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Revue de presse du mardi 29 septembre

des tenants de la note - un rapport de la cour des comptes - des parents mécontents - un article intelligent sur les epi


On a trouvé de l’eau sur Mars ! Côté éducation, nos médias ont fait d’autres trouvailles pas toujours aussi surprenantes

On a trouvé des tenants de la note !

C’est bien évidemment dans le Figaro. A propos des propositions qui seront faites demain concernant l’évaluation des élèves et leur communication aux familles, Marie-Estelle Pech juge d’emblée le document« pour le moins complexe ». Pour elle, « c’est bien l’abandon de la note chiffrée au profit de simples appréciations qui devrait assez vite s’imposer. Même si les apparences sont maintenues pour satisfaire le camp des conservateurs. » Ce camp des conservateurs se réjouissait il y a quelques mois du retour des notes dans les écoles scandinaves ... en oubliant de préciser qu’il s’agissait de notes correspondant à 4 ou 5 niveaux et non globales mais par compétences. Or, c’est exactement ce qui est proposé pour l’évaluation du socle, comme le présente Mattea Battaglia dans Le Monde : « la réforme qui se dessine entend valoriser l’évaluation par compétences, les «  échelles de progrès  » – de 1 à 4 – » La journaliste du Monde n’a d’ailleurs pas tout à fait la même lecture que sa consoeur du Figaro puisqu’elle titre fort justement « La fin des notes n’est pas vraiment pour demain ». Le projet les maintient en effet à côté des échelles de progrès. Voilà qui devrait rassurer Nathalie Bulle, la "spécialiste" préférée du SNALC à qui Marie-Estelle Pech donne la parole. Pour elle, les notes « sollicitent les ajustements en cours d’apprentissage et créent une saine émulation ». Exactement ce que les praticiens de l’évaluation par compétences recherchent ... en les abandonnant.

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L’avis de Jimlo sur les notes

On a trouvé des parents d’élèves mécontents !

Etonnant non ?

« Dans un collège près d’Alès, l’appel à la prière en cours de musique passe mal » titre Le Midi libre à propos du mécontentement de parents vis-à-vis d’un cours d’éducation musicale. « Ceux-ci auraient été choqués par un document remis aux élèves où l’on trouve au recto, la partition d’un gospel, "Dans l’église de harlem" et au dos, l’appel à la prière des musulmans. »
Discours de parents : «  Il s’agit d’un sujet délicat. En plus, on s’est demandé ce que ça venait faire en cours de musique. En histoire-géo, on aurait pu comprendre et encore. On se demande pourquoi c’est ce texte qui a été choisi. Le problème ce n’est pas l’étude de l’islam, le problème ce sont les conditions dans lesquelles ça s’est fait. » Réponse du rectorat : « Selon l’administration, le mode d’enseignement dispensé est basé sur une approche globale. La même thématique, en l’occurrence "existe-t-il une musique spécifiquement religieuse ?" peut être abordée aussi bien en histoire-géographie qu’en français. »
Le mécontentement des parents pour des sujets les plus divers ne date pas d’hier. Sur France Info, dans Histoires d’infos, Thomas Snégaroff a retrouvé une archive sonore d’une époque où les parents exigeaient à la cantine des menus avec...alcool ! Mécontents de ne pas être écoutés, certains faisaient alors boire à leurs enfants un demi-litre de vin à la maison avant de partir à l’école. Quand on vous dit que c’était mieux avant...

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les petits dèj des enfants des années 50 vus par Geneviève Brassaud

On a trouvé un rapport de la cour des comptes qui trouve que ça coûte trop cher !

Étonnant non ? C’est au tour des lycées cette fois-ci d’être la cible des "sages".
Les Échos résument leur avis :«  le lycée, trop cher et peu performant »
« En proposant de toucher aux rythmes scolaires et à l’autonomie, les magistrats touchent à des sujets très sensibles qui ont donné lieu à de vifs débats au primaire et au collège. Leurs recommandations sonnent aussi comme une critique de fond des réformes menées par le gouvernement depuis 2012 : au-delà de la volonté affichée depuis le début du quinquennat de donner « la priorité au primaire », les financements continuent d’être largement orientés vers le lycée. » On y trouvera également les 10 recommandations de la Cours des Comptes ainsi qu’un slide sur les chiffres clefs du coût du lycée.
La ministre s’est empressée de réagir à ce rapport dans un communiqué de presse.
« Didier Migaud, Premier président de la Cour des comptes, Sophie Moati, présidente de la 3e chambre, et Henri Paul, rapporteur général, ont présenté ce mardi 29 septembre 2015 le rapport public consacré au coût du lycée. Le ministère de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche prend acte de ce rapport qui constituera un élément d’analyse venant nourrir l’évaluation des réformes des lycées que le ministère engagera à l’automne. »
http://www.education.gouv.fr/cid93557/rapport-de-la-cour-des-comptes-sur-le-cout-du-lycee.html

On a trouvé un article intelligent sur les EPI !

Et ça c’est aussi surprenant que la découverte de l’eau sur Mars. Moins surprenant, on le trouve sur le site du CRAP et on le doit à Florence Castincaud. Elle répond, arguments à l’appui, à ceux qui remettent en cause l’efficacité des démarches de projets interdisciplinaires pour lutter contre les inégalités d’accès à la réussite scolaire. « Les EPI sont-ils en soi un remède contre les inégalités ? Non, bien sûr. Pas plus que le cours magistral, le travail de groupe, le travail en îlots, les cours de soutien ou la classe inversée. Les recherches en pédagogie ont su apporter, sur les « méthodes » et choix pédagogiques, des analyses qui nous guérissent de la recherche d’UNE illumination salvatrice. Nous en sommes plutôt à un point où chacun doit pouvoir dire, en préparant sa séquence pédagogique, pour quelle raison il choisit telle ou telle façon de faire, car aucune n’est naturelle, ni universellement meilleure ; et quelle(s) dérive(s) il voit inscrites au cœur de ce fonctionnement et comme il va essayer d’y être vigilant, et d’introduire si possible des correctifs.
Mais, à ce moment des évolutions de notre société en tout cas, il est vital que chacun se demande aussi quelle contribution ses choix apportent à la lutte contre les inégalités. Travailler sous forme d’EPI, c’est rechercher plus activement à atteindre cet objectif :
en donnant des responsabilités et du pouvoir à des élèves qui se sont toujours sentis « agis » par l’école et qui finissent par être persuadés qu’ils n’ont aucun pouvoir sur leur devenir scolaire ;
en explicitant les plans de travail, les compétences en jeu, même et surtout celles qui sont d’ordinaire implicites, afin d’affirmer que tout peut s’apprendre et que tous peuvent apprendre ;
en donnant la possibilité de revenir sur certains apprentissages sans considérer comme rédhibitoire qu’ils n’aient pas été acquis auparavant ;
en créant les conditions pour qu’enseignants comme élèves aient la surprise de découvrir des compétences inattendues chez des élèves habitués à se juger « mauvais ».
 »
Il y en a un qui doit en être convaincu, c’est cet adolescent récompensé par Google pour son projet de robot-jardinier accueilli comme une rock-star dans son collège. « L’apprenti ingénieur est rentré des États-Unis "avec un chèque de 10 000 euros signé par le géant Google pour développer son robot jardinier" », détaille France 3 Lorraine.

Vous retrouverez Bernard Desclaux et nos dessinateurs dans la revue de demain
Laurent Fillion


Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 523 - Le climat scolaire
Coordonné par Michèle Amiel et Thomas Dequin
septembre 2015
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.

Évaluer à l’heure des compétences
Revue n°491 - octobre 2011
Quoi de neuf du côté de l’évaluation ? Au-delà de la question inévitable des notes, une idée forte : évaluer les apprentissages des élèves dans le cadre d’une approche par compétences amène à reconsidérer bien des dimensions du métier, dans la mise en activité des élèves, les dispositifs d’aide, le travail en équipes.

Croiser des disciplines, partager des savoirs
Revue n°521 - mai 2015
Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.