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Revue de presse du mardi 27 octobre

Réforme - Pédagogues - Enseignement


Une petite revue de presse de vacances pour ne rien rater de l’actualité éducative


Réforme du colllège

La réforme du collège est encore dans la presse notamment à cause des formations organisées pendant les vacances. "Au total, 17 académies (sur 30) ont proposé des sessions durant les vacances, la plupart du temps sur un ou deux jours, les 19 et 20 octobre : 6 150 professeurs se sont portés volontaires."
"« Cette réforme, j’ai envie d’y croire. Mais comment va-t-elle pouvoir se mettre en place dans les collèges où une majorité de professeurs sont dubitatifs, voire hostiles ? Le risque, dans ces établissements, c’est qu’on en vienne soit à faire porter la réforme sur quelques volontaires, soit à réinventer l’existant. Dans les deux cas, ce serait un échec. » Une façon de rappeler que cette réforme, pédagogique par nature, ne se fera pas sans les enseignants."
Le Monde

Mara Goyet dans le Blog du Monde, qui était revenue très remontée de cette formation réfléchit à la place du collège dans cette réforme, et à son positionnement : "“Où se caser si l’on ne voit pas l’apocalypse ni le grand soir dans cette réforme mais un truc informe, éparpillé, inutilement compliqué qui mérite d’être structuré, vivifié, en partie remanié mais pas pour autant totalement abandonné ?
L’accompagnement personnalisé va-t-il être un couteau sans manche ni lame ou peut-on le tirer à l’avantage des élèves ? Le lien avec le primaire va-t-il donner lieu à une accumulation sinistre de cahiers de suivis et de réunions ou sera-t-il effectivement pertinent ? Ces choix sont-ils de notre ressort ? Peut-on faire des EPI qui servent à quelque chose ? Quelle marge de liberté, d’interprétation aura-t-on ?"
Un questionnement qui doit être partagé par beaucoup d’enseignants je crois.

Dans les Echos, un chef d’entreprise s’élève contre la réforme, mais en ce sens qu’elle ne prend pas en charge le travail scolaire qui devrait être fait au collège et pas à la maison. Il regrette la suppression de l’accompagnement éducatif.
"Le système des EPI et de l’AP “doit se substituer au système d’aide aux devoirs, mis en place en 2008, qui permet aux élèves qui le demandent de bénéficier d’un soutien scolaire à l’école. Pourquoi supprimer ce qui va dans le bon sens, au profit de choix pédagogiques qui, chacun peut le constater, n’ont fait qu’aggraver les inégalités depuis des décennies ?
Ce n’est pas en abolissant les filières d’excellence que l’on redressera le niveau des élèves et celui des chances de réussite pour le plus grand nombre. Une organisation égalitaire des conditions de travail, en revanche, permet d’agir directement et concrètement sur les inégalités matérielles et culturelles liées aux conditions sociales
."


Pédagogues

Luc Cedelle rend public sur son blog un texte publié en janvier 2015 dans un livre. Il s’intitule "Le pédagogue et la meute" et évoque les attaques innombrables contre Philippe Mérieu, et plus généralement contre la pédagogie.
"Ce que certains prêtent ainsi à Meirieu, jusqu’au délire, est aussi ce qu’ils prêtent de manière indistincte aux pédagogues et à la pédagogie en général. Le cœur de la meute palpite au rythme de l’exécration compulsive de la pédagogie.
Ce qu’ils veulent pouvoir détester sans nuances est ce qu’ils ont inventé sous le nom de « pédagogisme ». Un concept attrape-tout aux frontières tellement floues et mouvantes qu’il permet, si j’ose dire, de détester large. Tout ce qui ne va pas à l’école, y compris ce qui, en son sein, n’est que l’écho du chômage de masse, des discriminations sociales et spatiales, de la crise sans fin et de l’abolition de la notion de progrès : conséquences du pédagogisme ! Tout ce qui ne va pas en dehors de l’école et qui a quelque lien avec la jeunesse : pédagogisme ! Les voitures brûlées : pédagogisme ! L’atroce « gang des barbares » : pédagogisme ! Il suffit de lire la prose des polémistes les plus vendeurs pour savoir que je n’exagère pas. Tout « antipédago » un tant soit peu entraîné vous prouve que le « pédagogisme » et son présumé « gourou » Philippe Meirieu font partie des causes profondes du délitement social."

Vous devez le savoir, la présidence du CRAP a changé. L’ancien président, Philippe Watrelot revient sur son blog, avec beaucoup d’humour, sur les 8 phrases qu’un président d’un mouvement pédagogique doit subir sur les réseaux sociaux.
Ma préférée : "3 « vous êtes naïfs, vous ne voyez pas les intentions cachées et où tout cela nous mène ? »
Autre version : on ne vient pas de la planète Mars, les pédagos sont des illuminati, on fait partie du complot...
Après le refrain sur le “terrain”, le couplet sur le complot... Il est toujours plus confortable de combattre des ennemis qu’on s’invente.
A tout prendre, en tout cas, je préfère la naïveté au cynisme de ceux qui sont revenus de tout sans jamais y être allé. Paradoxalement, alors qu’ils en ont dénoncé la présence chez certains de nos élèves après Charlie, une forme de complotisme est très à la mode aussi chez les enseignants : l’OCDE aurait pour objectif de décérébrer les élèves pour les préparer à devenir des salariés employables et exécutants.
On a eu droit récemment à une autre version avec la réforme du collège dont le but ultime était de détruire la culture française et même la civilisation occidentale ! Mais on va m’accuser de faire ce que je déplore c’est-à-dire caricaturer. Je préfère terminer ce point en rappelant que l’avenir est d’abord ce que l’on en fait. Et qu’avant de crier à un hypothétique complot, il faut croire en l’action collective et militante."

Sur Le Monde, un très bel article sur Louis Legrand qui tenta en son temps de réformer le collège. Et l’on est frappé par la justesse de son projet. Pourquoi la réforme actuelle ne s’en inspire-t-elle pas plus ?
"Le rapport préconise un large recours à la « pédagogie de projet », impliquant simultanément plusieurs disciplines, et prévoit l’instauration d’un système de tutorat, où un adulte prend en charge un groupe de 12 à 15 élèves pour les soutenir dans leurs études. Il défend la reconnaissance des enseignements artistiques, technologiques et sportifs à égale dignité avec les autres matières. Il propose enfin une redéfinition du service hebdomadaire des enseignants dans le sens d’une présence accrue dans l’établissement : seize heures de cours pour tous (agrégés compris), trois heures de tutorat et trois heures de concertation."


Enseignement

Une seule phrase du livret laïcité envoyé aux établissements a fait polémique, obligeant la ministre à intervenir dans les médias (Libération par exemple). A ce sujet, un article intéressant du Monde revient sur la nécessité de maintenir la supériorité de la science sur la croyance :
"la laïcité fonde la coexistence d’individus de croyances différentes au sein d’une même société. Elle suppose la neutralité de l’Etat, en premier lieu de l’éducation nationale publique, par rapport à chacune d’entre elles.
Certes, on peut exiger des enseignants qu’ils ne se réfèrent pas à une religion ou une idéologie plus qu’à une autre, si ce n’est pour en retracer ­l’histoire.
Mais, comment enseigner le doute et l’interrogation, clés de voûte de la démarche scientifique, sans les opposer à une démarche religieuse qui recherche des certitudes et procède par affirmations non démontrées, en prétendant dévoiler la Loi divine  ? Quel sens cela aurait-il d’enseigner le darwinisme dans les écoles à des enfants qui entendraient l’éloge du créationnisme dans leur famille ou leur église, leur temple ou leur mosquée et l’invoqueraient à l’école  ?
Comment développer la méthode scientifique sans mettre en évidence les obstacles auxquels elle est confrontée, ni les résultats incomparables auxquels elle parvient, c’est-à-dire davantage que sa supériorité, son monopole en matière d’acquisition rationnelle de connaissances  ?"

La Croix aborde d’ailleurs les évolutions de l’enseignement des sciences. Des élèves, on attend désormais davantage de méthodes et de raisonnement. "Une approche qui se veut plus vivante, voire plus ludique. En physique, pour étudier les lois de la dynamique, les élèves pourront être amenés à filmer d’abord eux-mêmes le lancer d’une balle. En sciences de la vie et de la Terre (SVT), on les invitera parfois à imiter les fameux experts de la police scientifique popularisés par les séries télévisées. On leur demandera aussi de faire preuve d’une plus grande autonomie."

Pour sourire un peu, le dessin de Geneviève Brassaud sur les profs en vacances !

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Le dessin de Geneviève Brassaud

Ailleurs

La coopération entre la France et l’Algérie se recentre sur l’éducation. Dimanche, la ministre française était à Alger.
"La France compte, a-t-elle dit, participer à cette réforme, entamée dans le secteur de l’éducation en Algérie, par le renforcement de l’enseignement et de l’apprentissage du français moyennant des méthodes modernes et adaptées, et par l’encouragement du jumelage entre des établissements scolaires algériens et français, notamment.

"Nous souhaitons, de façon très volontariste, et nous comptons sur le Comité de haut niveau algéro-français pour développer le jumelage entre les établissements scolaires algériens et leurs vis-à-vis français", a-t-elle indiqué."

"Nous avons également abordé tout ce que la France a mis en place pour l’accueil des étudiants étrangers dont 22000 algériens", a-t-elle relevé.
Pour sa part, M. Hadjar a mis en avant les "résultats satisfaisants" accomplis en matière de coopération algéro-française, citant plus particulièrement le nombre atteint dans l’échange d’enseignants avec 13000 professeurs pour l’Algérie et 4000 pour la France.
Le ministre de l’Enseignement supérieur a aussi relevé le "bon accueil" des étudiants algériens et les "facilitations" accordées par les autorités françaises dans ce sens." Maghrebemergent.info

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Le climat scolaire
Revue n°523 - septembre 2015
Qu’est-ce qu’un bon climat scolaire ? Est-ce lorsque les élèves répondent à notre fantasme du «  bon élève  » ? On ne peut nier l’impact qu’il a sur les personnels et les élèves. Se sentir bien ou mal à l’école détermine en profondeur le parcours que l’on y mènera.

N° 521 - Croiser des disciplines, partager des savoirs
Coordonné par Francis Blanquart et Céline Walkowiak
avril 2015
Les pratiques communes, croisées, mises en synergie et en résonance, aident-elles les élèves à entrer dans la complexité des savoirs scolaires et dans les différentes cultures à construire à l’école ? Ce dossier montre à travers différentes pratiques de dispositifs comment entrer dans l’interdisciplinarité sans sacrifier aucunement les disciplines.