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Revue de presse du mercredi 12 février 2014

Rythmes scolaires - Apprentissage - Projets de réformes - Genre, sexisme


Rythmes scolaires

Mattea Battaglia, Journaliste au Monde nous rappelle qu’en matière de Rythmes scolaires : la polémique en sourdine avant les municipales et fait le tour des différents acteurs mécontents.

20Minutes rapporte une enquête menée par le SNUipp-FSU, premier syndicat des professeurs du premier degré, dévoilée ce mercredi : Réforme des rythmes scolaires : Les trois raisons de la déception des profs : Les conditions d’apprentissage des élèves ne se sont pas améliorées, Les conditions de travail des enseignants se sont dégradées, Le sentiment d’être laissés pour compte. Et tout ça en quelques mois !

Le Nouvel Observateur met l’accent sur Strasbourg où une centaine d’enseignants manifestent.


Apprentissage

Dans un premier article, Le Figaro titre sobrement : Baisse de 2% du nombre d’apprentis (Sapin). Puis il va chercher une explication : L’apprentissage, première victime des coupes de dépenses de l’État. Sur Europe1, ce sont Gabriel Vedrenne avec Axel de Tarlé qui s’interrogent : L’apprentissage victime des emplois d’avenir ?

Et dans Boursier, on apprend : L’avenir de l’apprentissage en danger selon le Medef. “Pour Jean-François Pilliard, vice-président du MEDEF en charge du pôle social, "il faut tirer les conséquences de l’échec de 2013 et redresser la barre en donnant davantage de responsabilité et de liberté aux acteurs, et notamment aux entreprises. Nous avons fait un certain nombre de propositions constructives dans le cadre du Pacte de l’alternance à partir duquel nous pourrions prendre des engagements sur le développement de l’alternance pour les jeunes. La politique suivie par le gouvernement sur l’apprentissage est à l’opposé de ce qu’il faut faire : on est déjà dans un recul historique et avec le prélèvement sur la taxe d’apprentissage adopté à l’Assemblée, on va structurellement et durablement affaiblir l’apprentissage dans notre pays.""


Projets de réformes

Enseignement Français à l’étranger : la crise. « Les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler pour le réseau : déconventionnements d’établissements scolaires, recours de parents d’élèves devant la justice administrative, revendications syndicales et manque de moyens financiers constituent des problèmes insolubles au ministère des Affaires étrangères. La ministre déléguée des Français de l’étranger tente, sans succès jusqu’à présent, de faire émerger des solutions. »

Hier la presse, et notre revue de presse, avaient relevé les critiques de la Cour des comptes contre le CNDP. Aujourd’hui, Educpros titre : Rapport annuel de la Cour des comptes : la Chancellerie des universités de Paris vouée à disparaître ? Bien sûr il y a des questions financières, mais aussi une interrogation sur l’utilité des Chancelleries alors que "le positionnement de la Chancellerie est devenu anachronique tant par rapport à l’État que vis-à-vis des universités dont l’autonomie est aujourd’hui renforcée" dixit le rapport.

Et ça va grincer sans doute : Le métier d’enseignant du secondaire en passe d’être mieux défini. “Des missions enfin reconnues, pour certaines indemnisées, des décharges revues : les négociations sur le métier d’enseignant du secondaire, défini par un décret de 1950, pourraient cette fois déboucher lors d’une réunion mercredi au ministère de l’Éducation.

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Le dessin de Fabien Crégut

Et pendant ce temps à Tahiti, Réorganisation des services administratifs. « Les deux entités que sont la DEP (Direction de l’Enseignement primaire) et la DES (Direction des enseignements secondaires) doivent être remplacées par la « direction administrative de l’éducation », qui assurera une mission de gestion administrative et financière, et par la « direction des enseignements », en charge, quant à elle, d’une mission de coordination et d’animation des politiques éducatives et des enseignements. »


Genre, sexisme

Bien sûr la polémique continue. C’est au tour de Bruno Le Maire de s’y mettre :"Tous à poil" : "Laissons les parents éduquer nos enfants".

Libération propose un recueil de “témoignages” rassemblés par Didier ARNAUD et Rachid Laïrèche : “Entre convictions personnelles et foi accordée à des rumeurs, paroles de parents s’opposant à l’enseignement de la « théorie du genre » à l’école.” « L’Education nationale veut nous arracher nos enfants ». Cet article est repris également sur le site Profencampagne.
Et Peillon accuse Copé d’être le "porte-parole de groupes extrémistes". “"Leur outil de propagande est le mensonge. Ils mentent sur les ABCD en voulant faire croire qu’on allait apprendre à des petits garçons à s’habiller en petites filles alors qu’il s’agit d’éduquer au respect. Ils mentent quand ils prétendent que l’éducation nationale impose la lecture d’ouvrages recommandés par des associations de parents, a-t-il dénoncé.

Mara Goyet sur son blog du Monde joue de l’humour : Ma journée avec Copé : enseignement et embrigadement.Que donne une observation paranoïaque et fielleuse de l’enseignement ? Telle est la question puisque ça semble être, au mépris de tout (réalité, enseignants, programmes, respect des enfants) la nouvelle mode, l’attitude dernier cri.” Elle termine par “Enfin, si ça peut le rassurer, on peut aussi se replier sur des ouvrages anodins, agréés. Du type Boucle d’Or qui va se fourrer dans tous les lits qu’elle trouve, le père de Peau d’Âne qui veut se taper sa fille ou Sophie qui coupe les poissons rouges aux ciseaux. Ça au moins, c’est traditionnel, pas novateur et dénué d’ambiguïté.

Le Figaro avec Louis Manaranche en profite pour affirmer : Pourquoi il est urgent de renouer avec l’école des savoirs.Alors que le débat entre partisans de l’éducation et tenants de l’instruction est relancé par la polémique autour de la théorie du genre, Louis Manaranche, agrégé d’histoire et président du laboratoire d’idées Fonder demain, explique comment renouer avec la transmission à l’école.

Le Collectif d’associations professionnelles d’enseignants et chercheurs en sciences humaines et sociales écrit un papier dans Le Monde : Non à la manipulation des sciences sociales !. “La notion de genre remet en question des stéréotypes liés aux différences biologiques, qui ne sont aucunement niées. La question n’est pas de faire comme s’il n’y avait pas de différence physique entre un garçon et une fille (sexe biologique) ; la question est de savoir en revanche comment cette différence biologique sert d’argument pour légitimer des inégalités de tous ordres au détriment essentiellement des femmes.”


Enseignement supérieur

A l’Essec, la "révolution pédagogique" de Jean-Michel Blanquer
Au programme : innovation pédagogique et "éducation à la liberté" ». “Au cours de leur dernière année, ils vont avoir la possibilité de construire leurs propres cours, selon leurs besoins. Chaque étudiant est doté de 100 points. Pour qu’un enseignement spécifique soit proposé, l’étudiant doit réunir 1200 points, donc s’unir à d’autres élèves pour créer un groupe. A la fin du processus, le cours peut être dispensé sous forme de MOOC ou en présentiel. Cette innovation pédagogique, qui n’est pas "technocentrée", concilie l’expression d’un désir de savoir et une forte interaction entre le professeur et l’élève.

Maryline Baumard dans son papier du Monde, Les jeunes veulent vendre, pas chercher, écrit : “Selon le rapport annuel « Regards sur l’éducation » dans les trente-quatre pays membres de l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), publié en juin 2013, un nouvel étudiant sur trois s’oriente vers les sciences sociales, le commerce ou le droit.” Et plus loin, “... cette orientation mondiale révèle que le business first prévaut sur le rêve de changer le monde ou de le faire avancer un peu. Pendant que la jeunesse de la planète parle d’argent, elle ne cultive plus l’utopie de travailler au progrès de l’humanité. Oubliée la science libératrice !”. Et une dernière remarque qui doit faire réfléchir sur les angoisses de l’erreur d’orientation : “Dans un monde où les compétences prennent le pas sur les diplômes, même si cela ne se voit guère encore en France, il n’est plus rare de travailler d’emblée dans un secteur autre que celui où on a étudié. Au point que les analystes de l’OCDE estiment qu’« il n’existe plus de relation directe entre le choix d’un domaine d’étude et l’emploi qu’on exercera ».

Aurélie Djavadi dans Le Monde propose un article de réflexion : Enseignement supérieur : les cinq grandes tendances. Tendances que nous ne ferons ici que lister : des études de plus en plus longues, la montée de l’alternance, la révolution des MOOC, l’international qui s’impose, la vogue de l’interdisciplinarité.

L’Express propose un papier de l’Association Enactus "L’entrepreneuriat social se diffuse dans l’enseignement supérieur". L’association Enactus accompagne depuis 10 ans les jeunes dans leurs projets d’entrepreneuriat social. Leur profil s’est diversifié, en termes de type d’établissement comme de domaine de formation. Le site de l’association française de Enactus . Enactus est une ONG, créée en 1975 aux Etats-Unis. Enactus en France est une association loi 1901 qui existe depuis 2002.
Des conseils proposé par Paul Giudici dans Le Monde : « Une démarche d’orientation est une démarche active » Et Jean-Claude Lewandowski y rédige un article : Le choc à l’heure du choix. “Tout cela suffira-t-il pour changer la donne ? Rien n’est moins sûr. Le contexte économique pèse lourd. Difficile d’imaginer son avenir avec sérénité quand chômage et précarité sévissent.
Seul un retour de la croissance permettrait vraiment de fluidifier l’orientation. « Il faudrait aussi que la société adresse un message plus positif aux jeunes, ajoute Patrice Huerre. Il faut leur expliquer que tout n’est pas perdu si on échoue dans ses études. Que le diplôme compte, mais que la personnalité, l’ouverture d’esprit, la curiosité sont aussi très importants. Nous devons laisser aux jeunes un espace d’idéal et de rêve, et leur faire confiance. Cela permettrait de dédramatiser l’orientation.
 » Pour l’heure, on en est loin.”

Enfin Muriel Gilbert toujours dans Le Monde rappelle que Se former c’est (aussi) tout au long de la vie. Les témoignages du maquis, du parcours du combattant et de la reconversion.

Bernard Desclaux


Notre hors-série téléchargeable librement

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

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Revue n°447 - novembre 2006
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