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Revue de presse du mardi 8 avril 2014

C’est la fête à Geneviève, Benoît, Vincent et Jules !


L’actualité du jour a bien évidemment vécu au rythme du discours de politique générale de Manuel Valls.

C’est la fête à Geneviève

Fronde contre la reconduction de Fioraso au gouvernement (Les Echos), Université : la faillite fera du bruit (Libération), Enseignement supérieur : Hollande soutient fermement Geneviève Fioraso (Mediapart), Plusieurs milliers d’universitaires critiquent le bilan de Fioraso (Le monde), les médias sont nombreux à évoquer la pétition signée par plus de 6000 universitaires pour dénoncer le « désastre » qu’a représenté, selon eux, « la poursuite de la loi relative aux libertés et responsabilités des universités [LRU] » par l’ex-ministre de l’enseignement supérieur Geneviève Fioraso dont la rumeur l’annonce renommée à son poste comme secrétaire d’Etat.
Tribune pour une autre politique à l’égard du supérieur ou pression pour que G. Fioraso ne soit pas reconduite ?


C’est la fête à Benoit

« Oui, Benoît Hamon s’y connaît en matière d’éducation », c’est ainsi que débute un article très acerbe de Marianne puisqu’il enchaîne par « dans son dernier livre paru en 2011, il y consacre… 10 pages sur 300 ! ». Les citations qui suivent reprennent les quelques propositions qu’ils faisaient alors et « dont la plupart rejoignent les mesures phares portées depuis deux ans par son prédécesseur, Vincent Peillon ». Pour Marianne, c’est le signe que le nouveau locataire de la rue de Grenelle envisage « sa nouvelle mission comme une simple poursuite de ce qui a déjà été engagé » et ça n’a pas l’air de plaire à Patricia Neves qui signe cet article.
Notre nouveau ministre a-t-il le niveau ? C’est en substance la question que pose Claude Lelièvre dans l’Express.fr « On pourrait croire que le niveau des ministres de la Ve République baisse en voyant deux licenciés d’histoire, Manuel Valls et Benoît Hamon, succéder à un certifié d’allemand, Jean-Marc Ayrault, et à un agrégé de philosophie, Vincent Peillon, respectivement à Matignon et à l’Education nationale.  » remarque-t-il. L’Historien de l’éducation en profite pour nous faire un exposé sur les diplômes de nos gouvernants passés et présents. Le poids des énarques et des agrégés y était -est-ce une surprise- important ? Mais « les temps changent » conclut-il. Est-ce vraiment mauvais ?

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Le dessin de Fabien Crégut

C’est la fête à Vincent

Ce matin sur l’Express.fr, Marie-Caroline Missir se demandait si on se dirigeait vers un moratoire de la réforme des rythmes scolaires. A quelques heures du discours de politique générale de Manuel Valls, son article rappelait la mobilisation des réformistes ce week-end pour sauver cette réforme et rappelait les options qui s’offraient au nouveau gouvernement sur ce sujet. : Ne pas se coucher devant l’opposition mais « Proposer des ajustements, pourquoi pas », suggère François Testu, chronobiologiste, ardent défenseur de cette réforme et tout niveau président de l’ORTEJ, (Observatoire des rythmes et des temps de l’enfant et des jeunes), « mais faire une marche arrière et revenir à la semaine de quatre jours serait une catastrophe »
La réponse est venue à 15h48 (heure à laquelle le nouveau 1er ministre a enfin abordé le thème de l’éducation après tous les autres) « La réforme des rythmes est une bonne réforme » a déclaré Manuel Valls avant d’annoncer un « assouplissement du cadre réglementaire ». Parmi les défenseurs de cette réforme, sur les réseaux sociaux, les plus pessimistes ont aussitôt remarqué qu’en langage Education Nationale, cela signifiait le plus souvent enterrement de la réforme, les plus cyniques annonçaient quant à eux une future concertation pour assouplir une réforme mise en place après un an de concertation, quant aux optimistes, ils espéraient que s’il y avait un vrai contre-pouvoir pour assouplir, il n’y en aurait pas pour revenir à 4 jours.
On pouvait conclure à l’ouverture d’une boite de pandore pour les opposants à cette réforme. Du reste, le discours de Christian Jacob, qui a suivi celui du premier ministre, a montré combien Vincent Peillon était devenue la cible de l’UMP et laissait présager de ce qui pourrait advenir lors de discussions autour de cet "assouplissement".
Mais, très vite, Maryline Baumard sur l’autre "Peux mieux faire", celui du Monde .fr nous annonçait que le décret serait maintenu. Elle tenait l’information de l’entourage du ministre de Benoît Hamon. « En dépit de son habillage simple, la formule n’était pas immédiatement lisible. Elle est restée ambigue jusqu’aux précisions de la rue de Grenelle. Selon l’entourage de Benoît Hamon, il n’y aura donc "ni retrait, ni report, ni libre choix. L’assouplissement vise à l’application pleine et entière du texte du 24 janvier 2013 qui cadre la réforme des rythmes scolaires". Pour le Premier ministre comme pour son ministre de l’éducation nationale, la concession se limite donc à une prise en compte des difficultés rencontrées par quelques communes dans cette mise en place avec l’"obligation maintenue pour toutes les communes d’appliquer le texte à la rentrée 2014". [...] Cet " assouplissement du cadre" ne passera ni par l’entrée dans un statut d’expérimentation ; ni par une quelconque réécriture du décret comme le demandait le SNU-ipp, le principal syndicat du premier degré, depuis le début. »
Le nouveau gouvernement semble bien être dans la continuité du précédent dans au moins un domaine ; celui de la communication...


C’est la fête à Jules

Sur Le NouvelObs.com, Patrick Fauconnier nous propose à travers les écrits et les propos de Mona Ozouf une belle mise au point sur le mythe Jules Ferry : « Le discours de restauration [de cette école] qui a été tenu durant tout l’année 2013 est une chimère ! [...] C’est une invocation thérapeutique aujourd’hui profondément anachronique, pour toute une série de raisons dont l’inventaire serait interminable ». L’article énonce quelques unes des raisons qui, selon l’historienne, nous distancient irrémédiablement du modèle Ferry. « Primo, il avait légiféré pour une France en grande majorité rurale qui a quasiment disparu aujourd’hui. Ensuite, il était dans une société dont toutes les composantes – famille, école, église – soutenaient conjointement des normes autoritaires. [...] Mais, surtout, l’école de Ferry était "la principale, sinon l’unique institutrice de la nation". Aujourd’hui, elle ne peut plus prétendre à cette situation dominante : le savoir vient aux jeunes par bien d’autres canaux. La révolution numérique met à disposition tous les savoirs immédiatement et sans contrainte ». Pour Mona Ozouf, il convient donc de faire un effort considérable d’invention plutôt que « d’attribuer tous les maux de l’école actuelle à des volontés délibérées, à des intentions malfaisantes de pédagogues qui se seraient acharnés à bouter Phèdre, le Cid et la Princesse de Clèves hors de l’enseignement. » ou d’invoquer un âge d’or. Elle termine par un parallèle intéressant avec le présent (ou le passé très proche) : « En revanche, l’esprit dans lequel cette école s’est bâtie peut encore nous inspirer [...] Jules Ferry était un homme ardent mais toujours soucieux de rendre ses réformes écoutables, acceptables, et prêt à transiger sur l’accessoire pourvu que l’essentiel soit préservé. Contre cet homme de transaction, la gauche radicale et la droite mêlaient sans scrupules leurs voix pourtant antagonistes, et ceci lui inspirait des réflexions sur la difficulté des Français à accepter des réformes partielles, réflexions qui sont toujours d’actualité. »

Demain ce sera (la fête à ?) Géraldine Duboz qui vous proposera sa revue de presse.

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quelle pédagogie dans le supérieur ?
Hors-série n°25 - avril 2012
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Dans ce numéro, des témoignages, des articles de fond, des comptes rendus d’expériences, des « coups de gueule », qui dessinent un panorama de l’enseignement supérieur et ouvrent à la réflexion et à la discussion : comment améliorer la pédagogie universitaire ?

Les rythmes scolaires
Hors-série n°16 - mars 2009
La question des rythmes scolaires a fait l’objet de nombreux articles dans notre revue depuis 30 ans : ce dossier en propose une compilation que l’on espère utile dans les débats en cours.