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Revue de presse du mardi 6 décembre 2015

Orientation, réussite et origine sociale - Violence anti-scolaire - Anniversaire


Orientation, réussite et origine sociale

Une enquête de Sciences Po, mise en lumière par Le Figaro, "démontre qu’à niveau scolaire égal, « les élèves d’origine modeste sont moins souvent orientés dans la voie qui accueille les bons élèves »." Cela vient en grande partie des parents. Ceux de milieux favorisés ne veulent souvent pas d’une formation professionnelle pour leur enfant. Dans les milieux défavorisés, par contre, on "s’auto-censure".

Ce déterminisme social est à retrouver dans cette enquête sociologique sur les prénoms et l’accès à la mention "Très bien" au bac. L’auteur de cette enquête (qui n’est pas nouvelle) revient dessus dans un billet de blog surRue89 car ses résultats ont été "détournés" par une série de sites : "en escamotant la structure sociale, ils me font dire l’opposé de ce que j’écris. En proposant un « Top 10 des prénoms de filles qui ont eu les meilleurs résultats au bac » et un « Top 10 des prénoms de filles qui se sont un peu laissé aller », ils créent un palmarès, qui, malheureusement, est un faux palmarès."


Hausse de la violence anti-scolaire

C’est Eric Debarbieux, délégué ministériel chargé de la prévention et de la lutte contre les violences en milieu scolaire, qui l’évoque dans une interview accordée au journal 20 minutes, en réaction au saccage de deux écoles de Bagnolet.
"Depuis la fin des années 90, on assiste à une montée de la violence anti-scolaire qui s’exprime aussi bien par les agressions d’enseignants ou de directeurs d’établissements que par des actes de vandalisme envers les bâtiments". Les auteurs peuvent être des élèves (leur motivation est alors la vengeance) ou des groupes de délinquants qui s’en prennent à l’école en tant que "lieu sacré de la République". L’Education nationale réagit en renforçant les liens avec la police, en formant les chefs d’établissement à la gestion de crise. Mais en amont, elle agit aussi sur le décrochage scolaire, sur l’image de l’école dans les quartiers en difficulté.


Le pseudolibéralisme à l’école

Dans le café pédagogique, Jean-François Jarraud interview Yves Duterq, coordonnateur avec Pierre Maroy du dernier numéro de la revue Education comparée qui fait le point surles politiques d’accountability ou gestion par les résultats, introduite en France avec l’instauration de la LOLF. Il compare notamment ces politiques en Amérique du Nord (Etats-Unis, Canada) et en France.
"Le Nouveau management public, comme les politiques d’accountability ont été attisés par la dénonciation, en partie fondée, d’un Etat omnipotent, dispendieux et inefficace. C’est ce qui a conduit à passer d’une conception d’un Etat éducateur, prévalante en France, à celle d’un Etat régulateur voire simplement évaluateur.
Mais dans les faits il en va tout autrement : on peut considérer que le régime postbureaucratique ajoute en faite les affres du pseudolibéralisme aux défauts du dirigisme étatique. L’Etat impulse des réformes ou des actions et délègue aux acteurs intermédiaires et locaux le soin de les mettre en œuvre sans avoir prévu d’autres formes de régulation que des évaluations déficientes ou mal ajustées et en ayant oublié toute formation nécessaire à la compréhension et à l’appropriation des mesures proposées. Cette situation conduit à une dépréciation plus grande encore de l’action de l’Etat par les usagers et à une perte de confiance des personnels
."


Anniversaire

France Info le rappelle :le 6 janvier 1959 " une ordonnance prolongeait la durée de la scolarité obligatoire de 14 à 16 ans". En rappelant que l’obligation scolaire ne veut pas dire scolarisation : "en France, c’est l’instruction qui est obligatoire, pas le fait d’aller à l‘école. Les familles qui le souhaitent ont tout à fait le droit de scolariser leurs enfants à domicile."

Géraldine Duboz,avec l’aide de Bernard Desclaux


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