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Revue de presse du mercredi 13 janvier 2016

Enseignement supérieur - Numérique - Bien-être - Changements - Mixité - Radicalisation


La revue de presse du jour aborde des sujets variés : on y parle d’enseignement supérieur, de numérique, de bien-être, de changement, de mixité sociale et de la connerie ordinaire. Quel programme !


Enseignement supérieur

Ces derniers jours, j’ai relevé quatre articles qui traitent des étudiants (les actuels ou ceux qui sont amenés à le devenir très prochainement) dans la partie « campus » du site du Monde.

Le premier est consacré aux inégalités entre les étudiants face aux stages. « Une enquête réalisée par le ministère de l’enseignement supérieur, qui porte sur l’année universitaire 2013-2014 et sur les seuls établissements publics (universités, IEP, IUT, écoles d’ingénieurs), pointe les disparités en fonction des cursus, en termes d’accès aux stages, de durée ou encore de rémunération ».

Dans le second article, Martine Jacot estime que l’admission postbac revient à « s’orienter dans un monde incertain ». Elle précise : « APB a la lourde charge de faire coïncider les vœux de près de 800 000 élèves de terminale (ou d’étudiants désireux de se réorienter) avec les places disponibles dans 12 000 formations, dont restent cependant exclus les instituts d’études politiques, l’université Paris-Dauphine, nombre d’écoles artistiques et beaucoup d’écoles de ­commerce ». Martine Jacot rappelle que 7500 candidats n’avaient pas été affectés en août 2015.

Aurélie Djavadi, toujours en ce qui concerne l’admission postbac, considère que le « droit des étudiants à se tromper d’orientation [est] mieux reconnu ». Elle indique que « la mise en place de "passerelles" ou de "dispositifs de réorientation " est un leitmotiv des dernières réformes de l’enseignement supérieur ». Elle illustre son propos avec plusieurs exemples.

Le dernier article, quant à lui, recense les dates importantes du calendrier de cette fameuse (parfois fumeuse) affectation post-baccalauréat. Un dossier complet est d’ailleurs consacré à APB sur le site du Monde.


Numérique

« Au collège Vinci à Saint-Brieuc, les élèves travaillent téléphone portable en main. Les enseignants forment les élèves au bon usage d’internet ». On pourra lire à ce sujet, l’article paru sur Ouest-France ce mercredi.

Si vous souhaitez, vous aussi, éduquer vos élèves à internet, je vous recommande une petite lecture de ce billet sur le blog Tice Education. Vous y trouverez notamment un lien vers un kit pédagogique très bien fait. De manière générale, ce site est une mine de ressources numériques à destination des enseignants (des CPE, des parents ...).

L’Esen se fait l’écho d’une enquête de l’OCDE intitulée : « Quelle est l’incidence du temps que les élèves passent en ligne en dehors de l’école ? ». On y apprend notamment qu’en 2012, « les élèves de 15 ans passaient plus de deux heures en ligne chaque jour, en moyenne, dans les pays de l’OCDE. Surfer sur Internet pour s’amuser et participer à des réseaux sociaux sont les activités en ligne les plus répandues parmi les élèves de 15 ans : 70 % d’entre eux indiquent effectuer l’une d’elles tous les jours ou presque. Les élèves passant plus de six heures en ligne par jour en dehors du cadre scolaire sont plus susceptibles de se sentir seuls à l’école, d’arriver en retard et d’obtenir de moins bons résultats en mathématiques. En moyenne, dans les pays de l’OCDE, 7 % des élèves passent autant de temps en ligne un jour ordinaire de semaine ».


Bien-être

« La France doit être auditionnée mercredi 13 et jeudi 14 janvier par le comité des droits de l’enfant de l’ONU, à Genève » rapporte Marine Lamoureux pour La Croix. Elle précise : « "Les enfants peuvent bien attendre" : tel est le titre provocateur choisi par l’Unicef pour le livre plaidoyer que publie l’association, à l’occasion des 25 ans de la ratification, par la France, de la convention internationale des droits de l’enfant (Cide). Il rassemble les contributions de 25 personnalités qui, chacune dans leur spécialité, jugent de l’application effective de ce texte. A les en croire… le chemin est encore long ».

Agnès Leclair pour Le Figaro, dans sa version réservée aux abonnés, s’intéresse à la santé des adolescents. Elle interroge la psychologue Marie Choquet qui estime qu’en matière de santé, « les ados sont tenus d’être parfaits ».

Ophélie Ostermann, pour Le Figaro Madame, pose la question suivante à Tanith Carey, une coach de vie anglaise auteure d’ouvrages sur la parentalité : « Quel est le secret des enfants heureux » ? Tanith Carey « liste les habitudes familiales favorables au bien-être de nos petites têtes blondes. Manger avec eux, limiter le temps devant les écrans... Des conseils de bon sens qui permettent de placer la cellule familiale sous le signe du mieux-être ».


Mixité sociale

François Jarraud, notre voisin du Café pédagogique, propose un billet à propos des annonces et des propositions de Najat Vallaud Belkacem pour favoriser la mixité sociale dans les établissements scolaires et la réussite de tous les élèves. Il revient notamment sur l’une des propositions de la Ministre face aux députés : « les parcours d’excellence permettront demain aux collégiens de troisième des REP qui seront volontaires – nous commencerons par les REP + à la rentrée 2016, avant d’étendre le dispositif à l’ensemble des REP – de préparer avec ambition la poursuite de leurs études, l’accès à l’enseignement supérieur, l’insertion professionnelle, grâce à un véritable accompagnement ». « La ministre a aussi rappelé sa nouvelle politique d’affectation des moyens sur critères sociaux. "Dès mes premiers pas comme ministre j’ai demandé aux services de construire de nouveaux modèles d’allocation des moyens en tenant compte des difficultés sociales et des réalités des territoires". Effectivement, à la rentrée 2016 près de 1500 postes seront répartis dans les académies sur ce critère social ».

L’Académie de Lille a appliqué ces directives. Pour le département du Pas de Calais, Le "H/E" (le nombre total d’heures d’enseignement attribuées rapporté au nombre d’élèves) pour les établissements favorisés devrait se situer aux alentours de 1,21 alors que celui des REP+ sera vraisemblablement plus proche de 1,70.

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Connerie radicale

De nombreux médias, comme 20 Minutes, reviennent ce matin sur l’agression, lundi, d’un professeur de confession juive dans une école de Marseille. « Le parquet de Marseille a ouvert une enquête pour tentative d’assassinat en raison d’une appartenance religieuse et apologie du terrorisme. La section antiterroriste de Paris s’est également saisie de l’enquête ». « Le président du Consistoire israélite de Marseille, Zvi Ammar, "incite" les juifs de la ville à "enlever la kippa dans cette période trouble, jusqu’à des jours meilleurs", au lendemain de l’agression à la machette d’un professeur juif ».

Les réactions à cette annonce sont nombreuses. Selon l’Express, le Consistoire central appelle quant à lui à la résistance : « Touche pas à ma kippa ! ».

De nombreuses personnalités ont bien entendu condamné cet acte de folie de la part d’un illuminé de ... 16 ans ! Un lycéen, donc.

Le Monde nous apprend qu’une étudiante a été exclue de Sciences Po pour des propos antisémites et rapporte les propos tenus : « Vous [les juifs] n’êtes à votre place nulle part dans ce monde – c’est pour ça que vous êtes des raclures, des rats et que vous êtes l’objet de discrimination où que vous soyez ».

L’éducation devrait pouvoir ouvrir les esprits et nous permettre de lutter contre toute forme de radicalisation. Encore faut-il pouvoir en comprendre les mécanismes.

« Raymond Cahn est psychiatre et psychanalyste, ancien président de la Société Psychanalytique de Paris et ancien-médecin directeur de l’hôpital de jour pour adolescent du Parc Monsouris ». Il publie un billet sur le site du Monde (« Idées ») au titre évocateur : « les djihadistes, des adolescents sans sujet ». Il s’intéresse au processus psychique de radicalisation : « On est frappé par un vécu apparemment sans histoire où l’on peut néanmoins soupçonner la demande éperdue de lien affectif authentique ou de preuve de reconnaissance et de considération réelle. Un tel tableau se poursuivrait ainsi jusqu’à l’adolescence où le naturel désir de s’affirmer et de se différencier d’autrui se heurte à une totale surdité des parents, entretenant une rage muette allant crescendo au fur et à mesure de cette fin de non-recevoir. Le contexte depuis la première enfance laisse ces garçons sans recours sinon à celui d’une violence et d’un masochisme totalement silencieux jusqu’à l’explosion finale ».


changement(s)

Les mécanismes du changement continuent d’interroger les professionnels de l’éducation. Olivier Rey, chargé d’étude et de recherche au service Veille et Analyses de l’Institut français de l’Éducation (IFÉ), propose un dossier intitulé : « le changement, c’est comment ? »

Je vous en livre ici la conclusion : « Si le seul changement qui compte vraiment est celui du terrain, pourquoi ne pas inverser le schéma "top-down" et centrer le regard sur ce qui se passe vraiment dans la classe ou le cadre éducatif de base ? Nous avons vu combien les études de ces dernières années convergent sur l’importance de l’engagement des acteurs pour mettre en œuvre un changement, quel qu’il soit. De nombreuses recherches actuelles, notamment centrées sur l’activité des enseignants, renouvellent d’ailleurs avec succès la théorie des pratiques de formation, en montrant comment l’intelligibilité de l’action doit d’abord être reconstruite à partir des gestes et des représentations des acteurs. Autrement dit, changer des pratiques nécessiterait au préalable de comprendre ce qu’elles recouvrent précisément, avec en filigrane une présomption de "professionnalité" des acteurs éducatifs à reconnaître ».

Pascal Thomas


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Ce qui fait changer un établissement

Revue n°509 - decembre 2013
Le ministre réforme, les enseignants travaillent. Entre les deux, que se passe-t-il à l’échelle d’un établissement ? Quelle organisation, quelle répartition des rôles, quels leviers pour répondre aux prescriptions institutionnelles, pour favoriser les apprentissages des élèves, dans toutes leurs dimensions ?

Le sens de l’orientation

Revue n°504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?