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Revue de presse du mercredi 15 avril 2015

Réforme et nouveaux programmes : ça continue - Z’ont toujours pas trouvé Charlie - Les comptes ne sont pas bons -


Un petit goût de réchauffé pour cette revue de presse.

Réforme et nouveaux programmes : ça continue

Les réactions relatives à la réforme du collège n’ont pas disparu des médias. Interrogé par Alternatives Economiques, François Dubet explique pourquoi il trouve cette réforme plutôt bonne : « Même si elle n’est pas radicale, elle permet de conjuguer un projet éducatif commun, constitutif du collège unique, et le parcours individuel de chaque élève. Les petits groupes de soutien permettront ainsi aux élèves en difficulté de rattraper une partie de leur retard, et aux élèves qui réussissent d’avancer plus vite.
Cela revient à permettre aux meilleurs de s’améliorer sans affaiblir les autres.
Soit l’inverse de ce qui se produit aujourd’hui
. »
On trouvera encore aussi des réactions négatives, comme celle de Cécile G. prof de français et latin qui clame dans Le Plus du Nouvel Obs qu’« avec la suppression du latin à l’école. C’est comme si on me rayait de la carte ». On trouvera d’autres commentaires tout aussi mesurés sur le site de la ministre. Le second ne peut que questionner : est-ce bien notre rôle de faire écrire nos élèves pour critiquer une réforme ? (élèves de Sixième qui, au passage, connaissent la place de la France dans le classement des performances dans l’enseignement des langues et montrent un niveau de langue en français très élevé).
Les réactions relatives aux nouveaux programmes n’ont pas disparu non plus. La revue de presse d’hier avait montré qu’ils étaient plutôt bien accueillis. C’est encore le cas aujourd’hui avec le satisfecit du collectif Aggiornamento pour ceux d’histoire : « Au delà des sempiternelles polémiques que ne manqueront pas de susciter ces programmes, nous tenons à souligner notre immense satisfaction face à des programmes qui, pour la première fois, montrent une réelle souplesse, rompent avec l’encyclopédisme (sur)plombant, témoignent d’une confiance faite aux enseignants dans leurs capacités à s’emparer et à cheminer à leur façon dans le cadre proposé et enfin, ouvrent sur le monde ». J-P Brighelli, grand spécialiste de l’enseignement de l’histoire comme chacun sait, n’est pas du même avis dans Le Point. Il n’a visiblement pas compris qu’un programme non détaillé ne signifie pas que les professeurs ne vont rien y mettre, ni que ce qui importe n’est pas le programme fait par le prof mais celui appris par l’élève. Passons sur le fait qu’il ignore que l’Egypte et la Mésopotamie ont donné naissance aux premières écritures et aux premiers Etats [P... de fabrique de crétins !]
Dans la même veine, mais pour l’ensemble des disciplines, Marie-Estelle Pech, en digne héritière de Natacha Polony, y a vu dans le Figaro « une victoire idéologique des pédagogistes ». S’ensuit une présentation tout en nuance :
« Vive l’apprentissage par « compétences », la « pédagogie par projets » et la « construction des savoirs par l’élève ». Les nouveaux programmes du collège marquent la victoire idéologique des « pédagogistes », ces thuriféraires d’une école constructiviste supposément dotée de toutes les qualités : elle s’annoncerait à la fois ludique, sympathique, bienveillante et plus juste que celle d’aujourd’hui.
Seule certitude, l’allégement des programmes. Le projet sabre à grands coups de lame les disciplines pour faire de la place aux compétences
 »
Nul doute que les prochaines revues de presse reviendront sur d’autres réactions, certaines venant d’acteurs du monde éducatif plutôt prompts d’habitude à réagir aux annonces ministérielle se font attendre cette fois.
En Belgique aussi on s’interroge sur la nécessaire démocratisation scolaire. Dans le quotidien belge Le Soir, Pierre Bouillon résume en ces termes une étude L’Observatoire belge des inégalités « En Belgique : Les pauvres, injustement éjectés de l’école ordinaire » L’article est réservé aux abonnés mais est commenté sur le site de la RTBF : « Trop d’élèves pauvres sont orientés vers l’enseignement spécialisé. Les enfants issus de milieux défavorisés sont trop promptement orientés vers l’enseignement spécialisé, selon une étude que vient de réaliser le (tout nouveau) Observatoire belge des inégalités. La situation est accablante.. »

Z’ont toujours pas trouvé Charlie

Et l’on reparle des "difficultés" de l’après Charlie à l’école...
Marie-Estelle Pech, décidément sur tous les front, revient sur "les difficiles journées de « l’après-Charlie » à l’école" en commentant une enquête de l’association des professeurs d’histoire-géographie (APHG) auprès 147 professeurs. « 17 % des 147 professeurs interrogés dans le cadre d’une enquête ont signalé des débats « souvent vifs ou difficiles, avec certains élèves musulmans » en janvier. » apprend-on. 17% de cas que 97 % de l’article illustre...
Même focale pour la commission d’enquête sénatoriale sur la perte de repères républicains à l’école si l’on en croit Bernard Girard sur son blog Rue89/ Le Nouvel Obs. Pour lui, « l’enquête des sénateurs sur école et République est mauvaise farce réac ». Il s’appuie notamment sur la manière dont a été "entendue" et traitée l’audition du taulier de la revue de presse.
« Depuis deux mois, chaque semaine, une commission d’enquête sénatoriale, constituée dans la foulée des attentats de janvier à l’initiative du très à droite sénateur vendéen Bruno Retailleau, s’enquiert le plus sérieusement du monde de :
« La perte de repères républicains que révèle la vie dans les établissements scolaires [et des] difficultés rencontrées par les enseignants dans l’exercice de leur profession. »
Curieux, dira-t-on, car, alors que – contrairement à ce qui se passerait dans n’importe quelle démocratie digne de ce nom – les parlementaires français n’ont pas jugé nécessaire de faire porter leur curiosité sur les attentats eux-mêmes et les responsabilités policières et politiques qu’ils font apparaître, ils manifestent à l’inverse une inquiétude sans limites sur les perturbations qui ont marqué ici et là, dans quelques collèges et lycées, la désormais célèbre minute de silence, érigée dorénavant au rang de marqueur républicain. Mais dès la première audition, les sénateurs n’ont pas fait mystère de leurs préoccupations réelles et point n’est besoin d’attendre les conclusions de leur rapport, écrit à l’avance
. »

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Le Sénat et le boss, dessin de Jimo

Le compte n’y est pas

La Cour des comptes a rendu public, le 14 avril 2015, un référé sur la formation continue des enseignants.
« La Cour estime que la formation continue, avant tout conçue comme un vecteur de mise en œuvre des réformes pédagogiques, n’est pas utilisée par le ministère de l’éducation nationale comme un véritable levier de gestion des ressources humaines. Par ailleurs, l’offre de formation devrait être mieux adaptée aux besoins des enseignants tout au long de leurs carrières. » Elle formule trois fortes recommandations : « Établir un lien plus étroit entre le parcours de formation des enseignants et les caractéristiques de leurs postes d’affectation, veiller à ce que l’offre de formation continue des écoles supérieures du professorat et de l’éducation (ESPE) soit effective, et, enfin, respecter la réglementation en vigueur sur les frais de déplacement des enseignants participant à la formation continue ».
Selon le Medef, c’est pour l’apprentissage que le compte n’y est pas.
S’appuyant sur une enquête qu’il a commanditée à l’IPSOS, le mouvement patronal veut en effet une réforme rapide de l’apprentissage. Plusieurs médias spécialisés s’en font l’écho à partir de la conférence de presse mensuelle de Pierre Gattaz du 14 avril consacrée à la présentation des résultats de cette enquête. . Savoir.Actualité nous apprend que « pour débloquer un gisement d’emplois très mal utilisés, le Medef invite le gouvernement à créer une « task force apprentissage » permettant de formuler des propositions concrètes d’évolution de l’apprentissage sous 3 mois. Cette « task force » pourrait être constituée d’un binôme chef d’entreprise-parlementaire à l’image de ce qui a été mis en place pour la simplification et le dispositif pénibilité. Selon le Medef, il est impératif que l’apprentissage soit désormais piloté directement par le Premier ministre, comme tout sujet transversal d’importance. » Pour Actualité de la formation, le MEDEF réclame ainsi « une réforme structurelle de l’apprentissage ».

Vite dit

Retour sur une information abordée la semaine dernière : la présence d’une liste potache inspirée d’Harry Potter aux élections universitaires de Rennes 2.
Pour Ouest France, cette liste est « l’autre gagnante des élections » puisqu’ « elle a séduit dans les urnes, en obtenant deux sièges dans le futur conseil d’administration, juste derrière l’Elan associatif (trois sièges) et devant l’Unef (un siège). »
A la lecture d’un site syndical qui commente les résultats de cette élection, cette liste n’était peut être pas aussi potache que cela.
« A noter également, chez les étudiants la présence d’une liste inspirée d’Harry Potter (l’armée de Dumbledore) qui a fait une campagne de dérision et obtenu des sièges mais dont les électeurs n’ont pu qu’être surpris d’apprendre qu’après le dépouillement, elle a immédiatement annoncé son soutien à la FSU. Ceux qui espéraient trouver là des administrateurs libres et un peu « poil à gratter » en seront pour leur frais ! A défaut d’honnêteté et d’élégance, la manipulation est assez réussie ! »

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Dobby aux élections universitaires de Rennes, dessin de Geneviève Brassaud

Enfin, nos amis de Questions de classe(s) nous apprennent qu’ils fusionnent avec N’Autre école.
« Lancée en 2002, la revue N’Autre école devient aujourd’hui indépendante de toute organisation syndicale et rejoint Questions de classe(s) pour une nouvelle étape dans l’élaboration et la concrétisation d’autres perspectives pour l’école et la société.
Cette fusion concrétise des histoires et des parcours complémentaires : un site d’actualité et une revue trimestrielle thématique plaçant tous deux le social, l’école et les pratiques de terrain au cœur de leur projet et faisant le pari de s’adresser au plus grand nombre - et toujours cette visée émancipatrice !
Deux aventures inédites, originales dans le champ de l’éducation qui entendent se compléter sans se renier. En choisissant le chemin de « l’autonomie », N’Autre école (initialement éditée par la FTE, la fédération éducation de la CNT *), évolue mais pour mieux se faire l’écho des luttes, des mobilisations sociales, des expériences passées ou actuelles, dans l’école et hors l’école, dans la cité... dans leur diversité et leur convergences, pour une autre école et pour une autre société.
Des militant(e)s - de la CNT, de SUD, du GFEN, de l’ICEM, de l’Émancipation et bien d’autres n’appartenant à aucune organisation - toutes et tous à titre individuel, apportent donc leur expérience et leur sensibilité propre pour relever ce défi.
 »
Cette nouvelle revue est à découvrir ici

demain vous retrouverez Emilie Kochert
Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Evaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011

Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.

La formation des enseignants
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 10 - mars 2011

Afin de sortir par le haut du débat entre « pédagogie » et « formation universitaire », afin de clarifier ce qu’est le métier d’enseignant au regard de ses mutations et de ses évolutions, ou transformations, Education & Devenir veut réaffirmer dans ce dossier son attachement à ces valeurs : un enseignant est un professionnel ; être enseignant, cela s’apprend.

Enseignant : un métier qui bouge
n°514 - juin 2014

Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.