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Revue de presse du mardi 6 mai 2014

Au rythme de la presse écrite - Au rythme des réseaux sociaux - Au rythme de la presse audiovisuelle - Au rythme présidentiel -


La pelle de Bob Igny a été égarée par certains. Faudrait quand même essayer de la retrouver, ils en ont visiblement besoin pour enterrer la refondation...

Parce qu’une revue de presse "éducation" qui n’aborderait pas la question des rythmes scolaires ne serait pas vraiment une revue de presse "éducation", vous allez être gâtés aujourd’hui ! La faute au Conseil Supérieur de l’Education (CSE) qui a voté hier contre le décret d’assouplissement du nouveau ministre.
Les médias du jour ont donc de nouveau très largement couvert cette question.

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Le dessin de Fabien Crégut

Au rythme de la presse écrite

Libération parle de « la gymnastique rythmique de Benoît Hamon », Le Monde plus sobrement titre « la communauté éducative rejette le nouveau décret ». Le quotidien du soir rappelle à juste titre que « le gouvernement n’est pas tenu par l’avis de cette instance consultative, qui réunit notamment syndicats d’enseignants, fédérations de parents d’élèves et collectivités locales. Le décret entrera en vigueur probablement en fin de semaine. »«  Le premier décret sur les rythmes avait déjà été rejeté au CSE  »


Au rythme des réseaux sociaux

Le détail de ce vote de rejet du décret se présente ainsi : 3 votes pour ( Peep , JPA, Ligue de l’enseignement), 27 abstentions ( Unsa, Sgen-CFDT, UNL ) et 31 votes contre ( FO, CGT, SUD, FCPE, FSU, Snalc ). Mails il cache en réalité bien des nuances. Si certaines organisations syndicales ont rejeté ce décret c’est parce qu’à leurs yeux, il dénaturait et remettait en cause le projet initial, d’autres, au contraire, l’ont fait pour obtenir encore plus d’assouplissements, quand d’autres encore l’ont clairement rejeté pour revenir à la semaine de quatre jours. On peut avoir une idée plus claire des positions de chacun en lisant le storify de ce CSE sur twitter (compilé par Stéphanie de Vanssay).
Les votes sur les amendements proposés par les différentes organisations montrent notamment que le Conseil Supérieur de l’Education soutient la réforme des rythmes scolaires, tous les amendements permettant le retour de la semaine Darcos (déposés par le SNUIPP, le SNALC ou FO) ayant reçu au plus 14 voix sur les 64 exprimées.


Au rythme de la presse audiovisuelle

Le Monde en a profité pour donner aussi la parole aux chronobiologistes. Et le début de l’article donne, comme pour ce vote du CSE, une impression des plus mitigée de la situation : « Certains sont un peu désabusés, d’autres ne cachent pas leurs regrets, mais tous les chronobiologistes que Le Monde a sollicités voient dans le projet d’assouplissement de la réforme des rythmes un intérêt premier : celui de tordre le cou définitivement à la semaine de quatre jours. »
France 2, hier soir dans son JT de 20h (à partir de 7’28), prenait lui aussi l’avis d’un chronobiologiste François Testu : « une journée de six heures, c’est trop long » mais aussi celui des parents. L’un d’entre eux a tenu des propos qui ne doivent pas laisser indifférent d’anciens ministres de l’Education Nationale : « Il ne faut pas demander son avis à tout le monde, car tout le monde donne un avis différent, il faut savoir s’imposer. »


Au rythme présidentiel

Invité ce matin de J-J Bourdin sur RMC/BFM, le Président de la République a abordé cette question lorsqu’il fut interrogé par une auditrice représentante des "gilets jaunes" qui lui a demandé d’abroger la réforme Peillon. « Ce n’est pas l’avis de tous les spécialistes », a répliqué François Hollande précisant « qu’ il a été observé que la journée de 4 jours était une exception dans tous les pays européens ». Il a toutefois concédé « qu’il y ait eu des difficultés d’application,[...], c’est pour ça que j’ai demandé à Benoit Hamon de modifier le décret. [...] Si dans 2 ou 3 ans il y a des retours qui ne sont pas ceux espérés, on en tirera le bilan. »
Il s’est montré par contre, et à juste titre, plus clair dans la condamnation des propos tenus par la même auditrice sur les activités périscolaires : « Ne me faites pas croire que votre ambition est de faire de la France le premier pays exportateur de macramé ou le pays champion du monde de Zumba  ? », en répliquant : « Ne caricaturons pas les activités périscolaires, c’est important ».
Pas sûr que ça suffise à rassurer Claude Lelièvre qui dans l’Express.fr accuse François Hollande d’avoir oublié sa promesse sur la refonte des rythmes scolaires. L’historien de l’éducation fait mouche en rappelant (de manière fort habile) d’abord qu’il s’agissait bien d’une promesse présidentielle : « Jean-Francois Copé a prétendu sur France 2 le dimanche 4 mai que la réforme des rythmes scolaires était une "lubie de Vincent Peillon". Ou le dirigeant de l’UMP ment effrontément en toute connaissance de cause, ou il est d’une ignorance inquiétante pour un dirigeant politique...Il doit en effet savoir - comme nombre de Français - que le candidat aux présidentielles François Hollande a pris publiquement l’engagement lors de son discours sur l’Ecole prononcé à Orléans le 9 février 2012 de réformer les rythmes scolaires "en allongeant le temps sur l’année et en diminuant les surcharges journalières".  » Puis il enfonce le clou en opposant "restauration et refondation" : « Revenir à cinq matinées de classe par semaine est de l’ordre de la "restauration", c’est à dire à ce qui existait, pour l’essentiel, dans la grande majorité des écoles communales avant la réforme de Xavier Darcos. Et cela semble bien un objectif clair du décret présenté par le nouveau ministre de l’Education nationale Benoît Hamon. En revanche, la diminution de la durée de la journée de classe (qui n’a jamais été jusqu’ici au centre des réformes des rythmes scolaires focalisées jusqu’alors sur la durée des différentes vacances et leur distribution dans l’année) fait partie de l’ambition inédite de " refondation de l’Ecole ". Mais là, c’est beaucoup moins clair, car les "expérimentations" permises envisagées par le nouveau décret présenté et rejeté par le Conseil supérieur de l’éducation permettent de garder les journées de classe de six heures. »

Le débat n’est pas clos. Nul doute que de prochaines revues de presse devront encore revenir sur cette question.
Dès demain peut-être sous le clavier de Bernard Desclaux.
Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Les rythmes scolaires
Hors-série n°16 - mars 2009
La question des rythmes scolaires a fait l’objet de nombreux articles dans notre revue depuis 30 ans : ce dossier en propose une compilation que l’on espère utile dans les débats en cours.

Le temps d’apprendre
Revue n°490 - juin 2011
L’objet de ce dossier est de montrer différentes manières dont joue le temps dans les apprentissages. À long terme sur les parcours des élèves ou la conception des enseignements. À court terme sur la vie de la classe, ses gestes au quotidien, le respect des rythmes de chacun, les souplesses à trouver entre lenteur et rapidité.