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Revue de presse du mercredi 18 décembre 2013

Education prioritaire- A propos de l’université française- l’UVSQ en quête de soutien


Education prioritaire et priorité à l’éducation :

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Le dessin de Fabien Crégut

Après avoir mis les média et la communauté éducative au sens large en ébullition, que reste-t-il aujourd’hui des enseignements de Pisa ? Plus grand chose à en juger les derniers titres de la presse éduative ; c’est sans doute ce que l’on appelle l’effet buzz : on en parle, on en crie, on en pleure, et puis hop, on range aux oubliettes, on classe dans les archives. Pisa c’est donc fini ? Tout ça pour ça ? Et pourtant, tout reste à faire. Ce matin, le Café pédagogique publiait une longue interview de Philippe Meirieu. Loin de « totémiser » ce type d’évaluations internationales et rappelant qu’il serait dangereux de se limiter à l’application irréfléchie et décontextualisée de soit-disant bonnes méthodes, Philippe Meirieu revient dans cet article sur une des principales conclusion de Pisa à savoir l’extraordinaire fossé qui se creuse en France entre d’un côté des élites toujours plus excellentes et de l’autre des zones de plus en plus ghettoisées de grande précarité éducative. « Nous continuons à produire de bons élèves, formatés pour de brillantes études, tandis qu’à l’autre bout de l’échelle, l’échec et la désespérance sociale se sont durablement installés. Nous n’avons pas su transformer la démocratisation de l’accès en démocratisation de la réussite. » Pour le spécialiste, cela ne fait pas l’ombre d’un doute, c’est là qu’il faut réagir, et vite. Il en appelle à un « sursaut éducatif global », sans lequel il sera difficile de refonder efficacement et durablement. Il cite alors quelques leviers comme les modalités de mise en œuvre de la formation initiale mais aussi continue, la valorisation des postes affectés en zone prioritaire d’éducation et l’accompagnement des équipes, la mise en place d’enseignants surnuméraires dans certaines classes, davantage de travaux de groupes et notamment d’ateliers d’écriture, l’entrée dans l’écrit et la confrontation à la résistance qu’elle opère, constituant pour Philippe Meirieu un véritable outil pour la pensée. « tant que les élèves ne découvrent pas que les contraintes de la langue sont des ressources pour la pensée, ils campent, tout à la fois, au seuil de la langue et à la porte de la pensée. » Comme axes de progrès il évoque encore une plus forte solidarité autour de la notion de carte solaire mais aussi une plus grande stabilité des équipes, fédérées autour de grand projets, en lien avec un renforcement de la dynamique d’innovation pédagogique de manière à transformer les ZEP en « véritables zones d’excellence pédagogique  » Nous voilà donc invités par le biais de ces propositions à davantage de courage, d’inventivité et de volonté tant politique qu’institutionnelle et individuelle, chacun étant capable, à son échelle, de contribuer à dynamiser et impulser l’énergie nécessaire à un sursaut éducatif aujourd’hui devenu vital.


Un bon-point pour l’université française :

Contrairement à ce que l’on entend régulièrement, notre université serait non seulement de qualité mais également en lien avec les réalités du marché du travail. Ainsi, dans cet article paru ce jour, au Monde on est heureux d’apprendre que « L’université n’est pas une usine à chômeurs !  » Bonne nouvelle donc, et pour nos étudiants devenus grands, autorisons-nous un franc et tonitruant hourra auquel nous sommes peu habitués en ces heures de morosité nationale. Un peu de bon et de positif, c’est très important pour le moral, et le moral, chacun le sait, c’est très important pour la vitalité ! Selon une récente enquête dont les résultats viennent d’être publiés non seulement « le taux d’insertion est élevé 90 % pour les diplômés d’un master, 91 % pour les licences professionnelles et 88 % pour les titulaires d’un diplôme universitaire de technologie. » mais également « six diplômés de l’université sur dix sont salariés dans une entreprise privée et c’est vrai pour tous les domaines d’études. » Des résultats qui vont dans le sens des propos Geneviève Fioraso, la ministre de l’enseignement supérieur : « Il y a un réel décalage entre la perception de ce qu’est l’université aujourd’hui et la réalité, souligne-t-elle. La formation universitaire bac + 5 est très appréciée des entreprises. » Néanmoins, (ah, dommage pour le néanmoins) l’enquête démontre également que « ce constat positif est à nuancer. Car les diplômés du supérieur ne sont pas tous égaux ni en matière d’emplois, ni en termes de salaires. Comme l’on pouvait s’y attendre, les plus chanceux sont les scientifiques : 91 % ont un emploi, à 94 % de cadre, rémunéré 31 100 euros bruts par an. » Bon, pour conclure et se montrer pragmatiques, reste donc d’une part à mieux apprendre à compter à nos écoliers-collégiens-lycéens et d’autre part à poursuivre nos efforts pour valoriser les filières qui restent encore trop peu soutenues au niveau national.


A propos de soutien

On apprend dans un article d’Educ Pro que « l’université Versailles-Saint-Quentin menace de devoir fermer ses portes en février 2014. » Face à un risque de cessation de paiements pour la fin d’année 2013, l’UVSQ avait reçu « l’assurance d’un soutien de l’Etat, avec une subvention – à rembourser plus tard – envisagée initialement à hauteur de 4 à 7 millions d’euros pour boucler l’année. » Or il semblerait que cette promesse soit revue à la baisse n’atteignant que 800.000 euros et mettant l’université en danger de fermeture imminente.

Moralité : On ne promet que ce que l’on peut tenir et on tient ce que l’on a promis...ou encore, et puisque c’est de saison : Rien ne sert de jouer au Père Noël quand on n’a ni les bottes ni la hotte !

Ainsi s’achève cette revue du mercredi, et c’est vous souhaitant une agréable lecture, que je vous chante, mais sans le son, des très joyeuses fêtes de fin d’année ! Et demain, c’est Bernard Desclaux qui reprendra le refrain pour votre revue du jeudi !

Ostiane Mathon