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Revue de presse du mardi 9 juin 2015

Nouvelles technologies - Utopie ? - Retour


Le nouveau et l’ancien se télescopent dans cette revue de presse. Mise au placard des nouvelles technologies, utilisation de celles-ci à des fins rétrogrades, retour d’une ancienne émission novatrice, retour sur les méthodes qui restent innovantes depuis un siècle...


Nouvelles technologie : on garde le pire

Claudine est en colère. Car la nouvelle majorité de droite du Conseil Départemental du Jura a décidé de laisser les tablettes dans l’armoire l’an prochain. « Il y a un an, le conseil général du Jura, dirigé par une majorité socialiste, décidait de doter en 4 ans tous les collégiens du département d’une tablette. A la rentrée 2014, tous les élèves de 6ème ont reçu la tablette avec promesse de la garder jusqu’en 3ème. » Le Café Pédagogique pose donc la question : Les tablettes sont-elles de gauche ? « Au conseil général, on met en avant un taux de casse important lié aux utilisations ludiques faites par les élèves à la maison. Surtout on comprend que, pour la nouvelle majorité, les tablettes c’est "ludique" et que ça s’oppose aux "fondamentaux" qui doivent être appris à l’école. A la place des tablettes, ils promettent de mettre en place des classes mobiles, gages à leurs yeux d’un travail sérieux. Le conseil général évoque aussi des plaintes d’enseignants mais est incapable de les chiffrer ou de les citer... Coté professeurs, une pétition circule pour demander le maintien des tablettes. "Avec la classe mobile on retourne en arrière", nous explique Claudine. "Ça nécessite de la maintenance, des locaux qui ne sont pas possibles dans tous les collèges. Il faut réserver. Et ça empêche tout travail numérique à la maison". Claudine avait réalisé des livres numériques pour ses cours et voilà un an de travail détruit. Dans d’autres disciplines, on avait acheté des manuels numériques. Et on se demande où on va trouver l’argent pour les remplacer par des manuels papier. Une rencontre entre enseignants et conseil général a eu lieu le 8 juin sans changer la position du conseil. En 2016, au moment où tous les collèges se doteront de tablettes, le Jura pourrait bien faire de la résistance. "On va attendre pour voir", nous a-t-on dit au conseil général. Pendant ce temps, la région Midi Pyrénées, tenue par la gauche, décide le 6 juin d’équiper à la rentrée 2015 10 000 lycéens et apprentis d’une tablette numérique. »

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Les tablettes de droite, par JiMo

Et pendant ce temps en Chine, on utilise les nouvelles technologies... à des fins de surveillance ! C’est Libération qui nous donne l’info : En Chine, un drone pour surveiller le bac. Il s’agit plus précisément du « gaokao », « condensé sur deux jours et qualifié de "plus grand examen du monde" » et « qui provoque chaque année une poussée de fièvre dans la société chinoise, tant la concurrence est féroce pour décrocher le précieux sésame. Un total de 9,42 millions de candidats étaient en lice dimanche et lundi, aiguillonnés par le stress et les pressions parentales, et encadrés par des dizaines de milliers de policiers et surveillants. »
« Le ministère chinois de l’Education a promis de concentrer ses efforts répressifs en ciblant les moyens de communication sans fil et les réseaux criminels qui proposent aux candidats faibles de se faire remplacer par quelqu’un planchant sous leur identité.
Deux sites d’examen de la ville de Luoyang, dans la province centrale du Henan, ont fait chacun décoller un drone capable de repérer d’éventuelles communications suspectes de la part de candidats qui auraient réussi à introduire des appareils de transmission miniaturisés dans la salle d’examen.
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Utopie vraiment ?

Catherine Chabrun, de l’ICEM-Pédagogie Freinet, nous fait part sur son blog de ses réflexions sur la mixité sociale et scolaire, thème déjà abordé dans la revue de presse d’hier. « Il est possible d’améliorer la mixité sociale dans les établissements en améliorant les cartes scolaires, les moyens de transport pour les déplacements, les temps d’enseignement et de vie scolaire, pour améliorer les résultats et le climat et ainsi ne pas nourrir les envies de fuite… Mais ce n’est pas suffisant, il faut aussi veiller à la mixité scolaire dans les établissements, une ségrégation encore plus visible pour les jeunes puisque le système trie devant eux. [...] Et c’est possible ! Des pratiques et des organisations pédagogiques différentes le permettraient.
Notre système éducatif a des œillères, il ne voit pas (ne cherche pas à voir ?) les établissements, les équipes et les enseignants qui expérimentent d’autres organisations et d’autres pratiques pédagogiques pour en mesurer et tirer les effets réels positifs qui nourriraient ses politiques, ses réformes et ainsi les rendraient légitimes, un statut indispensable pour que les professionnels de terrain y adhèrent.
Ces pratiques pédagogiques dites innovantes sont expérimentées depuis plus d’un siècle, mais profitent à un tout petit nombre d’enfants. Alors quand on entend aujourd’hui que les "pédagogues" appelés vulgairement "pédagogistes" sont responsables de l’état de notre école, on ne peut que rêver que cela devienne une réalité et que leurs pratiques soient généralisées ! La réalité est plus triste, les mouvements pédagogiques sont tenus éloignés des lieux de formation, on trouve certes les écrits de leurs fondateurs sur les rayons "histoire de l’éducation" des bibliothèques, mais guère d’interventions en chair et en os entre ses murs et de propositions de stages pour les étudiants dans leurs classes !
Une volonté politique serait utile : populariser ces pratiques pour donner envie, susciter des vocations d’enseignants, on en manque tant !
Pourtant on sait – dans différentes études universitaires, dans certains systèmes éducatifs étrangers –, que la coopération, l’absence de compétition, le droit à l’erreur (indispensable étape à l’apprentissage et le droit de refaire), le choix d’une évaluation qui valorise au lieu de juger et de sélectionner, la continuité des enseignements sans rupture annuelle, le mélange des âges et des niveaux scolaires, une orientation tardive, des disciplines qui se croisent, des situations pédagogiques qui permettent l’investissement, l’engagement de chaque élève… donnent des résultats et pour tous les enfants, qu’ils soient de milieux favorisés ou non.
Mais notre système pratique toujours : la compétition dès la maternelle, l’évaluation notée et comparative tout au long de la scolarité, la stigmatisation des erreurs avec le sentiment d’être nul dès le CP, les ruptures annuelles, le cloisonnement des disciplines, la transmission verticale, l’orientation précoce, les séries prestigieuses (C par exemple…).
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Les médias aussi peuvent jouer leur rôle en popularisant ces pratiques dites innovantes auprès de l’opinion. C’est ce que fait L’Est Républicain qui nous décrit avec enthousiasme le séjour d’une cinquantaine d’élèves de CM1 et CM2, partie toute la semaine en classe de mer à l’île d’Yeu. C’est l’école en mode « colo ».
« Il y avait comme un goût de colonie de vacances à travers cette semaine d’évasion… scolaire. "On peut apprendre autrement, pas seulement entre les murs", estime Mme Fouchard qui s’emploie à cette formule d’éducation depuis plusieurs décennies. "Ce n’est pas comme aller à EuropaPark. On développe le vivre ensemble, on fait grandir l’enfant, avec des activités liées à la vie de l’école", explique-t-elle.
Le travail d’histoire-géo et de sciences préalablement réalisé en classe a simplement trouvé son terrain d’expression à l’autre bout de la France. Et il se poursuivra durant les dernières semaines d’école par le biais de la littérature, avec des thèmes comme l’eau et les îles. [...] "En huit jours, on a peut-être appris autant que durant toute l’année", s’enthousiasme toujours la responsable de l’école primaire de Quincey.
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Retour

Terminons par une bonne nouvelle : « C’est pas sorcier » revient, mais sur Internet
Le Huffington Post nous explique comment. « Fred, Jamy et Sabine vous manquent ? Les animateurs de "C’est pas sorcier" s’apprêtent à faire leur grand retour, cette fois-ci non pas à la télévision, mais sur le web. Un "nouvel envol" qui devrait ravir les fans et les nostalgiques de la célèbre émission.
Leur défi ? La relancer en changeant de plateforme, mais en gardant le même principe : vulgariser les thèmes scientifiques et les rendre accessibles à la compréhension du plus grand nombre. Un site internet a déjà été créé pour ce nouveau concept, baptisé "L’esprit sorcier" en référence à l’ancien nom du programme.
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Bon anniversaire à Bernard Desclaux !
Laurent Fillion

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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre avec le numérique
Revue n° 498 - juin 2012
Le dossier présente une grande variété de pratiques pédagogiques, de méthodes recourant à des outils numériques pour mieux faire apprendre, dans un cadre collectif comme dans l’accompagnement individuel. Ni révolution, ni scandale. L’enseignement est en mouvement, grâce au numérique aussi.

Enseigner en histoire-géographie avec le numérique
Hors-série n°37 - octobre 2014
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.

Enseigner en primaire avec le numérique
Hors-série n°38 - fevrier 2015
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.

Qu’est-ce qui fait changer l’école ?
Revue n° 449 - janvier 2007
Mesures institutionnelles, changements mis en œuvre par des individus et des collectifs, innovations qui se diffusent, ou s’étiolent : l’école change, par tous les bouts ! Dans ce numéro, un deuxième dossier fait le point sur l’école au Québec, et en particulier la réforme des programmes centrés sur l’approche par compétences.