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Revue de presse du mardi 31 octobre 2017

Plan étudiants- Réactions- Ressource

Ce mardi, l’actualité éducative tourne principalement autour des annonces autour du fameux plan étudiant, qui suscite de nombreuses réactions. Il sera néanmoins également question d’une ressource en fin de revue.


Plan étudiants

Sur le site du gouvernement, on trouve un argumentaire expliquant ce qui a amené au plan étudiant dont tout le monde parle : « L’entrée massive des étudiants dans l’enseignement supérieur engagée dans les années 1980, est un immense progrès : les étudiants sont mieux formés, notre société est mieux éduquée. Néanmoins, ce système est malade et l’ascenseur social est en panne. En ayant focalisé les moyens sur l’accès de TOUS à l’enseignement supérieur, on en a oublié qu’il fallait ensuite faire réussir les étudiants, donner les mêmes chances à chaque étudiant. »
La "focalisation des moyens" sur l’accès de tous à l’université ne se voit en tout cas pas à l’oeil nu, vu l’état scandaleux de nos universités (et je ne parle pas du taux d’encadrement), et le gouvernement, qui n’est pas seul à porter la responsabilité de ce fait difficilement réfutable, ferait mieux de s’attaquer au problème (accorder des moyens supplémentaires et des postes en nombre suffisant) plutôt que s’évertuer à nier l’évidence.
Le gouvernement répond d’ailleurs en (toute petite) partie à cette objection en promettant des moyens supplémentaires aux filières en tension :
« Le plan sur l’admission post-bac présenté lundi 30 octobre prévoit bien "un milliard d’euros supplémentaires" pour l’université, a déclaré la ministre de l’Enseignement supérieur, Frédérique Vidal, mardi 31 octobre, sur France 2. Elle a rappelé que le budget de l’Enseignement supérieur et de la recherche avait déjà "augmenté de 700 millions pour l’année 2018". » Au vu du sous financement chronique des universités, il n’est pas dit que cela suffise.
Francetvinfos présente de manière plus globale ce plan : « Officiellement, il n’y aura pas de sélection, mais une meilleure orientation. Dès le lycée, les terminales seront accompagnés par deux professeurs principaux pour mieux choisir leur filière. Puis le conseil de classe donnera un avis favorable ou défavorable. L’université aura donc accès au dossier des lycéens. Elle pourra donner deux réponses : soit "oui", soit "oui, si". Si l’élève n’a pas le niveau requis, il devra accepter une formation intégrée dans la filière choisie. Une réforme qui pourrait susciter la colère des étudiants et des lycéens. Ils appellent à manifester le 16 novembre prochain. »
L’Etudiant propose une synthèse des 4 axes principaux de la réforme : « Le gouvernement a annoncé, lundi 30 octobre 2017, une réforme de l’entrée à l’université. Accompagnement renforcé dès la terminale, nouvelle procédure d’orientation et un APB rénové, une licence plus progressive et la fin de la Sécurité sociale étudiante... l’Etudiant vous dit tout sur ce qui va changer pour accéder à l’enseignement supérieur. »
VousNousIls s’intéresse plus en détail à APB : « La ministre de l’Enseignement supérieur Frédérique Vidal l’avait annoncé en septembre dernier : la plate-forme APB, à l’origine de nombreuses polémiques cette année, devrait disparaître en 2018. Lors de la présentation ce lundi du Plan Etudiants, la ministre a précisé les modalités de fonctionnement de la nouvelle plate-forme d’inscription dans l’enseignement supérieur. »
Les Echos s’intéressent au même sujet : « Le Premier ministre jette l’opprobre sur un algorithme. C’est pourtant bien l’algorithme APB qui va, d’une certaine manière, rester en place, même s’il sera modifié. A cet égard, les règles d’affectation changent pour les lycéens. Ils feront 10 voeux, et non plus 24, et ne les classeront plus. Ceux-ci seront groupés par thèmes. Dans leurs voeux, les lycéens pourront indiquer leur choix de faire une année de césure après le bac, tout en gardant le statut d’étudiant. »


Réactions

Ce plan a naturellement suscité de nombreuses réactions, et d’abord syndicales.
Le Monde relaie les impressions des enseignants du secondaire, pas forcément négatives, mais qui s’interrogent notamment sur la faisabilité de certaines propositions : « Bien, mais insuffisant. Les mesures visant à renforcer le rôle des lycées en matière d’orientation, annoncées par le gouvernement lundi 30 octobre dans le cadre du plan « Etudiants », vont dans le bon sens, selon la communauté éducative, même si des doutes se font entendre sur la portée de ces annonces, leur efficacité et leur faisabilité. »
Autre réaction syndicale, d’un syndicat du supérieur, cette fois, relayée par Public Sénat :« Pour Hervé Christofol, secrétaire général du SNESUP-FSU, premier syndicat de l’enseignement supérieur, le plan pour l’université présenté ce lundi par le premier ministre Edouard Philippe « n’est pas à la hauteur des enjeux ni financièrement, ni politiquement ». « La sélection dans les filières en tension est inacceptable » affirme-t-il à publicsenat.fr. Entretien. »
Le SGEN-CFDT, lui, semble plus satisfait : « La CFDT, le SGEN-CFDT et la FEP-CFDT portent une appréciation globalement positive sur les annonces du gouvernement concernant l’accès et la réussite des jeunes dans les études supérieures. »
France Bleu se penche sur la réaction des présidents d’université : « Lors de la présentation du "plan étudiant", le Premier ministre a annoncé la fin du tirage au sort, et une réforme en profondeur de l’admission post-bac qui offrira un meilleur accompagnement personnalisé à l’entrée à la fac. Des décisions saluées par le président de l’université d’Avignon.
"Il était temps d’arrêter avec un certain cynisme et une hypocrisie", les mots de Philippe Ellerkamp, le président de l’université d’Avignon et des pays de Vaucluse, sont forts. Pour lui, c’est clair : "tous les bacheliers sortants ne sont pas prêts pour faire face à toutes les formations. Si on veut leur éviter des risques d’échec très forts, on doit conditionner leur entrée à l’université à leurs motivations, leur préparation, leurs antécédents". »

Educpros analyse la stratégie prudente du gouvernement sur ce dossier :« En optant pour la voie du "oui, si", le gouvernement se défend d’instaurer une sélection à l’entrée à l’université. Lors de la présentation du Plan étudiants, lundi 30 octobre 2017, il s’est engagé à ce que chaque étudiant ait a minima une place dans une formation "proche de son choix" ou une entrée différée via une remise à niveau. Le tout avec la mise en place d’attendus pour chaque licence. Pour mener à bien la réforme, une enveloppe de 500 millions d’euros a été budgétée. »
Claude Lelièvre signe une tribune dans La Croix pour plaider pour un meilleur travail autour de l’orientation au lycée :« Les lycées peuvent-ils mieux orienter les élèves ? La réponse de Claude Lelièvre, historien de l’éducation, professeur émérite à l’université Paris Descartes »
Enfin, Benoît Hamon publie une tribune très critique dans Libération : « L’ancien ministre socialiste de l’Education nationale dénonce une orientation forcée, qui aurait le même effet que celle par défaut, soit l’échec de l’étudiant. » De la part de quelqu’un qui n’est resté que très peu de temps au ministère et qui a donc perdu toute occasion de faire quoi que ce soit, la critique semble hélas un peu trop facile pour être réellement crédible.


Ressource

Pour terminer cette revue de presse, signalons cette ressource, qui nous vient de l’enseignement supérieur et concerne l’enseignement de la géographie dans le supérieur.
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 539 - Pouvoir d’agir et autonomie de l’école au lycée

Dossier coordonné par Michèle Amiel et Gwenaël Le Guével
septembre-octobre 2017

Prendre des initiatives, engager un processus de décision, animer une équipe, mettre en place une innovation, etc. Est-ce le domaine réservé du directeur d’école, de l’IEN, du chef d’établissement ? Au bout du compte, l’augmentation du pouvoir dans un établissement autonome, c’est celle du chef ou celle des personnels.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.