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Revue de presse du mardi 27 septembre 2016

Rapports d’inégalités — Orientation — Enseignement supérieur — Innovation


Deux rapports aujourd’hui font s’agiter les médias, celui sur les inégalités, favorisées par l’école elle-même, et celui sur le positionnement de notre enseignement supérieur sur l’offre internationale. Il sera également question d’orientation, et d’une relance de l’innovation.


Rapports d’inégalités

Communiqué de presse de Najat Vallaud-Belkacem - Rapport du CNESCO sur les inégalités à l’école. « Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’Éducation nationale, de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, se félicite que le rapport souligne les "orientations positives encourageantes" de la refondation de l’école et tient compte de l’appel à la vigilance du CNESCO concernant la poursuite de la "mise en œuvre" des réformes, indispensable à la réussite sur le long terme de la politique de réduction des inégalités. »

Le CNESCO aux sources d’une école championne des inégalités.
Comment l’école française est-elle devenue la plus inégalitaire des pays développés ?
se demande le Café pédagogique. « Le Conseil national d’évaluation du système scolaire (CNESCO) a publié le 26 septembre un passionnant rapport sur le sujet. Il en ressort que les premières responsables du creusement des inégalités sont les politiques scolaires elles-mêmes avec, notamment, une politique d’éducation prioritaire qui enfonce aujourd’hui plus qu’elle n’aide les élèves défavorisés. Le CNESCO lance aussi une hypothèse nouvelle : les enfants d’immigrés souffriraient de discrimination négative. »

Cnesco : Trois défis pour un retour aux sources de la refondation. « La Refondation va-t-elle se clore avec les questions sur laquelle elle s’est ouverte en 2012 ? Le rapport publié par le Cnesco le 26 septembre adresse à l’Éducation nationale un triple défi. Trois questions fondamentales que le ministère a fui en 2012 et qui lui reviennent au moment où la Refondation se clôt. Trois questions pour un futur programme de la gauche ? »

Dans le NouvelObs : Éducation prioritaire : le système français "amplifie les inégalités sociales". « La France "occupe une position singulière" par rapport aux pays comparables de l’OCDE, note avec une pointe d’ironie le Cnesco, le Conseil national d’évaluation du système scolaire, qui a tenté de comprendre "pourquoi la France est devenue le pays le plus inégalitaire de l’OCDE". Avec une accentuation du phénomène depuis le début des années 2000, que soulignent les études nationales et internationales (dont PISA). »

La réforme de l’éducation prioritaire, un chantier inachevé, par Mattea Battaglia dans Le Monde.
« C’est l’une des réformes qui a accompagné l’installation de Najat Vallaud-Belkacem rue de Grenelle, en 2014. “Son baptême du feu”, murmuraient alors les observateurs de l’école, sûrs que la transformation des ZEP, les zones d’éducation prioritaire créées il y a trente ans, en autant (ou presque) de réseaux d’éducation prioritaire – des REP ou REP + – mettrait les établissements à feu et à sang. S’il n’y a pas eu d’embrasement malgré des mobilisations circonscrites dans quelques établissements, c’est en partie parce que ce énième plan de relance n’a pas été l’aggiornamento annoncé. »

Comment le système éducatif français aggrave les inégalités sociales, par Mattea Battaglia et Aurélie Collas. « Et c’est là une singularité française : la plupart des pays, à commencer par l’Allemagne, la Suisse ou les Etats-Unis, un temps considérés, eux aussi, comme très inégalitaires, ont su mener, ces quinze dernières années, des politiques volontaristes. Encaisser le “choc PISA” et en tirer des conséquences. Pas la France. »

« On utilise l’éducation prioritaire pour se donner bonne conscience », propos recueilli par Lauriane Clément pour La Croix. « Nathalie Mons, présidente du Cnesco et professeure de sociologie à l’université de Cergy-Pontoise, revient sur cette enquête menée durant deux ans. »

Invitée également sur Europe 1, elle déclare : « En 2016, on se retrouve avec une éducation prioritaire qui fait de la discrimination négative. » A écouter.

La presse provinciale en parle également, Ouest-France : « Lutte contre les inégalités : l’éducation prioritaire “ne marche pas” ». Un article synthèse du rapport qui se termine par : « Le Cnesco ne réclame pas l’arrêt de cette politique, du moins pas tant que la mixité sociale au sein des établissements reste aussi faible. Une expérimentation en France a vu le jour à la rentrée 2016, dans quelques territoires pilotes.
Le rapport rappelle que des politiques volontaristes ont été menées, par exemple dans l’État du Massachusetts aux États-Unis, où le choix des parents est encadré afin qu’aucune école ne dépasse plus de 15% de taux d’élèves défavorisés
. »
Et le Progrès : « Éducation École : trente ans de réformes pour rien ».

« Les ZEP devaient garantir l’égalité de tous les élèves à l’école, elles ont fait l’inverse », selon Le Huffington Post. « Le couperet est donc tombé. Bien loin des objectifs fixés il y a plus de 35 ans, les ZEP semblent désormais au contraire favoriser - avec plusieurs autres politiques évoquées dans le rapport - les inégalités en matière d’éducation, et ce, en dépit des diverses tentatives de rafraîchissements mis en place par les gouvernement successifs.
Les résultats de la prochaine enquête internationale PISA sont attendus en décembre. Cette étude menée dans tous les pays de l’OCDE tous les trois ans s’intéresse aux performances en compréhension, en sciences et en mathématiques des élèves. Rien n’indique que la France qui a encore perdu deux places lors de la dernière édition en 2013 pourrait remonter dans le classement
. »

Claude Lelièvre : « L’école aggrave les inégalités sociales ? L’éducation prioritaire relève du “trou noir” ». « Un rapport qui peut provoquer une prise de conscience » dit-il.

Faire des rapports, mais « Qui a le droit de parler au sein de l’Éducation nationale ? » Et de parler justement des inégalités, se demande Marie Piquemal dans Libération. Qui parle ? « Christophe Barrand est proviseur du lycée Turgot, dans le IIIe arrondissement de Paris. En juin, il apprenait que 83 % des nouveaux élèves de seconde affectés dans son établissement étaient boursiers, tous issus de milieux défavorisés, donc. »
« Il y a eu donc sur notre site un premier épisode, titré “Les parents savent qu’un enjeu de société se joue là”. Mais l’histoire s’arrête. Deux heures après la parution de l’article, Christophe Barrand est convoqué au rectorat de Paris. Il en est ressorti en expliquant qu’il valait mieux s’en tenir là. “Certains propos rapportés et exprimés dans le cadre de ses fonctions étant inexacts et notablement inappropriés quant au bon fonctionnement de l’établissement, il a été rappelé à Monsieur le proviseur le devoir de réserve qui s’applique à l’ensemble des fonctionnaires”, justifie le rectorat. L’histoire pose (au moins) une question, fondamentale dans une démocratie : celle du devoir de réserve des fonctionnaires. Jusqu’où doivent-ils se taire ? »


Orientation

Trouver son orientation : les nouvelles solutions des startups. « Des startups misent sur le numérique pour aider les jeunes à trouver leur voie : coaching en ligne, tests, forums, vidéos, réseaux sociaux... Alors, l’innovation va-t-elle résoudre le casse-tête de l’orientation ? On a testé pour vous. »

« Mon année en terminale » : objectif bac pour les profs, APB pour les élèves. « Immersion au lycée - Épisode 1. Cela fait trois semaines que Chloé, Charlotte, Raed et leurs camarades de TS1 du lycée Paul-Doumer au Perreux–sur-Marne (94) ont fait leur rentrée en terminale. À chaque cours, le bac plane au-dessus de leur tête. Pour les enseignants du moins car les élèves, eux, sont obnubilés par leur orientation. »


Enseignement supérieur

Étudier à l’étranger : il est « urgent » que la France développe son offre de formation. « Pour faire face à la concurrence, un rapport de l’organisme France Stratégie alerte le gouvernement sur “l’urgence” de “clarifier les stratégies” pour que la France devienne un acteur majeur au niveau mondial. »

Le Huffington Post titre : « Exporter notre enseignement supérieur, l’urgence d’une stratégie ». « L’internationalisation de l’enseignement supérieur est aujourd’hui une réalité qui s’impose à tous les établissements. Les systèmes d’enseignement développent de plus en plus leurs activités à l’international. En cause, une demande d’éducation qui ne cesse d’augmenter sous l’effet de l’émergence massive de classes moyennes et de la pression démographique. On compte aujourd’hui près de 200 millions d’étudiants dans le monde, un doublement des effectifs en un peu plus de dix ans. D’ici 2030, les effectifs globaux d’étudiants devraient encore doubler. »

Quand Google et les géants du Net draguent le sup. « Formation gratuite, don de matériel, applications dédiées... Google, Apple, Facebook et Amazon poursuivent leur rapprochement avec le secteur de l’enseignement supérieur à travers diverses formes de partenariat. L’objectif ? Aider, et courtiser, les établissements et leurs étudiants. »


Innovation

L’innovation pédagogique, simple comme une chaise à roulettes ? « À l’heure des Mooc et de la classe inversée, plusieurs écoles et universités dotent leurs locaux d’espaces et de mobiliers conçus pour l’apprentissage actif. »

« Najat Vallaud-Belkacem vante l’éducation “innovante” au CEA-Minatec de Grenoble ». Elle « annonce le renforcement des liens entre la recherche et le système scolaire, au service de l’innovation dans l’éducation. »

Elle a également annoncé que Philippe Watrelot était nommé président du Conseil National de l’innovation pour la réussite éducative (CNIRE). Bravo et que la force soit avec toi, et les autres...

Bernard Desclaux


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 525 - Pédagogie : des utopies à la réalité

Coordonné par Cécile Blanchard et Yannick Mével
décembre 2015
Qu’est-ce qui fait qu’un enseignant, un éducateur, sort des sentiers battus et s’avance sur les chemins de l’expérimentation et de l’innovation ? Qu’est-ce qui le met, l’a mis en mouvement ? Quels sont les utopies, les projets, les rêves, les modèles peut-être qui font entrer dans un collectif, un mouvement pédagogique ?

N° 520 - École et milieux populaires

Coordonné par Florence Castincaud et Jean-Pierre Fournier
mars 2015
Le mythe de l’égalité républicaine, nous n’y croyons plus trop, nous savons bien que certains élèves « sont plus égaux que d’autres ». Nous ne sommes pas naïfs. Mais pour la plupart, enseignants et acteurs de l’éducation, nous pensons travailler à la promotion de tous et souhaitons souvent pouvoir « compenser » les inégalités.