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Revue de presse du mercredi 10 décembre 2014

Evaluation-notation — Education prioritaire — Numérique — D’hivers et pas avarié


La question de l’évaluation des élèves est toujours dans l’actualité, sans doute pour un moment, de même que celle de l’éducation prioritaire. Quelques infos sur le numériques, et quelques "d’hivers mais pas avariés" pour suivre quelques pistes.


Evaluation-notation

L’éternité commence en 1890 ! En réaction au texte de Brigheli, Claude Lelièvre répond par “Une ’’sacro-sainte’’ notation sur 20 de toute éternité ?”. Un petit extrait de ce beau texte de Claude Lelièvre : “La notation sur 20 est apparue en effet seulement en 1890 (en même temps que le baccalauréat ’’moderne’’) par l’arrêté du 5 juillet 1890.
Mais cela ne va pas sans quelque embarras dès le début, au niveau même de la Direction de l’enseignement secondaire, qui n’hésite pas à déclarer publiquement dix ans plus tard, en 1900 : « C’est une chose très digne de remarque que notre pays soit le seul, ou peut s’en faut, où les compositions et les classements ont pris dans l’éducation publique la part que nous leur accordons, le seul où la notation peut se faire sur 20. Nos usages à cet égard font sourire les étrangers et leur cause plus de surprise que d’envie ».
Il est non moins remarquable que ce type de notation (sur 20 et ’’classante’’) apparaît comme délibérément réservé à une élite sociale (celle de l’enseignement secondaire public, alors encore payant), mais n’est pas destiné aux élèves des écoles communales (gratuites depuis1882).
Ferdinand Buisson (qui a été placé par Jules Ferry à la tête de l’enseignement primaire où il restera 17 ans) indique dans l’édition de son « Nouveau dictionnaire de pédagogie et d’instruction primaire » ( paru en 1911 ) que « si le souci de la prééminence est un mal, c’est un mal nécessaire qui paraît devoir s’imposer non pas à toute éducation, mais seulement à l’éducation de toute une classe d’enfants de la bourgeoisie : dès qu’il s’agit des millions d’enfants de nos écoles primaires, l’émulation normale les stimule à faire effort pour obtenir l’approbation du maître sans se préoccuper de l’obtenir à l’exclusion des autres ou à un plus haut degré qu’aucun d’eux ».
”Mais je vous encourage à lire la suite de cette belle histoire.
Le Café pédagogique considère qu’en matière d’Evaluation : Le Cnesco pose les bonnes questions
A quoi peut bien servir une conférence nationale sur l’évaluation ? Ceux qui ont des doutes sur sa pertinence ont de bons éléments de réponse dans l’étude innovante qu’a publié le Cnesco le 9 décembre. Sa présidente , Nathalie Mons, à présenté une étude internationale des modes d’évaluation et de leur histoire en abordant la question sous l’angle de l’évolution des systèmes éducatifs. Demandée par la Conférence nationale sur l’évaluation, elle en éclaire singulièrement les objectifs.

Le Télégramme propose un titre curieux : Évaluation des élèves. Un jury planche sur le sujet, et une illustration “politique”. Mais il rappelle également quelques éléments de docimologie.

Christophe Chartreux ouvre une nouvelle série d’article sur son blog Profencampagne : Mon année avec l’évaluation par compétences... (1)
Depuis septembre de cette année 2014, "mon" collège (la hiérarchie et quelques enseignants motivés) a décidé de franchir le pas : les quatre classes de 6ème sont évaluées par compétences. Les traditionnelles notes chiffrées entre zéro et vingt, les moyennes, les coefficients, tout cela est remplacé par d’autres manières de travailler.
A raison d’une fois par mois, je dirai ici mon témoignage au sujet de cette évaluation par compétences.


Education prioritaire

La contestation se poursuit. Quelques exemples :
AVIGNON "Ne zappe pas notre ZEP".
La mobilisation se poursuit autour des réseaux d’éducation prioritaire en Haute-Normandie.
Les craintes se multiplient autour de l’éducation prioritaire dans l’Essonne. « Alors que la nouvelle carte de l’éducation prioritaire sera présentée prochainement, la sortie de quelques établissements de ce dispositif inquiète le corps enseignant. Le collège Pasteur de Longjumeau et les quatre écoles qui lui sont rattachées pourraient notamment perdre les nombreux avantages que confère le statut de « prioritaire »."
Paris : 3 000 manifestants contre la nouvelle carte de l’éducation prioritaire.

France 3 propose un rappel historique :Education prioritaire : les 5 étapes qui ont conduit des ZEP aux REP. « À la rentrée 2015, les réseaux actuels d’éducation prioritaire seront progressivement remplacés par les REP+ et les REP. Mais depuis la création des ZEP, plusieurs dispositifs, REP, RAR, RSS, CLAIR et ECLAIR se sont côtoyés, intégrés ou succédés au fil des années. Nous faisons le point.  »
1981 : ZEP
Les Zo
nes d’Education Prioritaire (ZEP) sont créées en 1981 par le ministre de l’Education Nationale Alain Savary. Elles sont au nombre 363 à la rentrée suivante. La ZEP a vocation à « corriger l’inégalité [sociale] par le renforcement sélectif de l’action éducative dans les zones et dans les milieux sociaux où le taux d’échec scolaire est le plus élevé ». En 1999, la carte des ZEP est étendue à d’autres quartiers, on en compte alors 557. »
Suit les dates des différentes évolutions de ce coup de tonnerre. Pour ceux qui ont un peu de mémoire rappelons-nous qu’il y eu une forte opposition d’un syndicat qui défendait l’égalité de la répartition des moyens… Changement d’époque sans doute.

Les décodeurs de Monde proposent d’examiner l’Education prioritaire : les raccourcis de Najat Vallaud-Belkacem.
Et le Parisien élargit le débat : Accueil des moins de 3 ans, enseignement prioritaire. « L’éducation prioritaire, c’est aussi ça. Davantage de places en crèches et d’assistantes maternelles, plus forte scolarisation dès deux ans : l’accueil des enfants de moins de trois ans progresse en France, mais certains départements restent mieux lotis que d’autres.  »


Numérique

La maîtrise du numérique par les jeunes, un enjeu de l’Education nationale. Mardi, la ministre de l’Education nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, Najat Vallaud-Belkacem, a souhaité évoquer le numérique et comment permettre aux jeunes d’y accéder sans craindre le pire. “ Au cours d’un colloque du Conseil supérieur de l’audiovisuel (CSA) dont la thématique était « les écrans et les jeunes : quelle place, quelle offre, quelles évolutions ? », Najat Vallaud-Belkacem est revenue sur l’attitude adoptée auparavant envers la télévision et souhaite que cela ne se reproduise plus : « S’agissant des supports audiovisuels et du numérique, il faut se garder de toute attitude défensive, comme celle que nous avons pu avoir il y a 30 ans au sujet de la télévision ».
La ministre estime aujourd’hui qu’il faut former les enseignants à réagir à ces nouvelles pratiques numériques des jeunes pour mieux les éduquer aux médias et l’information. En effet, il n’est pas rare pour les professeurs d’être à présent confrontés à des élèves qui contestent un cours après avoir effectué quelques recherches sur internet sans avoir été capables de trier les informations.

Et sur le site des Cahiers pédagogiques vous trouverez une présentation du N° 517 Tout commence en maternelle. Les tablettes, c’est pour apprendre ? par Olivier Fosse, Serge Selvestrel. "Les tablettes tactiles grand public aident-elles les élèves de maternelle à apprendre ? C’est la question à laquelle nos auteurs ont répondu avec précision et transparence."


D’hivers et pas avarié

Socle commun : Ce que les enseignants en pensent. “Que peut-on bien faire de ce texte, semblent se demander les enseignants à l’issue d’une consultations qui a mobilisé tous les enseignants du primaire et du secondaire durant une demi journée et qui a amené 136 708 d’entre eux à déposer leur avis sur le site ouvert par le ministère. La direction de l’enseignement scolaire publie une synthèse de cette consultation qui pointe les obscurités, les surprises qu’occasionne ce texte et les divisions sous jacentes qu’il révèle.

Vers un curriculum en information-documentation - Introduction
Publication progressive en onze chapitres. La publication « Vers un curriculum en information-documentation » comprend onze chapitres qui seront publiés progressivement sur ce site entre le 10 novembre et le 15 décembre 2014.
Entreprendre Pour Apprendre : Le MEDEF et l’Education Nationale créent l’EPA Corsica. "L’association Entreprendre Pour Apprendre (EPA) a pour principal objectif de préparer les jeunes au monde professionnel en mobilisant des chefs d’entreprise locaux pour développer des programmes qui les forment, du primaire à l’université et à l’expérience entrepreneuriale. Mardi, au cours d’une réunion en présence des différents partenaires, la structure insulaire a été officiellement créée en présence de Julien Vasseur, directeur national d’EPA"

Surdiplômés vs. métiers « manuels » : le choix des étudiants russes
D’où vient la mode russe pour le cumul de diplômes universitaire, et pourquoi les Russes fuient-ils les professions ouvrières ?

Isaac Froumine, directeur scientifique de l’Institut de l’enseignement de l’École des hautes études en sciences économiques, explique que la popularité de l’enseignement supérieur et, a contrario, le manque de prestige des spécialisations ouvrières, sont un héritage de l’époque soviétique.
« En Union soviétique, le système d’enseignement supérieur était hyperspécialisé », nous explique Froumine.
« Les gens obtenaient une profession très « étroite » et, grâce à l’affectation obligatoire, décrochaient un poste de travail spécifique. Mais avec la fin de l’affectation obligatoire et l’apparition d’un véritable marché de travail, une spécialisation aussi étroite est devenue gênante ».
« En outre, la demande pour des personnes formées à la gestion, au droit et aux affaires a crû fortement, ainsi un processus massif de requalification dans ces domaines pour les personnes disposant déjà d’un diplôme supérieur a débuté ».

Le Dossier de veille de l’IFÉ : Du programme vers la classe : des ressources pour enseigner, n° 96, novembre 2014 par Catherine Reverdy est sans doute à consulter et à conserver.

Vous serez sans doute servi par Laurent Fillion demain.
Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre avec le numérique
Revue n°498 - juin 2012

Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.

École et territoires
Hors-série n°Cahiers d’Éducation & Devenir n° 21 - fevrier 2014

Publication disponible uniquement au format numérique (PDF), en téléchargement depuis notre site.
L’école doit devenir partie prenante des territoires afin que se bâtissent alliances et fédérations. Tous les temps et les lieux éducatifs dans le territoire peuvent contribuer à l’acquisition par tous d’un socle commun, à la réduction des inégalités.