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Revue de presse du mercredi 12 mars 2014

Babel - Enseignement supérieur - Numérique - Ailleurs - Affaires, polémique, scandale - Pour le plaisir


La cour de Babel dans les salles à partir de ce mercredi, les premiers éloges. Ensuite des infos du supérieur et du numérique. Un petit tour ailleurs pas seulement pour se dépayser avant de revenir en France pour prendre connaissance de quelques histoires. Heureusement le livre de Philippe Meirieu nous rappelle le Plaisir d’apprendre.


Babel

La Cour de Babel sortie ce jour semble faire l’unanimité des médias. Patrice Bride dans les Cahiers pédagogiques avait il y a quelques jours présenté ce beau documentaire de Julie Bertuccell. Vous trouverez une vidéo dans laquelle Julie Bertuccelli raconte son expérience"La Cour de Babel" : l’école de l’humanité.
La Nouvelle république titre :"La Cour de Babel", le monde dans sa diversité dans une salle de classe. L’Indépendant choisit un autre axe : Quand éducation rime avec émotion en remarquant “Souvent le système éducatif français est source de toutes les critiques. Pourtant il est exceptionnel quand on découvre La cour de Babel, documentaire sur une année scolaire dans une classe d’accueil.Le Monde dans« La Cour de Babel » : la jeunesse immigrée vue autrement, rappelle et fait le parallèle avec un autre succès du film scolaire, Etre et avoir : un documentaire formidable, mais finalement heureux, trop heureux ? l’Express dans La cour de Babel : Julie Bertucelli retourne à l’école, raconte le tournage du film.

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Le dessin de Fabien Crégut

Enseignement supérieur

Marie-Christine Corbier dans les Echos déclare : Accès à l’enseignement supérieur : la France stagne. “La France fait partie des pays qui ont atteint l’objectif européen d’au moins 40 % des jeunes âgés de 30 à 34 ans diplômés de l’enseignement supérieur.” En fin d’article on tombe sur une grosse curiosité : “L’étude souligne aussi le poids des diplômes des parents dans l’accès à l’enseignement supérieur. Il réserve une surprise concernant la France. Puisque l’Hexagone est classé parmi les pays « dont les chances d’ascension sociale sont les plus significatives », aux côtés des Pays-Bas, du Danemark ou de la Finlande. Comme si les mauvais résultats de Pisa, qui concernent les jeunes de 15 ans - la France est le plus mauvais élève de l’OCDE en matière de reproduction des inégalités -, s’effaçaient dans la classe d’âge des 30-34 ans, la génération étudiée par le ministère.

Maryline Baumard dans le Monde s’intéresse au déclin de l’université américaine. “Que se passe-t-il donc chez l’Oncle Sam ? La crainte que la société numérique ne permette plus de valoriser les diplômes classiques plane évidemment sur les esprits. D’autant que le coût des études et l’endettement à vie font réfléchir à deux fois au moment de s’inscrire.
Sur cette toile de fond tissée de doutes, se greffent des mouvements comme le Uncollege, qui prône de travailler dès la sortie du secondaire, d’entreprendre et de montrer que « Yes, you can ! » avant toute chose. Et puis, un autre phénomène qui monte en puissance, explique comment on peut rester une société de la connaissance sans être une société du diplôme : il s’agit bien sûr des Mooc (pour Massive Open Online Courses).

Sans penser que la création de 60 000 postes d’enseignants par François Hollande a inspiré l’Amérique, il est intéressant d’observer que le grand pays du libéralisme a prévu d’embaucher 16 % d’enseignants de plus en dix ans. Inutile de rappeler là que lâcher dans la nature des adolescents qui ne maîtrisent pas les compétences de base est une aberration sociale et économique. La prise de conscience est devenue mondiale, et partout, la priorité du moment porte plus sur l’acquisition des savoirs de base par tous que sur une extension infinie de l’enseignement supérieur. Le tout étant en fait de tenir les deux bouts : offrir à tous un enseignement de base de qualité et disposer d’une l’élite compétitive dans la course mondiale à l’intelligence.

Et toujours dans le Monde, Isabelle Rey-Lefebvre publie : Les universités face au casse-tête du copier-coller. “« Nous sommes face à une génération qui, pendant des années, a téléchargé films, musique et informations gratuitement, sans se poser de questions, qui ne connaît pas les règles de la création ni les notions de droits d’auteur et de propriété intellectuelle, et maîtrise mal la différence entre ce qui est possible en privé mais pas en public ou dans un mémoire destiné à être publié », constate Emmanuel Nadal, secrétaire général adjoint de Sciences Po Bordeaux, l’un des établissements qui, dès 2008, a intégré la question du plagiat dans son enseignement.
Une difficulté supplémentaire de repérage apparaît avec les étudiants étrangers. Il est encore difficile de vérifier « l’usage de sources en langue étrangère, notamment s’il s’agit de traductions du russe et du chinois », admet Stéphanie Devèze-Delaunay, directrice juridique de l’université Montpellier-III, et présidente fondatrice du réseau Jurisup. Une nouvelle terre à défricher !


Numérique

Communication en conseil des ministres : le point d’étape sur l’entrée de l’École dans l’ère du numérique prononcée par Vincent Peillon se trouve sur le site du ministère et Geneviève Fioraso affirme :"Les MOOCS ont toute leur place dans l’enseignement supérieur ".
Margaux Pelen vient de publier : Les MOOCS : révolution numérique ou instrument d’une diplomatie en ligne ?
Une récente illustration de ce changement d’état a sans doute été perçu il y a quelques semaines chez Coursera qui a suspendu ses cours dans des pays comme Cuba, l’Iran, le Soudan et la Syrie (tous ces pays sont en conflit diplomatique avec les États-Unis). Cette manœuvre diplomatique a interrompu les cours des élèves qui s’étaient inscrits : comme l’a expliqué la plateforme, le gouvernement a ainsi “sanctionné” ces pays et ces populations. Un fait surprenant quand on sait que la Banque mondiale est un des investisseurs et que l’entreprise se définit elle-même comme une startup “sociale”.
En un instant, cette décision de Coursera a transformé ses MOOCS d’un bien public quasi global qui permettait à tout citoyen connecté de s’investir en temps et en énergie, en une denrée dont l’accès a été refusé par la volonté d’un gouvernement. Cette action inattendue est une des raisons pour lesquelles l’éducation en ligne doit être une préoccupation locale pour éviter une concentration trop grande de l’éducation.

Studyrama annonce que 5 nouveaux MOOCS sur France Université Numérique. Il s’agit de : "Le droit des contrats de travail en France", MOOC proposé par le CNAM, qui s’adresse aux salariés, employeurs, représentants du personnel et représentants syndicaux, conseillers prud’homaux, étudiants en droit, en filière Ressources Humaines, en école de commerce... "Le droit des entreprises", MOOC proposé par l’Université Paris 1 Panthéon Sorbonne, sur six semaines "Programmation sur iPhone et iPad", MOOC sur 10 semaines, proposé par l’Université Pierre et Marie Curie "Introduction à la statistique avec R", MOOC proposé par l’Université Paris Sud, qui offre une formation pratique et permet d’apprendre la statistique à l’aide du logiciel libre R "Initiation à HTML5 - animations et jeux", MOOC proposé par le groupe INSA (Institut National des Sciences Appliquées), pour tous ceux souhaitant développer des animations ou des jeux pour le web.
Ces cours sont gratuits et accessibles, dès cette semaine, sur www.france-universite-numerique-mooc.fr. D’ici l’été 2014, 25 autres MOOCS seront mis en ligne sur France Université Numérique, portant au total à 55 le nombre de MOOCS proposés par les universités, écoles et établissements d’enseignement supérieur français.

Rappellons que l’INJEP avait publié des Etudes et synthèses en février : Twitter : outil de transformation dans le champ éducatif ?. Et en complément du n°18 du « Jeunesses : études et synthèses », vous retrouverez le questionnaire et l’analyse de l’enquête quantitative de l’Injep 2013 « Twitter un outil éducatif dans le cadre scolaire ? » ainsi que d’autres ressources (sitographie et vidéos) sur le sujet…


Ailleurs

Isabelle Piquer, correspondante aux Etats-Unis pour diverses publications indique que La Californie pourrait reprendre l’enseignement bilingue.
Il y a seize ans, en 1998, la Californie se prononçait par référendum en faveur d’un usage exclusif de la langue anglaise dans les écoles de l’État, y compris pour les nombreux enfants hispaniques.
En dix-huit ans la réalité démographique de la Californie a beaucoup changé. Les Latinos représentent désormais 39% de la population, ex-æquo avec les « Blancs » qu’ils devraient bientôt dépasser. Ils étaient respectivement 26% et 57% en 1998.”
“Au fur et à mesure que les Hispaniques s’intègrent, l’anglais devient leur première langue, mais contrairement aux vagues d’immigration précédentes qui renoncèrent à leurs identités pour se fondre dans le melting pot, ils sont de plus en plus nombreux à vouloir garder leur langue d’origine.

L’organisation internationale du travail (l’OIT) s’interroge : Investir dans l’éducation sert-il aux jeunes d’Afrique ?
En Afrique subsaharienne, un emploi stable, bien rémunéré, reste souvent un rêve inaccessible, même pour les jeunes instruits, selon un rapport de l’OIT.”“Un paradoxe : “Les moins éduqués ont plus tendance à être des travailleurs indépendants ou à accepter des salaires inférieurs. Dans tous les pays étudiés sauf un – le Malawi – plus le niveau d’éducation d’un jeune est faible, moins ce jeune est susceptible d’être au chômage.

Et l’UNESCO tente d’intervenir en Syrie grâce à l’éducation. “L’UNESCO, avec d’autres partenaires internationaux comme l’UE, agit pour qu’une éducation soit dispensée à toute une génération de réfugiés syriens, afin d’éviter qu’elle se radicalise.


Affaires, polémiques, scandale

Le Point.fr publie : Bygmalion doit un million à l’Éducation nationale. “L’Onisep, un organisme sous la tutelle du ministère de l’Éducation nationale, réclame un impayé de 1,2 million d’euros à Bygmalion. Décidément…

Sandrine Chesnel fait le point sur l’Education sexuelle : qu’apprend-on vraiment à l’école ?. Un article documenté et illustré.

Et Claude Lelièvre interroge : Une mise à l’index de l’ABCD de l’égalité ?. “À Saint-Étienne et Avignon, les directeurs diocésains de l’enseignement catholique ont écrit dans des termes quasi similaires aux communautés éducatives pour les mettre en garde contre le risque qu’il représenterait.” Claude Lelièvre en profite pour faire quelques rappels historiques.

Le Café pédagogique dans Collèges, lycées : Le scandale des lieux sans aisance se fait l’écho du rapport de l’Observatoire national de la sécurité et de l’accessibilité des établissements d’enseignement (ONS) qui “dresse pour la première fois un état des lieux désastreux et injustifiable. Il fait le point aussi sur l’accessibilité des établissements aux personnes handicapées et justifie le report à après 2015 de l’accessibilité complète généralisée”.


Pour le plaisir

Notre collègue de revue, Ostiane Mathon partage avec nous quelques impressions de lectrice du livre de Philippe Meirieu, sorti aujourd’hui : Le plaisir d’apprendre.

Et justement, c’est Ostiane Mathon qui vous accompagnera demain. Bonne soirée.

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 508 Apprendre à chercher, chercher pour apprendre

Coordonné par Lydie Heurdier-Deschamps et Jean-Michel Zakhartchouk

Comment les élèves se débrouillent-ils d’une tâche de recherche, de tri et d’exploitation d’informations, en utilisant des supports papier ou numérique ? Comment les aider à développer ces compétences «  info-documentaires  », à passer de l’information identifiée au savoir assimilé et mobilisable ?

N°498 - Apprendre avec le numérique

Coordonné par Caroline Jouneau-Sion et Guillaume Touzé

Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.