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Revue de presse du mardi 31 mai

Revalorisation - Rythmes scolaires le retour ? - Numérique - Ailleurs ?


Revalorisation salariale pour les enseignants : ça s’arrose !
On fera aussi dans cette revue de presse un retour rapide sur la réforme des rythmes scolaires, un décrochage vers le numérique avant de faire une petite incursion à l’étranger.


Revalorisation

L’actualité du jour dans le monde de l’éducation, c’est bien évidemment la revalorisation annoncée par la ministre. Chaque média y est allé de son titre :
sobrement pour Libération « Najat Vallaud-Belkacem annonce une hausse de la rémunération des enseignants dès 2017 », plus spectaculaire Le Monde « Un milliard d’euros par an pour revaloriser les profs d’ici 2020 », un « coup de pouce salarial du gouvernement aux professeurs » pour Les Echos.
Invitée par J-J. Bourdin sur BFM, la ministre s’est félicitée de ce que « cette revalorisation va permettre de replacer la France au-dessus de la moyenne des pays de l’OCDE et même d’atteindre les meilleurs pays pour le traitement en fin de carrière ». Adrien Sénécat pour les décodeurs du Monde s’est empressé de vérifier. Il conclut :« Sur les salaires en début d’activité, la France repasserait légèrement devant la moyenne de l’OCDE et se situerait au 16e rang sur 36 pays. Les sommets en fin de carrière se situeraient à des niveaux relativement élevés, comparables à ceux de l’Allemagne ou des 6 ou 7e rangs. Les salaires après quinze ans de carrière, en revanche, resteraient sous la moyenne de l’OCDE, autour du 18e rang.
Par ailleurs, il est périlleux de comparer les salaires français en 2020 avec ceux d’autres pays en 2013. Ces derniers ont pu également augmenter depuis que ce soit pour suivre l’inflation ou pour revaloriser le métier. Il est donc un peu tôt pour annoncer que les profs français seront plutôt mieux payés que la moyenne dans quatre ans.
 »

Dans le même temps, les journaux de France Inter faisaient passer cette revalorisation salariale pour une manœuvre électoraliste. Aurélie Collas du Monde n’en était pas loin également en précisant que « à un an de l’élection présidentielle, la gauche s’apprête à décider d’un vaste plan de revalorisation salariale en direction d’un électorat qui lui est traditionnellement acquis : les enseignants. » Mais elle précisait bien qu’il s’agissait là de l’aboutissement de négociations du protocole « parcours professionnels, carrières et rémunérations » (PPCR) dans la fonction publique, validé à l’automne 2015. « C’est donc une nouvelle page qui s’ouvre au chapitre de la revalorisation des enseignants, après l’annonce, début mai, de l’alignement de la prime des professeurs des écoles sur celle du secondaire (1 200 euros par an) et celle, en mars, du dégel du point d’indice des fonctionnaires. ».
On a bien évidemment entendu sur les réseaux sociaux les "jamais contents" qui se sont toutefois gardés de préciser à quelle association ils feraient don - par cohérence - de cette augmentation qu’ils critiquent.
Najat Vallaud-Belkacem a répété dans la journée qu’il s’agissait aussi de « renforcer l’attractivité du métier ». Les Echos nous précisent aussi que « les nouvelles mesures visent, selon la ministre, à « revaloriser toute la carrière » des enseignants et à « revoir la construction » de cette carrière en « valorisant mieux leur engagement professionnel » pour « passer d’un système complexe et administratif à une vraie gestion des ressources humaines ».
Au-delà des annonces financières, c’est une petite révolution dans la culture de l’Éducation nationale et de l’évaluation des enseignants qui se prépare. Ces derniers ne seront plus notés - certains ne l’étaient que tous les dix ans - ni sanctionnés par cette évaluation qui bloque parfois leur carrière. Ils auront des rendez-vous de carrière, dont le détail reste à définir, mais qui pourraient prendre la forme d’entretiens avec l’inspecteur et le chef d’établissement. Plusieurs rendez-vous de carrière sont envisagés : après sept ans d’exercice du métier, après treize ans, après vingt ans, et pour l’accès au nouveau grade de la classe exceptionnelle.
 »

Rythmes scolaires : le retour du débat ?

Pas complètement, seul l’aspect financier revient sur le tapis à l’occasion du congrès de l’association des maires de France les maires. Son président, François Baroin (LR) estime que les communes ne peuvent plus payer la réforme et demande une aide de 640 M€ à l’Etat. Il répond à ce sujet à une interview de Christel Brigaudeau dans Le Parisien. Extraits choisis
« -* Dans l’étude menée par l’AMF, 70 % des maires confient des difficultés persistantes dans la mise en place des nouveaux rythmes scolaires. Quelles sont-elles ?
Il y a d’abord un problème financier : le coût est très supérieur à ce qui avait été annoncé. Ensuite, la réforme est jugée inadaptée pour les classes de maternelles. La fatigue constatée des tout-petits, liée à un temps de présence plus long en collectivité et des siestes parfois écourtées, est incontestable. Il a aussi fallu trouver en urgence des animateurs, qui n’étaient pas toujours formés. Enfin, le retour de l’école le mercredi matin a déstabilisé tout le tissu associatif local. Au total, il apparaît que cette réforme ne prend pas pleinement en compte les spécificités territoriales, et sa mise en œuvre reste difficile.

  • Aujourd’hui, près de trois enfants sur quatre prennent part à des activités sportives ou culturelles, alors que beaucoup en étaient exclus jusqu’ici. N’est-ce pas un progrès ?
    - C’est un des éléments positifs de la réforme constatés par les maires. Il y a aussi une meilleure coopération des acteurs locaux de l’éducation que sont l’école, les associations, les parents, les élus. Mais ces points sont minoritaires par rapport à la permanence de difficultés qui, au bout de deux, puis trois ans, auraient dû s’estomper.
     » Sur Twitter, Françoise Cartron, la parlementaire auteure d’un rapport sur cette réforme, a réagi à ces propos : « Monsieur Baroin n’a pas lu mon rapport avec attention ! La réalité est plus nuancée que ce qu’il déclare. » Toutefois F. Baroin avait bien précisé que « la revendication des maires ne porte pas sur la remise en cause de la réforme, mais sur son financement. »

Numérique

On lira dans l’Est républicain deux articles concernés aux blogs de classe
« De l’élémentaire au lycée, les blogs ont trouvé leur place dans l’Éducation nationale. Blogs de profs, blogs d’établissements, blogs interactifs avec les élèves, ils ont beaucoup de vertus pédagogiques… » explique le premier quand le second donne des conseils pour commencer.
Comme les blogs hier (et aujourd’hui encore), le « big data » peut transformer l’éducation, la formation et les apprentissages. Mercredi 11 mai, des équipes réparties à l’Atelier Canopé de Chasseneuil-du-Poitou, au CRIJ Poitou-Charentes de Poitiers, à l’université Bordeaux Montaigne, sur les Campus numériques francophones de l’AUF, et dans le monde entier ont concouru afin d’imaginer de nouvelles applications exploitant de façon originale des données massives (big data) dans le domaine de l’éducation. C’est à découvrir sur Ludovia.com.

Et ailleurs ?

Des élèves se rebellent contre le port obligatoire du soutien-gorge ! ça s’est passé au Canada.
« Dans un courriel envoyé aux parents jeudi soir, la direction de l’école écrit : “Une forte activité sur les réseaux sociaux est née [mercredi] soir conduisant à une contestation s’inspirant du mouvement social "free the nipple" ”, une référence à la mouvance internationale cherchant à désexualiser les seins féminins. Alain Perron, porte-parole de la Commission scolaire de Montréal (CSDM), signale que le conflit entre des élèves et la direction s’est résolu rapidement et de manière raisonnable. “Il y a un mouvement spontané qui est né cette semaine, mais finalement tout est rentré dans l’ordre, à la satisfaction du conseil d’élèves et des parents aussi.” »

Moins léger, une brève d’Algérie qui nous apprend que pour le baccalauréat dans les établissements pénitentiaires, les prévisions de réussite sont à la hausse dans ce pays. « Au total 3.257 détenus se sont présentés à cet examen dans cinq (5) filières, avec une majorité écrasante dans celle de la littérature et philosophie (3.138 candidats). » précise l’article de aps.dz

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Bac Philo par Geneviève Brassaud

Au Maroc aussi, l’éducation est au centre des préoccupations, notamment dans une perspective de lutte contre le terrorisme. Libé.ma consacre un article qui affirme que le combat antiterroriste passe par l’amélioration de la qualité de l’enseignement et la lutte contre la précarité
« Selon Jawad Kardoudi, le monde islamique est appelé aujourd’hui, plus que jamais, à consacrer les valeurs de la démocratie, des droits de l’Homme et de l’égalité des genres, en particulier sur les plans économique et social.
Dans le but d’immuniser les jeunes contre tout éventuel enrôlement dans les rangs des mouvements et organisations terroristes, le président de l’IMRI a appelé à l’accélération de la mise en œuvre de projets de développement destinés à créer davantage de richesses et de valeur ajoutée en mesure de contribuer à lutter contre le chômage.
 »

Bon courage à toutes celles et ceux qui subissent les conséquences des inondations, notamment dans le Loiret où les écoles seront fermées demain

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Apprendre en prison
Hors-série n°29 - mars 2013
Publication disponible uniquement au format numérique (PDF - epub), en téléchargement depuis notre site.
Un dossier pour nous faire pénétrer au sein d’un environnement institutionnel et humain qui « fascine, interroge ou questionne », et découvrir dans quelles conditions particulières s’y exerce le métier d’enseignant.

Enseignant : un métier qui bouge
Revue n° 514 - juin 2014
Tous les enseignants expérimentés le disent : ce n’est plus comme avant, le métier change. Allons voir de plus près ce qui évolue, comment le métier change, comment ces évolutions pourraient être accompagnées par l’institution, à toutes les échelles, en quoi elles vont dans le sens de l’essentiel : mieux faire apprendre les élèves.