude, intitulée « La mixité sociale et scolaire en Ile-de-France », sera présentée, mercredi 2 juillet, devant le conseil régional d’Ile-de-France. Elle conclut que cette zone, censée réunir les jeunesses, produit sa propre ségrégation. On connaissait les « classes Camif » (du nom d’une centrale d’achat pour enseignants), censées regrouper les fils de professeurs. Le phénomène est bien plus large.


Emploi et orientation

A Dijon, en septembre prochain, l’université de Bourgogne accueillera un nouveau type d’élèves : les étudiants entrepreneurs. L’université s’ouvre sur l’entrepreneuriat. “Pour préparer cette nouveauté, les universités de Bourgogne et de Franche-Comté ont créé les PEPITE, en charge depuis septembre de réfléchir à des activités et des formations afin de sensibiliser un maximum de personnes. Les PEPITE doivent accompagner les jeunes qui innovent et créent leur entreprise. Le statut sera ouvert aux étudiants en cours de formation et aux jeunes diplômés souhaitant monter leur affaire après l’obtention du diplôme. Ainsi, même si le jeune de moins de 28 ans n’est plus étudiant, il pourra toujours bénéficier des avantages, notamment de la couverture sociale.

Côté santé, ça va pas très fort. Intelligo, annonce Vers une pénurie de pharmaciens ?Le recensement national de l’Ordre national des pharmaciens note une augmentation de la moyenne d’âge des pharmaciens en exercice. Une preuve supplémentaire que la profession peine à attirer les vocations qui sont souvent tentées par une réorientation au terme de leur cursus.

Le Bien public de la Côte-d’Or nous présente ce qui é été décidé en session.
La loi du 5 mars 2014 définit les compétences de l’Etat et des régions en matière d’information et d’orientation : à l’Etat, l’orientation scolaire et universitaire, aux régions, la mise en œuvre du service public régional de l’orientation tout au long de la vie. Le futur SPRO concrétise un principe simple : l’égalité d’accès pour tous les publics quels que soient le niveau d’étude, le statut, le lieu de résidence, l’âge, en donnant accès à une information gratuite, complète et objective sur les métiers, les formations, des services de conseil et d’accompagnement ou d’orientation de qualité, afin que les Bourguignons puissent faire un choix réfléchi sur une orientation ou sur une réorientation professionnelle.
Le SPRO ira bien au-delà du seul conseil au bénéficiaire. L’orientation professionnelle doit en effet prendre en compte les choix de l’individu mais aussi les besoins des entreprises. Il puisera donc les éléments sur les attentes des territoires figurant dans les contrats d’objectifs territoriaux, les contrats d’appui à la performance économique et au développement des compétences, les points relais conseil pour la validation des acquis de l’expérience...
Le SPRO s’appuiera aussi sur l’observatoire régional des mutations économiques, les seize comités territoriaux « formation », les autorités académiques, les branches professionnelles, etc.

Le 19 juin, un mouvement social a empêché le déroulement d’un débat contre la précarité à Sciences Po. Challenges.fr redonne la parole aux participants à ce débat en publiant leurs contributions.. “Intensification des formes particulières d’emploi (CDD, intérim) et raccourcissement de leur durée, développement de modalités renouvelées d’organisation du travail au sein du CDI (télétravail, horaires flexibles…), essor du travail indépendant et apparition de formes hybrides entre travail salarié et indépendant, travail pour des tiers employeurs ou employeurs multiples : l’évolution des formes d’emploi, qui concerne déjà environ un tiers des 24 millions de salariés, se traduit par des manifestations très différentes. Toutes s’inscrivent cependant dans un mouvement de fond vers plus de flexibilité dans le travail.


Déclaration

Alain Houpert (sénateur UMP) a publié une tribune. On ne sait où d’ailleurs, j’ai beau chercher, je n’ai pas trouvé, sauf deux morceaux. Dans le Miroir : Alain Houpert souhaite “changer le regard sur la valeur travail”. Pas moins ! Le modèle allemand s’y trouve encore une fois agité : “La crise économique que nous traversons doit nous conduire à penser autrement : le diplôme protège de moins en moins et exclut de plus en plus. La solution nous vient peut-être d’Allemagne, où l’apprentissage attire un jeune sur deux et constitue une filière normale pour devenir cadre ou ingénieur, au terme d’un parcours initiatique dans les différents fonctions de l’entreprise. En France, un jeune sur dix seulement.

Et sur le Bien public Côte d’or, c’est autre angle de la tribune qui se trouve relevée : Alain Houpert : « Supprimer les notes, un funeste projet ». “Dans un communiqué, le sénateur de Côte-d’Or dénonce le projet de suppression des notes dans le cursus scolaire français proposé par le gouvernement. Selon lui, cette mesure revient à casser le thermomètre au lieu de résoudre le problème de l’échec scolaire…” “Une mauvaise note n’a jamais été un drame pour un élève qui travaille, quant à la bonne note, c’est la récompense d’un effort et aussi la satisfaction personnelle qui encourage à aller plus loin. C est l’échec qui fait avancer, vieil adage d’un autre temps… Supprimer les notes, c’est renoncer à la valeur du travail et surtout à la notion et au sens de l’effort. Plutôt que de soigner la fièvre, on casse le thermomètre ! Avec ce funeste projet, on va encourager le renoncement, le nivellement par le bas, le "à quoi bon" .” Le bon sens ….

Le bon sens, cette chose la mieux partagée au monde (et son inverse également d’ailleurs) est quelque peu réexaminé par Jean-Michel Zakhartchouk dans son article sur Educpros :Ah qui dira les torts de la note ! Des réponses à dix objections, que je vous conseille tout particulièrement de lire.


Neutralité

Le Luxembourg publie une circulaire sur la neutralité des établissements scolaires. Formulation claire et simple : “La liberté de manifester sa religion ou ses convictions ne permet pas de passer outre aux directives suivantes qui sont a respecter dans tous les cas :
(1) L’accès a I’enceinte du Iycée est interdit a toute personne qui a Ie visage voile ou camoufle de sorte qu’elle ne puisse être identifiée. Une exception pour des raisons médicales doit être autorisée par Ie directeur
suite a une ordonnance médicale.
(2) Chaque élève est tenu de participer a tous les cours prévus par la grille des horaires de I’année scolaire a laquelle il est inscrit ; les cours
sont communs pour les deux sexes.
(3) Tout élève respecte les règles de sécurité notamment pour ce qui est
de la tenue vestimentaire.

Luc Cédelle nous propose un texte très intéressant à propos d’un sujet du bac : L’amour de l’argent d’un juif menteur aux pieds sales : un bon sujet du bac français ?. Oui, oui, vous avez bien lu... “La littérature n’étant, comme chacun sait, pas faite de bons sentiments, de propos forcément convenables ni d’histoires à l’eau de rose, le choix d’un sujet au baccalauréat de français peut-il pour autant s’abstraire de toute considération liée au contexte social et politique ? Les concepteurs des sujets, et avec eux tous les membres de la longue chaîne de décision qui mène à leur validation, sont-ils, au nom de l’autonomie de la littérature, dispensés de tout discernement ? C’est la question que pose dans le texte ci-dessous, avec ses termes à elle, Catherine Henri, écrivain, agrégée de lettres et professeur au lycée polyvalent Louis-Armand dans le 15ème arrondissement de Paris.


Quelques infos

Éducation en pays d’Auge. Initiation au codage informatique à la rentrée. “Dès septembre, 350 élèves de CM1 et CM2 bénéficieront d’une heure par semaine d’initiation au codage informatique sous forme de jeux, lors d’ateliers periscolaires. "Si l’on arrive à créer une véritable filière éducative, de l’élémentaire aux formations d’ingénieur, ce serait une opportunité pour de nombreux jeunes de trouver un emploi."

Suspension de la subvention régionale à un lycée parisien accusé de dérives sectaires. “Le lycée Gerson, situé dans le XVIe arrondissement de la capitale, a fait l’objet au mois d’avril de plaintes d’élèves et de professeurs dénonçant des dérives intégristes, notamment pendant les cours de catéchèse où des associations pro-vie ou proches de l’Opus Dei seraient intervenues.” “Le Conseil régional d’Ile-de-France, qui intervient au titre des forfaits d’externat, a étudié le 18 juin dernier en commission permanente le cas de ce lycée.
Dans l’attente des conclusions de cette enquête administrative, la commission permanente a décidé de suspendre le versement de la contribution" régionale qui restait à verser, soit le 3e trimestre de l’année scolaire 2013-2014, pour un montant total de 73.789 euros, a précisé à l’AFP la Région.

Lancement du registre européen de l’enseignement supérieur — une nouvelle démarche de transparence dans l’enseignement supérieur. “En s’appuyant sur les informations fournies par les autorités statistiques nationales, le REES formera une base de données permanente et régulièrement mise à jour sur les universités européennes. Il aidera les décideurs politiques à mieux gérer le système européen d’enseignement supérieur dans son ensemble et permettra aux universités de se comparer avec les autres universités et de recenser les possibilités de coopération en matière de recherche ou de spécialisation. Ce nouveau registre complète d’autres données sur les performances des universités, telles que U-Multirank et les statistiques sur l’enseignement supérieur au niveau des systèmes (UNESCO-ISU/OCDE/Eurostat).

Adresse du site ETER (European Tertiary Education Register) http://eter.joanneum.at/imdas-eter/


Une revue demain ? Peut-être. en tout cas celle de vendredi, la dernière de cette année scolaire sera signée Lionel Jeanjeau.

Bernard Desclaux

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les portraits de Monique Royer


Hors-série numérique 35
Ils enseignent en classe d’accueil, au Liban, à des élèves handicapés. Ils utilisent un blog, de la couleur ou les volcans. Ils sont enseignants, chef d’établissement, journalistes. Ce sont dix-neuf portraits d’enseignants et d’acteurs de l’école que l’on découvre dans ce dossier

 

Enseignant : un métier qui bouge
N° 514 Coordonné par Michèle Amiel et Yannick Mével juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.

École et territoires
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 21 - février 2014

Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
L’école doit devenir partie prenante des territoires afin que se bâtissent alliances et fédérations. Tous les temps et les lieux éducatifs dans le territoire peuvent contribuer à l’acquisition par tous d’un socle commun, à la réduction des inégalités.