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Revue de presse du mercredi 06 novembre 2013

La question des devoirs- Les bâtisseurs de possible- Les journées du handicap- Les jeux vidéo- Les sciences- Le bonheur d’enseigner


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Le dessin de Fabien Crégut

La question des devoirs

T’as fait tes devoirs ? Il est fort à parier que si nous mettions nos chaumières françaises sous écoutes, entre 16h30 et 19 heures, cette question résonnerait en chœur et en écho, du Nord au Sud et d’Est en Ouest. Car oui c’est ainsi qu’en France nous accueillons nos chers enfants, au retour de l’école, sitôt le goûter avalé. Nous pourrions pourtant, en éducateurs avertis, attentionnés et investis imaginer d’autres marques d’intérêt comme Comment s’est passée ta journée ? ou encore Qu’as-tu appris aujourd’hui ? Mais, non, rien à faire, le Français reste fidèle à ce rituel inébranlable, résultant pourtant d’une pratique enseignante tout à fait illégale, et le sempiternel T’as fait tes devoirs persiste à planer en haut du hit parade des formules d’accueil les plus prononcées sur notre territoire, talonnée juste derrière par la très en vogue Alors, t’as eu combien ? Le reste semble accessoire et secondaire. A l’heure de la Refondation, qu’en est-il de cette question des devoirs à la maison pour les enfants du primaire ? Dans un article du Figaro, Cécile Jaurès s’attaque à ce sujet : « Le ministre de l’éducation, Vincent Peillon, l’avait pourtant promis : « Les devoirs seront faits à l’école », assurait-il en octobre 2012, à l’annonce de sa réforme scolaire. » Et pourtant, force est de constater qu’un an plus tard, rien n’a changé ni dans les textes ni dans les faits : « Devant la grogne enseignante, le projet est tombé à l’eau : la loi de refondation de l’école finalement votée n’a fait que réaffirmer l’interdiction des devoirs écrits à la maison pour les élèves du primaire (règle que les professionnels outrepassent depuis 1956, date de la première circulaire sur le sujet !) et le travail scolaire occupe toujours une place importante, trop importante pour certains, dans la vie familiale. » D’autres pratiques existent pourtant, tout aussi efficaces pour ce qui concerne les apprentissages et bien plus justes d’un point de vue social, comme en témoigne cet article valorisant l’expérimentation d’une équipe-école innovante au Québec. « Depuis l’année dernière, les enseignants de l’école de la Passerelle ont pris un virage. Ils ont décidé de changer leurs pratiques en offrant une version améliorée des traditionnels devoirs et leçons. En effet, les élèves doivent lire, mais il y a très peu ou pas de devoir à la maison. » Les résultats après une année de suivi semblent très positifs à bien des égards. « À la fin de l’année scolaire, ceux-ci ont clairement démontré que comparativement à l’année précédente, les taux de réussite avaient augmenté de 3 % en lecture, 3 % en écriture, 5 % en raisonnement mathématique et 3 % en résolution de problèmes. » Voilà qui devrait rassurer les accros aux pourcentages !


William, 14 ans, bâtisseur d’avenir

Il n’y a pas d’âge pour changer le monde et ce jeune adolescent de 14 ans en est un magnifique exemple. « Chaque soir, après le travail aux champs, William Kamkwamba part à la recherche de vieux objets farfelus : une roue de vélo, un ventilateur de camion, des branches. Depuis plusieurs mois il a une idée derrière la tête : construire une éolienne pour apporter la lumière dans les maisons de son village. » William, aux côtés d’autres enfants répartis dans le monde, participe au projet Bâtisseurs de possibles, « version française de Design for Change, un mouvement qui touche aujourd’hui 25 millions d’enfants dans 35 pays du monde. Design for change a été créé en 2007 par une designer indienne, Kiran Bir Sethi, dont l’objectif était de transmettre au plus grand nombre d’enfants le « I CAN virus » (le virus « je peux »). Nous bénéficions ainsi de l’expérience d’autres équipes à travers le monde qui ont déjà mis en place la démarche. » Voilà une superbe devise que l’école française serait bien inspirée de prendre au sérieux. En effet de nombreuses études tendent à démontrer que notre système d’enseignement, focalisé essentiellement sur le contrôle de connaissances purement abstraites, génèrerait davantage la peur de se tromper que l’envie de s’investir, d’entreprendre et de créer. Un axe de réflexion pour les programmes en devenir ?


D’autres infos en vrac

- Les Journées du handicap ont débuté hier soir, comme nous le rappelle le journal Ouest-France Elles se poursuivront jusqu’au 13 novembre à Lamballe. L’inclusion du handicap, un enjeu de taille pour nos institutions et dont malheureusement on ne parle pas suffisamment.

- « Jouer au jeux vidéo peut avoir des effets positifs sur le cerveau ». C’est ce que révèle une récente et très sérieuse étude relayée par le Huffington Post. Dis, maman, j’ai fini mes devoirs, je peux jouer maintenant ?

- Redonner le goût des sciences, un défi à relever et qui le vaut bien ! A lire sur ce sujet, l’article du jour sur le site du Café pédagogique. « L’enjeu est de taille tant les entreprises ont besoin d’ingénieurs et de techniciens et les citoyens d’un minimum de savoir scientifique pour relever les défis du 21ème siècle. Rapporteure du budget de l’enseignement scolaire au nom de la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée, la députée Julie Sommaruga (PS) a choisi d’approfondir ce sujet. Elle préconise de revoir les programmes en facilitant les objets communs aux disciplines, de relancer la formation continue en la complétant par des certifications et d’encourager l’EIST. »

- Le bonheur d’enseigner : Si, si ! cela existe encore et c’est à (ré)écouter sur les ondes de Rue des Écoles. Au menu du jour, le témoignage de deux enseignants qui viennent de publier deux ouvrages ; « des professeurs des écoles heureux et fiers de leur métier : Dominique Deconincq, auteur d’un récit et Christophe Desmurger, auteur d’un roman. Tous deux enseignent à Paris. »

La récolte informative du jour s’achève, j’espère qu’elle vous aura permis d’envisager demain sous un jour nouveau. Et n’oubliez pas, jeudi, votre revue de presse vous sera livrée par Bernard Desclaux.

Ostiane Mathon