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Revue de presse du mardi 27 mai 2014

Code, fondamentaux et réussite : pas si évident - Le prof qui menace d’exclusion - un prof menacé d’explusion -


En ce mardi, le mot d’ordre est "il ne faut pas démissionner !".
Ne pas démissionner face aux acquis fragiles de certains élèves.
Ne pas démissionner face au déterminisme social et/ou aux solutions simplistes.
Ne pas démissionner face aux injustices.
Beau programme, non ? C’est celui que vous propose cette revue de presse


Maîtriser le code et les fondamentaux n’est pas gage de réussite pour la suite

C’est ce qui ressort d’une étude de la DEPP (Direction de l’Évaluation de la Prospective, et de la Performance) dont se font l’écho entre autres l’Express.fr et France Info.
France Info titre : « CE2 : les mauvais élèves sont plus nombreux qu’en 1999 ». Leila Marchand y précise «  "En 1999, les 10% les plus faibles ne parvenaient pas à dépasser un certain score global ; en 2013, 12,7% des élèves se situent en deçà de ce même score" (D’après l’enquête de la Depp) En clair, les mauvais élèves sont plus nombreux. De plus, le niveau général des élèves de CE2 a légèrement baissé en 14 ans. Le taux de réussite moyen est passé de 66% en 1999 à 64% en 2013 »
Pour Marie-Caroline Missir dans l’Express.fr, c’est « une étude qui fait mal » puisque « les progrès observés à l’entrée en CP entre 1997 et 2011 en lecture et en mathématiques ne sont pas confirmés. "Ces résultats confirment ceux d’études précédentes sur le sujet, qui montrent un appauvrissement du vocabulaire et une détérioration des connaissances orthographiques en début de sixième de 1997 à 2007", pointent les auteurs de la note. Conclusion : les compétences évaluées avec succès en CP sont nécessaires mais insuffisantes pour la réussite scolaire future. "Il est clair que ces résultats conduisent à interroger la fonction des classes de CP et de CE1 dans la construction des apprentissages à l’école élémentaire". »
Catherine Moisan a précisé aux journalistes que « cette étude ne signifie pas que le niveau baisse. On a constaté une amélioration des compétences pour les enfants entrant au CP entre 1997 et 2011. Rappelons que cette étude évaluait, pour la lecture, la capacité de décodage et le déchiffrage des enfants de CP. Or, si l’on reste sur la lecture, deux ans plus tard et à 14 ans d’intervalle, les élèves n’ont pas régressé sur leur capacité à décoder. Cette note pointe davantage une inquiétude quant à la maîtrise du langage et de la compréhension. Elle montre également une petite régression en orthographe, sur l’accord du groupe nominal notamment.
Notons bien que les compétences en vocabulaire, en syntaxe, en expression orale n’ont pas été évaluées à l’entrée en CP. On n’a donc pas de point de comparaison pour ce type de compétences. Mais l’autre pilier de la lecture, la compréhension, ne progresse pas.
 » On lira aussi avec intérêt les limites précisées à la méthodologie en page 4 de la note.

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Le dessin de Fabien Crégut

Le prof qui menace d’exclusion

Jérémie Fontanieu, ce prof de SES aux méthodes dures, continue d’intéresser les médias.
C’est au tour de Sylvia Zappi, journaliste au Monde dans son blog Au centre la banlieue de nous le présenter en ces termes :
« Ayant lu tout Pierre Bourdieu et Bernard Lahire, il savait la reproduction sociale de l’école, le plafond de verre pour ces enfants de banlieue et le déterminisme fataliste des enseignants. Mais pas question de laisser faire. « Je voulais changer cette fatalité », dit-il d’un ton péremptoire. Sans recette pédagogique particulière, en tâtonnant, il s’est forgé une méthode à lui, faites de consignes simples et répétitives : relire ses cours tous les soirs et « bosser, bosser, bosser ». Et si les élèves ne veulent pas travailler, il les forcera avec l’aide des parents. »
On s’étonnera un peu de cette critique à l’encontre des autres enseignants qui accepteraient le déterminisme social dans la réussite scolaire.
On continuera à s’interroger aussi sur la "méthode" utilisée : « Tous les lundis matin, un QCM vient vérifier la leçon apprise ou pas. Ils sont corrigés dans les deux heures et notés sévèrement. Dés qu’un élève n’a pas bien répondu, ses parents sont prévenus par SMS. Heures de colle d’un côté, ordinateur ou Playstation confisqué de l’autre : les pressions ne laissent pas d’échappatoire, il faut travailler. »
Faut-il donc obligatoirement souffrir pour apprendre des choses à l’école ? Ne peut-on pas concilier grande exigence et grande bienveillance ?
La passivité face aux apprentissages, le bachotage sont-ils vraiment formateurs pour la suite des études ?
L’article nous précise aussi que « Jérémie Fontanieu ne donne jamais de devoirs écrits pour ne pas accroître les inégalités entre ceux qui ont des parents qui peuvent les aider et les autres. »
On notera là un certaine contradiction quand on fait reposer tout l’apprentissage sur le travail des leçons à la maison. Même contradiction dans les propos relevés en conclusion : « « Certains de mes collègues voient ça comme une remise en cause et attendent que je me plante », remarque le jeune prof, un brin orgueilleux. » Ce serait plutôt les élèves qui se planteraient, au vu de la méthode proposée, non ?
David Trotin, un professeur d’Histoire-Géographie Education Civique, dans son blog hébergé sur Worpress "Une éducation française" réagit à cet emballement médiatique dans un article en trois points intitulé Jérémie Fontanieu où le règne des malentendus. Ce qui le « gêne dans le buzz Fontanieu tient d’abord au traitement médiatique de son travail : misérabilisme, personnalisation et décontextualisation… ». Et il s’en explique très clairement. « Un des premiers éléments particulièrement gênant dans le traitement médiatique du travail de J. Fontanieu est le regard condescendant porté par les auteurs des articles sur l’établissement où enseigne notre collègue. [...] Deuxième biais, la personnalisation de sa méthode qui n’est jamais mise en relation avec le travail des autres enseignants (sans parler du projet d’établissement) [...] Enfin, dernier élément qui, à mon sens pose problème et n’est absolument jamais mis en perspective : les articles ne nous parle que d’une classe de Terminale… si les auteurs des articles veulent ériger Jérémie Fonanieu en exemple, il aurait été intéressant de nous dire quelles sont ses méthodes en Seconde ou en Première, comment il motive ses élèves de filière technologique ou Pro…Exclure des élèves parce qu’ils discutent ou pérorer pendant une heure en citant des sociologues ou des économistes, noter sévèrement pour faire progresser, passe encore avec des Terminales ES qui ont la pression du Bac, mais avec des élèves de Seconde ?…Des élèves de collège ?… »


Un prof menacé d’expulsion

C’est L’Express.fr qui nous relate le cas de Hassan Kébé, professeur de français dans l’Essonne, depuis 2008, d’abord comme assistant d’éducation puis comme professeur contractuel depuis 2011.
Il aurait tardé à demander un titre de séjour en tant que salarié, après que son titre de séjour étudiant ait expiré, en novembre 2012.
On nous apprend que « pour défendre le professeur mauritanien, une pétition a été lancée à l’initiative de l’une de ses anciennes collègues, Sylvie Dimet, professeur au collège Jean Moulin de Saint-Michel-sur-Orge, et délégué syndicale SNES » Cette dernière y précise qu’elle est scandalisée par la situation car :«  L’Education nationale manque de bras et on expulse un professeur qui a tous les diplômes et qui est motivé ? C’est n’importe quoi. »
La fin de l’article est rassurante puisque qu’elle précise que « contactée par L’Express, la préfecture explique que le problème vient d’une mauvaise procédure engagée par Hassan Kébé : "Sa demande de carte de séjour avait la mention ’vie privée et familiale’ et ne mentionnait pas la continuité de ses études. Il aurait dû demander une autorisation provisoire d’un an pour, ensuite, obtenir son titre de séjour".
La situation du professeur va être rectifiée, nous assure-t-on : "Nous avons obtenu des informations supplémentaires de l’Education nationale qui nous a confirmé son parcours. La demande qui lui a été faite de quitter le territoire est suspendue, et il devrait recevoir son titre de séjour".
 »

Un peu d’espoir pour terminer donc, voilà qui fera du bien.
Demain c’est Bernard Desclaux qui vous proposera sa revue.

Laurent Fillion


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Dans la librairie des Cahiers Pédagogiques

Quand la classe est difficile
Revue n°501 - decembre 2012
Comment comprendre ce qui se joue entre l’enseignant et ses élèves quand une classe devient « difficile » ? Que peut-on faire dans la classe, ou bien avec des ressources extérieures ? Comment tenir bon sur l’essentiel, les apprentissages ?

L’autorité
Revue n°426 - septembre 2004
Face à la représentation bien répandue d’une école en proie au renoncement, ce dossier se propose d’aider à comprendre en quoi consiste l’autorité, comment on peut la repenser dans un contexte de revendications égalitaires, comment on peut essayer de l’exercer collectivement dans l’établissement et seul dans sa classe, au milieu des paradoxes et difficultés multiples.

L’esprit d’équipe
Revue n°452 - avril 2007
Au quotidien, à l’école, au collège, au lycée, les adultes, même englués dans la multiplicité des tâches et le manque de temps, travaillent ensemble, par nécessité et par envie. C’est cette dimension collective du métier que ce dossier voudrait montrer pour en partager l’expérience.