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Revue de presse du mercredi 10 septembre

OCDE encore - des nouvelles de la rentrée - réforme des programmes et numérique


Le rapport de l’OCDE continue d’alimenter la presse aujourd’hui, notamment du côté des rémunérations. Il est temps de faire un premier bilan de la rentrée. On s’interroge aussi sur la réforme à venir des programmes et l’utilisation du numérique.


OCDE encore

Francetv info rappelle que les professeurs français «  ont un niveau de qualification élevé (bac +5, quand d’autres pays n’exigent qu’un bac +2 pour les maternelles) et passent plus de temps devant les élèves que la moyenne des enseignants de l’OCDE : 924 heures par an contre 782 heures par an. » Mais cela s’inverse quand on regarde les salaires : « Dans le primaire, les Français reçoivent 33 994 dollars quand leurs collègues gagnent 39 024 dollars en moyenne après 15 ans d’ancienneté. »
Alors que (c’est Challenges qui le dit), plus les professeurs sont bien payés, plus leurs élèves réussissent. « Les enseignants français peuvent remercier l’OCDE. Grâce à cette organisation internationale, plus besoin de revendiquer, de faire grève ou de menacer de quitter le métier d’enseignant pour obtenir une juste rémunération. Il leur suffira de déposer calmement sur le bureau de Najat Vallaud-Belkacem, leur nouvelle ministre, le graphique pondu par l’Organisation, qui montre par A + B que la performance des élèves est directement corrélée au niveau de salaire des enseignants.  »
Jean-Francis Pécresse constate lui aussi dans Les Echos qu’ «  il n’est pas au monde de système éducatif qui réussisse sans apporter à ses professeurs la considération, financière ou sociale, qu’ils méritent. »
Eric Charbonnier, expert de l’OCDE interviewé par 20minutes, le confirme : «  il faut des incitations financières énormes. C’est difficile de trouver aujourd’hui des gens qui se lancent dans des études très longues pour percevoir une rémunération peu attractive. Au Brésil par exemple, un enseignant situé en zone difficile ou rurale gagne 60 % de plus. La France doit s’en inspirer et rendre la profession attractive à nouveau. »

Pôle Emploi n’a pas dû lire le rapport de l’OCDE quand on voit les annonces passées pour recruter des vacataires : 9,53 € de l’heure pour un contrat de 18 heures de travail (info du forum néoprof, relayée par VousNousIls). 9.53, c’est le smic horaire. Mais sachant que pour 18h devant élèves, un professeur travaille environ 40 heure par semaine, on tombe à une rémunération qui ne respecte pas la loi. Il est à espérer que ces annonces sont simplement mal rédigées.


Des nouvelles de la rentrée

La question des rythmes scolaire continue d’agiter la rentrée : un maire rebelle (Celui de Ganzeville) a été conforté par la justice (Libération). « Dans une ordonnance du 6 septembre (lire ci-dessous), le juge des référés du tribunal administratif de Rouen considère que « dès lors que les enfants scolarisés bénéficient de la totalité des heures obligatoires d’enseignement », et donc même s’ils n’ont pas classe le mercredi matin, il n’y a pas atteinte au « principe d’égal accès à l’éducation et au principe d’égal accès au service public en admettant que ces principes aient le caractère d’une liberté publique ou individuelle. » »

Pourtant Eric Charbonnier, expert de l’OCDE, émet le vœu sur son blog de ne plus entendre parler des rythmes. « Dans les pays les plus performants dans les enquêtes internationales, le débat n’est pas focalisé sur le rôle des animateurs ou sur les activités périscolaires. Dans ces pays-là, on ne ferme pas les écoles en guise de protestation. Dans ces pays-là, toute la communauté éducative coopère pour recenser les bonnes pratiques liées aux rythmes scolaires et les appliquer dans la majorité des établissements. » Selon lui il faudrait plutôt se préoccuper de l’échec scolaire. «  Les politiques qui ont pour objet de s’assurer dès la maternelle que tous les élèves atteignent au moins un niveau minimum de compétences à la fin de l’enseignement secondaire sont essentielles. Recentrer les programmes sur la définition et l’acquisition du socle commun des compétences et aider les élèves dans l’apprentissage de la lecture dès la dernière année de l’école maternelle sont des initiatives clés pour réduire l’échec scolaire et s’assurer que les difficultés sont traitées dès le début de l’apprentissage. »
Pour cela, encore faudrait-il que tous les élèves aient leurs professeurs. En effet, 56% des collèges et lycées avaient au moins un poste de professeur non pourvu à la rentrée selon une enquête du syndicat SNPDEN-UNSA ( 1er syndicat des chefs d’établissement) relayée par VousNousIls.
Selon l’enquête, un cas de vacance sur cinq serait dû à un stagiaire qui ne s’est pas présenté.


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Réforme des programmes et numérique

Dans une interview sur L’école de Demain, Dominique Raulin, secrétaire général du Conseil National des Programmes (CNP) s’inquiète du projet de nouveau socle commun.
« On peut être inquiet : au lieu de « simplement » corriger les imperfections du texte de 2006, il reprend tout à zéro ! Les professeurs qui ont essayé de travailler sur l’approche par les compétences aussi bien dans les phases d’apprentissage que dans celles d’évaluation, vont devoir tout reprendre parce que les termes ne sont plus les mêmes, parce que les 7 grandes compétences ont disparu, parce que la définition même de compétence semble remise en cause… »
« Le CSP devait aborder la question des programmes dans une logique curriculaire, intégrant donc dans sa réflexion la question des niveaux d’exigences, de l’évaluation, des outils didactiques… […] Je regrette que le texte actuel s’en démarque en ne traitant pas de l’évaluation, en renonçant aussi aux compétences, etc. »
Il analyse aussi les raisons de l’échec de la mise en place du LPC : «  La codification binaire (acquis vs non acquis) a fait peur à beaucoup d’enseignants. Comment être sûr… ? Les professeurs ont eu raison : personne ne peut prétendre « avoir acquis » définitivement et totalement telle ou telle autre compétence ; comment l’évaluation pourrait-elle le dire ? Je pense qu’il faut envisager un codage à quatre niveau, personnalisé ». « Le caractère définitif de la « sentence : acquis » apparaît comme un fait définitif, ce qui n’a pas de réalité quand on parle de compétence.  »

VousNousIls fait écho de la publication du rapport PROFETIC du ministère de l’Education nationale qui a mené une enquête sur les professeurs et le numérique. "49 % des ensei­gnants du secon­daire seule­ment sont convain­cus de l’intérêt de l’utilisation du numé­rique dans l’éducation".
"Les prin­ci­paux fac­teurs dis­sua­sifs, aux yeux de ceux qui uti­lisent les TICE, sont la taille des groupes d’élèves (48 %), l’équipement infor­ma­tique insuf­fi­sant (47 %), obso­lète, défec­tueux, ou inadapté (46 %) et un débit réseau ou Internet insuf­fi­sant (42 %)." J’y ajouterais pour ma part un gros problème de maintenance et d’assistance.
Le ministère a lancé un grand plan de développement du numérique dans les classes : pourra-t-il agir sur ces freins dénoncés par les enseignants ?

Géraldine Duboz
Demain c’est Laurent Fillion qui s’y colle.


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Réussir l’école du socle - En faisant dialoguer et coopérer les disciplines
Ouvrage - 2013
Francis Blanquart, Céline Walkowiak - ESF, 2013
Organisé de manière très concrète autour des pratiques scolaires de classe au collège et en 2de de lycée, cet ouvrage s’attache à tous les aspects de la pédagogie ouverte et innovante nécessaire à la réussite de « l’école du socle commun ».

N° 510 Des tâches complexes pour apprendre
Coordonné par Sylvie Grau et Anne-Marie Sanchez
janvier 2014

Les élèves ont besoin de maitriser des techniques, des procédures et des connaissances élémentaires, mais aussi de se confronter à la complexité de la vraie vie. Comment élaborer des situations stimulantes et qui permettent de transférer les acquis ? Est-ce possible avec les programmes, les examens ? Apprendre, ça ne peut pas être simple…