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Revue de presse du mardi 30 mai 2017

Débats- Enseignement supérieur - Mise au point

Le tour d’horizon de l’actualité éducative de ce mardi nous amènera à traiter de différents débats et de l’enseignement supérieur. Une fois n’est pas coutume, nous terminerons par une nécessaire mise au point.

Débats

Beaucoup d’annonces du nouveau ministre font débat ce mardi. Les CP à douze élèves annoncés et les inquiétudes qui en ont découlé pour le dispositif "plus de maîtres que de classes" ont ainsi provoqué un débat plus large autour de la baisse des effectifs dont Le Café pédagogique se fait l’écho : « Peut-on déduire d’études portant sur la baisse des effectifs élèves la suppression d’un autre dispositif ? Pas sur. Dans cette tribune donnée au Café pédagogique, Denis Meuret, Pascal Bressoux, Marc Gurgand, Julien Grenet et d’autres chercheurs reconnus, mettent en parallèle le dédoublement des effectifs d’élèves au CP et les "plus de maitres que de classes"(PMQC) . Pour eux, la baisse importante des effectifs élèves en éducation prioritaire a un impact positif. Le dispositif PMQC doit donc s’effacer. Une démonstration que nous mettons en débat. Sans doute, à suivre... »
Jean-Michel Zakhartchouk, dans les colonnes de l’Express, s’intéresse à l’initiative, intéressante mais dont les modalités restent encore floues, de M.Blanquer sur l’organisation des devoirs à l’école, pour élargir la réflexion sur le travail personnel de l’élève : « Beaucoup saluent les déclarations du nouveau ministre souhaitant que les "devoirs" soient réalisés à l’école. Devant les parents de la PEEP, il a affirmé que cela rendrait la vie plus facile aux familles. Pourtant, les choses ne sont pas si simples.
Je parle ici en tant qu’ancien professeur de collège en éducation prioritaire qui a toujours donné des travaux personnels à effectuer à ses élèves et militant associatif qui continue à titre bénévole à aider des collégiens volontaires. Je voudrais que l’on puisse débattre de façon dépassionnée d’une question trop souvent "théologique", où on perd de vue les vrais objectifs de l’école. »

Jean-Paul Delahaye, dont le propos est relayé par le Café pédagogique, plaide pour un maintien de la réforme des rythmes scolaires :« Faut-il à nouveau changer les rythmes scolaires ? Jean-Michel Blanquer s’apprête à autoriser de nouvelles "expérimentations" qui reviendraient à la semaine de 4 jours. Ancien directeur de l’enseignement scolaire et conseiller de Vincent Peillon, Jean-Paul Delahaye a participé avant et après la nomination de V Peillon comme ministre , à l’élaboration et la mise en place du décret sur les rythmes scolaires. Dans une audition au Sénat en janvier 2017, il explique pourquoi le décret a été pris et pourquoi il faut le garder. Le Café pédagogique s’est procuré le texte de cette intervention. Le voici. »
Sur BFMTV, il est aussi question d’une réforme du baccalauréat, avec la proposition de faire davantage de place au contrôle continu : « Le baccalauréat, examen historique, est très critiqué pour son niveau et son coût. Pour y répondre, le ministre de l’Education nationale Jean-Michel Blanquer se dit favorable à "un bac plus musclé qu’épais". Invitée dans 100% Bachelot, Marie-Caroline Missir, directrice de la rédaction L’Etudiant, partage cet avis et appelle à davantage de contrôle continu. »
Enfin, Claude Lelièvre, sur son blog, reprend M. Blanquer concernant une de ses annonces : « Le nouveau ministre de l’Education nationale vient d’annoncer qu’il n’y aura pas de loi à son nom (en gage de la fin d’une politique d’évolutions « verticales » du système scolaire). La belle affaire ! Car la plupart des réformes scolaires initiées « d’en haut » l’ont été par simples décrets... »


Enseignement supérieur

Le Monde s’intéresse à la situation de l’université de Bourgogne, soumise à des coupes drastiques : « La spirale des plans d’économies se poursuit dans les universités. En Bourgogne, la remise à plat de l’offre de formation, qui intervient tous les cinq ans, a entraîné de nouvelles coupes. Lundi 29 mai, le conseil d’administration a accepté de supprimer 40 000 heures d’enseignement – soit 10 % de l’ensemble des heures dispensées.
A l’appel de plusieurs syndicats de personnels et d’étudiants (Snesup-FSU, CGT, SUD, UNEF…), environ 80 manifestants se sont rassemblés au début de la réunion pour marquer leur opposition à cet « effritement progressif » de l’offre. Selon eux, au moins une vingtaine de formations n’ouvriront pas à la rentrée prochaine, comme la licence d’italien ou encore le master Métiers de l’enseignement, de l’éducation et de la formation (MEEF) en lettres classiques. »

Toujours dans le Monde, une tribune d’un collectif plaide en faveur d’un rapprochement entre organismes de recherche et certains établissements : « Dans une tribune au « Monde », un collectif de directeurs et de présidents d’établissement appelle le gouvernement à assurer la réussite internationale des regroupements d’école de formation supérieure en adaptant le cadre législatif. »
Et enfin, France 3 annonce que la nouvelle ministre s’oppose au tirage au sort comme mode de sélection : « "Je ne serai pas la ministre qui pérennisera [le tirage au sort] comme moyen d’entrée à l’université", déclarait Frédérique Vidal ce lundi. En visite à Bordeaux, il s’agissait du premier déplacement officiel de la nouvelle ministre de l’Education supérieure, de la Recherche et de l’Innovation.
Cette méthode n’est "ni juste, ni efficace", a-t-elle dénoncé. Elle détaille : "Nous allons tenter d’en atténuer les effets pour la rentrée 2017 et voir avec les organisations étudiantes et les présidents d’université comment abandonner ce système en 2018". Pour que le tirage au sort ne soit "plus qu’un mauvais souvenir". »


Mise au point

Deux interventions de M.Brighelli, aussi navrantes qu’à l’accoutumée, m’amènent à faire une mise au point qui me semble tout à fait nécessaire.
M.Brighelli était l’invité ce matin de l’émission "L’heure des pros" du très complaisant Pascal Praud, sur CNews, en compagnie de Rokhaya Diallo et Frédérique Rolet, qu’il convient de saluer pour avoir supporté des propos difficilement acceptables. M. Brighelli a en effet, entre autres fulgurances, en parlant des élèves, expliqué qu’il fallait « cesser de leur dire que leur parole est sacrée » parce que « leur parole, c’est de la merde, voilà. Au départ, c’est de la merde. » Rokhaya Diallo a bien tenté d’expliquer que ceci n’est rien d’autre que du mépris, M.Praud, lui n’y voit qu’une "parole forte", en concédant tout juste que c’est "caricatural".
Cette prestation subtile et pénétrante était d’ailleurs annoncée dès la veille avec un billet affligeant, où les Cahiers pédagogiques reçoivent à leur tour un témoignage de délicatesse de monsieur : « Déclarer la fin du pédagogisme — à la bonne heure, mais je voudrais des mesures concrètes : par exemple couper les vivres à toutes ces officines pédagos qui grèvent le budget du ministère, à commencer par les Cahiers pédagogiques et autres organisations sectaires. Ou organiser un audit visant à estimer exactement la part de responsabilités des « assassins de l’école », comme les a très bien surnommés Carole Barjon l’année dernière. »
On voit dans ce billet, subtilement intitulé Ré-éducation nationale, que M. Brighelli, après avoir appelé à voter Le Pen, tout en ayant fait campagne pour Nicolas Dupont-Aignan, lance un appel du pied tout aussi subtil que ses propos sur les élèves en direction de M. Blanquer, qui a eu le malheur de susciter quelques espoirs en utilisant le mot pédagogisme. On constate aussi que M. Brighelli continue à invectiver quiconque ne se lance pas, comme lui, dans des diatribes pleines de mépris pour les élèves, destinées à s’inventer des ennemis plutôt qu’à chercher à améliorer sérieusement les points faibles de notre école.
Aux Cahiers pédagogiques, nous avons le tort, pour M.Brighelli, de penser que la parole de l’élève a de la valeur, non seulement en tant que telle, mais pour ce qu’elle peut nous révéler en terme d’avancée dans les apprentissages. Cela n’en fait pas une parole sacrée, comme il le prétend, mais une parole qu’il faut respecter, et en tout cas ne jamais insulter. Comment voulez-vous que nos enfants, nos adolescents, fassent confiance à leurs enseignants, à l’institution, à la société, s’ils peuvent entendre à la télévision de la bouche d’un enseignant (hélas) que « leur parole, c’est de la merde » ? Comment s’étonner ensuite qu’ils aient peur de se tromper ? L’éducation de nos enfants et de nos élèves est un enjeu crucial pour notre démocratie. A l’heure où bien des adultes se réclament de la "post-vérité" (comprendre : disent et répandent volontairement des mensonges), il est soit illusoire soit délibérément malveillant de chercher à faire croire à une société déstabilisée par de multiples changements qu’il suffirait d’un claquement de doigts et d’éructer aux enfants de se taire pour remettre de l’ordre dans notre école. Tout au contraire, il faut prendre en compte la parole de nos élèves, l’accueillir, leur donner le droit à l’erreur pour mieux, si nécessaire, les aider à la déconstruire et contribuer ainsi à leur cheminement de futurs citoyens. Et si véhiculer cela fait des Cahiers pédagogiques une officine pédago et une organisation sectaire, je suis fière d’en être.
Aurélie Gascon


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 537 - Classes inversées

Dossier coordonné par Françoise Colsaët et Héloïse Dufour
mai 2017

La classe inversée, on en parle beaucoup, des partisans enthousiastes et des opposants décidés s’opposent. Est-ce une mode passagère, un gadget pédagogique, ou l’amorce d’un changement de fond ? Au-delà des définitions (trop) simples, ce dossier s’attache à mieux cerner ce qu’est la classe inversée.

N° 536 - Éduquer aux médias et à l’information

Dossier coordonné par Émilie Kochert
mars 2017

Nous sommes inondés d’informations. L’actualité a remplacé l’information dans une culture du buzz où souvent on ne prend pas le temps de vérifier. Est-il simple de déceler le vrai du faux ou de sélectionner l’information dans le divertissement ? Éduquer aux médias et à l’information relève des missions des enseignants.
N° 532 - Justice et injustices à l’école
Dossier coordonné par Marie-Christine Chycki et Émilie Pradel
novembre 2016

L’école est traversée par tous les débats qui agitent la société. La question de la justice y est particulièrement vive et le sentiment d’injustice très prégnant chez tous les acteurs aux prises avec l’institution. Entre la subjectivité du sentiment et les conditions objectives des injustices vécues à l’école, quelles réponses pouvons-nous apporter ?

N° 530 - Former les futurs citoyens

Dossier coordonné par Laurent Fillion et Pascal Thomas
juin 2016

Mise en place du nouveau socle commun, de l’enseignement moral et civique : l’éducation à la citoyenneté, thème souvent abordé par les Cahiers pédagogiques, revient au cœur des préoccupations. De quelle éducation à la citoyenneté parle-t-on ? Comment ne plus la confondre avec une éducation au civisme et à la civilité ?