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Revue de presse du mercredi 12 juin 2013

Voie professionnelle - Elitisme encore et toujours - dépenses du ministre - menaces sur les revues pédagogiques

La revue de presse du jour nous offre plusieurs débats :
- sur la place de la voie professionnelle dans notre système scolaire et sur la nature élitiste de ce dernier.
- débat également autour des dépenses de communication du ministre et sur sa vision de la république.
- débat enfin autour de la menace qui pèse sur certaine revues pédagogiques.

Savez-vous qu’il n’y a pas que le baccalauréat général ?

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Hier débutaient les examens pour les Certificats d’Aptitude Professionnelle (CAP) et Brevet d’Etudes Professionnelles (BEP), ils se poursuivent aujourd’hui. J’ai bien cherché dans la presse ; aucun écho même pas un entrefilet entre deux articles sur le monument baccalauréat. France Info s’est toutefois démarqué des autres médias en nous proposant un reportage sur Le bac pro injustement sous-estimé. S’appuyant sur l’exemple du Bac Pro aéronautique, Célia Quilleret nous rappelle que ce « parent pauvre de l’éducation » permet à la fois d’offrir des débouchés professionnels et remotiver des élèves parfois en échec au collège. C’est le cas du lycéen interviewé : « Quand je suis arrivé ici, je me suis donné à fond, ce lycée dans ma vie, c’est un tournant ». Interrogé lui aussi, Jérôme Dammerey, le secrétaire général du Snuep (Syndicat National Unitaire de l’enseignement professionnel) met en exergue un problème récurrent de cette filière professionnelle « il y a trop d’élèves qui ne sont pas affectés dans la formation de leur choix. Il faut donc investir dans des secteurs porteurs. » Le reportage donne toutefois - à juste titre - une image très positive du bac pro. Vraiment dommage qu’il se termine par « ils ne méritent donc pas toujours leur mauvaise image »
Les lycées professionnels à l’honneur encore lors de la remise des prix du concours "je filme le métier qui me plaît" Educavox nous relate cet événement présidée cette année par Coline Serreau. Ce concours a rassemblé cette année, plus de 22 000 jeunes de 12 à 25 ans qui ont réalisé au cours de l’année scolaire avec leurs enseignants des vidéos de 3 minutes pour découvrir un métier ou une entreprise.

Savez-vous que notre système scolaire est élitiste et injuste ?

C’est en tous cas l’avis de Peter Gumbel et il le fait savoir dans Libération. Pour l’écrivain britannique noter école a « « une culture de l’excellence, certes, mais qui enfonce aussi les élèves les plus faibles plutôt qu’elle les aide à s’en sortir. Une culture qui tient en trois mots : « Vous êtes nuls ! » »
Au ministère on n’est pas loin de penser la même chose si l’on en croit VousNousIls qui rapporte les propos de Jean-Paul Delahaye, le direc­teur géné­ral de l’enseignement scolaire. Commentant les écarts de réussite au bac, ce dernier prévient « Un pays qui ne se pré­oc­cupe pas suf­fi­sam­ment" des enfants en très grande dif­fi­culté, "c’est un pays qui aura un jour des dif­fi­cul­tés aussi avec son élite" ». Voilà qui devrait amener ceux qui auraient été irrités pas la vision de Peter Gumbel à davantage de retenue et de réflexion.

Savez-vous combien (se) dépense le ministre ?

Dans l’Express, Marie-Caroline Missir, chiffres fournis par le ministère à l’appui, nous informe que « Peillon dépense moins pour sa com’ que Chatel ». Ainsi, « l’ensemble des dépenses de communication pour l’année 2012 se montent à 4,9 millions d’euros, contre 6,2 millions d’euros en 2011 », tout en mettant en oeuvre des campagnes de communication décidées par le gouvernement précédent (sur le harcèlement à l’école par exemple). Pas de couacs donc sur les dépenses.
Ce qui ne coûte rien au ministre, (si ce n’est 2 kilos et demi le premier jour) c’est de faire cours. Mais ça ne plaît pas forcément à tout le monde, notamment à Bernard Girard. Les chroniques de ce dernier sur Rue 89 ne laissent jamais indifférents. C’est une fois de plus le cas avec sa recension de l’intervention du ministre de l’Education Nationale devant le parlement des enfants. Selon ce professeur d’histoire-géographie-éducation civique ... et blogueur, cette intervention montre « une conception de l’éducation civique ringarde et rudimentaire ». Pire, « à défaut de refonder le système éducatif, il se rabat toujours plus sur le champ des symboles, dans l’espoir de flatter un électorat complaisant en la matière. Après le drapeau au fronton des écoles, après les leçons de morale, voilà qu’il instrumentalise l’Histoire dans un sens qui laisse d’ailleurs bien mal augurer d’un renouvellement des programmes [...] .Comme tous ses prédécesseurs, il s’avère incapable de dissocier le légitime apprentissage de la vie collective du cadre national, qui n’en est que la déviance. » Ce débat sur la finalité de l’enseignement de l’histoire et de l’éducation civique / instruction civique / éducation à la citoyenneté / éducation au civisme / enseignement d’une morale laïque (cochez la bonne proposition) ne peutqu’intéresser l’auteur de la revue de presse du jour. Comme en écho, VOnews.fr, le site d’information du Val d’Oise dresse le bilan du conseil des enfants de Cergy. Une autre vision de l’éducation civique, concurrente ou complémentaire de la première ?

Savez-vous que les revues pédagogiques sont en danger ?

Terminons par le cri d’alarme lancé par le Café Pédagogique sous le titre « Les revues pédagogiques en danger ? ». François Jarraud nous présente la menace qui pèse sur la Revue Française de Pédagogie dont les moyens viennent d’être brutalement diminués par l’ENS de Lyon. Une décision qui découle directement selon lui de la décision de l’ancien gouvernement d’en finir en 2010 avec « ce nid de pédagogues » qu’était l’INRP. et de les placer « sous le contrôle des savoirs disciplinaires ». Comme lui, nous sommes bien évidemment inquiets de l’avenir de la revue. L’espoir demeure avec un arbitrage attendu du ministère.

Merci de lire cette revue de presse,
à demain pour d’autres infos recueillies et commentées par Ostiane Mathon
à mercredi prochain

Laurent Fillion