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Revue de presse du mercredi 19 juin

Des chiffres et des lettres - Des lettres - Des chiffres

Des chiffres et des lettres au programme de cette revue de presse : chiffres du barème pour l’épreuve de lettres, nombre de contrats aidés pour les directeurs d’école, chiffre de la hausse des loyers induits par la présence de lycées prestigieux et lettres de l’écriture pour les jeunes de la génération smartphone.

Des chiffres et des lettres

La polémique du jour vient du « Figaro » (évidemment) et concerne le... bac (évidemment !). Reprise par les autres journaux et médias, Marie-Estelle Pech croit lancer un pavé dans la marre en titrant : « les profs de français invités à surnoter les élèves » en s’appuyant sur une grille d’évaluation qu’elle s’est procurée -grille notée dans son ensemble sur 20 mais qui comporte 24 points maximum (rien de bien inédit). On est en fait face à un certaine liberté dans le barème qui est donnée aux correcteurs. Etonnant d’entendre des protestations de la part de ceux qui réclament d’habitude davantage de liberté pédagogique.
Interrogée sur France Info sur ce sujet, la ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso a démenti toute incitation à surnoter tout en rappelant que « La pratique normale, c’est […] que l’on s’interroge quand il y a une différence entre académies et on se réunit et on regarde si effectivement il y a eu des notations plus sévères, auquel cas on a raison de s’interroger parce que ça pénalise finalement les lycéens. »
Etonnant en effet que tant d’observateurs du monde éducatif aient semblé découvrir aujourd’hui la nécessité de corriger les disparités d’une notation réalisée par plusieurs correcteurs. Ce que Le Figaro nomme le tripatouillage des notes, c’est la prise en compte de la docimologie dans l’attribution du baccalauréat. « En dépit des critiques, l’« harmonisation » des notes est essentielle pour éviter les injustices. Sans cela, certains professeurs n’hésiteraient pas à aligner des notes très faibles voire des zéros, sans se préoccuper de ce que font leurs collègues… Sans contrôle, l’aléa de la correction est considérable. » rappelle ce second article.

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Le dessin de Fabien Crégut

Cette "affaire" aurait pu être l’occasion de s’interroger sur notre système d’évaluation : la note est-elle le meilleur moyen d’évaluer des acquis ?
Elle aurait pu aussi susciter davantage un débat sur l’ambiguïté de la finalité donnée au bac : évaluer les acquis des élèves ou sélectionner ? examen ou concours ? A lire certains commentateurs du jour, un examen n’aurait de sens que s’il est réussi par un tout petit nombre...
Deux plumes pour élever le débat toutefois.
Claude Lelièvre d’abord dans Le Monde, qui, après un rappel historique des évolutions du baccalauréat, pose bien les enjeux : « il semble bien qu’une clarification de son caractère ’’biface’’ (à la fois examen terminal d’études d’enseignement secondaire et, en principe, examen d’entrée dans l’université) soit devenu l’une des tâches des années à venir. »
Emmanuel Davidenkoff enfin qui pose les bonnes questions dans sa chronique sur Educpros  : « Qui veut vraiment en finir avec le bac ? » / « pourquoi faut-il que les lycéens fassent du bac le symbole indépassable de l’égalité républicaine, alors qu’il est, en l’état, un des instruments de sélection les plus hypocrites qui soit puisque le même bac est loin de donner les mêmes droits à tous les élèves ? »
Pour terminer avec ce sujet, je ne résiste pas à rendre compte de la proposition que fait David Courbet dans le + du Nouvel Obs. « à quand une épreuve d’éducation sexuelle ? » On attend la grille d’évaluation... sur 20 ou 24.


Des chiffres

. 10000 : c’est le nombre de contrats aidés supplémentaires pour accompagner les directeurs d’école dans leur charge. France Inter dans son journal de 8hest revenu sur cette annonce du ministère faite hier aux représentans syndicaux (à la 9e minute)
. 12 à 15% : c’est la plus-value d’un bien immobilier pour la présence d’un lycée "prestigieux" dans le quartier selon Les Echos qui cite une étude du site Wall-Market.com. L’élitisme associé à la carte scolaire peut avoir des effets socialement ravageurs !


Des lettres

Celles tapées avec le pouce « Quand Petite Poucette écrit »
C’est Le café pédagogique qui se fait l’écho d’une étude belge du « Groupe interdisciplinaire de recherche sur la socialisation, l’éducation et la formation ») sur les pratiques d’écriture de la génération internet.
Jean-Michel Le Baut expose les principales conclusions entre envie et plaisir d’écrire chez ces adolescents, exigence apportée à ce qu’ils écrivent, et compétences langagières développées.
« Sans doute, l’école aurait-elle tout intérêt à prendre conscience de cette appétence des adolescents pour l’écriture » conclut-il.
Voilà une étude qui devrait hérisser « ceux qui tendent à instrumentaliser la langue française pour nourrir leur refus de la modernité ou leur mépris de la jeunesse », ces contempteurs de la vie moderne...

J’espère que vous avez poussé votre lecture jusqu’à cette dernière information, plus constructive que la première. Demain, c’est Mila Saint Anne qui vous guidera.

Laurent Fillion


Pour prolonger :

**Comment évaluer sans leurrer ?
Véronique Flipo

**Evaluer sans note
Une vidéo sur l’évaluation par compétences dans la Somme

**Évaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011

Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.