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Revue de presse du mardi 4 novembre

Revue de quatre blogs - Et un prix pour les femmes


La revue de presse de ce soir sera légère et blogs vêtue. Elle se déplacera au Qatar où le WISE est loin de faire l’unanimité mais tient de la place.

Commençons par une introduction en forme d’humour. "10 astuces pour rendre dingue un prof d’histoire-géo", dernier billet de Mara Goyet :
"5) Quand le professeur vous apprend à faire un croquis de géo, ne pas oublier de faire, à la place, un dessin le plus méticuleux possible, avec force détails et couleurs. Veiller à dessiner toutes les maisons, tous les sapins, tous les brins d’herbes (et les coccinelles qui grimpent dessus).
6) Se lancer dans une grande série de "Moi je". "Moi, Hitler, je l’aurais tué", "Moi, Achille, je lui aurais trempé le talon, à la fin", "Moi, j’aurais creusé un tunnel sous le mur de Berlin
"."
On me souffle depuis les classes, qu’en effet, c’est du vécu !

Passons ensuite à une remise de pendules à l’heure, comme sait si bien le faire Claude Lelièvre dans son blog, après l’envolée de François Bayrou qui aurait volontiers donné le vertige : "François Bayrou vient d’affirmer tout de go sur France Info que « les enfants n’apprennent pas à lire pour 30 à 40 % d’entre eux »." Ce qu’il faut retenir au bout du compte, c’est que "si on en juge par les résultats aux tests de lecture à la dernière « Journée Défense et citoyenneté », celle de 2013 (des tests qui ont été quelque peu remaniés en 2008 pour être plus précis techniquement). 81,8% de « lecteurs efficaces’’ en 2013 (contre 79,8% en 2009) ; 8,6% de ’’lecteurs médiocres’’ (contre 9,6% en 2009) ; et 9,6% ’’en difficulté de lecture’’ (contre 10,6% en en 2009)."

Puis partons au Qatar dans la valise de Philippe Watrelot qui y est allé, invité en tant que blogueur :
"J’écris ce premier billet de blog dans un avion de la Quatar Airways qui m’emmène vers Doha où se tient la sixième session du World Innovative Summit for Education (WISE). Ce lundi matin, j’ai fait cours dans mon lycée de banlieue où j’ai rendu les copies que j’avais corrigé durant les vacances, comme de très nombreux profs puis j’ai pris le RER pour me rendre à l’aéroport. A un collègue qui me demandait pourquoi je venais au lycée avec une valise, je lui ai répondu que je prenais l’avion pour me rendre à Doha. Et bien sûr la question qui est immédiatement venue : “mais qu’est-ce que tu vas faire là bas ?”.
Cette question je me la suis moi même posée. Et elle est corollaire à une autre question : pourquoi m’a t-on invité ?"
Il y fait part de ses hésitations, de ses motivations. Et de ce qui l’a conduit a finalement accepter l’invitation : "Pour clore ce billet comme je l’ai commencé, j’ai précisé à mon collègue ce lundi matin que je ne ratais que quatre heures de cours et que celles-ci seraient évidemment remplacées. Et dès vendredi, je serai devant mes élèves. Contre le risque de prise de grosse tête et un sentiment d’irréalité après ce voyage dans les “hautes sphères” rien de tel que ce remède : le contact et le travail avec les élèves."

Luc Cédelle, lui, au Qatar il y est allé en 2010, avait publié des articles "plutôt bienveillants" et il en est bien revenu, comme il l’indique dans son deuxième billet sur le sujet "Le WISE de Doha ou l’« incontournable » oubli de la démocratie" : "Dans le registre anecdotique, qu’il est inutile de développer, certains comportements du côté du WISE, à mon égard comme à celui d’autres journalistes, m’ont fait retomber sur terre et rappeler que nous nous trouvions dans un contexte de travail de communication méthodique, visant un « rendement » rédactionnel avec des objectifs très cadrés. C’est le cas de presque tous les voyages de presse, mais là, j’ai pu ressentir qu’on ne plaisantait pas.
Quant aux « grandes » choses, ce fut essentiellement l’actualité historique qui, à partir de décembre 2010, a ébranlé le monde arabe. Il se trouve que ces événements, à l’encontre de ce que l’on croyait naïvement entrevoir, ont fait voler en éclats la thèse, martelée par les communicants, du Qatar moderniste au sein d’un monde conservateur." Luc Cédelle nous annonce une série de billets. Gageons qu’ils seront comme toujours très étayés. De quoi, peut-être changer nos représentations. Si besoin était.

Mais ne boudons pas notre contentement : dans son article intitulé « Rien n’a plus d’effets pour une nation que la scolarisation des filles », Aurélie Colas nous apprend que "c’est une femme déjà très décorée qui vient chercher au Qatar, mardi 4 novembre, sa nouvelle médaille. Ann Cotton, fondatrice et présidente de l’ONG Camfed, est la lauréate du prix WISE – sorte de « Nobel » de l’éducation qui récompense, chaque année depuis 2011, lors du sommet Wise organisé par la Fondation du Qatar, une personnalité ou une équipe pour son engagement au service de l’éducation." Dans une interview pour le journal, Ann Coton rappelle combien la situation des filles est en retard sur celle des garçons dans le monde "Dans de nombreux pays, les filles ont moins de chances d’être scolarisées que les garçons. Selon l’Unesco, 493 millions de femmes sont analphabètes, soit les deux tiers des adultes analphabètes dans le monde. 40 % des pays n’ont pas encore atteint la parité au niveau de l’école primaire (c’est-à-dire un taux de scolarisation égal chez les filles et les garçons), et ce taux grimpe à 62 % au niveau du secondaire. Les filles sont particulièrement désavantagées dans les Etats arabes, en Asie du Sud-Ouest et en Afrique subsaharienne." Pour quelle raison première ? : "dès mon premier voyage au Zimbabwe, au début des années 1990, j’ai compris que les mécanismes étaient économiques : c’est la pauvreté qui conduit à l’exclusion des filles et qui les maintient dans un statut inférieur à celui des hommes." Son association apporte un soutien financier et matériel, accompagne vers les études supérieures, forment au management ou à la finance, ou sensibilise aux questions d’hygiène et de prévention des maladies. Ensuite ? "Ensuite, elles peuvent rejoindre notre réseau « Cama ». Elles deviennent des modèles pour les jeunes filles de leur communauté et, à leur tour, elles leur apportent leur soutien."

Christine Vallin

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Le dessin de Geneviève Brassaud
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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mieux apprendre par la coopération
N° 505 coordonné par Sylvain Connac et Stéphanie Fontdecaba
mai 2013
"Lorsque deux enfants, deux élèves ou deux adultes coopèrent, ils apprennent au travers des échanges. En même temps, ils se construisent des valeurs humanistes telles que la solidarité, le partage, le respect. Des témoignages pédagogiques, des repères précis pour oser l’aventure, dépasser les embuches."

Enseigner l’histoire-géographie avec le numérique
Hors-série n°37 - octobre 2014
Dossier coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet

Ce dossier, coordonné par Laurent Fillion et Olivier Quinet, montre que le numérique, à certaines conditions, a un réel impact sur les apprentissages des élèves en histoire-géographie, en développant l’autonomie, la collaboration, la concentration, le sens de l’effort, tout en offrant un aspect ludique que nos élèves apprécient. On verra ainsi naitre de nouveaux chemins qui amènent tous à apprendre, tous au savoir. Mais dans un monde où l’internet nomade donne accès à une banque de données dans laquelle on trouve le pire comme le meilleur, le vrai comme le faux, le rôle de l’enseignant devient aussi d’aider nos élèves à appréhender cet outil. Mais pas de doute : le numérique ouvre des possibilités immenses pour ces matières, dont il serait dommage de ne pas s’emparer.