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Revue de presse du mardi 4 février 2014

Pour un Pisa choc - Une école heureuse, c’est possible ? - Une belle histoire


PISA pas chic mais PISA pas choc

Un mois après la publication de PISA, dans Le Monde.fr, Maryline Baumard a entamé une série de cinq articles pour « une nécessaire prise de conscience » pour notre école « classée championne du monde des inégalités ». La journaliste du Monde spécialiste des questions d’éducation attendait un PISA Choc qui n’est pas venu. Sa série d’articles va-t-elle permettre de le relancer ?
Le premier paru hier nous traçait le portrait d’un établissement qui « reflète le système éducatif français qui ne parvient plus à faire réussir les enfants les plus fragiles, coûte cher et ne fonctionne que grâce à une débauche d’énergie, d’imagination et de matière grise des équipes. » : le collège Pierre-Mendès-France de Tourcoing (Nord). Donner un sens aux apprentissages à des élèves marqués par « la détresse sociale et le désert culturel » ; la gageure de ce type d’établissement. Pour Jacques Melerowicz,( le principal) le manque de perspectives est un poison qui tue le sens des apprentissages. Mais pas seulement, il ajoute qu’ « à cette absence de futur s’ajoute la dureté de la notation pour nos élèves. Notre école produit du décrochage en résumant tout dans une note qui ne rend compte ni des capacités, ni des progrès, ni du travail fourni. Cela incite les adolescents à rendre copie blanche pour sauver un peu d’estime de soi. ». « A la rentrée, Mendès-France ouvrira une classe de 6e où les grilles de compétences remplaceront les notes. ». L’article ne dresse pas qu’un tableau noir : « Alors que, statistiquement, les couloirs de Pierre-Mendès-France devraient être des zones de non-droit, les classes des lieux où le savoir a du mal à circuler, le collège est debout, propre et cohérent. La stabilité de l’équipe, où une personne sur deux est là depuis plus de neuf ans, y est pour quelque chose, comme le nombre d’adultes présents, la confiance entre la direction et les éducateurs » mais il conclut sur « le talon d’Achille du niveau des élèves ».

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Le dessin de Fabien Crégut

Aujourd’hui, place au mathématiques avec un article au titre provocateur : Peut-on enseigner les mathématiques à tous ? On y découvre une méthode importée de Singapour par des expatriés étonnés des résultats spectaculaires des élèves singapouriens aux classements internationaux en mathématiques et que
500 établissements français ont adopté. Cette méthode allie simplicité, progressivité, répétition et propose surtout plus de manipulations. « En manipulant des objets, les additions prennent sens, elles s’inscrivent dans le réel », estime Cécile Primot, directrice de l’Ecole aujourd’hui, une école privée laïque du 14e arrondissement de Paris. On en revient toujours à la question du sens. Ce que confirme Jean-Pierre Kahane dans un entretien qui complète cet article du jour : « Dans les cours de maths, on met beaucoup l’accent sur la phase finale d’une opération, et pas assez sur la recherche en amont. Et pour inscrire cette discipline dans le réel, il faudrait ouvrir dans les écoles des laboratoires de mathématiques pour permettre aux élèves de faire des travaux pratiques de longue haleine. »
Changer l’enseignement des mathématiques pour que cette discipline ne soit plus au service de la sélection : vous avez dit PISA choc ?


Alors heureux(se) ?

L’école "heureuse" est-elle possible ? C’est la question à laquelle répond Philippe Laurent, coach et formateur, sur l’Express.fr.
Il commence par tracer un parallèle entre l’école et l’entreprise : « A l’image de l’entreprise, l’école recherche et mesure la performance. Les notes en chiffres ou en lettres sont comme ces indicateurs clefs de performance (KPI en anglais) auxquels tous les managers sont soumis. » Puis il lance quelques pistes, matière à réflexion :
- « le grand challenge du professeur d’aujourd’hui est d’adopter cette double posture d’autorité et d’accompagnateur : la première créant une distance et exigeant un travail de qualité ; la deuxième maintenant la proximité dans la bienveillance. »
- « le professeur est appelé à repenser ses modèles pédagogiques pour capter les attentions et empêcher les tensions. L’utilisation d’un moule unique pour formater des intelligences différentes pouvant conduire à l’échec, il doit détecter les particularités individuelles et accompagner l’élève distancé pour qu’il reste dans la course et trouve sa voie.  »
- « En encourageant l’élève devant ses petits succès, il construit la confiance en soi qui fait tant défaut dans le monde des adultes. En favorisant l’entraide entre les élèves, il les prépare à transformer la "culture des silos" en une " culture des réseaux " qui décuple le potentiel collectif d’une entreprise. En intégrant de l’émotion dans ses cours, et notamment l’humour, il accélère la compréhension et déconnecte le travail sérieux de la posture trop sérieuse. En considérant l’échec comme une épreuve sur le parcours de l’apprentissage, il marque la différence entre perfection et excellence et prédispose le futur employé à donner le meilleur de lui-même. »

Nul besoin sans doute de vouloir préparer au monde de l’entreprise pour appliquer ces quelques principes qui pourraient faire de l’école un lieu où il fait bon d’apprendre...


Une AE au MEN

La belle histoire du jour nous est contée par VousNousIls. C’est celle de Gisèle Bedan, encore récem­ment assis­tante d’éducation au lycée Jean Rostand de Mantes-la-Jolie, qui à la faveur de la tran­si­tion poli­tique en Centrafrique est deve­nue ministre de l’Éducation Natio­nale dans son pays natal. « Aider des élèves en manque de repères, leur apprendre le res­pect et lever les a priori, c’était un défi pour moi » confie-t-elle

Comme la semaine dernière je ne résiste pas à l’envie de proposer un lien vers Legorafi qui nous « apprend » que le gouvernement recule et autorise la théorie de la Terre Plate à figurer dans les manuels scolaires ...

Laurent FILLION


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Mathématiques : la question du sens
Revue n°466 - octobre 2008
Quels moyens pour amener les élèves de tous niveaux à pénétrer dans une démarche de questionnement, à se saisir des problèmes ? Car il s’agit bien d’apprendre et d’entrer dans l’abstraction : le sens se construit par un lent et patient travail sur les signes, les mots, les symboles, leurs liens et leurs articulations.

Compétences et mathématiques
Hors-série n°31 - septembre 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Ce dossier propose un point sur l’approche par compétences en mathématiques. Comment les travailler, puis les évaluer ? Comment en faire une opportunité pour mieux enseigner les mathématiques, dans le cadre des programmes comme dans des projets interdisciplinaires ?

Accompagner, une idée neuve en éducation
Revue n°393 - avril 2001
L’accompagnement est-elle une nouvelle forme d’apprentissage et de formation, ou bien une démarche spécifique visant à faire évoluer le métier d’enseignant et de formateur ?