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Revue de presse du mardi 27 mars 2018

Maternelle - Critiques - Divers

C’est la maternelle qui, une fois n’est pas coutume, occupe le devant de la scène. On peut aussi lire des critiques à l’égard de l’action du ministère. Quelques informations variées pour terminer


Maternelle

Aujourd’hui se tiennent les assises de la maternelle, sous l’égide de Boris Cyrulnik. A cette occasion le gouvernement a annoncé l’extension de l’instruction obligatoire qui débuterait à 3 ans et non plus à 6 ans. A noter que les médias parlent faussement de scolarisation obligatoire alors qu’il s’agit de l’instruction.
« Boris Cyrulnik plaide également pour davantage de professeurs dans les écoles maternelles : "Ce serait le rêve de doubler le nombre de postes, parce qu’on établit plus facilement des relations affectives quand on a 13-14 enfants à gouverner et à sécuriser, que quand on en a 30. C’est probablement trop même si dans certains pays comme en Chine, peu d’enseignants ont beaucoup d’enfants et ils ont des résultats excellents". »

En face, beaucoup de voix critiques s’élèvent.
« Le ministre de l’Education nationale enchaîne les annonces de réforme comme une motocyclette qui pétarade. Au menu cette semaine : la maternelle. Dans quel sens Jean-Michel Blanquer veut-il aller, tandis que le modèle français est cité en exemple dans d’autres pays ?« Quelle était l’urgence alors que les nouveaux programmes ne sont en place que depuis 2015 et sont appréciés par les enseignants ? » interroge la secrétaire générale du SnuiPP (principal syndicat des enseignants du primaire), Francette Popineau. Elle s’étonne qu’aucun des représentants de la communauté éducative n’ait été associé en amont aux assises prévues ce mardi et inaugurées par Emmanuel Macron. Au pupitre, on entendra surtout - et encore - des neuroscientifiques, comme Stanislas Dehaene, qui préside le tout frais Conseil scientifique de l’Education nationale ».
Francette Popineau s’exprime au micro de Sud Radio : "Il est urgent d’améliorer la maternelle, mais sans doute pas de la réformer. Nous avons des programmes tout à fait récents (2015) et qui ont été plébiscités par la communauté éducative, puisqu’il n’y a pas eu de votes contre ces programmes, ce qui est suffisamment rare pour être noté ! Sur les contenus, il n’y a donc pas de raison de faire des modifications. En revanche, on doit améliorer l’école maternelle en faisant attention aux effectifs (bien trop importants pour des élèves de cet âge) et à la formation des enseignants (formation initiale, formation continue). Mais est-ce bien de cela dont on va parler à ces assises de la maternelle… ?"
Sylvie Plane, dans Libération, se demande si l’école maternelle est menacée : « Concernant l’encadrement, la note évoque deux possibilités : doubler le nombre d’enseignants et rejoindre ainsi les standards internationaux ou faire appel à davantage d’Atsem recrutés au niveau CAP. La première hypothèse est manifestement trop coûteuse, le doublement des enseignants de CP dans les quartiers très défavorisés (REP +) a été une entreprise compliquée, et le ministère peine à réaliser sa promesse de dédoubler les CE 1. Aussi est-il tentant de confier plus de responsabilités aux Atsem, surtout si se met en place une structure accueillant les enfants de 1 à 5 ans. Les Atsem sont payés par les collectivités territoriales alors que les enseignants sont des fonctionnaires d’Etat. »
L’Humanité emploie même un titre provocateur : Blanquer envoie la maternelle aux assises.. (article réservé aux abonnés)
Pour Les Echos, c’est la scolarisation des moins de 3 ans qui est remise en question.
Et , « au cœur des réflexions, les fameuses Atsem qui, aux côtés des enseignants, sont le fil conducteur des enfants. Quelle vraie place leur donner ? » (Libération)


Critiques

Daniel Andler : « Les inquiétudes concernant l’entrée des sciences cognitives à l’école sont injustifiées »
“Pour le philosophe et fondateur du département d’études cognitives de l’ENS, il faut découvrir la meilleure com­binaison d’approches pour le traitement des difficultés les plus criantes dans l’éducation nationale.”

Claire Leconte : « La semaine des quatre jours n’existe nulle part ailleurs dans le monde »
« La chronobiologiste Claire Leconte, professeur émérite de psychologie de l’éducation, travaille depuis plus de trente ans sur l’aménagement des temps de l’enfant. Entretien. »

La réforme Blanquer : une école en trompe-l’oeil ? Par Vincent Coussedière. “Les commentateurs ont pris l’habitude de souligner que Jean-Michel Blanquer était le meilleur élève de la classe de Macron. Nous le pensons aussi mais pour des raisons différentes des leurs — non pour nous en réjouir, mais pour le déplorer. Blanquer fait avec l’école ce que Macron fait avec la France : il plaque une communication admirablement maîtrisée et des réformes d’apparat sur une réalité dont le pourrissement ne sera pas ralenti, mais simplement parfaitement masqué.”


Divers

Il y a 194 ans naissait Julie-Victoire Daubié, première femme à décrocher le bac
En août 1831, à l’âge de 37 ans, elle devenait la première femme à avoir le bac. Dix ans plus tard, elle est également devenue licenciée en lettres
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Le clavier s’impose, mais l’écriture à la main fait de la résistance
« Pour les inconditionnels du clavier, l’écriture à la main serait un outil obsolète, et son prochain abandon inéluctable. Pourtant, à ce jour, la plupart des chercheurs jugent que l’apprentissage de l’écriture ne saurait se passer de l’implication du geste. »

La « shooting generation » demande des comptes aux élus américains
« Le mouvement de lycéens né après la tuerie de Parkland en Floride mobilise dans tous les Etats-Unis, samedi, pour réclamer un encadrement plus strict des armes à feu. »

Géraldine Duboz


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

N° 543 - Enseigner par cycles
Dossier coordonné par Maëliss Rousseau et Céline Walkowiak
février 2018
La réécriture des programmes de l’école obligatoire réaffirme de façon explicite la notion de cycle dans le parcours de l’élève, mise en place dès la loi d’orientation de 1989. Cela change vraiment les objectifs et les conceptions des enseignements et donc interpelle les enseignants au cœur de leur pratique de classe.

N° 542 - Bienveillants et exigeants
Dossier coordonné par Danièle Manesse et Jean-Michel Zakhartchouk
janvier 2018
La notion de bienveillance a fait ces dernières années une entrée en force à l’école. Son articulation avec la mission principale de l’école (transmettre) n’est pas simple, surtout lorsqu’on inscrit cette «  transmission  » dans l’exigence que tous les élèves parviennent à un niveau qui leur donne de l’autonomie.