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Revue de presse du mardi 5 décembre 2017

PIRLS - La politique du Jacques a dit- Divers

Une courte revue dominée par la présentation de PIRLS 2016 et l’inévitable jeu de "Jacques a dit" ministériel. On terminera par quelques informations diverses.


PIRLS 2016

Grande agitation médiatique et ministérielle aujourd’hui autour de la publication de l’enquête PIRLS 2016. Cette enquête mesure les performances des élèves en matière de lecture et de compréhension de l’écrit, et comme le relève Francetvinfos, pour la France, ce n’est guère brillant : « La dernière enquête Pirls (Progress in International Reading Literacy Study), réalisée en 2016 dans 50 pays et dévoilée mardi 5 décembre, montre les très faibles performances en lecture des élèves français scolarisés en CM1. La France est très loin derrière le peloton de tête emmené par la Russie, Singapour et Hong-Kong.
Il a été demandé aux élèves de ces 50 pays de lire 12 textes courts, soit des histoires, soit des articles, dont le vocabulaire était adapté à leur âge. Les chercheurs n’ont pas uniquement observé si les élèves savaient lire ces textes, mais aussi s’ils savaient les comprendre, les interpréter... Le résultat est très médiocre pour les écoliers français. »
Les Echos consacrent un article au même sujet :« Selon l’étude internationale Pirls, les compétences en lecture des écoliers français en classe de CM1 sont en baisse par rapport au début des années 2000. »


La politique du "Jacques a dit"

Comme nous en avons maintenant l’habitude, l’annonce de ces mauvais résultats a aussitôt donné lieu à son lot d’injonctions inutiles. Et dans ce nouveau jeu de Jacques a dit, M. Blanquer n’a pas eu besoin d’aller chercher très loin. Il a repris une idée de Najat Vallaud-Belkacem : la dictée quotidienne, mais qu’il veillera à faire appliquer... Cette injonction répétitive, qui fait office de pansement sur une jambe de bois, a bien sûr eu l’effet escompté. Le Parisien s’en fait l’écho, par exemple : « Le ministre a réagi après la publication de la dernière étude internationale sur le niveau de lecture des écoliers, qui place la France parmi les derniers de la classe européenne. »
Francetvinfos traite aussi le sujet, en rappelant toutefois qui est à l’origine de cette idée : « C’est la réponse du ministre de l’Education nationale aux mauvais résultats des élèves français dans une nouvelle étude internationale. Jean-Michel Blanquer a annoncé, mardi 5 décembre, la mise en place d’une dictée quotidienne à l’école primaire. L’idée n’est pas nouvelle – Najat Vallaud-Belkacem le promettait dès 2015 – mais elle doit désormais "devenir une réalité", insiste-t-il. » Pour être tout à fait juste, rappelons que M.Blanquer n’est pas le premier ministre de l’Education nationale à fonctionner de la sorte (mais qu’il est en revanche le premier à avoir assuré renoncer aux injonctions pour s’empresser de faire le contraire) et que ces effets d’annonce font office de politique éducative depuis très longtemps dans notre pays. Il est donc très difficile de s’en défaire. Mais rappelons aussi qu’il est fort dommage de dévoyer la dictée, qui peut être un outil utilie si elle est bien employée, à des fins de communication. Le ministre prend le risque, une nouvelle fois, en imposant un outil à mauvais escient, d’occulter le fait que la pédagogie exige du temps et que faire lire (et non déchiffrer) ou écrire (et non copier) les élèves est à terme bien plus payant, même si c’est moins spectaculaire en termes de communication. Et si nous étions mauvaise langue, nous rappellerions que PIRLS 2016 évalue de fait les programmes de 2008, période où M. Blanquer avait déjà certaines responsabilités...
Pour terminer cette réflexion, signalons une interview intéressante dans La lettre de l’éducation à propos du conseil scientifique mis en place par le ministre : « Ce même appel évoque une « expertise enseignante »...
Celle-ci est indispensable. Je suis pour une recherche « interventionnelle », associant chercheurs et praticiens. Le transfert vers la classe de connaissances produites dans le contexte du laboratoire est extraordinairement compliqué. L’intégration de cette « expertise enseignante » dans et par le Conseil scientifique est nécessaire à de véritables productions applicables sur le terrain. »
Voici un passage qu’il devrait méditer, et tous les responsables politiques avec lui...


Divers

Terminons avec deux informations. Un reportage de France 3 Bourgogne Franche Comté nous parle d’éducation aux médias :« La réponse peut surprendre : non, Internet n’a pas tué la presse, bien au contraire ! Elle n’a jamais été aussi vivante à l’école. Journaux papiers, mais aussi web-radios, parfois même web-télés. Les élèves se saisissent des médias avec une facilité déconcertante. »
Enfin, Le Café pédagogique relaie le mécontentement du SNES concernent un éventuel lycée modulaire : « Un lycée « purement » modulaire où les élèves choisissent leurs formations ne fait en rien disparaître les hiérarchies de « prestige » entre les disciplines, ni les inégalités de choix d’orientation entre les élèves, en fonction du genre, de la classe sociale, du niveau scolaire". Dans une analyse poussée, le Snes prend clairement position contre ce qui se dessine comme la réforme souhaitée par le gouvernement : un bac à l’anglaise où l’élève "choisit" sa voie dictée par les exigences universitaires. »
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 541 - Les tâches complexes à la loupe

Dossier coordonné par Christophe Blanc et Florence Castincaud
décembre 2017

Depuis l’instauration du socle commun et l’incitation des enseignants à mettre en œuvre des «  tâches complexes  » dans leurs classes, on assiste à un foisonnement de propositions, personnelles et institutionnelles. Un dossier pour poursuivre la réflexion et nous aider à faire des choix pédagogiques et didactiques plus pertinents.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.