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Revue de presse du mercredi 14 octobre 2015

Docteurs ? - Bien-être - Réforme - En vrac


Dans la revue du jour, il sera (encore) question d’enseignement supérieur mais aussi de bien-être des élèves (voire de bienveillance !), de la réforme du collège (au risque de me lasser moi-même) et enfin deux petites infos non classées (défense).


Docteurs ?

Le Monde publie aujourd’hui, dans la rubrique Campus, plusieurs articles consacrés aux doctorants.
David Larousserie nous apprend « qu’embaucher un bac+8 rapporte davantage à une société qu’il ne lui coûte ». Il précise : « pour l’entreprise, signer un CDI avec un docteur lui rapporte 20 % de plus qu’il ne lui coûte, depuis la dernière réforme du crédit d’impôt recherche (CIR), en 2008. Le dispositif prend, en effet, en compte le salaire, dont l’assiette de calcul est quadruplée, mais aussi les frais de fonctionnement pendant deux ans ».
Benoît Floc’h, de son côté, explique que « les doctorants n’ont pas la cote dans les grandes entreprises ». En effet, « le sort réservé par le CAC 40 aux docteurs en dit long sur la manière dont la France reconnaît ses élites. Partout dans le monde, le doctorat est la référence la plus prestigieuse de l’enseignement supérieur. La France, elle, privilégie les grandes écoles. Certains recruteurs considèrent que les docteurs " ne pourront pas s’adapter à l’entreprise ", s’insurge Emeline Assémat, vice-présidente de l’Association nationale des docteurs (ANDès). Les entreprises connaissent mal le doctorat, regrette Sandrine Javelaud, directrice de la mission " formation initiale" au Medef. Et les stéréotypes ont la vie dure  : les docteurs sont parfois perçus comme des “rats de laboratoire” ou des chercheurs trop spécialisés. Quand elles veulent recruter des collaborateurs opérationnels, les entreprises ont tendance à se tourner vers les écoles d’ingénieurs, qu’elles connaissent déjà ».
Enfin, selon Adrien de Tricornot, « le doctorat, [est] un sujet politiquement miné ». Il rappelle notamment que « le système des grandes écoles reste prédominant en France, et son auto-recrutement bien rodé. Quelques institutions – l’X, l’ENA, HEC… –, leurs grands corps ou leurs réseaux d’anciens, sont aux commandes des grandes entreprises et des ministères ». Il ajoute que « la refonte du doctorat, qui devait entrer en vigueur en 2015, a été reportée à 2016. Un arrêté devait actualiser les textes réglementaires mais la fuite du projet, en avril, a provoqué son retrait  : beaucoup d’acteurs du supérieur redoutaient la délivrance d’un diplôme au rabais. La validation des acquis de l’expérience (VAE) y était envisagée sans beaucoup de précaution, négligeant de préciser la nécessité de réaliser des travaux de recherche originaux. »


Bien-être ?

« Faut-il aimer les élèves ? » C’est la question posée par Gilbert Longhi à Mael Virat, Docteur en sciences de l’éducation, chez nos voisins du Café pédagogique. Mael Virat rappelle « qu’il existe des centaines d’études, en psychologie de l’éducation, qui ont montré les nombreux effets positifs du lien affectif enseignant-élève ». Il va même plus loin : « établir des relations chaleureuses avec les profs se révèle être bénéfique aussi bien à l’école (amélioration de l’estime de soi, de la motivation et de la réussite scolaire) qu’en dehors de l’école (baisse de l’anxiété et réduction des problèmes de comportement). Certains chercheurs ont même observé des résultats à très long terme. Le lien affectif avec un enseignant peut avoir des effets qui s’observent encore une dizaine d’années plus tard, notamment sur le niveau d’études atteint. Par ailleurs, aucune étude n’a montré d’effet négatif de la relation affective. C’est donc comme si la relation à l’enseignant participait, avec d’autres relations évidemment, à la sécurisation affective des enfants et des adolescents. Or la sécurité ressentie par les élèves permet justement de stimuler leur engagement dans les apprentissages »
Les propos recueillis sont réellement intéressants. Il est difficile d’en extraire des parties. Le lien vers la thèse complète est donné en fin d’article. L’article incite à la lecture de l’ensemble du document.

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L’amour fou par Geneviève Brassaud

Dans les petites bricoles qui contribuent à améliorer le bien-être des élèves, la réduction du poids du cartable tient une place de choix.
Sur le site FranceTvInfo.fr, on peut visionner un reportage dans lequel on apprend que « des kinés ont organisé une opération de prévention à l’école baptisée "Aime ton dos" pour sensibiliser au problème du poids des cartables ». Dans le reportage, il est rappelé que « la charge totale d’un cartable ne doit pas dépasser 10% du poids d’un élève ».
Et si la « pédagogie du travail choisi » contribuait à améliorer le bien-être des enfants ?
Réponse en partie dans ce reportage de Delphine Roucaute pour Le Monde : « chaque élève opte pour ce qu’il va travailler, à son rythme, et le note dans le "plan de travail individualisé" qui guide sa progression. »
La méthode est innovante mais date pourtant des années 1920 puisqu’elle a été initiée par un certain Célestin Freinet.


Réforme (si, si !)

« 8 000 manifestants selon la police, le double selon les syndicats ». La manifestation du samedi 10 octobre serait parvenue à mobiliser et serait donc une réussite du point de vue de l’intersyndicale. Je ne reviens pas sur ce sujet largement commenté.
La mobilisation contre la réforme pourrait, à présent, prendre la forme du boycott de la formation des enseignants. Marie Piquemal pour Liberation.fr précisait hier : « La contestation se poursuit sous une autre forme, notamment avec un appel au boycott des journées de formation proposées aux enseignants pendant les vacances de Toussaint. Les académies sont en effet chargées d’organiser des journées de formation à destination des chefs d’établissement, et les enseignants qui le veulent peuvent s’y joindre. Le plan de formation des professeurs sera ensuite activé au premier semestre 2016 (et à partir de là obligatoire) ». En réalité, ce sont les professeurs relais qui sont conviés aux formations pendant les vacances. Les chefs d’établissement qui le souhaitent peuvent les accompagner. Mais il est vrai que l’on constate des variantes selon les académies.
Rappelons que ces formations pendant les vacances s’adressent uniquement aux volontaires. Rappelons aussi que quand il y a des volontaires, il convient de respecter leur choix. Rappelons, de plus, que c’est la première fois qu’une réforme de l’Éducation nationale de cette ampleur fait l’objet d’une formation préalable des personnels. Rappelons enfin que la mise en œuvre de la réforme nécessite un travail préalable considérable (appropriation des programmes, construction de l’accompagnement personnalisé, des EPI, répartition des moyens avec les nouvelles maquettes de cycle et les nouveaux dispositifs...).
Certains prônent le boycott de l’ensemble de la formation (et donc de la réflexion). C’est prendre le risque de bâcler la préparation de la rentrée 2016-2017. Risque que les enseignants ne devraient pas prendre.


En vrac !

Delphine Bancaud pour 20 Minutes s’interroge sur « l’intérêt d’initier les enfants à la programmation ? » Il n’aura pas échappé aux collègues de mathématiques que la programmation est apparue dans les nouveaux programmes. Mais alors, le "coding", ça sert à quoi ? « il s’agit d’une démarche ludique via laquelle les enfants apprennent une logique : "Ils doivent suivre des consignes et veiller à leur justesse d’exécution. Cela leur apprend la rigueur" (...) " Ces exercices leur montrent que se tromper n’est pas grave et qu’il faut recommencer plusieurs fois pour réussir" ».

Dans l’actu de ces derniers jours, un article publié par le Republicain-lorrain.fr a fait réagir l’équipe de la revue. Je ne vous en livre que l’accroche : « À la faveur d’ateliers "découverte" menés par des personnels de la compagnie de réserve du 40e RT à l’école de Flastroff, les élèves [âgés de 9 ou 10 ans] ont pu manipuler fusils d’assaut Famas et pistolets automatiques. Malaise… ».

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Atelier Famas à l’école par JiMo

Demain, vous devriez retrouver Laurent Fillion aux commandes de la revue de presse.
Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Compétences et mathématiques
Hors-série n°31 - septembre 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.

Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Enseigner en classes hétérogènes
Ouvrage - aout 2014
Jean-Michel Zakhartchouk - ESF 2014

Prendre en compte les différences de niveau ou de culture ? Pas facile, sans doute. Pourtant, de nombreuses réponses existent qui peuvent même transformer la difficulté en une opportunité