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Revue de presse du mardi 29 mars

Métiers - numérique - système(s) éducatif(s) - Réforme - reconversion


Actualité chargée en ce mardi, où il est question de l’évolution de certains de nos métiers, de l’inégalité de notre système, de l’enseignement privé qui va - qui vient, de l’art de réformer, et d’une opportunité de reconversion que nous qualifierons, faute de mieux, d’originale. Bonne lecture !


Métiers

Sur son blog, Jean-Pierre Véran se penche sur les évolutions statutaires des profs-doc : Professeurs-documentalistes : « évolutions statutaires et reconnaissance accrue » ?. "Le 22 mars dernier, la ministre de l’éducation nationale a, dans le cadre de la Semaine de la presse et des médias dans l’école®, lancé la plate forme lirelactu.fr qui permettra avant la fin de l’année scolaire la lecture gratuite de 15 titres de presse nationaux dans les établissements d’enseignement secondaire[1]. A cette occasion, elle a rappelé la place grandissante de l’éducation aux médias et à l’information ainsi que "l’importance accrue" des professeurs-documentalistes, qui connaîtront prochainement des "évolutions statutaires et une reconnaissance accrue".

Jean-Paul Delahaye a quant à lui récemment réédité son ouvrage Le Conseiller Principal d’Education. De la Vie scolaire à la politique éducative. Sous le titre Que sait-on du Conseiller Principal d’Education ?, le Café Pédagogique chronique cet ouvrage. "Particularité du système éducatif français, le conseiller principal d’éducation (CPE) connait une évolution remarquée avec la refondation de l’école. Deux textes importants, en 2013 et 2015, cadrent la fonction et justifient la publication d’une nouvelle édition de l’ouvrage classique de Jean-Paul Delahaye".


Numérique

Sur le site spécialisé Développez.com, le chroniqueur Michel Guillou parle de la concurrence scolaire entre outils numériques qui fait rage outre-Manche, bien loin des balbutiements des ces questions dans notre Ecole. "Si l’apprentissage de l’informatique chez les plus jeunes se résumait en général aux logiciels de la suite bureautique Microsoft Office, depuis 2014, le Royaume-Uni a voulu se démarquer. Les Britanniques ont introduit une petite révolution numérique dans le domaine de l’éducation en devenant le premier pays dans le monde à imposer la programmation informatique dans les établissements primaires et secondaires".

Et en France ? Et bien en France, comme souvent, c’était sans doute mieux avant. Des Thomson TO7 à l’Ipad, une brève histoire du numérique à l’école (et pourquoi rien ne remplacera l’apprentissage des savoirs fondamentaux), un titre évocateur pour ce billet d’Atlantico.fr. "L’auteur analyse la manière dont la jeunesse a (sur-)investi les univers numériques, pour le meilleur et pour le pire. Il explique qu’une utilisation optimale des ressources culturelles de la Toile dépend en grande partie de l’environnement, mais aussi des " stratégies " mises en place par les adultes. Extrait de "Génération 3.0", de Pascal Lardellier aux éditions EMS 2/2".


Système(s) éducatif(s) et Inégalités

Le même Jean-Paul Delahaye donne un entretien à Ouest France : Éducation. L’école va bien mais pas pour tous. "L’école française est parfaite… Hélas pour seulement 50 % des élèves. Les autres sont en difficulté, voire en très grande difficulté. C’est ce que constate Jean-Paul Delahaye, inspecteur général de l’Éducation nationale à la retraite. Il l’a expliqué, cette semaine aux 10es rencontres nationales de l’éducation, à Rennes. En proposant des remèdes rarement exprimés. Entretien."

Même sujet, sous un angle totalement différent, dans Les Echos : L’Education, un trésor démonétisé en France. "Dans notre pays, devenu très matérialiste et conformiste, les considérations éducatives sont aujourd’hui ignorées ou malmenées. Les apprentissages, l’éducation sont devenus des postures aux mains de professionnels souvent déconnectés du monde du travail et de l’économie". Un article étonnant, qui constate les mêmes errements que J.-P. Delahaye en terme d’inégalités, mais en tire des conclusions différentes, enfilant les poncifs conservateurs comme d’autres enfilent des perles. Un article qui se lit en une demi ligne : c’est la faute à 68. La connaissance du sujet par l’auteur, avouons-le, laisse un peu perplexe.

Et du côté du privé ?
Les promoteurs de la «  liberté scolaire  » veulent bousculer le service public nous explique La Lettre de l’Education d’hier. "La cause de l’enseignement privé hors contrat, refuge des catholiques les plus traditionalistes ou de diverses aventures pédagogiques, est longtemps restée marginale. Aujourd’hui, sous la bannière du pluralisme scolaire, elle gagne à la fois des sympathies et des soutiens." Un article à la lecture duquel on retient un idée puissante : l’école est à la croisée des chemins, et si le pire n’est jamais certain, il est en tout cas fondamental de réussir (et sans doute d’approfondir encore) les réformes en cours, sous peine de voir l’école se réformer au sens premier du terme, le retour à la pureté supposée et mythifiée des origines. Réforme progressiste ou réforme réactionnaire, en quelque sorte.

Mais pour l’heure, le privé n’est pas toujours cette école de l’excellence et de la réussite que nous décrit une communication bien huilée. Le Figaro pointe ainsi les cours douteux de certains établissements hors contrat. " Six à huit établissements privés hors contrat aux enseignements douteux… Les inspections « surprise », menées entre novembre et janvier dans une vingtaine d’établissements scolaires hors contrat (qui ne reçoivent aucune subvention de l’État), pour moitié musulmans, dans sept académies - dont Paris, Marseille et Lyon - sont remontées au ministère de l’Éducation nationale. Conclusions ? « Pas de propagande ou d’idéologies contraires aux valeurs de la république, ni d’éléments liés à la radicalisation », mais « des faiblesses, voire une véritable pauvreté pédagogique », explique-t-on au ministère. « On s’interroge parfois sur la volonté de développer l’esprit critique », poursuit une personne proche du dossier".


L’art de réformer

Une autre piste serait sans doute de réformer, ou à tout le moins de repenser, nos formations doctorales. Il faut plus de formations doctorales à orientation professionnelle ! proclame The Conversation. "Disposant de diplômes nationaux comme base de référence, la France ne peut mettre en place une liste d’appellations de diplômes équivalents aux doctorats (à la différence des États-Unis, par exemple). Dès lors, il est nécessaire, comme elle le fait pour les diplômes de niveau Master, d’auditer les programmes de niveau doctoral afin de les reconnaître individuellement. Tout comme l’État reconnaît la validité du diplôme d’architecture d’une école privée au même titre que ceux délivrés par les écoles d’État, celui-ci devrait proposer un référentiel du « grade doctorat » permettant de reconnaître les formations qui proposent le niveau d’exigence attendu. La reconnaissance de la qualité des formations doctorales à orientation professionnelle serait ainsi facilitée, entraînant un mouvement général d’alignement sur les standards de l’État pour la délivrance du grade doctoral dans la réforme LMD, quelle que soit l’appellation ou l’entité qui le porte. De même, une accréditation internationale, portée par l’AACSB ou l’EFMD, par exemple, permettrait de faire reconnaître au-delà de nos frontières la qualité des formations de niveau doctoral délivrées en France."

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Docteur es plomberie, par Geneviève Brassaud

La question de la réforme est plus généralement l’objet du billet de blog de cette semaine de Jean-Michel Zakhartchouk. Réservé aux volontaires ? se demande-t-il à propos des réformes. "Lorsque des réformes se mettent en place, comme celle du collège, mais aussi par exemple des rythmes scolaires à l’école primaire, si certains s’opposent frontalement à celles-ci, d’autres se réfugient dans une idée qui peut séduire : d’accord avec tout cela, mais seulement pour les volontaires. Aux municipalités de mettre en place ou non des activités périscolaires. Aux circonscriptions de décider si oui ou non il faut quatre ou cinq jours d’école. Aux équipes d’établissement ou même aux enseignants de choisir de faire ou non des enseignements pratiques interdisciplinaires, réforme dessin comme ils peuvent aujourd’hui d’ailleurs prendre l’option de mettre ou pas des notes, d’adopter telle ou telle méthode dans leurs cours. Remarquons que les mêmes personnes peuvent refuser que la liberté de choix existe pour ce qui est de l’enseignement des langues anciennes ou de l’allemand dans les collèges. Mais il est important d’examiner cet argument du volontariat, d’autant qu’il est aussi repris par des partisans des réformes."

En attendant, nombreuses sont les expérimentations volontaires qui donnent satisfaction. Ainsi, cette classe inversée de première générale dans un lycée messin, relatée par l’Est Républicain. L’efficacité pédagogique au rendez-vous de la classe inversée dans un lycée de Metz, titre le quotidien régional. " L’expérimentation engagée au lycée Cormontaigne depuis la rentrée, s’étale sur deux ans, accompagnant les élèves actuels de 1re jusqu’au bac. Elle fait l’objet de toutes les attentions au niveau du ministère (inspection générale) et des chercheurs en éducation (Université de Lorraine). Car elle serait la seule classe où toutes les disciplines sont engagées dans la pédagogie active, expression d’un choix collectif. Ce qui donne encore davantage de cohérence au projet. « Les enseignants travaillent sur les compétences transverses, sur l’accompagnement personnalisé. Ils discutent, s’interrogent. Tant qu’on est dans le doute on n’est pas dans le dogme et on n’a surtout pas la prétention de s’ériger en modèle  », explique le proviseur, Anne Boyard. « L’échange de bonnes pratiques donne de l’épaisseur au métier d’enseignant qui a la responsabilité de faire progresser les élèves. »"


Reconversion

Et si tout cela vous fatigue, il reste une ultime solution : la reconversion. A condition d’avoir développé, ça va sans dire, quelques compétences extra-scolaires. Ainsi, prenez exemple ! Le prof de math le plus sexy du monde devient égérie d’Emporio Armani nous apprend 20 Minutes. Un article que je vous laisse découvrir, pour terminer cette revue sur une note, sinon de rêve, du moins de bonne humeur.

Lionel Jeanjeau


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 528 - Mettre en œuvre les EPI

Coordonné par Jean-Michel Zakhartchouk
mars 2016
Les enseignements pratiques interdisciplinaires vont se mettre en place à la rentrée 2016. Dans certains collèges, on anticipe déjà. Dans d’autres, les pratiques interdisciplinaires existent depuis un certain temps. On ne part donc pas de rien et les EPI peuvent s’appuyer sur l’existant.

N° 525 - Pédagogie : des utopies à la réalité

Coordonné par Cécile Blanchard et Yannick Mével
décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?