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Revue de presse du mercredi 1er juin 2016

C’est un scandale ! — A quoi ça sert ? — Enseignement supérieur — Ressources


Une légère revue aujourd’hui par la quantité, mais pas par ses thèmes ! L’arabe, l’enseignement de la langue est un scandale à droite. Et côté catho on se pose des questions sur l’école.


C’est un scandale !

Najat Vallaud-Belkacem scandalise le FN avec une réforme sur les langues à l’école primaire. “L’intervention de la ministre de l’Education Nationale, Najat-Vallaud Belkacem, sur RMC hier a fait polémique. En cause ? La ministre a proposé d’intégrer l’ « Enseignements de langues et de cultures des communautés d’origine ». Au total, neuf pays font partie de ce processus dont l’Algérie, la Croatie, l’Espagne, l’Italie, le Maroc, le Portugal, la Serbie, la Tunisie et la Turquie. L’apprentissage de ces langues pourrait être mis en pratique dès la rentrée de septembre 2016 dans les classes de CP. Si bien évidemment l’apprentissage de l’Italien, de l’Espagnol ou du Portuguais n’a pas trop fait parler, une partie des Français se sont soulevés contre l’apprentissage de l’Arabe… Et surtout le FN !

Et malheureusement le FN n’est pas le seul ! Ainsi, Bruno Le Maire : « L’apprentissage de l’arabe au CP mènera droit au communautarisme ». Pour lui, “... la « priorité absolue est d’apprendre et de maîtriser le français ». Reconnaissant « un retard en matière de langues étrangères », il a affirmé que « s’il y a une langue qu’il faudrait apprendre au primaire c’est l’anglais, pas l’arabe ». Le député LR de l’Eure voit dans cet apprentissage l’une des conditions « d’entrée dans le monde du travail »

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Non à l’arabe par JiMo

Jérôme Ferrari dans La Croix propose sa chronique sur ce thème avec pour titre : Décomplexion. Il réagit aux vigoureuses réactions suscitées par une tribune publiée dans le Monde. “La scandaleuse tribune était signée par Marwan Lahoud, directeur général délégué du groupe Airbus, et Hakim El Karoui, ancien conseiller de Jean-Pierre Raffarin à Matignon. Il ne peut donc s’agir, à l’évidence, que de dangereux salafistes, sans doute occupés, à l’heure même où j’écris, à franchir clandestinement la frontière syrienne. Qu’on en juge : ils proposent de développer l’enseignement de l’arabe à l’école publique ! Dans quel noir dessein ? Écoutons-les : « (…) L’imbrication de la langue et de la religion est telle dans l’islam, a fortiori quand on enseigne l’arabe dans les mosquées, que l’apprentissage de la langue est évidemment une occasion de prosélytisme, notamment dans les mosquées salafistes.
Sauf que l’arabe existe indépendamment du Coran, c’est une langue vivante, une langue de culture, une langue des affaires. » Il s’agit donc pour eux de séculariser l’enseignement de l’arabe pour d’évidentes raisons pédagogiques, et surtout politiques, que je ne peux détailler ici mais qui me semblent toutes pertinentes et salutaires
.”


A quoi ça sert ?

A quoi sert l’école ? se demande Christine Legrand, encore dans La Croix. “La révolution numérique et la demande d’un enseignement plus « personnalisé » obligent à repenser le rôle et la place de l’école dans la société d’aujourd’hui… et celle de demain. L’Apel invite les parents à s’associer à cette réflexion.” “L’univers numérique dans lequel on baigne oblige à repenser la « finalité de l’école, son rôle, ses valeurs, son contenu », pense également Gemma ­Serrano, théologienne au Collège des Bernardins, où elle co-dirige le département de recherche « sociétés humaines et responsabilité éducative ». En se posant en arrière-plan cette question fondamentale : quels humains voulons-nous former dans la société d’aujourd’hui ?

Pour une majorité de parents, l’école n’est plus adaptée aux nouvelles générations. "52 % de l’ensemble des parents et 77 % des parents de lycéens estiment que le système scolaire ne convient plus à la nouvelle génération d’élèves. C’est ce que révèle le sondage Apel/Opinionway, réalisé en partenariat avec La Croix.
La majorité des parents reste en effet attachée aux missions traditionnelles de l’institution scolaire, qu’ils ont connue eux-mêmes enfants : transmettre des connaissances – qui reste sa priorité immuable –, apprendre à apprendre et préparer à la vie professionnelle. « Mais ils pensent que l’école n’est pas aussi performante qu’autrefois sur ces fondamentaux, souligne Julien Goarant, de l’institut OpinionWay, qui a réalisé ce sondage. Notamment sur la préparation à la vie professionnelle, dont l’injonction se fait de plus en plus forte. »
Une remise en cause de l’école républicaine 
Beaucoup de parents ne semblent plus en phase avec ses valeurs. Quand on les interroge sur celles que l’école devrait transmettre en priorité aux élèves, le trio « liberté, égalité, fraternité » arrive en queue de peloton. La majorité d’entre eux préféreraient qu’on leur inculque le respect (56 %), la discipline et la rigueur (55 %), le sens de l’effort, la persévérance
."

Calais : deux professeurs recrutés par l’Education nationale vont enseigner dans la "Jungle"

Le travail personnel des élèves en dehors de la classe, le rapport de l’Observatoire des pratiques en éducation prioritaire de Créteil est à télécharger sur cette page.

Sur le blog de Aurelem : Incultures (2) - L’éducation. “Quelques notions rapides issues de la conférence gesticulée « Incultures (2) - L’éducation » de Franck Lepage pour comprendre le problème de reproduction des inégalités posé par l’école publique aujourd’hui et pourvoir poser une critique savante de celle-ci.” Il s’agit d’un très long compte-rendu qui se termine par une conclusion : “Propositions sommaires : supprimer le baccalauréat, les grandes écoles. Multiplier les classes Freinet…


Enseignement supérieur

Recherche : Hollande entend les Nobel et renonce à réduire les crédits

Léo Souquet, co-Fondateur et Directeur Général de DSTI, établissement privé d’enseignement supérieur. L’enseignement supérieur français doit se réinventer afin de réduire le gouffre qui le sépare du monde industriel. “Puisque le nombre de bacheliers augmente celui des étudiants du supérieur aussi. Mais tout en gardant l’égalité des chances, ne devrait-on pas orienter les jeunes vers des filaires en tension d’emploi et dont la formation correspondrait mieux aux besoins des industriels ? La mise en place de cette orientation pourrait et devrait naître d’une collaboration entre le supérieur et les branches professionnelles. Ces dernières, pilotées par les partenaires sociaux, sont en première ligne et connaissent les besoins des organisations qu’elles représentent.

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Ressources

Un compte rendu que j’avais fait et publié par la revue OSP et qui vient d’être accessible sur le net : B., Ravon. L’échec scolaire. Histoire d’un problème public. Paris : Press Editions. Il s’agit de Bertrns Ravon et non Rayon. “La question de l’échec scolaire est « né » dans une partie du système, dans la partie primaire communale. Globalement jusque dans les années cinquante, la question ne se pose pas dans le secondaire. Ce n’est qu’avec la mise en système unique, que l’on peut « dater » de la réforme Berthoin, que ce thème s’impose dans le champ du secondaire.”

Et à propos de ressources, Quatre graphiques pour savoir si les enseignants français sont si mal payés que ça. "La France est l’un des pays développés qui rémunère le plus mal ses professeurs. Elle se situe loin derrière l’Allemagne, mais les revalorisations en cours doivent permettre un rattrapage."

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Des maths pour tous
Revue n°529 - mai 2016
Plus que jamais, la question des «  mathématiques pour tous  » se pose. Elle implique qu’on cesse d’appliquer partout et à tous le même «  traitement  » mathématique, et qu’on prenne en compte le rapport spécifique aux maths que chaque élève a construit en fonction de son histoire scolaire, familiale, et personnelle.

Mettre en oeuvre les EPI

Revue n°528 - mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part
donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.