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Revue de presse du mercredi 19 mars 2014

Sécurité, Internet, robotique — Laïcité, fraternité — Orientation — Apprentissage — Controverse —


La sécurité sur internet devient un objectif pédagogique. On en profitera pour s’interroger sur la place des robots. L’anniversaire de la loi interdisant les signes religieux ostentatoires a quelques échos aujourd’hui. Une petite incidence sur l’orientation. L’éducation nationale et l’apprentissage subissent un tir croisé entre un sondage et un rapport. Et je terminerai par l’évocation d’une controverse.


Sécurité, Internet, robotique

Tanguy de Coatpont dans La sécurité informatique : le nouveau défi éducatif rappelle que “L’éducation numérique est une formation continue, pas un examen final” tandis que Stéphanie de Vanssay affirme dans Éduquer à Internet sans diaboliser, c’est possible ! qu’ “Il est tout à fait possible d’éduquer nos élèves à Internet sans entrer systématiquement par les dangers et ainsi promouvoir les usages constructifs tout en prévenant les dérives…” “L’idéal est de pouvoir intégrer le numérique au quotidien de nos cours afin d’éduquer nos élèves en contexte d’utilisation réelle et concrète au service de leurs apprentissages.

Sur le blog du Monde, Aurélie Collas affirme : Ecrire « SMS » ne nuit pas à l’orthographe. “Pour la première fois en France, une étude, publiée mardi 18 mars par le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), a de quoi les rassurer. Non, le langage SMS ne nuit pas à l’orthographe traditionnelle. Ce n’est pas parce qu’un élève écrit « tu fé » dans un SMS qu’il ne sait pas que le verbe « faire », conjugué à la deuxième personne du singulier, s’écrit « fais ». Il existe un registre de l’écrit traditionnel et un registre de l’écrit SMS ; les deux sont indépendants l’un de l’autre.

Ne pas oublier que l’éducation est un secteur d’investissement et Bertelsmann investit 30 millions € pour l’éducation au Brésil.

Pierre-Yves Oudeyer est Docteur en intelligence artificielle, Pierre-Yves Oudeyer est directeur de recherche à Inria et responsable de l’équipe Flowers (Inria-Ensta ParisTech). Il est spécialisé dans les mécanismes de curiosité et les interactions homme-robot permettant l’apprentissage par imitation. Il est interviewé dans les Echos et déclare « Les robots vont avoir des impacts sociétaux énormes ». A la question Pourquoi les sociétés asiatiques semblent-elles plus en avance dans l’acceptation de ces robots ?, il répond : “C’est tout un ensemble de raisons culturelles, religieuses, historiques, cosmogoniques avec comme au Japon ou en Corée, une conception différente de l’artifice et du rapport à la nature. A l’inverse du monde occidental, les asiatiques ne se perçoivent pas comme étant au sommet d’une pyramide avec une séparation très nette avec le reste du monde vivant, mais au contraire comme faisant partie d’un réseau complexe intégrant même les objets. Les Japonais qui vouent un culte à la nature ont par exemple l’habitude d’accrocher dans les rues des petits bouts de plastique pour célébrer l’automne et la chute des feuilles des arbres. Dans leurs petits jardins, ils représentent la nature en miniature avec des artifices cachés. Pour les roboticiens japonais, un robot est un hommage à la nature. Dans la littérature ou le cinéma asiatique, le robot arrive pour sauver le monde alors qu’en occident, il génère rapidement des problèmes.


Laïcité, fraternité

Dans son Bloc-Notes de la semaine du 10 au 16 mars 2014, Philippe Watrelot avait rappelé l’anniversaire de la loi interdisant les signes religieux ostentatoires.

Au Blanc-Mesnil, Les mamans privées de sorties scolaires en appellent au ministre. “Après la mobilisation devant l’inspection académique, en novembre dernier, le collectif du Blanc-Mesnil « sorties scolaires avec nous » a décidé d’écrire au ministre de l’Education, Vincent Peillon. « Nous voulons qu’il supprime la circulaire Chatel »

La Ligue de de l’enseignement fait une mise au point sur Médiapart dans L’éducation à la laïcité : L’engagement de la Ligue de l’enseignement. “D’abord parce que la Loi de 1905 n’est pas une loi d’interdit et n’énonce pas que la religion relèverait exclusivement de la vie privée. En dehors des fonctionnaires dont la nécessaire neutralité (parce qu’ils œuvrent au cœur du service public) leur impose justement de ne pas arborer de signes religieux, toute interdiction doit être justifiée.” et plus loin : “Dans ce contexte, la Ligue de l’enseignement réaffirme sa préférence pour l’éducation, par une meilleure compréhension des faits socioculturels et par le dialogue. Toujours le dialogue. Recul, discernement et esprit critique doivent constituer le viatique de base d’un éducateur laïque. Il peut être utilement mobilisé par les militants laïques de tout bord a fortiori au moment où les réactionnaires instrumentalisent le terme « laïcité » pour attiser les peurs. C’est le sens de l’héritage de Jean Macé.

Crimes de Merah : Schwartzenberg (PRG) veut renforcer la lutte contre l’antisémitisme. “Le chef de file des députés radicaux de gauche, Roger-Gérard Schwartzenberg, a préconisé mardi de renforcer les sanctions pénales réprimant notamment l’antisémitisme et de développer "l’enseignement de la fraternité" à l’école, à la veille de la commémoration des assassinats de Mohamed Merah.


Orientation

Dans l’Etudiant, on s’interroge Orientation : stop aux clichés sur les différences filles/garçons ! “Les filles studieuses et littéraires, les garçons matheux et plus ambitieux. Peut-être partagez-vous, inconsciemment ou pas, cette idée que certaines filières et carrières sont plus adaptées aux filles, et d’autres aux garçons. Peut-être même ces clichés pèsent-ils déjà malgré vous sur vos premiers choix d’orientation. Et si on essayait de comprendre comment se construisent ces stéréotypes pour mieux s’en libérer ? Cinq questions/réponses pour mettre KO quelques idées reçues.” :

  • "Les filles réussissent-elles mieux à l’école ?
  • Les garçons sont-ils meilleurs en maths et les filles meilleures dans les matières littéraires ?
  • Les filles sont-elles moins ambitieuses que les garçons ?
  • Existe-t-il des métiers de garçons et des métiers de filles ?
  • Les choses peuvent-elles changer ?" Les réponses à ces questions seront à rechercher sur le site.

Apprentissage

Le 13 mars, Vousnousils avait signalé et donné une première analyse d’un rapport dans l’article Apprentissage : un rapport des inspections veut instaurer une découverte obligatoire au collège. “Selon les ins­pec­tions, ce mode de for­ma­tion souffre notam­ment d’un défi­cit d’image "atta­ché à la voie pro­fes­sion­nelle et aux métiers manuels", aux yeux des élèves et de leur famille, mais aussi "des ensei­gnants eux-mêmes". Le rap­port explique que "l’appren­tis­sage n’a pas réussi, mal­gré les poli­tiques volon­ta­ristes dont il a fait l’objet depuis de nom­breuses années, à se construire une image de for­ma­tion de qua­lité au sein du sys­tème éduca­tif", l’orientation vers l’apprentissage se fai­sant sou­vent "par défaut".
Le rapport Les freins non financiers au développement de l’apprentissage peut être lu directement.

Intellego revient également sur ce rapport : Vers une découverte obligatoire de l’apprentissage au collège. Le Figaro le signale également : Un rapport préconise de rendre obligatoire la « découverte de l’apprentissage » au collège. Et la Gazette dans Apprentissage : « un sujet périphérique » pour l’Education nationale, dénonce le rapport interministériel et remarque que “le rapport révèle que les principaux sont nombreux à fermer la porte de leur collège aux directeur de CFA, quand d’autres ne destinent l’apprentissage qu’aux seuls élèves de sections d’enseignement général et professionnel adapté (SEGPA). De plus, aucune procédure formalisée ne permet l’orientation vers l’apprentissage en fin de 3ème empêchant de facto l’identification et la comptabilisation des aspirants apprentis. Un véritable choc des cultures semble donc nécessaire.

Boursorama signale un sondage Chômage des jeunes : l’apprentissage plébiscité comme un outil efficace. “Sondage réalisé en ligne entre le 18 et le 20 février, auprès d’un échantillon de 1.050 personnes représentatif de la population française âgée de 15 ans et plus (méthode des quotas).” Et “l’étude du CSA montre une méconnaissance, voire un image négative de l’apprentissage : 63% estiment que "de manière générale, les formations en apprentissage ont une mauvaise image", 69% pensent qu’elles "sont surtout réservées aux métiers manuels" et affirment qu’on ne "sait pas grand-chose" sur ces formations.” Emmanuel Davidenkoff dans Question d’éducation L’apprentissage : mal aimé, mal connu, mais plébiscité ! Il commente également ce même sondage CSA pour l’Institut Montaigne. Il rappelle sans “généraliser mais tendanciellement, l’apprentissage avant le bac s’adresse bien "essen­tiel­le­ment à des jeunes qui ren­contrent des dif­fi­cul­tés sco­laires".” Mais après le bac “il est choisi parce que c’est un excellent passeport vers l’emploi.

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Le dessin de Fabien Crégut

Dans 25 ans d’évolution de l’apprentissage (2/3) : vers l’ère du soupçon, Jean Saavedra, “Ancien directeur du CFA de Poissy qu’il a contribué à créer,... a par la suite travaillé en tant que consultant sur la conception et le développement du le CFA de l’Essec ainsi que sur le dispositif d’apprentissage de l’Edhec. Poursuivant aujourd’hui son activité de conseil dans le domaine de l’enseignement supérieur, il revient sur l’évolution de l’apprentissage depuis un quart de siècle. Deuxième volet de cette contribution.


Controverse

Lionel Jeanjeau, notre collègue de la revue de presse a réagit sur son blog à l’article de Louise Tourret à propos d’un jeune enseignant, Jérémie Fontanieu, en s’interrogeant : Pédagogue et réac ? une combinaison incompatible. A cette occasion l’auteur prend position sur la faiblesse de la formation professionnelle des tout nouveaux enseignants. “Mais ce qui ne nous manque pas, par contre, c’est la démonstration des ravages de l’absence de formation des enseignants stagiaires ces dernières années : la mise à mort progressive des IUFM, le renforcement parallèle du caractère universitaire de leur formation, le refus de voir s’installer une formation réellement professionnalisante, produisent là leurs effets les plus délétères : bonnes intentions et recettes moisies, tout droit sorties de fantasmes sur une école d’antan mythifiée et imaginaire, fantasmes qu’aucune réflexion "professionnelle" ne permet de déconstruire ; application mécanique de ce que l’on se figure avoir été l’école lorsque nous y étions élèves (quelle amnésie, chez nous tous, quand on y pense !), faute d’avoir eu le temps et la possibilité de réfléchir à l’inanité de ces méthodes appliquées aux élèves d’aujourd’hui. Voilà les résultats du refus de professionnaliser la formation des enseignants : Au pire, une reproduction mécanique et non pensée de stéréotypes enseignants dignes de la télé-réalité lorsqu’elle croit parler d’éducation. Au mieux, une reproduction pensée et assumée de ce qu’ils ont connu comme élève, en une posture qui n’a pas été éclairée par l’apport d’autres questionnements, par la prise en compte d’autres réalités.

Demain votre revue vous sera proposée par Ostiane Mathon

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Faire vivre une morale laïque

Coordonné par Michèle Amiel et Élisabeth Bussienne
Hors-série numérique 30
Une compilation d’articles parus ces dernières années sur l’éducation à la citoyenneté, le droit, la laïcité, les débats et les « questions sensibles » à l’école , en contribution à la réflexion en cours sur une « morale laïque ».

Téléchargeable au format PDF - 6 € pour les particuliers. Tarifs avec droits de diffusion : 14,06 € pour les établissements scolaires et 21,10 € pour les médiathèques.

N° 501 Quand la classe est difficile
Coordonné par Xavier Dejemeppe et Alexandra Rayzal
décembre 2012
Comment comprendre ce qui se joue entre l’enseignant et ses élèves quand une classe devient « difficile » ? Que peut-on faire dans la classe, ou bien avec des ressources extérieures ? Comment tenir bon sur l’essentiel, les apprentissages ? Rien de simple, ni dans le diagnostic, ni dans les solutions, d’autant que c’est peut-être en remettant en question l’organisation de l’enseignement en classe que l’on pourra avancer vraiment.