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Revue de presse du mardi 7 novembre 2017

Système éducatif et pédagogie - Devoirs (non) faits - Divers

Ce mardi, l’actualité éducative est assez riche et parle notamment de pédagogie et de notre système éducatif. On mettra également l’accent sur le dispositif "devoirs faits", dont la mise en oeuvre continue de faire couler beaucoup d’encre, et on finira par quelques informations diverses.


Système éducatif et pédagogie

Vousnousils rend compte d’une note de l’Académie des sciences concernant le bac S, qui ne serait plus assez scientifique : « Alors que vient de débuter officiellement la concertation sur la réforme du baccalauréat, l’Académie des sciences appelle, dans une note publiée en octobre, à redonner à la filière S son orientation scientifique. Pour l’Académie, les réformes du lycée de 2000 et 2010 ont transformé la série. » C’est sans doute le revers de la médaille du système des filières qui fait de la S la voie royale pour tous les bons élèves, appétence pour les sciences ou pas...
Vousnousils annonce également que M. Blanquer a l’intention de refaire une réforme de l’éducation prioritaire : « Jean-Michel Blanquer annonce la tenue prochaine d’une concertation sur l’éducation prioritaire, afin de proposer une nouvelle carte. Il souhaite aussi améliorer la formation initiale et continue des profs. »
Il est également question d’éducation prioritaire (et d’hétérogénéité) dans ce dossier proposé par Canopé : « Ce dossier, issu d’un groupe de travail piloté par le bureau de l’éducation prioritaire de la DGESCO, propose des éclairages et des ressources privilégiant conjointement les illustrations concrètes et les apports de la recherche pour penser la question : « Comment l’hétérogénéité peut-elle devenir un levier de réussite pour les élèves ? » »
Dans une tribune sur Slate, plusieurs centaines de collègues annoncent ne plus vouloir enseigner la règle qui veut que le masculin l’emporte sur le féminin : « [Tribune] 314 membres du corps professoral de tous niveaux et tous publics, enseignant la langue française ou ayant à corriger des copies ou autres textes rédigés dans cette langue, s’engagent à ne plus enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ». »
Enfin, le blog des Céméa revient sur la première édition de la Biennale de l’éducation nouvelle : « La première Biennale internationale de l’Éducation nouvelle (2 au 5 novembre 2017) a posé les enjeux en matière de pédagogie : accès à tous et toutes à une éducation exigeante, émancipatrice et rigoureuse. Dans son intervention de clôture, Philippe Meirieu, grand témoin, donne les perspectives pour conduire une éducation démocratique et sociale, revalorisant savoirs, coopération et individus. »


Devoirs (non faits)

Le Café pédagogique n’y va pas avec le dos de la cuillère et parle de dispositif surfait : « Décrypté à l’usage des parents, il apparait en réalité que les élèves seront accompagnés par des jeunes très peu ou pas du tout qualifiés, les jeunes du service civique. Même au niveau de la coordination dans l’établissement, une tache purement administrative, on ne trouve que moitié d’enseignants. Les personnels de direction sont contraints souvent de s’en occuper eux-mêmes…
Ce que montrent les études internationales, c’est la difficulté d’un encadrement efficace des élèves et de leurs devoirs. En réalité cet encadrement devrait être fait dans la classe et sur les heures de classe. A défaut, pour pouvoir aider les élèves en difficulté et réduire les inégalités, l’aide aux devoirs devrait être effectuée par des enseignants ou par des personnels formés travaillant en lien avec les enseignants. Il faudrait inclure dans le dispositif ce temps régulier d’échange entre enseignants et "aidants". Il faudrait aussi que les premiers et les seconds soient au clair sur les objectifs donnés aux devoirs et préparent en classe le travail à réaliser. Prétendre réduire les inégalités sociales de réussite scolaire par l’aide aux devoirs est un leurre , une utopie quand cette aide utilise du personnel non formé et étanche à la classe. Mais justement le ministre lui-même ne promet pas cette réduction des inégalités. »

Le Parisien relaie aussi un certain scepticisme sur la mise en oeuvre de la FCPE : « Pour Hervé-Jean Le Niger, vice-président de la FCPE, l’aide gratuite aux devoirs pour les collégiens - qui entre en application ce lundi - dépend surtout du niveau des encadrants qui seront recrutés. »
Le Figaro aborde aussi la mise en oeuvre du dispositif et aborde la généralisation de celui-ci en primaire, dès 2019 : « Entre un quart et la moitié des établissements proposent déjà un dispositif de ce type, surtout sous forme d’études surveillées. « Devoirs faits », généralisé à partir de ce lundi, concernera le primaire à partir de 2019. » Et si la mise en oeuvre précipitée est hautement critiquable, sans parler des inégalités entre établissements qui n’ont pas tous les moyens de mettre en place une organisation acceptable, la concurrence des officines privées montre qu’il est tout de même urgent de proposer un service public pour l’aide aux devoirs (avant de repenser, sans doute, ce que devrait être le travail personnel des élèves). Les Echos illustrent cette nécessité en publiant un article sur ces fameuses officines : « Evalué à 1,5 milliard d’euros, le marché, qui surfe sur les angoisses parentales, voit apparaître de nouveaux acteurs du numérique toujours plus offensifs. »


Divers

Deux informations pour conclure cette revue de presse. Vousnousils nous apprend que M. Blanquer compte sur les médecins non scolaires (déjà trop peu nombreux notamment en zone rurale) pour pallier le manque criant et scandaleux de médecins dont souffre l’institution (et surtout nos élèves). On lui souhaite bon courage : « Le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer a évoqué, lors d’une audition à l’Assemblée nationale, l’avenir de la médecine scolaire, dont la condition est préoccupante. Il a notamment évoqué l’idée de faire appel à des médecins non scolaires pour améliorer la situation »
Et pour finir, Ouest-France se demande si nous ne devrions pas apprendre à conduire dès l’âge de dix ans : « Au Royaume-Uni, l’auto-école Young Driver propose de donner des leçons de conduite aux plus jeunes, à partir de 10 ans et même bientôt dès l’âge de 5 ans ! Bonne idée ou initiative absurde ? »
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 539 - Pouvoir d’agir et autonomie de l’école au lycée

Dossier coordonné par Michèle Amiel et Gwenaël Le Guével
septembre-octobre 2017

Prendre des initiatives, engager un processus de décision, animer une équipe, mettre en place une innovation, etc. Est-ce le domaine réservé du directeur d’école, de l’IEN, du chef d’établissement ? Au bout du compte, l’augmentation du pouvoir dans un établissement autonome, c’est celle du chef ou celle des personnels.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.