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Revue de presse du mardi 7 mai 2019

Confiance — Lycée — L’ENA — Cités éducatives

Les réformes “Blanquer” et autres sont toujours sur la sellette !


Confiance

Exhaustif : La loi Blanquer réécrite par le Sénat
Les professeurs des écoles évalués par leurs directeurs, l’affectation des enseignants contournant la procédure officielle, les services d’enseignement annualisés : ce sont quelques unes des modifications apportées par la Commission de l’éducation du Sénat à la loi Blanquer. Dominée par la droite, majoritaire au Sénat, elle a adopté cette loi le 30 avril en la modifiant assez profondément dans trois directions. La première c’est une prise en compte des intérêts des collectivités territoriales, jusque là assez méprisés par le gouvernement. La seconde va dans le sens du conservatisme social. La troisième, on l’a vu, joue la carte du nouveau management public et transforme substantiellement le métier enseignant. On a là les bases d’un futur compromis tant la proximité politique est grande entre le ministre et cette assemblée dominée par la droite.”

Loi Blanquer : Les sénateurs pas mécontents de faire la leçon au ministre
Un projet de loi sans vision et sans grand enjeu, trop précipité et souffrant cruellement d’un manque de concertation : les sénateurs, que le pouvoir macronien avait snobés durant les deux premières années du quinquennat, ne se sont pas gênés pour faire la leçon au ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer. Présentant le 2 mai dernier à la presse le texte du projet de loi Pour une école de la confiance adopté par la commission de l’éducation, de la culture et de la communication, Max Brisson, le rapporteur Les Républicains, sénateur des Pyrénées-Atlantiques, a porté un jugement plutôt sévère, soulignant à plusieurs reprises combien le texte aurait été meilleur s’il avait été précédé d’une concertation avec les élus des territoires... Au total, la commission du Sénat a adopté 141 amendements, supprimant le très controversé article sur les établissements publics locaux d’enseignement des savoirs fondamentaux (EPSF) et en ajoutant d’autres, notamment sur une gestion plus managériale des ressources humaines.”

« Ecole de la confiance » : Pourquoi le devoir « d’exemplarité » prévu dans le projet de loi horripile les profs
L’article 1 du projet de loi pour une école de la confiance est interprété comme une volonté de museler les profs.”

« Dans sa forme actuelle, la réforme de la formation des enseignants déqualifie le métier au détriment des élèves » Tribune par un Collectif
Parmi d’autres dispositions, le projet de loi « pour une école de la confiance » prévoit de recourir à « des milliers d’étudiants non qualifiés » pour faire la classe, s’alarment, dans une tribune au « Monde », dix formateurs d’enseignants de l’académie de Créteil.”

EPSF : La liaison école collège n’est pas une affaire de structure
"L’existence d’ensembles scolaires communs premier et second degré ne jouerait pas un rôle significatif sur la qualité de la continuité école ‐ collège, qui à ce jour, se limite, dans la grande majorité des établissements concernés, à des échanges à faible impact sur la continuité des apprentissages". En 2016, l’Inspection générale lançait une réflexion sur la liaison école collège, confiée à Marie-Hélène Leloup et Pierre Lussiana. Leur rapport voulait aller au fond des choses pour comprendre pourquoi c’est si difficile d’assurer une transition heureuse entre ces deux niveaux scolaires. Trois ans plus tard, alors que la loi Blanquer veut imposer les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) pour faciliter cette transition, un retour sur leurs conclusions s’impose…

Loi école : les directeurs critiques se font corriger Par Marie Piquemal
Lettres de remontrances, avertissements verbaux du rectorat… « Libé » a recueilli les récits de plusieurs enseignants mobilisés contre le projet Blanquer, au menu du Sénat mi-mai.”


Lycée

Nouveau bac : où en est-on ? par Olivier Rollot
Certes contestée par certains, la réforme du lycée et du bac généraux voulue par Jean-Michel Blanquer avance à grands pas. On sait maintenant peu ou prou quelles spécialités de première ont choisi les élèves et les épreuves terminales du bac se précisent peu à peu. Il n’en reste pas moins encore beaucoup de flou. L’avis de deux experts.”

Marc-André Selosse : La disparition silencieuse des SVT
Avec « un horaire dérisoire face aux enjeux », Marc-André Selosse, professeur au Muséum national d’Histoire naturelle et aux Universités de Gdansk (Pologne) et Kunming (Chine), membre de l’Académie d’Agriculture s’alarme sur la disparition progressive des sciences de la vie et de la Terre au lycée. Le scientifique détaille les raisons de ses inquiétudes. « Les SVT préparent au complexe », assure celui qui voit la bio-industrie chinoise « préparer activement ces compétences là ». Au delà des emplois, « les SVT fondent la liberté de choix et de décision citoyenne ». « La chute des postes au capes de SVT (-20,4% en 2019 et -23% en 2018) illustre le recul ». Marc-André Selosse regrette aussi le manque d’interdisciplinarité de la réforme avec la suppression des TPE. Il déplore un « enseignement scientifique trop court pour faire vivre cette interaction (scientifique) dans l’emploi du temps ou l’esprit de l’élève ».”

Réforme du Bac : dernière ligne droite pour les lycéens avant la rentrée 2019
2019 va marquer un changement profond pour les futurs bacheliers. À la rentrée prochaine, et pour la première fois depuis la réforme du baccalauréat amorcée par le ministre de l’Éducation, Jean-Michel Blanquer, les lycéens n’auront plus à choisir, parmi les trois filières dites "traditionnelles" (L, S et ES).”

Et dans ce contexte les lycéens travaillent souvent en dehors du lycée, et pas “scolairement”.
Plateformes de livraison Thierry Berthet : « Les mineurs qui travaillent ont deux fois plus de risques de redoubler » Par Marie Piquemal
Thierry Berthet, directeur du Laboratoire d’économie et de sociologie du travail, regrette que le problème, qui touche surtout le mineurs de milieux défavorisés, ne soit pas plus pris en compte en France.”

Et ajoutons « Le blues des conseillers d’orientation » Tribune de Vincent Troger Maître de conférence en sciences de l’éducation
Alors que des centaines de milliers de lycéens consulteront dans quelques jours les premiers résultats de Parcoursup, le chercheur en sciences de l’éducation Vincent Troger s’interroge sur le peu d’importance accordée, en 2019, aux conseillers d’orientation.”


L’ENA

Suppression de l’ENA : « Il faut remettre en jeu le système scolaire dans son ensemble » Tribune de Roger-François Gauthier Expert international en éducation
L’Ecole normale d’administration (ENA), que le président de la République souhaite supprimer, ne peut porter seule les responsabilités du manque de démocratisation du système scolaire français, selon l’expert international en éducation et ancien élève de l’ENA Roger-François Gauthier.”

« La suppression de l’ENA démontrerait la faible capacité de la France de se réformer » Tribune par Jocelyn Caron Ancien élève de l’ENA
Ancien élève québécois de l’Ecole nationale d’administration, Jocelyn Caron estime, dans une tribune au « Monde », qu’abolir cet établissement de prestige induirait un doute quant à la qualité du système éducatif et, au-delà, nuirait à son rayonnement international.”

Alain Klarsfeld : « Il faut mettre fin au cloisonnement vertical et horizontal de la fonction publique »
Dans une tribune au « Monde », le spécialiste en science des organisations propose des pistes de réflexion pour que la réforme de l’ENA profite à l’ensemble de la fonction publique.
Derrière la suppression projetée de l’Ecole nationale d’administration (ENA) et des grands corps, se profile un chantier bien plus important (et où se situent les réels enjeux), celui de toute la fonction publique. Quelques pistes de réflexions peuvent être proposées, en sus bien sûr des nécessaires réformes « amont » de notre système éducatif
.”


Cités éducatives

Lancement des cités éducatives
JM Blanquer et J Denormandie, ministre de la Ville, ont lancé le 2 mai les "Cités éducatives". "L’ambition des Cités éducatives n’est pas d’être un dispositif de plus mais l’occasion de mieux coordonner et renforcer les dispositifs existants", annonce le ministère. Les Cités sont d’abord "une grande alliance des acteurs éducatifs travaillant dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville : services de l’État, des collectivités, associations, habitants. À travers les Cités éducatives, le Gouvernement veut ainsi fédérer tous les acteurs de l’éducation scolaire et périscolaire, dans les territoires qui en ont le plus besoin et où seront concentrés les moyens publics". Ainsi le ministère veut "promouvoir la continuité éducative", "conforter le rôle de l’école", "ouvrir le champ des possibles". Le programme s’inspire d’une politique menée à Grigny. Le budget alloué à l’opération reste modeste : 34 millions par an à partager entre 80 territoires. Sur le plan éducation, chaque collège tête de réseau disposera de 30 000 euros et un principal sera affecté pour assurer la coordination des politiques. Alors qu’on attend une nouvelle carte de l’éducation prioritaire, le ministère semble redécouvrir les projets éducatifs territoriaux.”

Éducation nationale : Planoise, bientôt une cité éducative ?
Le quartier de Planoise à Besançon fait partie des 80 territoires « prioritaires » sélectionnés pour accueillir un dispositif « cité éducative ». Ce dernier servira à coordonner les services d’Etat, les collectivités, les associations et les habitants pour accompagner l’enfant de 3 à 25 ans autour du cadre scolaire. Une enveloppe de 100 millions d’euros sur trois ans sera débloquée pour aider les collectivités dans leurs démarches.”

Sortir de l’échec scolaire. L’exemple du District de Docklands
La mise en œuvre d’une dynamique de changement se déroule au moins selon trois étapes : la première est le moment où l’unité éducative reconnaît les difficultés, identifie les problèmes et prépare un plan d’action pour les résoudre. Cette étape dure environ trois mois (Stark, 1998). Ensuite, l’enjeu est que l’établissement ou l’école retrouve ses fondamentaux en mettant en œuvre son projet : se donner une direction, assurer une gestion efficace mais ajustée au contexte, améliorer les conditions d’enseignement et d’apprentissage. Cette période dure entre 18 mois et 2 ans. C’est seulement après ces premiers temps qu’une dynamique de changement et une direction systémique peuvent être envisagées au fur et à mesure que se transforment les relations entre les membres de la communauté éducative. L’exemple du district de Docklands à Londres en est une bonne illustration (Hargreaves & Shirley, 2009).”

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 552 - Les dys dans la classe
Dossier coordonné par Nicole Bouin et Émilie Pradel
mars 2019
L’accueil des élèves présentant des troubles des apprentissages, dont les «  dys  », ne va pas sans difficultés au quotidien pour les enseignants. Notre dossier propose des éclairages de chercheurs sur ces troubles et donne la parole aux praticiens de terrain, aux parents, aux anciens élèves dys, aux médecins, aux associations…

N° 551 - Expliciter en classe
Dossier coordonné par Andreea Capitanescu Benetti et Sylvie Grau
février 2019
L’enseignement explicite, de quoi s’agit-il exactement ? Le projet de ce dossier est de faire le point sur ce que disent les chercheurs, les formateurs, mais surtout d’aller explorer ce qui se passe dans les classes. Qui explicite ? Quoi ? Quand et comment ?