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Revue de presse du mercredi 2 avril 2014

Au revoir monsieur Peillon. Bonjour monsieur Hamon.


De quoi pourrait-on bien parler aujourd’hui ? Voyons, voyons...
Mais oui, cette revue sera bien sûr consacrée à l’info qui a couvé pendant des jours et des jours : l’arrivée d’un nouveau ministre, le départ de plusieurs en échange.

Pot de départ

Marie-Caroline Missir raconte les derniers heures de Vincent Peillon, le pouls qui s’arrête au ministère," les bureaux déserts, l’attente le dispute à l’angoisse", et puis les rumeurs d’il reste après celles d’il part qui a couru pendant des mois. Avant que la nouvelle ne tombe. Il parait que ce sont les premiers ministres qui annoncent les mauvaises nouvelles : « Mardi en fin d’après-midi, Vincent Peillon est enfin reçu chez le Premier ministre. Et apprend son éviction. En se présentant aux européennes, Vincent Peillon serait devenu "un point faible" pour le nouveau locataire de Matignon. »
« les remontées des préfets sur la mise en place de la réforme des rythmes scolaires ne plaideraient pas en sa faveur. En pur politique, Valls a tranché. "C’est foutu", lâche un conseiller. Un pot de départ est organisé dans la soirée au ministère.
 » Et George-Pau Langevin qui était encore sur une scène jeudi lors de la Journée de l’innovation, pleine de projets allant dans le sens de sa mission, la réussite scolaire ? Elle est nommée ministre de l’Outre-Mer. Bam. Marie-Caroline Missir, elle, parle d’un « immense gâchis ».

L’erreur du ministre

Le point présente en cause première de cette sortie les rythmes scolaires : « Il y avait tellement à faire pour enrayer la chute de l’école française et sauver ses 20 % d’élèves en échec scolaire, comme le montre encore la dernière cuvée de l’étude Pisa. Vincent Peillon semblait l’avoir compris. Mais en annonçant la réforme des rythmes scolaires avant toute consultation et sans étudier les modalités de sa mise en place, il a signé sa plus grosse erreur de ministre.  » Et le désormais ancien ministre est présenté comme l’homme qui sur ce dossier « a péché par excès de confiance en lui, sûr de recueillir sur le sujet un consensus. Une naïveté confondante. » Après le dossier des rythmes, celui des 60.000 : « L’ancien ministre de l’Éducation nationale s’est aussi rendu coupable d’une autre grave erreur stratégique : "Il a annoncé la création de 60 000 postes avant même de mettre en place la réforme. Mieux vaut procéder à l’inverse pour négocier !" s’étonne encore Jean-Pierre Obin, du think tank Terra Nova. " Et il ajoute au portrait de Vincent Peillon une "candeur étonnante de la part d’un homme politique".
On a du mal à croire à la candeur... Vincent Peillon débarqué, comme le dit Marie-Caroline Missir, mais débarqué volontaire, désireux de rejoindre d’autres mers, et des cieux peut-être plus cléments ? Parce que la tempête des rythmes, il ne sera sans doute pas fâché de la laisser au suivant.

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Par contre trois syndicats brossent de l’homme d’état un portrait tout à fait positif, au bilan dont il n’a pas à rougir. Gérard Aschieri, ancien secrétaire général de la FSU, est tout d’abord cité : "Il a fait voter sa loi d’orientation, il a lancé sa politique sur l’éducation prioritaire, il a mené une discussion sur le service des enseignants du second degré. Un certain nombre de ses prédécesseurs n’ont pas lancé de chantiers de cette ampleur." A sa suite, Sébastien Sihr, du SNUipp-FSU, reconnait le "changement de cap, mais aussi de ton". Le SE-UNSA parle « "ministre de proximité", qui a plus vu les syndicats "que ses six prédécesseurs réunis" (SE-Unsa). » La concertation semble bien avoir, au moins, eu cette conséquence, de rapprocher du ministère, certes pas les salles des professeurs, mais au moins les acteurs du dialogue social. Et les propos de Christian Chevalier sont encore rapportés : "Il n’y a pas de ministre idéal, mais il a clairement posé des rails qui vont dans le bon sens. C’est toujours quand un ministre s’en va qu’on se rend compte qu’il n’était pas si mauvais."

Qui c’est ?

Dans Le Figaro, on apprend que Benoît Hamon, jusque-là ancien ministre délégué à l’Économie sociale et solidaire et à la Consommation a 47 ans et qu’il représente, après le spécialiste de l’éducation, le politique. Dans les journaux il est d’ailleurs même présenté comme une caution politique, « d’une caution donnée à la gauche du parti socialiste au sein du gouvernement emmené par Manuel Valls. » Les palmes ne sont donc pas académiques cette fois. On nous rapporte qu’il n’a pas non plus été choisi pour ses talents de négociateurs. Pourtant il en aura besoin si l’on en croit VousNousIls qui raconte que syndicats et asso­cia­tions de parents d’élèves font déjà part de leurs attentes. Entre ceux qui frappent déjà pour insister sur le maintien des chantiers en cours et ceux qui espèrent leur suppression, peu de chance que l’hypothèse avancée par Le Figaro se réalise : « Va -t-il laisser sommeiller l’éducation pour cette 2e moitié de quinquennat, sans faire de vagues ? » N’est pas né celui qui laissera sommeiller l’éducation...

Il reste maintenant à suivre les premiers pas de Benoît Hamon que Le Monde voit dans un « "short" ministériel taille XL » avance de se dire que « Sa feuille de route officieuse pourrait bien lui demander de se contenter d’écrire les décrets d’application de la loi d’orientation élaborée par son prédécesseur Vincent Peillon, tout en donnant l’illusion que l’éducation et la jeunesse restent prioritaires dans ce gouvernement. » Il lui resterait tout de même à « veiller à la bonne marche des ESPE, les toutes jeunes écoles du professorat et de l’éducation, mettre une pincée de numérique et s’assurer que la réforme des zones d’éducation prioritaires poursuit son chemin… » D’ailleurs, le nouveau ministre l’a annoncé lui-même dans la cour d’honneur du ministère de l’Education nationale, où étaient rassemblées plusieurs centaines de personnes : « J’irai beaucoup sur le terrain, je vais beaucoup me déplacer, je vais cogner beaucoup à la porte des salles de professeurs ». Non, pas de quoi s’endormir...

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Demain, les affaires reprennent au ministère, et Ostiane Mathon vous propose sa revue de presse.

Christine Vallin


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

Mieux apprendre avec la coopération->[->http://librairie.cahiers-pedagogiques.com/515-mieux-apprendre-avec-la-coop%C3%A9ration.html"
Revue n°505 - mai 2013

Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches.