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Revue de presse du mercredi 11 décembre 2013

Education artistique et culturelle - Université "catho" - Inconscient collectif


Mise en place du nouveau HCEAC

C’est hier, mardi 10 décembre que les deux Ministres Vincent Peillon pour l’Éducation et Aurélie Filippetti pour la culture et la communication ont officiellement et conjointement annoncé l’installation remaniée du nouveau HCEAC. Sans doute avant d’aller plus loin, une petite définition et un court retour en arrière s’imposent pour y voir plus clair. Tout d’abord, qu’est-ce que le HCEAC ? Comme on peut le lire sur le portail interministériel de l’éducation artistique et culturelle « créé en novembre 2005 pour assurer la promotion des arts à l’école, le Haut Conseil de Éducation Artistique et Culturel est chargé d’une mission de conseil, de réflexion, de proposition, de veille et de prospective. Il comprend des représentants de l’État, des collectivités locales, des parents d’élèves et des personnalités qualifiées. » La lettre de Mission du 19 octobre 2005 clarifiait ainsi les enjeux et les finalités : « La promotion des projets d’éducation artistique et culturelle est au cœur des missions du haut conseil. Il s’agit de favoriser pour chaque enfant l’accès aux arts et à la culture sous toutes leurs formes, de contribuer à construire la sensibilité et le jugement personnel en vue du développement de l’esprit critique, et de veiller à transmettre les fondements d’une véritable culture humaniste propre à former des esprits ouverts à la diversité des arts et de la pensée.  » Mais alors quoi de neuf aujourd’hui ? Sur le site du Café pédagogique François Jarraud tente une mise au point. « C’est en se référant à Pisa que Vincent Peillon a justifié l’installation du Haut conseil. » Notons au passage, pour être plus précis, qu’il ne s’agit pas d’une installation mais d’un remaniement. Il reprend alors les propos du Ministre : « Le parcours d’éducation artistique et culturel est un vecteur de redressement car Pisa a montré que nos élèves sont anxieux et qu’ils ne prennent pas assez la parole. » A la vision initiale de la promotion d’un humanisme du XXIème siècle, qui était celle affichée des premiers pas du HCEAC s’ajoute aujourd’hui la volonté, par le biais de l’enseignement des arts et de la culture, de redresser le niveau général des élèves. On voit ici les limites de l’exercice politique quand il se résume à se démarquer du camp adverse. Au final, ne pourrait-on juste s’accorder sur cette idée, qui n’est ni de gauche ni de droite, que l’accès à la culture et aux arts reste et doit rester plus que jamais une nécessité qu’il ne faut cesser de réaffirmer sur la durée ? Parfois, sur certains sujet, la continuité, la cohérence et le consensus ne nuisent ni aux réformes, ni à la légitimité des hommes politiques qui s’y emploient en alternance.


Comment concilier les adjectifs "universel" et "catholique" ?

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Le dessin de Fabien Crégut

Dans un article paru au journal La Croix, Dominique Vermersch, recteur de l’Université catholique de l’Ouest, propose une intéressante analyse de la terminologie "Université catholique". La problématique est ainsi posée : Comment peut-on à la fois être une université sensée représenter l’universalité des savoirs tout en affichant clairement une appartenance religieuse ? Après avoir rappelé l’utilité sociale des universités catholiques (accompagnement personnalisé, employabilité des formations, lien avec la recherche et l’innovation), Dominique Vermersch avance un argument de plus en déclarant « ce qui est dit catholique est convié à « embrasser large », très large, à embrasser l’universel. » Il ajoute alors « En d’autres termes, s’il nous faut revendiquer un caractère propre de l’Université catholique, c’est précisément dans cette faculté de prémunir l’université de toute emprise utilitaire totalisante. » On retiendra encore cette déclaration : « l’Université catholique est appelée à témoigner d’un service désintéressé de la vérité, [...] le service de la vérité veut contribuer au service public, tel que le comprend du moins l’Université catholique : former des esprits libres et universels capables d’un agir éthique à même de faire face aux grands défis sociétaux et de prendre une place active dans la société. » Une déclaration aux allures d’acte de foi qui, à défaut de mettre tout le monde d’accord, permettra d’engager, osons y croire, une réflexion commune, propre à faire avancer le débat.


Un inconscient collectif au service de l’élite

A souligner dans l’actualité du jour ce billet signé Emmanuel Davidenkof dans l’Express. Le journaliste, spécialiste des questions éducatives revient sur la question des professeurs de classes préparatoires. Selon lui et pour reprendre ses propres mots « ouvrir un nouveau front contre les professeurs de classes préparatoires ressemble à s’y méprendre à un baroud d’honneur. »
« En mettant le doigt là où ça fait mal » Vincent Peillon soulève ce que d’autres avant lui ont tenté sans succès de dénoncer, à savoir cette curieuse anomalie de notre système français qui veut « qu’enseigner aux plus riches et aux meilleurs soit nettement mieux récompensé par la République qu’enseigner aux plus fragiles. » Anomalie d’autant plus complexe à guérir qu’elle est fermement incrustée dans l’inconscient collectif. Et le journaliste de conclure, en enfonçant un peu plus le couteau dans la plaie, là où ça fait vraiment très mal : « ce qui a de la valeur, dans l’inconscient de l’Education nationale, ce n’est pas l’élève et ses besoins mais l’enseignant et ses mérites académiques (avoir réussi le concours qui fait appel aux savoirs les plus robustes). Renverser cette conception élitiste, qui explique largement la prégnance des inégalités scolaires et sociales, aurait pu constituer le socle d’une réelle et profonde refondation de l’école. »
Gageons que rien n’est définitivement joué, et puisque c’est bientôt Noël, offrons-nous le luxe de croire avec force et conviction qu’une autre voie est possible et qu’il revient à chacun d’œuvrer là où il est, pour plus d’équité dans l’accès à la culture, à l’universalité des savoirs comme aux filières dites d’excellence.

Voilà pour ce mercredi 11/12/13 et demain, c’est Bernard Desclaux qui fera de l’actu votre revue !

Ostiane Mathon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques


Les arts, quelle histoire ! - Revue n°492

Questions aux programmes - Revue n°507 - septembre 2013