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Revue de presse du mercredi 11 janvier

Unanimité pour une réforme - élitisme et/ou mixité- orientation

Entre bilan et propositions, les décideurs et commentateurs oscillent. Nos médias en rendent compte en proposant aussi aux élèves (et aux parents) une aide en décodant nos procédures d’orientation et leurs enjeux.


Unanimité pour une réforme ! (si, si !)

Comme le rappelle Touteduc le dispositif « "Plus de maîtres que de classes" est emblématique des réformes du quinquennat »
« Après trois années de mise en oeuvre de la mesure, un rapport souligne ses bienfaits, tant pour les élèves que pour les enseignants... » titre 20minutes à l’occasion de la remise de ce rapport hier. Remise précédée par une annonce ministérielle visant à booster le dispositif « à l’issue de la prochaine rentrée, toutes les écoles relevant de l’éducation prioritaire [seront] pourvues d’un maître supplémentaire  ».
« Si ce dispositif est presque unanimement salué, c’est tout d’abord pour l’effet qu’il semble produire sur les élèves en difficultés » comme en témoignent dans le quotidien gratuit plusieurs enseignants, avis appuyés par les propos de responsables du SNUipp-FSUet du SE-Unsa qui voient toutefois quelques améliorations à apporter au dispositif.
On a pu repérer quelques rares voix discordantes comme ce tweet de la "spécialiste éducation" du candidat Fillon ou encore cet édito de Sophie Coignard qui continue à confondre journalisme et écriture de pamphlet dans Le point

Elitisme et/ou mixité

Dans Le Monde, Camille Stromboni nous propose la recension du livre de l’ancienne directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber L’oligarchie de l’excellence qui parait aujourd’hui aux éditions du PUF.
« Derrière une analyse éclairante qui fait ressortir les contradictions du système d’enseignement supérieur français, féru de méritocratie et pourtant producteur d’une oligarchie, l’ancienne directrice de l’ENS, Monique Canto-Sperber, avance cependant des pistes qui peuvent laisser sceptiques avec même, paradoxalement, une touche d’élitisme.. »
Dans Le Monde toujours, un article s’intéresse au recrutement des grandes écoles les plus côtées. On peut y lire qu’ « à mesure que les prépas se sont démocratisées, certaines sont devenues encore plus élitistes. De plus en plus d’admis dans les très grandes écoles sont issus d’une prépa francilienne, même si la part de ceux qui ont passé leur bac en région demeure stable. ». Ainsi, « plus de 70 % des admis à Polytechnique et HEC sont issus d’une classe prépa parisienne ou francilienne : Henri-IV, Louis-le-Grand ou encore Saint-Louis à ­Paris, Sainte-Geneviève (dit ­ « Ginette ») à Versailles – pour ne citer qu’elles. Le phénomène n’est pas nouveau mais il s’est accentué ces quinze dernières années, à mesure que les classes préparatoires aux grandes écoles (CPGE) ouvraient leurs portes, avec succès, à de nouveaux publics. »

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Un dessin toujours d’actualité de Fabien Crégut

La lutte contre les inégalités de notre système scolaire continue - et c’est une bonne chose- à être au centre des préoccupations de bon nombre de candidats à l’élection présidentielle. C’était hier au tour de Benoit Hamon de faire ses propositions pour l’école. On les découvrira sur Touteduc qui précise que ce programme pour l’Ecole « comporte encore des zones d’interrogation, notamment en termes de chiffrage et ne prétend pas constituer un ensemble totalement fini » ou dans Le Point pour qui l’ex-ministre « souhaite lutter "contre les inégalités" en embauchant notamment près de 40 000 enseignants de plus en cinq ans ». Parmi les autres mesures présentées pour lutter contre les inégalités provoquées par notre système éducatif, on en retiendra deux : « la création d’un « indice social » pour concentrer les moyens dans les zones où les difficultés sont les plus criantes. Celui-ci serait basé notamment sur le pourcentage d’élèves boursiers ou sur les CSP des parents. Puis, l’ex-ministre souhaite également la mise en place d’un « service public d’aide aux devoirs » pour lutter contre les déterminismes sociaux liés à l’environnement familial. Les enseignants seraient mis à profit pendant des heures supplémentaires pour aider les écoliers du primaire et du collège à faire leurs devoirs au sein de l’établissement scolaire. »

Orientation

A l’heure où les lycéens découvrent APB, se tiennent les salons de l’étudiant et autres portes ouvertes, les médias s’intéressent à l’orientation sous différents angles.

A qui le rôle central dans l’établissement Pour l’orientation ? C’est la question qu’aborde Le Café Pédagogique « "Le rôle du chef d’établissement et à travers lui des établissements est essentiel". En ouvrant le colloque sur le rôle des établissements dans l’orientation, au Salon APB, le 6 janvier, Thierry Mandon a mis le doigt sur le problème. Evoquer l’orientation post bac c’est à la fois montrer que l’établissement est l’outil de l’égalité et donc de la démocratisation de l’accès au supérieur et que ses dysfonctionnements sont pour quelque chose dans les difficultés à mettre en place les politiques d’orientation. Agnès Van Zanten, des chefs d’établissement, une enseignante, une responsable d’un service académique d’orientation (CSAIO) ont montré l’écart entre le rêve et le réel... »
Ouest-France s’adresse quant à lui directement aux lycéens et leurs donne Dix conseils pour aller à un salon étudiant.C’est la saison des salons de l’orientation. Pour que votre visite soit vraiment efficace, il faut un minimum de préparation et d’organisation.
Le Monde rappelle quelques disparités dans les projets d’orientation des lycéens : Lycées des villes, lycées des champs : des choix d’études supérieures bien différents.« Deux lycées en tous points similaires, à Rennes et à Bain-de-Bretagne. Pourtant l’orientation des élèves après le bac divergent. Reportage à deux semaines de l’ouverture du portail Admission Post-bac. »
Le site MidiFormations propose des conseils encore plus larges :6 conseils à méditer pour trouver sa voie au XXIème siècle. « Pour guider les jeunes dans leur choix professionnels, 35 acteurs innovants du XXIème siècle ont été interrogés par le journal Le Monde. Les grandes lignes de leurs conseils d’orientation se résument en 6 pistes : Etre à l’écoute de soi-même [...] Découvrir sa passion [...] Oser cheminer sans se limiter [...] Ne pas s’arrêter en cas d’échec [...] Multiplier les expériences [...] Cultiver sa curiosité  »
Les écoles de management intègrent dans leurs enseignements ces préoccupations, comme le montre cet article de The Conversation Réflexion sur soi, rapport aux autres : de nouveaux domaines d’enseignement essentiels. « Former les étudiants en écoles de management recouvre dans les faits des objectifs multiples : développer leurs connaissances techniques et managériales, faire acquérir aux étudiants des méthodes de travail en présentiel ou à distance, de manière individuelle aussi bien qu’en groupe. »
L’orientation c’est aussi des parcours plus ou moins compliqués, plus ou moins faciles. L’INJEP porte la focale sur les « galères » des étudiants et explore les liens entre conditions de vie et réussite dans les parcours et publie“Etudes, galères et réussites. Conditions de vie et parcours à l’université” à La Documentation française.
Erasmus a ouvert de nouvelles formes de parcours. C’est ce dont nous informe l’Etudiant  : À 30 ans, Erasmus retourne sur le terrain des valeurs. « Créé il y a trente ans, Erasmus a permis à plus de 3 millions d’étudiants de voyager en Europe durant leur formation. Désormais intégré à Erasmus+, le programme de mobilité, à l’origine centré sur l’employabilité des jeunes, renforce aujourd’hui la promotion du vivre ensemble. »
Et ces parcours, une fois adulte peuvent être bifurquant. Madmoiselle s’interroge : Réorientation, lieu de vie, situation professionnelle… entre liberté et sécurité, faut-il choisir ? « Trouver un job, l’objectif numéro 1 de la vie d’adulte. Oui mais, c’est quoi, le job de tes rêves ? Celui que tu gardes le plus longtemps possible, même s’il ne te stimule plus, ou celui qui te passionne et t’épanouit... quitte à en changer souvent ? Lise et Clémence échangent leurs points de vue sur le dilemme liberté VS sécurité. »


Pour terminer, au nom de l’équipe de la revue de presse, nous voudrions faire part de notre soutien à Géraldine Duboz qui depuis deux jours subit un harcèlement et de faux procès sur les réseaux sociaux de la part de quelques militants syndicaux parce qu’elle n’a pas nommé deux des leurs dans sa revue de lundi dernier ! Le bénévolat au service du collectif face à l’ego et la bêtise surdimensionnés de certains ...

Laurent Fillion & Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Pédagogie : des utopies à la réalité
Revue n° 525 - decembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

Le sens de l’orientation
Revue n° 504 - mars 2013
Comment adapter l’éducation à l’orientation aux besoins de chaque élève, en prenant en considération les plus fragiles ? Comment concilier les compétences et le rôle de chaque acteur ? Comment éduquer à l’autonomie, développer l’estime de soi dans un système qui aiguille le plus souvent uniquement en fonction des résultats scolaires ?